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Dernière mise à jour :
samedi 29 avril 2017
   
Brèves
Mardi 21 mai - La Revue Z à Terra Nova
lundi 20 mai
Mardi 21 mai 2013 à 19h, rencontre à la Librairie Terra Nova de Toulouse avec l’équipe de la revue Z à l’occasion de la parution du dernier numéro Thessalonique & Grèce, aux éditions Agone. Après une enquête collective au nord de la Grèce, la revue Z viendra présenter son dernier numéro : Thessalonique dans la dépression européenne. Bricolages quotidiens et résistances insolvables.
Groupe de Liaison pour l’Action des Travailleurs
lundi 6 février
Le sommaire des articles de la revue Lutte de classe, publiée par le GLAT, a été largement augmenté, notamment sur la période 1971-1975. Pour tous les numéros listé, une version PDF est maintenant accessible en ligne. Bonnes lectures !
Mise à jour du catalogue du fonds documentaire
jeudi 1er septembre
Une nouvelle version mise à jour du Catalogue du Fonds Documentaire Smolny, très largement étendue (une vingtaine d’entrées supplémentaires) est en ligne ce jeudi 1er septembre 2011. Merci aux contributeurs. D’autres titres à suivre...
Ouverture des archives numériques du CERMTRI
lundi 15 août
Le CERMTRI a décidé de créer une bibliothèque numérique avec l’objectif de numériser le maximum de ses archives et de ses collections. Pour démarrer : La revue « Bulletin Communiste » (1920-1933) ; le journal « La Vérité » (1957-1958) ; la revue des « Cahiers du mouvement ouvrier » (2002-2011). Soit déjà 428 documents ce qui représente 6395 pages. Bravo pour cette excellente initiative !
Sur le Web
[infokiosques.net]
Nous nous auto-organisons et nous montons un infokiosque, une sorte de librairie alternative, indépendante. Nous discutons des publications, brochures, zines et autres textes épars qui nous semblent intéressants ou carrément nécessaires de diffuser autour de nous. Nous les rassemblons dans cet infokiosque, constituons ainsi nos ressources d’informations, et les ouvrons au maximum de gens. Nous ne sommes pas les troupes d’un parti politique, ni les citoyen-ne-s réformateurices de nos pseudo-démocraties, nous sommes des individus solidaires, qui construisons des réseaux autonomes, qui mettons nos forces et nos finesses en commun pour changer la vie et le monde.
Premiers pas sur une corde raide Montreuil (93) : concert de soutien au Rémouleur, samedi 11 octobre 2014 qcq Tout mais pas l'indifférence Crise, totalitarisme, luttes sociales et de classe en Grèce Bruxelles : programme de septembre 2014 au local Acrata
Bibliolib
Catalogue de textes d’origine libertaire ou anarchiste, sans habillage particulier (pas de commentaire, d’édition critique, de note). Les textes bruts donc avec une liste d’auteurs qui commence à être significative. Un bon point d’entrée donc pour ceux qui savent à l’avance ce qu’ils cherchent. Attention : ce site s’est fait subtilisé sa précédente adresse par un site pornographique. Notre propre lien a donc été incorrect quelque temps. Nous en sommes désolé.
Pelloutier.net
Sur l’histoire du syndicalisme révolutionnaire et de l’anarcho-syndicalisme, avec des études, documents et synthèses intéressantes sur Pelloutier, Monatte, La Vie Ouvrière (1909-1914) et sur les mouvements syndicalistes en France, Europe, USA...
Balance
Cahiers d’histoire du mouvement ouvrier international et de la Guerre d’Espagne. Nombreux articles en espagnol. Textes de Bordiga, entre autres.
Classiques des sciences sociales
Une bibliothèque numérique entièrement réalisée par des bénévoles, fondée et dirigée par Jean-Marie Tremblay, sociologue. Comprend de très nombreuses oeuvres du domaine public. La section des "auteurs classiques", en particulier, est une véritable mine, où l’on trouve Bebel, Bordiga, Boukharine, Engels, Fourier, Gramsci, Kautsky, Labriola, Lafargue, Lukacs, Luxemburg, Marx, Trotsky et bien d’autres.
FISR (1943) : À tous les travailleurs de la pensée et des bras
Tract internationaliste libertaire diffusé à Toulouse et Marseille en 1943
15 août 2009 par jo
Fédération Internationale Syndicaliste Révolutionnaire

Présentation Smolny :

Ce tract résolument internationaliste a été tiré à Toulouse, à 5 000 exemplaires, dans l’imprimerie des frères Lyon, et rédigé à Marseille par Jean Saulière, alias André Arru, Voline et leurs camarades. Nous l’avons emprunté au site CNT-AIT.INFO - merci les aminches.

Il montre que, même après la défaite majeure subie par les forces révolutionnaires lors de la dramatique contre-révolution (1921-1937), même dans la "bonne car démocratique guerre" contre "l’hydre fasciste", de minuscules voix s’élevaient encore pour prôner fraternisation et autonomie prolétarienne. Ils furent en effet peu nombreux (trotskistes en rupture de ban comme les RKD ou le groupe de Munis ; membres de la Gauche communiste qui publia l’Etincelle ...) à s’exposer aux dangers de l’opposition aux deux blocs impérialistes pour maintenir la tradition internationaliste de classe.

Ce tract rappelle qu’en 1915 déjà d’autres anarchistes internationalistes comme Malatesta avaient courageusement déclaré : "A tous les soldats de tous les pays qui ont la conviction de combattre pour la justice et la liberté, nous devons expliquer que leur héroïsme et leur vaillance ne serviront qu’à perpétuer la haine, la tyrannie et la misère. [...] Nous devons profiter de tous les mouvements de révolte, de tous les mécontentements, pour fomenter l’insurrection, pour organiser la Révolution de laquelle nous attendons la fin de toutes les iniquités sociales. Pas de découragement, même devant une calamité comme la guerre actuelle..." (in Guerin, Ni Dieu ni Maître).

J.O.


À TOUS LES TRAVAILLEURS DE LA PENSÉE ET DES BRAS

Au moment où l’humanité, dirigée par des fous, des arrivistes et des hypocrites, s’effondre sous les coups répétés des appétits des profiteurs de toutes sortes, nous jetons, une fois de plus, un appel sincère à tous les individus raisonnables et pratiques, pour essayer d’éviter la destruction totale et, profitant du chaos actuel, de les orienter vers une organisation sociale rationnelle et humaine.

Indéniablement, c’est par la faute de tous les gouvernements que le sang des travailleurs coule à flots, dans tous les pays, depuis plus de trois années. Si, effectivement, ce sont Hitler et Mussolini qui, en dernier lieu provoquèrent le conflit, il y a d’autres responsables : la finance internationale, les trusts industriels et financiers qui, de 1919 à 1930, financèrent le mouvement fasciste italien et le national-socialisme allemand et, de 1930 à 1939, payèrent la presse des différents pays démocratiques et fascistes, pour faire les campagnes bellicistes qui devaient provoquer un réarmement puissant et sans limite de toutes les nations, qui devait trouver sa conclusion dans la guerre actuelle, en même temps que le conflit enrayait tout mouvement de libération des masses travailleuses.

Le conflit actuel est l’oeuvre des puissances d’argent de chaque nation, puissances qui vivent exclusivement et internationalement de l’exploitation de l’homme par l’homme. Il est aussi le résultat des compétitions internationales, des compromissions et des rivalités politiques des hommes et des systèmes, de la vénalité, de la faiblesse, de l’hypocrisie, de l’inconscience des politiciens du monde entier. Et nous n’exceptons personne.

La diplomatie secrète a sévi aussi bien à Londres qu’à Berlin, à Paris qu’à Moscou, à Washington aussi bien qu’à Tokyo.

Aujourd’hui, les impérialistes d’hier se posent en libérateurs. Les fabricants et les trafiquants du Traité de Versailles, les inventeurs et les torpilleurs de la Société des Nations, les complices d’Hindenburg et de Dollfüs, les étrangleurs de la Révolution espagnole, les fommenteurs des contre-révolutions du Mexique, les fournisseurs de l’Allemagne hitlérienne et de l’Italie mussolinienne prétendent, ô ironie ! mettre de l’ordre dans le Monde, eux qui n’ont jamais vécu que du désordre et de l’incohérence des nations des deux hémisphères.

Que nous propose et le sordide impérialisme anglais et le féroce capitalisme américain ? Tout simplement le retour à "l’avant-guerre", le retour au statut-quo de Versailles ou à quelque chose d’à peu près semblable, et la réinstallation de la Société des Nations, la continuation de l’exploitation du travail par le capital, la banque maîtresse du monde, l’Or-Roi, les mille et une combinaisons diplomatiques, les mille et une combinaisons politiques et financières que nous connaissons. En somme, de quoi re-préparer une bonne petite guerre mondiale dans 25 ou 30 ans, si les Peuples sont incapables d’instituer la véritable Société des Peuples qui garantira la Paix et organisera le monde, par la Révolution sociale universelle.

Que nous proposent, d’autre part, les sinistres apôtres de la "Révolution Nationale" ? Une Révolution à rebours, qui rejetterait l’humanité en arrière vers les époques les plus sombres de son existence, dans l’abîme d’un fanatisme racial et religieux, d’un esclavage total des masses laborieuses et d’un écrasement absolu de l’individu.

Il reste l’U.R.S.S. Mais la République de Staline, si elle a fait disparaître le capital privé, n’a pas fait disparaître les différences de classes (hauts fonctionnaires, hauts militaires, ouvriers privilégiés et, en tout dernier lieu, le peuple). D’autre part, nous lui reprochons d’avoir supprimé toute pratique et toute apparence ou idée de liberté. Hélas ! le Guépéou n’a rien à envier à la Gestapo et, si les camps de concentration de Sibérie renferment des fascistes, ils contiennent aussi des socialistes, des trotskistes, des syndicalistes et des libertaires. Nous lui reprochons d’avoir aussi, dans cette guerre, joué un jeu diplomatique qui a servi les intentions des fascistes et des impérialistes et permis le déclenchement du terrible conflit actuel.

De tout cela il résulte que les peuples ne peuvent, ni ne doivent plus avoir confiance en personne Les Chefs d’État, les chefs militaires de toutes couleurs et de toutes nuances, passent d’un camp dans l’autre, déchirent des traités, en signent d’autres, servent tantôt la République, tantôt la Dictature, collaborent avec ceux à qui ils faisaient hier la guerre, et vice-versa et revice-versa. Tant et si bien que personne ne comprend plus rien à l’honneur, à la foi jurée, à la probité, à l’honnêteté.

Mais si les hommes d’États, les généraux, les amiraux et consorts se permettent de jouer "aux petits fous", le peuple, lui, paie les pots cassés : on le mobilise pour les démocraties, contre les démocraties, pour les fascistes, contre les fascistes. Mais que ce soit en Afrique, en Asie, en Europe, c’est le bon peuple qui fait les frais de ces "expériences contradictoires" et se fait casser la gueule. Ce sont les maisons des gens du peuple qui s’écroulent avec dedans les femmes et les gosses du peuple. Et demain, ce sera encore le peuple qui paiera les frais de reconstruction.

Nous demandons à tous ceux que le parti pris n’aveugle pas d’ouvrir les yeux sur la situation.

Le fascisme germano-italien, conséquence de l’impérialisme mondial est à l’agonie. L’impérialisme anglo-méricain, aidé de toutes les forces du capitalisme aux abois prépare :

  1. Une paix impérialiste, genre Traité de Versailles, qui sera une nouvelle base de conflits futurs et l’espoir de nouveaux bénéfices ;
  2. L’étouffement de tout mouvement d’émancipation ouvrière avec le concours des traîtres et arrivistes de tous les pays ;
  3. Un règlement de comptes, à l’amiable ou non-avec la Russie soviétique.

Quant à cette dernière, elle rêve d’instaurer de par le monde un capitalisme d’État qui, par son despotisme, serait aussi néfaste que le capitalisme privé.

Ainsi sera l’ordre social universel, à moins que les travailleurs du monde entier s’unissent dès maintenant pour planter le drapeau de la Révolution sociale sur le chaos que nous vivons.

Pour cela, que faut-il faire ?

En premier lieu, utiliser la tendance naturelle des Peuples vers l’Unité des Continents ; fédérer les pays qui composent les Continents ; développer entre ces Continents les liens de solidarité qui les associent ; donner à ces liens une forme organique, par l’institution d’une véritable Société des Peuples et non par un replâtrage d’une Société des Nations, qui ne serait qu’une Ligue nouvelle des Nations et de leurs intérêts égoïstes ; faire de cette Société des Peuples, par la création d’organismes à son service, tels qu’un Conseil Économique International et un Conseil Administratif et Social International, le véritable Régulateur Économique, administratif et social du Monde entièrement organisé pour la Paix et contre la guerre.

Mais tout cela ne sera, incontestablement, que l’oeuvre de la Révolution sociale, universelle comme la guerre elle-même.

Et pour cette tache gigantesque, il faut que les peuples s’entendent, s’associent, luttent ; qu’ils comprennent, agissent et réalisent et que, par avance, ils jettent entre eux, par l’organe de leurs prolétariats respectifs, les bases d’un vaste mouvement fédéraliste continental d’abord, universel ensuite ; qu’ils soient prêts à projeter, avec toutes ses conséquences ce mouvement sur le plan des réalités concrètes dans chaque pays, afin que naissent de leurs propres organisations de classe les institutions qui, demain, régiront, dans tous les domaines les Peuples associés.

Nous entendons par Révolution Sociale : l’abolition du pouvoir politique, l’abolition du militarisme, l’abolition de l’Or-Roi, l’abolition des classes.

Nous entendons par Révolution Sociale la liberté entière et définitive de parole, d’organisation, d’action pour tous ; la libre disposition des moyens de production pour tous les Peuples ; le travail, les produits, l’instruction, le bien-être pour tous. Nous entendons par Révolution Sociale, le pouvoir aux mains de tous, par :
-  L’association syndicale, faisant fonctionner la production dans chaque pays et dans le Monde, assurant une équitable répartition des matières premières et des produits, ainsi que des objets de toute nature nécessaires à la consommation.
-  L’association communale, assurant par la distribution, tous les besoins de la consommation et administrant le bien commun dans l’intérêt de tous ; créant, sur le plan social tous les organismes capables sur tous les terrains, d’assurer le plein développement et l’épanouissement des individus ; garantissant à tous la véritable égalité sociale par la bonne administration d’une saine et populaire justice, basée sur la conciliation et l’arbitrage.
-  L’association sur le plan géographique, de façon identique, des localités, régions et pays, par la création d’organismes de liaison permanente des rouages économiques et administratifs pour gérer mieux les intérêts de tous ordres et de tous, harmonieusement conjugués et associés pratiquement.

Pour cela, il faut non seulement que notre Révolution sociale soit universelle et, autant que possible, simultanée dans tous les pays, mais il faut encore qu’elle ouvre la voie à l’Ère de la Raison, de la Science consciente et du Travail libéré. Travaillons pour elle. Travaillons bien.

Il ne s’agit pas de lutter seulement contre le fascisme hitlérien, mais contre tous les fascismes, contre toutes les tyrannies,, qu’elles soient de droite, du centre ou de gauche, qu’elles soient encore royales, démocratiques ou sociales, car aucune tyrannie n’émancipera le travail, ne libérera le monde, n’organisera l’humanité sur des bases vraiment nouvelles.

Il ne s’agit pas de parler de liberté, il s’agit de vivre librement. Il ne s’agit pas de parler de fraternité, il s’agit de vivre fraternellement.

Nous ne luttons pas pour inscrire des mots sur une bannière ou changer de couleur un drapeau.
Nous sommes concrets.
Nous voulons passer :
-  de la guerre perpétuelle à la paix perpétuelle ;
-  de l’exploitation de l’homme par l’homme à l’égalité sociale ;
-  de la tyrannie totale ou partielle à la liberté entière ; de l’incohérence à la conscience.

Nous n’acceptons aucun compromis avec personne. Nous ne sommes attachés à aucune personnalité, ni à aucun parti.

Nous voulons la réalisation pratique de l’Idée sociale préconisée depuis près de deux cents ans par les républicains, les socialistes, les syndicalistes, les libertaires. Et nous sommes convaincus que, seules, la méthode sus-indiquée pourra la réaliser. Aujourd’hui, nous sommes une association de lutteurs.

Demain nous serons une association de constructeurs et de réalisateurs.

Et pour mener la tâche à biens : ... Nous cherchons des associés.

FÉDÉRATION INTERNATIONALE SYNDICALISTE RÉVOLUTIONNAIRE


Bibliographie complémentaire :

— Courant Communiste International, La Gauche communiste d’Italie 1991 [voir le chapitre 8 "A l’épreuve de la guerre"] ;

— CERMTRI [voir cahiers numéros 10 et 11 pour une bibliographie sur les RKD entre 1936 et 1945] ;

— GUERIN Daniel, Ni Dieu ni Maître (tome II), La Découverte 2005 [voir le texte internationaliste de Malatesta, Schapiro, Berkman, Goldman ... pages 51-55] ;

— LANNERET Pierre, Les internationaliste du "troisième camp" en France pendant la Seconde Guerre mondiale, Acratie 1995 [voir "les anarchistes" pages 54-59 ; sur les Communistes révolutionnaires allemands et français - RKD -, voir pages 68-71] ;

— SCHEUER Georg, Seuls les fous n’ont pas peur, Syllepse 2002 ...


Sur le site :

— Notre sommaire des numéros du journal « L’Étincelle » ;


Sur la toile :

— Le témoignage de 1970 de Jean René SAULIERE, alias André ARRU sur cnt-ait.info ;

Extrait :

« Pacifiste et anarchiste militant, J’avais décidé, quelques années avant la mobilisation de 1939, de refuser toute guerre. Aux motifs connus des pacifistes et des révolutionnaires qui considèrent la guerre comme une solution pire que le mal que l’on prétend vouloir combattre, il faut ajouter mon caractère qui empochait toute concession que ce soit en faveur de la facilité ou de la famille. Mes actes devaient affirmer la sincérité de ma propagande passée. J’en étais conscient et il ne m’est même pas venu à l’idée de reculer. Il était aussi bien entendu que mon refus ne s’accompagnait nullement d’une soumission volontaire à l’arrestation qui devait s’ensuivre. Mes vues étaient de tenter d’y échapper pour pouvoir ainsi continuer ma lutte de pacifiste et d’anarchiste. C’était du reste un point de vue commun dans les milieux libertaires et syndicalistes révolutionnaires de cette époque. Dans le seul groupe anarchiste de Bordeaux, quelques mois avant la mobilisation générale, nous étions une bonne douzaine dans ces dispositions. Mais nous n’avons été que deux à ne pas nous rendre, le 3 septembre 1939, et, deux jours après, je restais tout seul.

Je me cachai donc pendant cinq mois à Bordeaux, d’abord chez divers camarades et amis et puis, à bout de caches, je retournai chez moi. Pendant tout ce temps, je restais cloîtré le jour et sortais quelquefois la nuit. C’était pénible et le danger de me faire prendre augmentait de jour en jour. Après m’être procuré un livret militaire de réformé n°2, je me décidai à partir pour Marseille où j’arrivai, le 13 février 1940, à 6 heures du matin. La première impression, en prenant pied à la gare Saint-Charles, fut très désagréable. J’étais parti de Bordeaux avec une température de plus vingt, j’arrivais à Marseille le lendemain en plein mistral avec moins cinq . [...] Deux jours après mon arrivée, en traversant le square qui existait derrière la Chambre de Commerce, des « gardiens de la paix » (en 1940 !) ne demandaient mes papiers. Je sortais "mon" livret militaire, déclinais mes noms, prénoms, âge, profession, noms des père et mère et raison de ma présence à Marseille, sans bafouiller, mais le coeur en émoi. Je reprenais possession de « mon » livret ; les interlocuteurs étaient satisfaits. J’avais passé avec brio mon premier examen d’homme en rupture de ban. [...] J’eus alors la chance d’entrer en relation avec un sympathisant libertaire d’origine italienne, François, qui me présenta à d’autres. Ensuite, je me liais avec des réfugiés espagnols, libertaires pour la plupart, qui habitaient Saint-Loup. Tout ceci m’amena à connaître aussi des anarchistes français ayant milité avant la déclaration de la guerre. Dans le même temps, un camarade de couleur noire, Armand, du groupe de Bordeaux, démobilisé de Syrie, vint se réfugier chez moi, ne pouvant rentrer en zone occupée. Avec lui, on commença à confectionner des papillons et des tracts tirés à la gélatine. On allait les glisser la nuit dans les boites aux lettres et les coller sur les poteaux de tramway. Puis l’essence fut rationnée, mon poste fut fermé et mon contrat suspendu pour cas de force majeure. Je demandais au propriétaire l’autorisation de monter dans son local un atelier de réparations de cycles. Nous parvînmes à un accord et, grâce au retour de ma caution, je pus m’acheter un peu de matériel. Je me fis inscrire au registre des métiers et, faisant mon apprentissage sur le tas, vaille que vaille, je réparais et montais des vélos. Ainsi, je réussis à avoir normalement une carte d’identité puis, par un coup d’audace, un « duplicata » de ma sorte d’alimentation que je n’avais jamais une. À ce jour de ma vie, je n’avais jamais eu autant de papiers. J’étais en règle !

Petit à petit, avec beaucoup de passion et de conviction je réussissais à créer un groupe clandestin spécifiquement libertaire [Ce groupe comprenait une dizaine de membres, NDE] ; doublement clandestin je dois dire, puisque sa propagande attaquait le fascisme mais aussi tous les responsables de la guerre, le capitalisme et la dictature stalinienne. Je pris aussi des contacts avec l’extérieur, dans le Var d’abord ; ensuite, grâce au camarade Armand qui travaillait avec moi et qui m’aidait dans mon travail, je pus agrandir mon champ d’action. J’entrepris, au fur et à mesure de mes possibilités financières qui étaient maigres des voyages à Nimes, Lyon, Montpellier, Perpignan, Toulouse, Agen, Foix, Paris et sans aucun doute j’en oublie. Dans la plupart de ces villes, j’établissais des contacts dont la plupart furent conservés jusqu’à mon arrestation. A Toulouse, deux imprimeurs, les frères Lyon , morts en déportation, qui étaient de conviction libertaire tout en appartenant et travaillant très activement pour la Résistance , imprimèrent nos affiches, tracts, une brochure de quarante-cinq pages intitulé « Les Coupables » , le numéro un d’une revue intitulée « La Raison ». Les affiches étaient surtout destinées à être collées à Marseille où notre groupe était vraiment actif. Tracts, brochure, revue ont été portés à tous les correspondants pour distribution à toute personne susceptible de s’intéresser à notre activité.

Voline, anarchiste russe, auteur (en français) de « La Révolution inconnue », emprisonné du temps des Tsars pour propagande révolutionnaire puis, sous Lénine, pour avoir été l’adjoint de Makhno , mis au courant de nos activités et de nos espoirs, se joignit tout de suite à nous, avec enthousiasme, ne rata pratiquement jamais une de nos réunions. Il voulait même coller des affiches [il avait alors plus de 60 ans !]. Il m’aida beaucoup dans la réalisation de la brochure « Les Coupables » que j’allais d’autre part discuter avec Pierre Besnard, ancien secrétaire général de la C.G.T.S.R. (Confédération Générale du Travail Syndicaliste Révolutionnaire) qui était réfugié à 6 km d’Agen. Ainsi, en 1942, nous avons réussi à organiser un congrès anarchiste clandestin dont les membres se réunirent à Toulouse pendant deux jours chez le camarade Tricheux. Il y avait là des délégués des groupes de villes déjà citées plus une représentation du Mouvement clandestin des libertaires espagnols de l’Ariège et de la Haute-Garonne. Voline, un camarade espagnol, San Clemente, et moi étions les délégués de Marseille... »

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  1. ABENSOUR Miguel (1974) : Manifeste de la collection « Critique de la politique »
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  3. APPEL Jan (1966) : Autobiographie
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  13. BRENDEL Cajo (1953) : L’insurrection ouvrière en Allemagne de l’Est - juin 1953
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  15. BRETON André & COLLECTIF (1934) : Planète sans visa
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  18. CAMUS Albert (1953) : Moscou sous Lénine
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  20. COLLECTIF (1973) : Garde-fous arrêtez de vous serrer les coudes — Documents
  21. CONTRE-ATTAQUE (1935) : Union de lutte des intellectuels révolutionnaires
  22. DARWIN Charles & WALLACE Alfred (1858) : On the Tendency of Species to form Varieties ; and on the Perpetuation of Varieties and Species by Natural Means of Selection
  23. EISNER Kurt (1918) : An die Bevölkerung Münchens !
  24. ENGELS Friedrich (1842) : Die innern Krisen
  25. ENGELS Friedrich (1842) : Englische Ansicht über die innern Krisen
  26. ENGELS Friedrich (1842) : Stellung der politischen Parteien
  27. FISR (1943) : À tous les travailleurs de la pensée et des bras
  28. GAPONE George & VASSIMOV Ivan (1905) : Pétition des ouvriers au Tsar
  29. GLAT (1969) : Luttes et organisations de classe
  30. GLAT (1969) : Pour un regroupement révolutionnaire
  31. GRANDJONC Jacques (1989) : Introduction à « Communisme / Kommunismus / Communism »
  32. GTM (1937) : Le massacre de Barcelone, une leçon pour les ouvriers du Mexique !
  33. GUILLAMON Augustin (2002) : Chronologie d’Amadeo Bordiga
  34. HAASE Hugo (1919) : Reichstagsreden gegen die deutsche Kriegspolitik
  35. HOBSBAWM Eric (1961) : « La situation de la classe laborieuse en Angleterre »
  36. HOWARD Roy (1936) : Interview with J. Stalin
  37. ISTRATI Panaït (1929) : Conclusion pour combattants
  38. JANOVER Louis (1977) : Les nouveaux convertis
  39. JANOVER Louis (1981) : Actualité de Panaït Istrati
  40. JANOVER Louis (1985) : Lire Spartacus
  41. JANOVER Louis (1989) : Daniel Guérin, le trouble-fête
  42. JANOVER Louis (1991) : Les vraies leçons de Marx
  43. JANOVER Louis (1996) : Maximilien Rubel, une œuvre à découvrir
  44. JANOVER Louis (2007) : Les habits neufs de la feinte-dissidence
  45. JANOVER Louis (2008) : À propos de la réédition des « Pages choisies » de Karl Marx
  46. JANOVER Louis (2009) : De la rétrocritique considérée comme le dernier des arts
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  48. JAURÈS Jean (1914) : Discours de Vaise
  49. JOUHAUX Léon (1914) : Discours sur la tombe de Jean Jaurès
  50. KAUTSKY Karl (1922) : Socialisation ou nationalisation des banques ?
  51. LAFARGUE Paul (1885) : Une visite à Louise Michel
  52. LÉNINE & SVERDLOV Iakov (1918) : Position du Comité Central du P.O.S.D.R.(b) dans la question de la paix séparée et annexionniste
  53. LÉNINE (1914) : Der Krieg und die russische Sozialdemokratie
  54. LÉNINE (1918) : Additif au décret du Conseil des Commissaires du Peuple « La Patrie socialiste est en danger ! »
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  57. LÉNINE (1918) : Discours à la réunion commune des fractions bolchevique et socialiste-révolutionnaire de gauche du Comité Exécutif Central de Russie du 23 février 1918
  58. LÉNINE (1918) : Interventions sur la question de la paix de Brest-Litovsk
  59. LÉNINE (1918) : Leçon sérieuse et sérieuse responsabilité
  60. LÉNINE (1918) : Note sur la nécessité de signer la paix
  61. LÉNINE (1918) : Paix ou guerre ?
  62. LÉNINE (1918) : Projet d’ordre du jour à tous les soviets de députés
  63. LÉNINE (1918) : Projet de résolution du Conseil des commissaires du peuple sur l’évacuation du gouvernement
  64. LÉNINE (1918) : Rapport sur la question de la paix
  65. LÉNINE (1918) : Sur le terrain pratique
  66. LÉNINE (1918) : Une leçon dure, mais nécessaire
  67. LÉNINE (1918) : Une paix malheureuse
  68. LÉNINE (1919) : Discours d’ouverture au Premier Congrès de l’Internationale Communiste
  69. LÉNINE (1919) : Discours prononcé le 19 janvier après l’assassinat de Rosa Luxemburg et de Karl Liebknecht
  70. LERMONTOV Michel (1840) : Un fataliste
  71. LEVI Paul (1924) : Einleitung zu Rosa Luxemburg: «Einführung in die Nationalökonomie»
  72. LIEBKNECHT Karl & MEYER Ernst (1918) : Die nächsten Ziele eures Kampfes
  73. LIEBKNECHT Karl (1914) : Déclaration au Reichstag
  74. LIEBKNECHT Karl (1915) : Lettre à la Conférence de Zimmerwald
  75. LIEBKNECHT Karl (1918) : Für die freie sozialistische Republik Deutschland
  76. LIEBKNECHT Karl (1918) : To the Workers and Soldiers of the Allied Countries
  77. LIEBKNECHT Karl (1918) : Trotz alledem !
  78. LIEBKNECHT Karl (1918) : Was will der Spartakusbund ?
  79. LIEBKNECHT Karl (1919) : Kamaraden ! Arbeiter !
  80. LIEBKNECHT Karl (1919) : Malgré tout !
  81. LIEBKNECHT Karl, USPD & SPD (1918) : Bedingungen zum Eintritt in die Regierung
  82. LUXEMBURG Rosa & SPARTAKUSBUND (1918) : Was will der Spartakusbund ?
  83. LUXEMBURG Rosa (1893) : L’année 1793 !
  84. LUXEMBURG Rosa (1898) : À quoi sert la politique coloniale ?
  85. LUXEMBURG Rosa (1902) : Martinique
  86. LUXEMBURG Rosa (1904) : Social-démocratie et parlementarisme
  87. LUXEMBURG Rosa (1906) : Blanquisme et social-démocratie
  88. LUXEMBURG Rosa (1908) : Tolstoï, comme penseur social
  89. LUXEMBURG Rosa (1912) : Dans l’asile de nuit
  90. LUXEMBURG Rosa (1912) : Im Asyl
  91. LUXEMBURG Rosa (1914) : Discours devant le Tribunal de Francfort
  92. LUXEMBURG Rosa (1914) : Le revers de la médaille
  93. LUXEMBURG Rosa (1918) : Assemblée nationale ou gouvernement des Conseils ?
  94. LUXEMBURG Rosa (1918) : Das alte Spiel
  95. LUXEMBURG Rosa (1918) : Der Anfang
  96. LUXEMBURG Rosa (1918) : Die kleinen Lafayette
  97. LUXEMBURG Rosa (1918) : Die Nationalversammlung
  98. LUXEMBURG Rosa (1918) : Eine Ehrenpflicht
  99. LUXEMBURG Rosa (1918) : L’Achéron s’est mis en mouvement
  100. LUXEMBURG Rosa (1918) : L’Assemblée nationale
  101. LUXEMBURG Rosa (1918) : Les petits Lafayette
  102. LUXEMBURG Rosa (1918) : Nationalversammlung oder Räteregierung ?
  103. LUXEMBURG Rosa (1918) : Parteitag der Unabhängigen SP
  104. LUXEMBURG Rosa (1918) : Protestresolution gegen das Vorgehen der deutschen Regierung im Osten
  105. LUXEMBURG Rosa (1918) : Schlussrede
  106. LUXEMBURG Rosa (1918) : Un devoir d’honneur
  107. LUXEMBURG Rosa (1918) : Unser Programm und die politische Situation
  108. LUXEMBURG Rosa (1918) : Korreferat zur Politik der USPD
  109. LUXEMBURG Rosa (1918) : Les masses « immatures »
  110. LUXEMBURG Rosa (1919) : Der erste Parteitag
  111. LUXEMBURG Rosa (1919) : Das Versagen der Führer
  112. LUXEMBURG Rosa (1919) : Die Ordnung herrscht in Berlin
  113. LUXEMBURG Rosa (1919) : Kartenhäuser
  114. LUXEMBURG Rosa (1919) : L’ordre règne à Berlin
  115. LUXEMBURG Rosa (1919) : Versäumte Pflichten
  116. LUXEMBURG Rosa (1919) : Was machen die Führer ?
  117. LÖWY Michael (1969) : Le marxisme révolutionnaire de Rosa Luxemburg
  118. MALATESTA Errico & COLLECTIF (1915) : L’Internationale anarchiste et la guerre
  119. MARAT Jean-Paul (1791) : Sur la loi Le Chapelier
  120. MARTOV Julius (1907) : La leçon des événements russes
  121. MARTOV Julius (1908) : Le Marxisme en Russie
  122. MARTOV Julius (1918) : À bas la peine de mort !
  123. MARTOV Julius : La Troisième Douma et les socialistes
  124. MARX Karl & ENGELS Friedrich (1848) : Le Manifeste du Parti Communiste
  125. MARX Karl (1852) : Pauperism and Free Trade. - The approaching commercial crisis
  126. MARX Karl (1856) : Appel au prolétariat anglais
  127. MARX Karl (1865) : Salaire, Prix et Plus-value
  128. MATTICK Paul (1960) : Anton Pannekoek, une biographie politique
  129. MATTICK Paul (1977) : Interview à Lotta Continua
  130. MEHRING Franz (1914) : Ein Protest
  131. MÜHSAM Erich (1918) : Revolutionäre, internationalistisch gesinnte kommunistische Arbeiter und Soldaten !
  132. O’CASEY Sean : The Story of the Irish Citizen Army
  133. PANNEKOEK Anton (1933) : L’acte personnel
  134. PANNEKOEK Anton (1933) : La destruction comme moyen de lutte
  135. PÉRET Benjamin (1945) : Le déshonneur des poètes
  136. PIATAKOV, BOSCH, BOUKHARINE (1915) : Thèses sur le droit des nations à l’autodétermination
  137. PIECK Wilhelm ( 1918) : Arbeiter, Soldaten, Genossen !
  138. POSPOLOV Pavel (1938) : Aperçu historique - La lutte de Boukharine contre Lénine et le Parti
  139. PROUVOST Léon (1921) : Le code bolchevik du mariage
  140. PYATAKOV, BOSCH, BUKHARIN (1915) : Theses on the right of nations to self-determination
  141. RADEK Karl (1919) : Nachruf auf Karl Liebknecht
  142. RUBEL Maximilien (1947) : Karl Marx et le socialisme populiste russe
  143. RUBEL Maximilien (1980) : Le socialisme réellement inexistant
  144. SCHEIDEMANN Philipp (1924) : Bericht über den 9. November 1918
  145. SCHMIDT Véra (1923) : Éducation psychanalytique en Russie soviétique
  146. SOREL Georges (1899) : L’éthique du socialisme
  147. SOREL Georges (1906) : Le caractère religieux du Socialisme
  148. SOVNARKOM (1918) : La patrie socialiste est en danger !
  149. SPD (1914) : Aufruf zum Massenprotest gegen die Kriegsgefahr
  150. SPD (1914) : Resolution der Berliner Arbeiterschaft gegen das Ultimatum Österreich-Ungarns an Serbien
  151. SPD Württembergs (1914) : Bericht über eine öffentliche Versammlung mit Karl Liebknecht
  152. TROELSTRA (1914) : Kautsky und der Zusammenbruch der II. Internationale
  153. TROTSKI Léon (1910) : Les intellectuels et le socialisme
  154. TROTSKI Léon (1916) : Salut à Franz Mehring et Rosa Luxemburg
  155. TROTSKI Léon (1919) : Karl Liebknecht, Rosa Luxemburg
  156. TROTSKI Léon (1929) : Paris et Zimmerwald
  157. TROTSKI Léon (1939) : Un nouveau grand écrivain, Jean Malaquais
  158. TROTSKI Léon et al. (1915) : Manifeste de Zimmerwald
  159. TROTZKI Leo et al. (1915) : Das Zimmerwalder Manifest
  160. VOLINE (1939) : La naissance des « Soviets » ( janvier - février 1905 )
  161. VOLINE (1939) : Souvenirs sur Gapone et Janvier 1905
  162. WEIL Simone (1933) : Déclaration à la conférence d’unification des groupes de la gauche communiste
  163. ZETKIN Clara (1914) : Resolution für den Kampf gegen den Krieg