
Présentation Smolny :
Encore un avertissement pour les autruches de la part de la pétaradante Mme Huffington : la crise de l’endettement est une bombe aussi puissante que celle de Fukushima, qui n’en finit pas d’imploser ! Avis aux armateurs.
Sam
Présentation de l’éditeur :
Les États-Unis, pays du tiers-monde ? Appliquée à la première puissance mondiale, la formule peut paraître provocatrice.
Pourtant, le constat dressé par Arianna Huffington est sans appel. Un Américain sur huit vit grâce aux bons alimentaires. Plus de 120 000 familles se déclarent en faillite tous les mois : la classe moyenne est en voie de disparition. Un Américain sur cinq est sans emploi ou sous-employé. La désindustrialisation est galopante. Les infrastructures sont délabrées : le système de canalisations date de la guerre de Sécession ; un quart des ponts est structurellement déficient.
Secteur le plus dévasté, l’enseignement : 30 % des lycéens quittent l’école sans diplôme. Le rêve américain semble avoir définitivement tourné au cauchemar. Arianna Huffington accuse ces élites qui ont trahi et sacrifié la classe moyenne américaine sur l’autel de Wall Street. À travers une enquête implacable et le récit de vies brisées, elle révèle le vrai visage de l’Amérique qui tombe, celui que nous ne voulons voir ni ici ni outre-Atlantique.
« Un compte rendu alarmant de la situation critique dans laquelle se trouve la classe moyenne américaine. » Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie
« Avec une passion et une perspicacité formidables, Arianna Huffington nous dit les choses telles qu’elles sont. [...] Voici, clairement, un livre pour notre temps. » Robert B. Reich, ancien secrétaire américain au Travail
L’auteur :
Née en Grèce, ayant fait des études d’économie à Cambridge en Angleterre, Arianna Huffington a choisi de s’installer aux Etats-Unis à l’âge de 25 ans. En 2005, elle fonde le Huffington Post, le deuxième site d’infos le plus consulté aux USA (25 millions de visiteurs par mois), après celui du New York Times. Auteur de 13 livres, elle fait partie des 50 personnalités qui ont « façonné la décennie », selon le Financial Times.
Extrait :
Eau, routes, électricité : le grand délabrement
Nos problèmes d’infrastructure sont tels que point n’est besoin d’aller bien loin pour en prendre la mesure. Actionnez un interrupteur : vous utilisez un réseau électrique mis à rude épreuve. Passez à l’évier et ouvrez le robinet : votre eau arrive peut-être par des canalisations installées pendant la guerre de Sécession. Prenez votre voiture : vous empruntez des routes creusées de nids-de-poule et jalonnées de ponts qu’on hésite à franchir. Nous sommes entourés de preuves de déclin.
On estime que la population américaine atteindra 438 millions d’habitants en 2050 - une augmentation de 48 % depuis 2005. Mais, au lieu de se préparer à cette hausse et aux contraintes qu’elle imposera à nos systèmes en piteux état, c’est au rabais que l’Amérique se dirige vers l’avenir. Nos investissements dans l’infrastructure représentent à peine 2,4 % de notre PIB, contre 5 % en Europe et 9 % en Chine - un moyen infaillible de ne pas être la locomotive du XXIe siècle et d’être sûrs de cela. Pendant que nous essayons de maintenir tant bien que mal notre vieille guimbarde américaine avec du ruban adhésif, du chewing-gum, un bout de fil de fer et une prière, la Chine se dote d’une infrastructure de pointe.
Selon l’analyse faite par le New York Times, "une grosse canalisation d’eau éclate toutes les deux minutes en moyenne en un point quelconque du pays". A Washington, on enregistre une rupture de canalisation par jour en moyenne. "Nous avons approximativement 3 millions de kilomètres de tuyaux dans notre pays, explique Steve Allbee, de l’EPA. Si on fait le calcul entre nos dépenses actuelles et nos besoins d’investissement sur les vingt prochaines années, on arrive à une différence de 540 milliards de dollars."
Aujourd’hui déjà, il est de moins en moins sûr de boire l’eau du robinet - dans certains endroits, nos citoyens sont obligés d’aller chercher de l’eau potable dans des camions-citernes, variante américaine de la pompe collective du tiers-monde.
Alors que la demande d’électricité a augmenté de 25 % depuis 1990, la construction d’usines électriques a diminué de 30 %. Comme nous avons besoin de toute l’énergie disponible, les sociétés chargées de l’alimentation électrique ne peuvent pas débrancher les installations pour assurer correctement leur entretien - ce qui conduit à des pannes et à des coupures de courant imprévues. Ces pannes partielles ou complètes - dont certaines durent quelques secondes, d’autres des jours entiers - se traduisent par plus de 80 milliards de dollars de pertes commerciales par an. L’Asce estime que la modernisation et le développement du réseau pourraient exiger entre 1 500 et 2 000 milliards au cours des vingt prochaines années. Le 14 août 2003, près de 55 millions d’Américains et de Canadiens habitant sur une bande d’environ 6 000 km de large allant du Michigan au Connecticut et au Canada ont été privés d’électricité à cause de la plus grande panne de courant de l’histoire de l’Amérique du Nord. A New York, la circulation s’est arrêtée quand 11 600 feux de signalisation ont cessé de fonctionner, tandis que l’immobilisation des métros et des trains laissait 400 000 banlieusards en rade toute la soirée et une bonne partie de la nuit. La ville a été plongée dans l’obscurité. Que s’est-il passé ? Les lignes électriques ont heurté des arbres qu’on avait laissés pousser trop haut dans l’Ohio, ce qui a provoqué une série de défaillances entraînant la fermeture d’au moins 265 centrales électriques dans tout le Nord-Est.
Entre 1980 et 2005, le kilométrage parcouru par les véhicules de tourisme a augmenté de 94 % (celui des poids lourds de 105 %). Or, le kilométrage de voies autoroutières ne s’est accru que de 3,5 %. Selon le rapport d’évaluation de l’American Society Of Civil Engineers, "les Américains passent 4,2 milliards d’heures par an dans des embouteillages, pour un coût de 78 milliards par an - 710 dollars par an et par automobiliste". Les citadins sont particulièrement mal lotis : ils passent 40 % de leur temps de transport coincés dans des bouchons. La Transportation Construction Coalition (TCC) a établi que le mauvais entretien ou la mauvaise gestion des routes entraînent des accidents qui coûtent 217 milliards de dollars par an - bien plus que les accidents dus à l’alcool qui font les gros titres (130 milliards de dollars) ou que les carambolages provoqués par les excès de vitesse (97 milliards de dollars). Selon la TCC, 53 % des 42 000 accidents mortels qui surviennent chaque année sont, au moins partiellement, dus au mauvais état des chaussées. Nous dépensons actuellement 70 milliards par an pour améliorer nos autoroutes - bien loin des 186 milliards annuels qui seraient indispensables.
Au cours des dix dernières années, l’augmentation des prix de l’immobilier a obligé de nombreuses familles de la classe moyenne à s’éloigner de plus en plus des villes où elles travaillent et où les logements sont devenus hors de prix. Ce qui leur a imposé des trajets de plus en plus longs. En l’an 2000, chaque jour, 3,5 millions d’Américains prenaient la route pour des extreme commutes, des "navettes extrêmes", c’est-à-dire des trajets quotidiens d’une durée de trois heures ou plus dans un sens puis dans l’autre. Cela représente le double des chiffres enregistrés en 1990. Un travailleur sur huit - 17,5 millions d’Américains - quitte actuellement sa maison tous les matins avant 6 heures pour aller au travail. Pour un nombre de plus en plus important de membres de la classe moyenne, la vie se réduit aujourd’hui à ceci : dodo, auto, boulot, auto, dodo.
Éditions Fayard, parution : avril 2011
ISBN : 978-2-213-66248-0
370 pages / 13,6cm x 21,5cm / 20 euros
Sur notre site :
— DESMURGET Michel : Mad in U.S.A. - Les ravages du "modèle américain" ;