AccueilBibliothèqueCollection de textes
Dernière mise à jour :
samedi 25 mars 2017
   
Brèves
Mardi 21 mai - La Revue Z à Terra Nova
lundi 20 mai
Mardi 21 mai 2013 à 19h, rencontre à la Librairie Terra Nova de Toulouse avec l’équipe de la revue Z à l’occasion de la parution du dernier numéro Thessalonique & Grèce, aux éditions Agone. Après une enquête collective au nord de la Grèce, la revue Z viendra présenter son dernier numéro : Thessalonique dans la dépression européenne. Bricolages quotidiens et résistances insolvables.
Groupe de Liaison pour l’Action des Travailleurs
lundi 6 février
Le sommaire des articles de la revue Lutte de classe, publiée par le GLAT, a été largement augmenté, notamment sur la période 1971-1975. Pour tous les numéros listé, une version PDF est maintenant accessible en ligne. Bonnes lectures !
Mise à jour du catalogue du fonds documentaire
jeudi 1er septembre
Une nouvelle version mise à jour du Catalogue du Fonds Documentaire Smolny, très largement étendue (une vingtaine d’entrées supplémentaires) est en ligne ce jeudi 1er septembre 2011. Merci aux contributeurs. D’autres titres à suivre...
Ouverture des archives numériques du CERMTRI
lundi 15 août
Le CERMTRI a décidé de créer une bibliothèque numérique avec l’objectif de numériser le maximum de ses archives et de ses collections. Pour démarrer : La revue « Bulletin Communiste » (1920-1933) ; le journal « La Vérité » (1957-1958) ; la revue des « Cahiers du mouvement ouvrier » (2002-2011). Soit déjà 428 documents ce qui représente 6395 pages. Bravo pour cette excellente initiative !
Sur le Web
[infokiosques.net]
Nous nous auto-organisons et nous montons un infokiosque, une sorte de librairie alternative, indépendante. Nous discutons des publications, brochures, zines et autres textes épars qui nous semblent intéressants ou carrément nécessaires de diffuser autour de nous. Nous les rassemblons dans cet infokiosque, constituons ainsi nos ressources d’informations, et les ouvrons au maximum de gens. Nous ne sommes pas les troupes d’un parti politique, ni les citoyen-ne-s réformateurices de nos pseudo-démocraties, nous sommes des individus solidaires, qui construisons des réseaux autonomes, qui mettons nos forces et nos finesses en commun pour changer la vie et le monde.
Premiers pas sur une corde raide Montreuil (93) : concert de soutien au Rémouleur, samedi 11 octobre 2014 qcq Tout mais pas l'indifférence Crise, totalitarisme, luttes sociales et de classe en Grèce Bruxelles : programme de septembre 2014 au local Acrata
Bibliolib
Catalogue de textes d’origine libertaire ou anarchiste, sans habillage particulier (pas de commentaire, d’édition critique, de note). Les textes bruts donc avec une liste d’auteurs qui commence à être significative. Un bon point d’entrée donc pour ceux qui savent à l’avance ce qu’ils cherchent. Attention : ce site s’est fait subtilisé sa précédente adresse par un site pornographique. Notre propre lien a donc été incorrect quelque temps. Nous en sommes désolé.
Pelloutier.net
Sur l’histoire du syndicalisme révolutionnaire et de l’anarcho-syndicalisme, avec des études, documents et synthèses intéressantes sur Pelloutier, Monatte, La Vie Ouvrière (1909-1914) et sur les mouvements syndicalistes en France, Europe, USA...
Balance
Cahiers d’histoire du mouvement ouvrier international et de la Guerre d’Espagne. Nombreux articles en espagnol. Textes de Bordiga, entre autres.
Classiques des sciences sociales
Une bibliothèque numérique entièrement réalisée par des bénévoles, fondée et dirigée par Jean-Marie Tremblay, sociologue. Comprend de très nombreuses oeuvres du domaine public. La section des "auteurs classiques", en particulier, est une véritable mine, où l’on trouve Bebel, Bordiga, Boukharine, Engels, Fourier, Gramsci, Kautsky, Labriola, Lafargue, Lukacs, Luxemburg, Marx, Trotsky et bien d’autres.
POSPOLOV Pavel (1938) : Aperçu historique - La lutte de Boukharine contre Lénine et le Parti
Article du journal « L’Humanité », 1er et 2 mars 1938
28 août 2011 par eric

Présentation Smolny :

Nous sommes à la veille de l’ouverture du troisième grand procès de Moscou. Le 1er mars 1938, donc. Le journal « L’Humanité » qui n’a jamais si mal porté son nom, avec le légitime souci d’éclairer ses lecteurs - à n’en pas douter ! - se propose de leur donner à lire un « aperçu historique » rédigé par l’historien Pospolov (ou Pospelov). La première partie de l’article de Pospolov paraît dans le numéro du 1er mars 1938 en page 3, la seconde dans celui du 2 mars en page 4.

En bandeau de L’Humanité du 1er mars 1938, à la droite du titre du journal « communiste » on peut lire l’appel au meurtre suivant, qui ne laisse guère de doute sur ce que la rédaction attend de ce procès : « Justice prompte et exemplaire pour les traîtres, agents de la réaction étrangère ! C’est ce que fait l’U.R.S.S. ! C’est ce que demande le peuple de France ! ».

Dans ce cadre, l’article se comprend comme un véritable exercice de déconstruction de la réalité qui mélange quelques éléments factuels hors de propos, des bribes de débats théoriques anciens passés au crible d’un délire interprétatif dont les débats au procès qui va s’ouvrir sous la férule du procureur Vychinski donneront ses lettres de bassesse. Mais à la différence de celui-ci, Pospolov se garde bien d’insérer dans son « aperçu historique » ces accusations proprement délirantes (sur l’assassinat de Gorki, de Lénine, sur l’espionnage, les complots trotskistes ou fascistes, etc.) dont le procès sera truffé et dont l’Humanité va se faire l’écho servile. Il s’agit ici avant tout de « préparer le terrain » et de montrer que Boukharine, au premier chef, s’est toujours d’une façon ou d’une autre opposé à Lénine. Condition a minima pour envisager son élimination. Et cela en laissant habilement (et prudemment par ces temps de purges de masse) de côté tout rapport au grand ordonnateur de cette sinistre mascarade : Staline. L’« aperçu » se limite donc volontairement à une période (avant 1922) dont les enjeux théoriques et historiques échappaient très probablement aux lecteurs du journal, ainsi qu’à la plupart des lamentabes larbins qui en composaient la rédaction - qui, tous, avaient déjà avalé les anguilles des précédents procès. L’auteur se montre quant à lui, très « averti » de ces enjeux. Il s’agit sans doute du même Pospelov qui dirigera la commission d’enquête qui préparera les éléments du rapport secret du XXe Congrès du PCUS en 1956.

Au final, l’article peut donc se lire comme une vision en creux des réels débats qui eurent lieu jusqu’en 1921, notamment au sein du parti bolchevik, ce qui en soi est une sorte de réfutation de l’idée de parti communiste monolithique tel que l’histoire officielle pro-soviétique s’efforçait alors de la reconstruire. C’est sans doute l’aspect le plus paradoxal de cet article.

E.S.


La récente session plénière du Comité central du Parti communiste de l’U.R.S.S. a examiné la question de l’activité de Boukharine et de Rykov contre le Parti et a décidé de les exclure du Parti. Le présent aperçu historique a pour but de faire connaître les principaux faits de la lutte de Boukharine et de Rykov contre Lénine et contre le parti.

I

Déjà avant la révolution, Boukharine avait pris position contre Lénine dans la question de la dictature du prolétariat, en préconisant sa ligne politique à lui qui signifiait une rupture avec le marxisme. En 1916, la revue l’Internationale des Jeunes a publié un article de Boukharine (sous la signature de « Nota-Bene ») dirigé contre Lénine. Dans cet article, Boukharine exposait la conception semi-anarchiste suivant laquelle les socialistes doivent avoir une attitude hostile en principe à tout État. « La social-démocratie qui est, ou du moins qui doit être, l’éducatrice des masses, se doit aujourd’hui plus que jamais d’affirmer son hostilité, en principe, envers l’État » - écrivait Boukharine. De la sorte, en soulignant l’hostilité, en principe, pour tout État en général, Boukharine s’acheminait vers la négation de la dictature du prolétariat. Il prônait la théorie anarchiste de l’« abolition », de l’« explosion » de l’État à la place de la théorie léniniste qui préconisait la « destruction » de la machine bourgeoise de l’État.

Boukharine anarchiste et confusionniste

En critiquant les conceptions semi-anarchistes de Boukharine, Lénine écrivait : « Ce qui nous distingue des anarchistes, c’est l’utilisation de l’État a) aujourd’ hui et b) pendant la révolution du prolétariat (« la dictature du prolétariat ») - points entièrement importants dès maintenant pour la pratique. (Ce sont justement ces points que Boukharine a oubliés.) [1] »

Lénine signalait que Boukharine, « au lieu de dénoncer les kautskystes, les a aidés par ses erreurs ». Tout le long de l’histoire du parti bolchevique, Boukharine apportait de la confusion tant en politique qu’en théorie. Voici ce qu’en disait Lénine encore en 1916 : « Il se fie au cancan et il est diablement instable en politique... [2] » ; « la guerre l’a poussé vers des idées semi-anarchistes. À la conférence où ont été adoptées les résolutions de Berne, printemps 1915, il a formulé des thèses - je les ai gardées -, qui sont un comble d’absurdité : c’est une honte : du demi-anarchisme. [3] »

En 1925, Boukharine fait paraître dans le recueil La Révolution du droit un article intitulé « Contribution à la théorie de l’État impérialiste ». En son temps, Lénine avait refusé de publier cet article dans le Recueil du social-démocrate. Un an après la mort de Lénine, Boukharine crut devoir publier cet article que les grands maîtres du Parti avaient répudié. Bien plus, il a ajouté une note affirmant que dans la discussion sur l’État, c’était lui, Boukharine, qui avait raison, et non Lénine.

Les « communistes de gauche » se tirent les complices de l’impérialisme

La période de paix de Brest-Litovsk (février-mars 1918) où la jeune république soviétique, encore faible et sans armes, se trouvait en présence de l’impérialisme allemand armé jusqu’aux dents, était une période des plus difficiles de la révolution prolétarienne. La paix de Brest-Litovsk était une manœuvre géniale de Lénine, qui avait permis d’obtenir un répit pour renforcer le pouvoir soviétique, pour organiser les forces armées de la révolution. Boukharine et Piatakov, qui étaient à la tête de la fraction dite « des communistes de gauche », s’efforçaient de faire échec à cette manœuvre léniniste. À vrai dire, ils ont joué un rôle de traîtres, en poussant le pouvoir soviétique à la ruine, sous prétexte d’une « guerre révolutionnaire » qui, dans les conditions d’alors, était vouée manifestement à un échec. Ils adoptaient des résolutions véritablement monstrueuses, provocatrices, où ils préconisaient qu’il était « utile » de consentir à la perte du pouvoir soviétique !

C’est ce qui était littéralement inséré dans une résolution prise par le Bureau régional de Moscou, le 24 février 1918 : « Dans l’intérêt de la révolution internationale, nous croyons utile d’accepter l’éventualité de la perte du pouvoir soviétique qui devient aujourd’hui un pouvoir purement formel. »

Par leur politique d’aventures, les communistes « de gauche » facilitaient à l’impérialisme sa tâche : étrangler la jeune république soviétique. Lénine disait nettement que, « par leur lutte contre la conclusion de la paix, les communistes de gauche ont aidé en réalité les impérialistes allemands et empêché la croissance et le développement de la révolution en Allemagne [4] ».

Un complot contre Lénine

La lutte des communistes « de gauche » contre Lénine avait atteint un tel acharnement que les socialistes-révolutionnaires de gauche avaient engagé des pourparlers avec Boukharine et Piatakov en vue d’un véritable complot qui visait à l’arrestation de Lénine et à la formation d’un gouvernement composé de communistes « de gauche » et de socialistes-révolutionnaires. Les conspirateurs contre-révolutionnaires voulaient mettre à la présidence du Conseil des commissaires du peuple, à la place de Lénine, Piatakov. Boukharine a lui-même reconnu, en 1924, avoir mené ces criminels pourparlers avec les socialistes-révolutionnaires de gauche. (Voir la Pravda du 3 janvier 1923.)

II

Dans leur lutte contre Lénine et le parti, les communistes « de gauche » s’étaient en fait alliés à Trotsky qui, lui aussi, s’acharnait criminellement à faire échouer l’œuvre de la paix. Parmi les communistes « de gauche », il y avait pas mal de gens qui, ultérieurement, ont pris position contre le Parti, comme par exemple les trotskystes (Piatakov, Radek, Préobrajenski...). Les communistes « de gauche » avaient mené une lutte acharnée contre le parti, non seulement dans la question de la conclusion de la paix de Brest-Litovsk. Ils luttaient également contre l’affermissement de la dictature du prolétariat, contre l’édification socialiste que le Parti venait d’entreprendre sous la direction de Lénine, après la conclusion de la paix.

« Petits-bourgeois enragés », disait Lénine

Lénine caractérisait les communistes « de gauche » comme des « petits-bourgeois enragés ». La nature sociale des petits propriétaires, hostiles à la discipline prolétarienne, éclatait nettement dans les discours et les écrits de Boukharine et des autres hommes de « gauche » contre Lénine dans les questions de l’organisation de l’économie socialiste, de la discipline de travail, de la direction une et personnelle, de la rémunération à la tâche, de la statistique, du contrôle...

La théorie du « capitalisme organisé »

Dans la période entre le VIIe et le VIIIe Congrès du Parti (mars 1918, mars 1919), Boukharine combat le Parti et le camarade Lénine dans une question aussi grave que le programme du Parti.

En quoi consistait le fond de la discussion sur le programme du Parti ? Boukharine avait proposé de rayer du programme l’analyse de la production marchande des crises, et de la remplacer par une analyse de « l’impérialisme pur ». Boukharine estimait que les principales contradictions du régime capitaliste (la concurrence, les crises) ’cessaient d’exister » à l’époque de l’impérialisme dans le cadre des États capitalistes nationaux. Dans cette façon de poser la question, on trouvait déjà les bases de la théorie opportuniste de droite du « capitalisme organisé ». Encore en 1917, lors de la discussion du programme, Boukharine écrit ceci : « Le capitalisme éparpillé et inorganisé d’avant est remplacé par le capitalisme organisé. » (Revue Spartakus, n° 2, p. 6.)

Ensuite, Boukharine en arrive à énoncer nettement la thèse mencheviste suivant laquelle le nouveau type des rapports capitalistes supprime, à l’époque impérialiste, les contradictions de la société capitaliste dans le cadre de chaque pays.

Dans l’article « Le Naufrage du capitalisme », Boukharine pose la question : « Ce type nouveau des rapports capitalistes supprime-t-il les contradictions de la société capitaliste ? Détruit-il avant tout l’anarchie du mode actuel de production ? » Et sans se troubler le moins du monde, il répond : « Si l’on se borne au cadre de l’organisation étatique, c’est-à-dire au cadre de la patrie capitaliste on peut répondre à cette question dans le sens affirmatif. » (Revue Spartakus, n° 10, p. 6.)

La théorie antiléniniste de l’« impérialisme pur »

Objectant à la théorie boukharinienne de l’« impérialisme pur », Lénine disait au VIIIe Congrès du Parti : « L’impérialisme pur sans l’assise fondamentale du capitalisme n’a jamais existé, n’existe nulle part et n’existera jamais. C’est une généralisation erronée de tout ce qui a été dit des syndicats, des cartels, des trusts, du capitalisme financier, lorsque le capitalisme financier était représenté comme s’il ne reposait sur aucune des bases du capitalisme. (...) Si l’on voulait rédiger le programme comme le souhaite le camarade Boukharine, ce serait un programme erroné. [5] »

La théorie antiléniniste de « l’impérialisme pur », que Boukharine défendait avec ténacité, avait donné naissance à sa théorie opportuniste de droite du « capitalisme organisé » qui l’apparentait à la Seconde Internationale.

Boukharine s’était dressé contre Lénine dans la discussion du programme dans la question des éléments capitalistes engendrés par la petite économie paysanne.

Dans la négation opiniâtre du danger que représente la croissance d’éléments capitalistes sur le terrain de la petite propriété paysanne, on peut retrouver les racines de la théorie boukharinienne des opportunistes de droite de « l’intégration pacifique du koulak au socialisme », de la négation de la nécessité d’opérer la refonte socialiste de la paysannerie.

Il faut noter que lors de la discussion du programme au VIIe Congrès Boukharine avait proposé de proclamer le dépérissement immédiat de l’État prolétarien. Cette proposition était liée à ses erreurs de la période de la guerre, où il se dressait contre la dictature du prolétariat. En objectant à Boukharine, Lénine disait : « Proclamer à l’avance le dépérissement de l’État, c’est enfreindre à sa perspective historique. [6] »

Boukharine et Piatakov niaient l’importance de la question nationale

Lors de la discussion du programme au VIIIe Congrès du Parti, Boukharine a combattu Lénine dans la question nationale.

Lénine et Staline avait élaboré les conceptions fondamentales des bolcheviks dans la question nationale en tant que partie de la théorie de la révolution prolétarienne. Sans la politique nationale léniniste-stalinienne, la victoire de la Grande révolution prolétarienne, la victoire du socialisme dans l’U.R.S.S. auraient été impossibles.

Encore aux années de guerre, Boukharine et Piatakov se sont dressées contre Lénine, en niant l’importance de la question nationale à l’époque de l’impérialisme. Par la même, en repoussant les réserves, les possibilités révolutionnaires du mouvement d’affranchissement national des pays opprimés, ils condamnaient la révolution prolétarienne à l’isolement et à la défaite. Lénine qualifiait les conceptions de Boukharine et de Piatakov de « caricature du marxisme ».

Au VIIIe congrès du parti, Boukharine a déclaré le mot d’ordre bolcheviste du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes était soi-disant en contradiction avec les principes de la dictature du prolétariat.

Boukharine se dresse contre Lénine dans la discussion syndicale

En 1921, Boukharine prend de nouveau position contre Lénine dans la discussion syndicale. On sait que cette discussion soulevée par Trotsky avait causé un mal immense, avait provoqué une crise dans le Parti dans les conditions si difficiles du commencement de 1921. Boukharine avait d’abord assumé le rôle de « tampon » dans cette discussion, mais pratiquement, en sa qualité d’allié de Trotsky, il ne faisait que combattre Lénine. Boukharine attisait insidieusement la discussion, en y jetant, selon l’expression de Lénine, « du pétrole de tampon ».

Dans les thèses de Boukharine, se manifestèrent à nouveau ses hésitations anarcho-syndicalistes. Étant en désaccord depuis longtemps avec Lénine sur la question de la dictature du prolétariat, Boukharine commença, lors de la discussion syndicale, à nier le rôle du parti vis-à-vis des organisations économiques. Il proposa que les syndicats nomment ce qu’il appelait des candidatures « obligatoires » aux centres économiques correspondants, sans que ces candidatures soient ratifiées par le Parti. Boukharine répudiait la direction du parti communiste à l’égard des ouvriers sans parti, ainsi que le travail de longue haleine pour éduquer et instruire les masses travailleuses (syndicats, « école » du communisme).

Les avertissements de Lénine

Voici donc ce qu’écrivait Lénine de la position de Boukharine : « Les thèses de Boukharine et consorts constituent un comble de la débandade idéologique... ! C’est la rupture complète avec le communisme et le passage aux positions du syndicalisme [7]. » /

Lénine mettait en garde Boukharine en disant que la logique objective de la lutte fractionnelle contre le Parti et l’obstination qu’il mettait à défendre ses déviations du communisme pouvaient le conduire très loin : « Plus... Boukharine défendra sa déviation du communisme, nettement erronée du point de vue théorique et trompeuse du point de vue politique, plus seront tristes les fruits de cette obstination [8]. »

En 1920, Lénine critiquait vivement, dans ses notes, le livre de Boukharine, L’Économie de la transition, en montrant l’absence de la méthode marxiste, dialectique, sa scolastique à la Bogdanov. Peu avant sa mort, Lénine adressa encore un avertissement à Boukharine : « Ses conceptions théoriques... - écrivait Lénine au sujet de Boukharine - je doute qu’on puisse les classer parmi les conceptions entièrement marxistes puisqu’il y a là-dedans quelque chose de scolastique (il n’a jamais étudié la dialectique et je crois qu’il ne l’a jamais comprise [9] ».

Mais Boukharine resta sourd à ces avertissements de Lénine. Ses vieilles déviations du marxisme, du communisme, ont servi de base à l’idéologie de la déviation de droite, de la déviation koulak.

Rykov, second leader de la déviation de droite

Le deuxième leader de la déviation de droite, Rykov, a lui aussi plus d’une fois combattue Lénine et le parti. Aux années de la réaction, Rykov occupait une position conciliatrice vis-à-vis de tous les groupements hostiles au parti : les liquidateurs, Trotsky, les « otzovistes » [10]. Avec Kamenev, Zinoviev, Tomski et d’autres, Rykov empêchait Lénine de combattre ces groupements hostiles au parti ; avec les autres conciliateurs, il trahissait Lénine.

Il déclarait que la révolution socialiste était impossible en Russie !

À la Conférence d’avril 1917, Rykov, avec Kamenev, se dressa contre les thèses avril de Lénine, contre la ligne du parti orienté vers la transformation de la révolution démocratique bourgeoise en révolution socialiste. Rykov déclarera ouvertement qu’en Russie, la révolution socialiste était impossible. « D’où se lèvera le soleil de la révolution socialiste ? Demanda Rykov. Je pense, disait-il, qu’étant données toutes les conditions, le niveau de l’habitant, l’initiative de la révolution socialiste ne nous appartient pas. Nous n’avons pour cela ni les forces, ni les conditions objectives nécessaires. » (La VIIe conférence d’avril panrusse et de la ville de Petrograd du POSDR, édition du parti, 1934, page 93.)

À la Conférence d’avril, Lénine caractérisait les conceptions de Rykov comme une « rupture avec le marxisme », comme une « parodie du marxisme ».

Contre la révolution d’octobre

Rykov a combattu Lénine et le parti lors de l’insurrection d’Octobre, il était contre la révolution d’Octobre. Après la révolution d’Octobre, Rykov, avec Kamenev et Zinoviev, s’efforce d’engager la dictature du prolétariat dans la voie de la démocratie bourgeoise.

En entravant le travail révolutionnaire, ces hommes posaient au partie un ultimatum, ils exigeaient de faire participer au gouvernement les mencheviks et les socialistes-révolutionnaires de droite, ils exigeaient que l’on renonce à la révolution socialiste. Dans sa résolution du 15 (10) novembre 1917, rédigée par Lénine, le Comité central du parti a condamné leurs hésitations criminelles et a souligné que « l’opposition qui s’est formée au sein du Comité central s’écarte complètement de toutes les positions fondamentales du bolchevisme et de la lutte de classe du prolétariat en général, en reprenant les refrains essentiellement non marxistes sur l’impossibilité de la révolution socialiste en Russie [11] ». Le 17 novembre 1917, Rykov demande sa démission du comité central du gouvernement dans lequel il occupait le poste de commissaire du peuple à l’Intérieur. Lénine a stigmatisé cet acte honteux de Rykov qu’il qualifia d’acte de déserteur et de briseur de grève.

[1] Recueil Lénine, tome XIV, p. 257. Ed. russe.

[2] Ibidem, p. 259.

[3] Lénine, Œuvres complètes, tome XXIX, p. 229-230. Ed. russe.

[4] Lénine, Œuvres complètes, tome XXII, p. 316. Ed. russe.

[5] Lénine, Œuvres complètes, tome XXIV, pp. 131-132. Ed. russe.

[6] Lénine, Œuvres complètes, tome XXII, p. 355. Ed. russe.

[7] Lénine, Œuvres complètes, tome XXVI, p. 92. Ed. russe.

[8] Lénine, Œuvres complètes, tome XXVI, p. 145. Ed. russe.

[9] Note Smolny : Pas de référence aux œuvres de Lénine pour cette citation, et pour cause, elle est extraite du « testament politique » de Lénine qui condamnait bien plus catégoriquement les agissements de Staline. Le cynisme de l’auteur ne manque donc pas d’ironie... et même d’une certaine témérité, car citer un texte qui n’existe officiellement pas pouvait s’avérer un jeu dangereux. Mais pour les lecteurs de l’Humanité, toujours prêts à gober les plus énormes inepties du moment que se profile une « juste » exécution à l’horizon... cela ne risquait certes pas de créer un trop grand trouble.

[10] Les otzovistes exigeaient le rappel de la Douma des députés bolcheviks.

[11] Lénine, Œuvres complètes, tome XXX, p. 360. Ed. russe. Souligné par nous P. P.

Autres articles de cette rubrique
  1. ANONYME : Protestation devant les libertaires du présent et du futur sur les capitulations de 1937
  2. APPEL Jan (1966) : Autobiographie
  3. APPEL Jan (1966) : Autobiography [english version]
  4. BENBOW William (1832) : Grand National Holiday, and Congress of the Productive Classes
  5. BORDIGA Amadeo (1922) : Le principe démocratique
  6. BORDIGA Amadeo (1922) : Thèses de Rome
  7. BORDIGA Amadeo (1951) : Crue et rupture de la civilisation bourgeoise
  8. BORDIGA Amadeo (1951) : Filling and bursting of bourgeois civilisation

  9. BORDIGA Amadeo (1951) : Piena e rotta della civiltà borghese
  10. BOUKHARINE Nicolas (1917) : La guerre et le socialisme révolutionnaire
  11. BOUKHARINE Nicolas (1937) : À la future génération des dirigeants du Parti
  12. BRENDEL Cajo (1953) : L’insurrection ouvrière en Allemagne de l’Est - juin 1953
  13. BRENDEL Cajo (1999) : « Garde-toi de tout mythe ! »
  14. BRETON André & COLLECTIF (1934) : Planète sans visa
  15. BRETON André (1936) : La vérité sur le procès de Moscou
  16. BRETON André (1956) : Hongrie, Soleil levant
  17. CAMUS Albert (1953) : Moscou sous Lénine
  18. CHIRIK Marc (1976) : Présentation de textes de « Bilan »
  19. COLLECTIF (1973) : Garde-fous arrêtez de vous serrer les coudes — Documents
  20. CONTRE-ATTAQUE (1935) : Union de lutte des intellectuels révolutionnaires
  21. DARWIN Charles & WALLACE Alfred (1858) : On the Tendency of Species to form Varieties ; and on the Perpetuation of Varieties and Species by Natural Means of Selection
  22. EISNER Kurt (1918) : An die Bevölkerung Münchens !
  23. ENGELS Friedrich (1842) : Die innern Krisen
  24. ENGELS Friedrich (1842) : Englische Ansicht über die innern Krisen
  25. ENGELS Friedrich (1842) : Stellung der politischen Parteien
  26. FISR (1943) : À tous les travailleurs de la pensée et des bras
  27. GAPONE George & VASSIMOV Ivan (1905) : Pétition des ouvriers au Tsar
  28. GLAT (1969) : Luttes et organisations de classe
  29. GLAT (1969) : Pour un regroupement révolutionnaire
  30. GRANDJONC Jacques (1989) : Introduction à « Communisme / Kommunismus / Communism »
  31. GTM (1937) : Le massacre de Barcelone, une leçon pour les ouvriers du Mexique !
  32. GUILLAMON Augustin (2002) : Chronologie d’Amadeo Bordiga
  33. HAASE Hugo (1919) : Reichstagsreden gegen die deutsche Kriegspolitik
  34. HOBSBAWM Eric (1961) : « La situation de la classe laborieuse en Angleterre »
  35. HOWARD Roy (1936) : Interview with J. Stalin
  36. ISTRATI Panaït (1929) : Conclusion pour combattants
  37. JANOVER Louis (1977) : Les nouveaux convertis
  38. JANOVER Louis (1981) : Actualité de Panaït Istrati
  39. JANOVER Louis (1985) : Lire Spartacus
  40. JANOVER Louis (1989) : Daniel Guérin, le trouble-fête
  41. JANOVER Louis (1991) : Les vraies leçons de Marx
  42. JANOVER Louis (1996) : Maximilien Rubel, une œuvre à découvrir
  43. JANOVER Louis (2007) : Les habits neufs de la feinte-dissidence
  44. JANOVER Louis (2008) : À propos de la réédition des « Pages choisies » de Karl Marx
  45. JANOVER Louis (2009) : De la rétrocritique considérée comme le dernier des arts
  46. JANOVER Louis (2009) : Vous avez dit minuit dans le siècle ?
  47. JAURÈS Jean (1914) : Discours de Vaise
  48. JOUHAUX Léon (1914) : Discours sur la tombe de Jean Jaurès
  49. KAUTSKY Karl (1922) : Socialisation ou nationalisation des banques ?
  50. LAFARGUE Paul (1885) : Une visite à Louise Michel
  51. LÉNINE & SVERDLOV Iakov (1918) : Position du Comité Central du P.O.S.D.R.(b) dans la question de la paix séparée et annexionniste
  52. LÉNINE (1914) : Der Krieg und die russische Sozialdemokratie
  53. LÉNINE (1918) : Additif au décret du Conseil des Commissaires du Peuple « La Patrie socialiste est en danger ! »
  54. LÉNINE (1918) : Chose étrange et monstrueuse
  55. LÉNINE (1918) : De la gale
  56. LÉNINE (1918) : Discours à la réunion commune des fractions bolchevique et socialiste-révolutionnaire de gauche du Comité Exécutif Central de Russie du 23 février 1918
  57. LÉNINE (1918) : Interventions sur la question de la paix de Brest-Litovsk
  58. LÉNINE (1918) : Leçon sérieuse et sérieuse responsabilité
  59. LÉNINE (1918) : Note sur la nécessité de signer la paix
  60. LÉNINE (1918) : Paix ou guerre ?
  61. LÉNINE (1918) : Projet d’ordre du jour à tous les soviets de députés
  62. LÉNINE (1918) : Projet de résolution du Conseil des commissaires du peuple sur l’évacuation du gouvernement
  63. LÉNINE (1918) : Rapport sur la question de la paix
  64. LÉNINE (1918) : Sur le terrain pratique
  65. LÉNINE (1918) : Une leçon dure, mais nécessaire
  66. LÉNINE (1918) : Une paix malheureuse
  67. LÉNINE (1919) : Discours d’ouverture au Premier Congrès de l’Internationale Communiste
  68. LÉNINE (1919) : Discours prononcé le 19 janvier après l’assassinat de Rosa Luxemburg et de Karl Liebknecht
  69. LERMONTOV Michel (1840) : Un fataliste
  70. LEVI Paul (1924) : Einleitung zu Rosa Luxemburg: «Einführung in die Nationalökonomie»
  71. LIEBKNECHT Karl & MEYER Ernst (1918) : Die nächsten Ziele eures Kampfes
  72. LIEBKNECHT Karl (1914) : Déclaration au Reichstag
  73. LIEBKNECHT Karl (1915) : Lettre à la Conférence de Zimmerwald
  74. LIEBKNECHT Karl (1918) : Für die freie sozialistische Republik Deutschland
  75. LIEBKNECHT Karl (1918) : To the Workers and Soldiers of the Allied Countries
  76. LIEBKNECHT Karl (1918) : Trotz alledem !
  77. LIEBKNECHT Karl (1918) : Was will der Spartakusbund ?
  78. LIEBKNECHT Karl (1919) : Kamaraden ! Arbeiter !
  79. LIEBKNECHT Karl (1919) : Malgré tout !
  80. LIEBKNECHT Karl, USPD & SPD (1918) : Bedingungen zum Eintritt in die Regierung
  81. LUXEMBURG Rosa & SPARTAKUSBUND (1918) : Was will der Spartakusbund ?
  82. LUXEMBURG Rosa (1893) : L’année 1793 !
  83. LUXEMBURG Rosa (1898) : À quoi sert la politique coloniale ?
  84. LUXEMBURG Rosa (1902) : Martinique
  85. LUXEMBURG Rosa (1904) : Social-démocratie et parlementarisme
  86. LUXEMBURG Rosa (1906) : Blanquisme et social-démocratie
  87. LUXEMBURG Rosa (1908) : Tolstoï, comme penseur social
  88. LUXEMBURG Rosa (1912) : Dans l’asile de nuit
  89. LUXEMBURG Rosa (1912) : Im Asyl
  90. LUXEMBURG Rosa (1914) : Discours devant le Tribunal de Francfort
  91. LUXEMBURG Rosa (1914) : Le revers de la médaille
  92. LUXEMBURG Rosa (1918) : Assemblée nationale ou gouvernement des Conseils ?
  93. LUXEMBURG Rosa (1918) : Das alte Spiel
  94. LUXEMBURG Rosa (1918) : Der Anfang
  95. LUXEMBURG Rosa (1918) : Die kleinen Lafayette
  96. LUXEMBURG Rosa (1918) : Die Nationalversammlung
  97. LUXEMBURG Rosa (1918) : Eine Ehrenpflicht
  98. LUXEMBURG Rosa (1918) : L’Achéron s’est mis en mouvement
  99. LUXEMBURG Rosa (1918) : L’Assemblée nationale
  100. LUXEMBURG Rosa (1918) : Les petits Lafayette
  101. LUXEMBURG Rosa (1918) : Nationalversammlung oder Räteregierung ?
  102. LUXEMBURG Rosa (1918) : Parteitag der Unabhängigen SP
  103. LUXEMBURG Rosa (1918) : Protestresolution gegen das Vorgehen der deutschen Regierung im Osten
  104. LUXEMBURG Rosa (1918) : Schlussrede
  105. LUXEMBURG Rosa (1918) : Un devoir d’honneur
  106. LUXEMBURG Rosa (1918) : Unser Programm und die politische Situation
  107. LUXEMBURG Rosa (1918) : Korreferat zur Politik der USPD
  108. LUXEMBURG Rosa (1918) : Les masses « immatures »
  109. LUXEMBURG Rosa (1919) : Der erste Parteitag
  110. LUXEMBURG Rosa (1919) : Das Versagen der Führer
  111. LUXEMBURG Rosa (1919) : Die Ordnung herrscht in Berlin
  112. LUXEMBURG Rosa (1919) : Kartenhäuser
  113. LUXEMBURG Rosa (1919) : L’ordre règne à Berlin
  114. LUXEMBURG Rosa (1919) : Versäumte Pflichten
  115. LUXEMBURG Rosa (1919) : Was machen die Führer ?
  116. LÖWY Michael (1969) : Le marxisme révolutionnaire de Rosa Luxemburg
  117. MALATESTA Errico & COLLECTIF (1915) : L’Internationale anarchiste et la guerre
  118. MARAT Jean-Paul (1791) : Sur la loi Le Chapelier
  119. MARTOV Julius (1907) : La leçon des événements russes
  120. MARTOV Julius (1908) : Le Marxisme en Russie
  121. MARTOV Julius (1918) : À bas la peine de mort !
  122. MARTOV Julius : La Troisième Douma et les socialistes
  123. MARX Karl & ENGELS Friedrich (1848) : Le Manifeste du Parti Communiste
  124. MARX Karl (1852) : Pauperism and Free Trade. - The approaching commercial crisis
  125. MARX Karl (1856) : Appel au prolétariat anglais
  126. MARX Karl (1865) : Salaire, Prix et Plus-value
  127. MATTICK Paul (1960) : Anton Pannekoek, une biographie politique
  128. MATTICK Paul (1977) : Interview à Lotta Continua
  129. MEHRING Franz (1914) : Ein Protest
  130. MÜHSAM Erich (1918) : Revolutionäre, internationalistisch gesinnte kommunistische Arbeiter und Soldaten !
  131. O’CASEY Sean : The Story of the Irish Citizen Army
  132. PANNEKOEK Anton (1933) : L’acte personnel
  133. PANNEKOEK Anton (1933) : La destruction comme moyen de lutte
  134. PÉRET Benjamin (1945) : Le déshonneur des poètes
  135. PIATAKOV, BOSCH, BOUKHARINE (1915) : Thèses sur le droit des nations à l’autodétermination
  136. PIECK Wilhelm ( 1918) : Arbeiter, Soldaten, Genossen !
  137. POSPOLOV Pavel (1938) : Aperçu historique - La lutte de Boukharine contre Lénine et le Parti
  138. PROUVOST Léon (1921) : Le code bolchevik du mariage
  139. PYATAKOV, BOSCH, BUKHARIN (1915) : Theses on the right of nations to self-determination
  140. RADEK Karl (1919) : Nachruf auf Karl Liebknecht
  141. RUBEL Maximilien (1947) : Karl Marx et le socialisme populiste russe
  142. RUBEL Maximilien (1980) : Le socialisme réellement inexistant
  143. SCHEIDEMANN Philipp (1924) : Bericht über den 9. November 1918
  144. SCHMIDT Véra (1923) : Éducation psychanalytique en Russie soviétique
  145. SOREL Georges (1899) : L’éthique du socialisme
  146. SOREL Georges (1906) : Le caractère religieux du Socialisme
  147. SOVNARKOM (1918) : La patrie socialiste est en danger !
  148. SPD (1914) : Aufruf zum Massenprotest gegen die Kriegsgefahr
  149. SPD (1914) : Resolution der Berliner Arbeiterschaft gegen das Ultimatum Österreich-Ungarns an Serbien
  150. SPD Württembergs (1914) : Bericht über eine öffentliche Versammlung mit Karl Liebknecht
  151. TROELSTRA (1914) : Kautsky und der Zusammenbruch der II. Internationale
  152. TROTSKI Léon (1910) : Les intellectuels et le socialisme
  153. TROTSKI Léon (1916) : Salut à Franz Mehring et Rosa Luxemburg
  154. TROTSKI Léon (1919) : Karl Liebknecht, Rosa Luxemburg
  155. TROTSKI Léon (1929) : Paris et Zimmerwald
  156. TROTSKI Léon (1939) : Un nouveau grand écrivain, Jean Malaquais
  157. TROTSKI Léon et al. (1915) : Manifeste de Zimmerwald
  158. TROTZKI Leo et al. (1915) : Das Zimmerwalder Manifest
  159. VOLINE (1939) : La naissance des « Soviets » ( janvier - février 1905 )
  160. VOLINE (1939) : Souvenirs sur Gapone et Janvier 1905
  161. WEIL Simone (1933) : Déclaration à la conférence d’unification des groupes de la gauche communiste
  162. ZETKIN Clara (1914) : Resolution für den Kampf gegen den Krieg