
Elève du séminaire orthodoxe de Tiflis, il milite à partir de 1898 dans la social-démocratie géorgienne puis se rapproche des bolcheviks.
En 1917, après avoir soutenu de façon critique le gouvernement provisoire avec la direction du Parti bolchevik,il se rallie aux « thèses d’avril » de Lénine, puis assure, avec Sverdlov, la direction formelle du Parti lorsque Lénine se cache en Finlande. Son rôle dans la dynamique révolutionnaire qui conduit à l’insurrection d’Octobre est très réduit.
Isolé, le Parti qui a dirigé Octobre 17, se transforme inexorablement en serviteur de l’Etat russe. Cet Etat va devenir, sous Staline - « son champion » - l’axe central de la contre-révolution capitaliste. La théorie de Staline du « socialisme en un seul pays » (automne 1924) constitue un revers cinglant à l’encontre de toutes les traditions internationalistes du PCR(b) en particulier, du mouvement ouvrier en général : une société sans classes ne peut être établie qu’au niveau mondial.
Secrétaire général du Parti depuis 1922, Staline élimine de 1924 à 1929 toutes les oppositions en s’appuyant d’abord sur Kamenev et Zinoviev contre Trotsky puis ils les évince ensuite tous les trois avant de circonscrire Boukharine, Tomski et Rykov.
En 1929, il engage l’URSS dans une politique de collectivisation forcée des terres et d’élimination des koulaks (paysan riche) avec une brutalité inouïe, cause de famines effroyables. Il lance aussi le premier plan quinquennal et développe l’industrie lourde. Enfin, il recourt abondamment au travail forcé dans les camps du Goulag, et fait procéder à des purges massives qui déciment toute une génération de révolutionnaires (1934-1941) et dont les grands procès de Moscou, truqués, ne sont que la face la plus visible.
Il conclut le pacte germano-soviétique (août 1939), fait assassiner Trotsky en août 1940. Après l’attaque allemande de juin 1941, il redresse une situation initialement désastreuse en faisant appel au patriotisme et en utilisant massivement la chair à canon !
Pour éliminer un obstacle « formel » aux discussions avec les Alliés, Staline fait dissoudre l’Internationale Communiste, de toute façon moribonde depuis longtemps, par ses représentants réfugiés à Moscou (15 mai 1943).
En août 1944, lorsque Varsovie se soulève, à l’approche de l’Armée rouge, il ordonne aux soldats soviétiques de ne pas bouger ; l’insurrection écrasée, ils pourront reprendre leur marche en avant.
A Yalta puis à Potsdam (1945), les trois vainqueurs se partagent le monde.
La reconstruction du pays va se faire en pillant massivement machines et usines allemandes. Cette reconstruction est foudroyante mais trompeuse. L’outillage, déjà utilisé à fond pour l’effort de guerre allemand, vieillit très vite et son utilisation aggrave le retard technique et bloque l’innovation. Seule la course à l’armement (bombe atomique) se poursuit ; la guerre devient « froide ».
Après sa mort, le XX° Congrès du PCUS (1956) amorça la « destalinisation » et, en 1961, son corps fut retiré du mausolée de Lénine dans lequel il avait été placé.
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