AccueilPublicationsBilan (1933-1938)
Dernière mise à jour :
mercredi 28 juin 2017
   
Brèves
« Lutte de Classe » (GLAT) - Série complète !
samedi 27 octobre
La couverture chronologique de la revue du GLAT, Lutte de Classe, a été considérablement étendue (premier numéro de mars 1964) et comprend maintenant un renvoi sur une version numérisée des 128 numéros !
Cahiers du Communisme de Conseils - Série complète !
vendredi 26 octobre
Les trois numéros manquant (1, 2 & 5) sont maintenant disponibles dans les sommaires de la revue des Cahiers du Communisme de Conseils. Que les volontaires pour les transcriptions n’hésitent pas à se signaler... En attendant, bonne lecture !
Premiers scans des Cahiers du Communisme de Conseil
dimanche 5 août
Neuf des douze numéros de la revue des Cahiers du Communisme de Conseil (1968-1972) sont maintenant accessible en version numérique au travers du sommaire général.
Derniers numéros de la revue Communisme
dimanche 5 août
Les numéros 6, 8, 9 et 15 qui manquaient jusque là ont été ajoutés au sommaire général de la revue « Communisme » (1937-1939). Bonnes lectures !
Mise à jour sommaires GLAT
samedi 11 février
Le sommaire général de la revue du GLAT, Lutte de Classe vient d’être encore étendu. Merci de signaler manques ou corrections.
Sur le Web
Controverses
Revue publiée par le Forum de la Gauche Communiste Internationaliste : C’est pour contribuer à déblayer la voie vers la clarification et le regroupement sur des bases théoriques, politiques et organisationnelles saines que Controverses a vu le jour. En d’autres termes, tout en tenant compte du changement de période qui n’est plus au reflux mais à la reprise historique des combats de classes, notre objectif essentiel est de reprendre ce qui était le souci de Bilan mais qu’il n’a pu mener complètement à bien compte-tenu des conditions d’alors : « ...une critique intense qui visait à rétablir les notions du marxisme dans tous les domaines de la connaissance, de l’économie, de la tactique, de l’organisation », et ce sans « aucun dogme », sans « aucun interdit non plus qu’aucun ostracisme », et « par le souci de déterminer une saine polémique politique ». Ceci est plus que jamais indispensable afin de réussir un nouvel « Octobre 17 » sous peine de se retrouver comme ces « vieux bolcheviks ... qui répètent stupidement une formule apprise par cœur, au lieu d’étudier ce qu’il y avait d’original dans la réalité nouvelle. (extrait de l’éditorial du n°1)
Gavroche - La revue
Le premier numéro de la revue trimestrielle Gavroche est sorti en décembre 1981. Il prenait la suite du Peuple français, belle aventure éditoriale des années soixante-dix. Depuis plus de 20 ans, la revue s’attache à la retranscription des fêtes, des travaux, des luttes et des joies du principal acteur de l’histoire : le peuple. Gavroche fait aussi resurgir des événements jusque-là ignorés ou passés volontairement sous silence.
L’Echo de la Fabrique
Le journal des chefs d’ateliers et ouvriers de la soie à Lyon, hebdomadaire phare de la presse ouvrière, paraît d’octobre 1831 à mai 1834. Ce site en donne à lire l’intégrale des articles, suite à un remarquable travail empreint d’une grande rigueur scientifique. Indispensable pour l’étude des insurrections des canuts de 1831 et 1834.
La Révolution prolétarienne
Revue fondée par Pierre Monatte en 1925. Le site publie un grand nombre d’articles de la période "historique". La publication se poursuit...
La Bataille socialiste
Site de ressources documentaires sur le patrimoine socialiste. Suit l’actualité des parutions, publie certains articles en ligne et propose des documents concernant le mouvement ouvrier de la première moitié du XXe siècle principalement.
BILAN 30g : De l’Union Sacrée à Zimmerwald - La dernière semaine
Avril - Mai 1936 / p. 1001 - 1011
3 avril 2013 par eric

Nous publions ci-dessous un chapitre du livre du camarade Rosmer ; chapitre traitant particulièrement des derniers jours qui précédèrent 1914.

La dernière semaine

La dernière semaine de juillet 1914, c’est la dernière semaine de la paix, la dernière semaine aussi d’une phase de la vie et de l’histoire de l’Europe et du monde.

L’ultimatum du gouvernement austro-hongrois a été signifié à la Serbie le vendredi 24 juillet. Les journaux français le publient et le commentent le lendemain, samedi 25 juillet. La Bataille Syndicaliste lui donne l’importance qui convient ; elle l’annonce par un titre sur trois -colonnes : « L’ultimatum de l’Autriche à la Serbie. Le gouvernement de Vienne veut imposer à Belgrade d’humiliantes conditions. Si la Serbie refuse, c’est la guerre, et alors... » L’article insiste sur la gravité de cette nouvelle phase du conflit et souligne le caractère automatique des complications européennes qu’il comporte. Il expose sans conclure.

Dans le même numéro, une bonne place est accordée aux « grèves de Russie », sous le titre : « Les troubles continuent. La répression commence ».

Le numéro du lendemain, dimanche 26 juillet, est d’une importance capitale : il apporte la conclusion qui manquait à l’article de la veille, et il rapporte au nom de la C.G.T.

D’abord un placard encadré en tête des deux premières colonnes. Le titre :

NOUS NE VOULONS PAS LA GUERRE

et le texte :

Les décisions des congrès confédéraux sur l’attitude de la classe ouvrière en cas de guerre deviennent exécutives à partir du moment où la guerre est déclarée.

... Le cas échéant, la déclaration de guerre doit être, pour chaque travailleur le mot d’ordre pour la cessation immédiate du travail.

... À toute déclaration de guerre, les travailleurs doivent, sans délai, répondre par la grève générale révolutionnaire.

(Extraits de la résolution votée par la Conférence extraordinaire Bourses et Fédérations, 1er octobre 1911.)

... En cette fin du mois de juillet, quand la menace de guerre reparaît soudainement, les Jeunesses Syndicalistes décident d’appeler de nouveau leurs adhérents à manifester contre les retraites du samedi 25. Le matin, la Bataille Syndicaliste a publié leurs appels, et le soir de nouvelles manifestations se produisent. La B.S. en rend compte le dimanche en ces termes :

LES RETRAITES MILITAIRES PROVOQUENT DES INCIDENTS

On a crié : À bas la guerre !

Les retraites militaires ont provoqué hier soir des incidents, qui empruntent aux circonstances actuelles un caractère particulier.

Après une trêve d’une année, les Jeunesses Syndicalistes avaient invité leurs adhérents à manifester sur le passage des retraites de la rive droite.

D’un côté on crie : Vive la République ! Vive Caillaux ! À bas la guerre !

À bas les trois ans ! De l’autre : Vive l’armée ! Après la dislocation, les Jeunesses Syndicalistes, renforcées de nombreux promeneurs, manifestent sur les Boulevards.

Mais, dans la journée du dimanche, d’autres manifestants nombreux, plusieurs milliers, ont parcouru les Boulevards en criant : « Vive l’armée ! Vive la guerre ! À Berlin ! À Berlin ! » L’Union des Syndicats de la Seine et la Bataille Syndicaliste décident de riposter sans délai ; elles appellent les travailleurs parisiens à descendre à leur tour sur les Boulevards et à se rassembler devant le Matin, journal particulièrement haï des travailleurs et qui, en ce moment, est celui qui pousse le plus cyniquement à la guerre. La B.S. renouvelle l’appel dans une édition spéciale imprimée au cours de l’après-midi et que les camelots crient à partir de 5 heures dans les quartiers ouvriers :

RÉPONSE AUX CHAUVINS

Ce soir, sur les Boulevards

Tout n’est pas encore consommé ; l’irrémédiable n’est pas accompli ; mais au point où en sont les choses, il ne suffit plus que d’une maladresse ou d’une imprudence pour que la catastrophe surgisse.

... La guerre... c’est le déchaînement de tous les instincts hideux, les plus sanguinaires, les plus vils, les plus misérables. Relisez les récits des correspondants de journaux sur les atrocités commises au cours de la dernière guerre balkanique. Rappelez-vous les femmes éventrées et violées, les vieillards et les enfants mutilés, les doigts et les oreilles coupés, les yeux crevés, l’incendie des villages et la décomposition des cadavres abandonnés sur place aux mouches et aux corbeaux !

Ces cadavres, ce seront les vôtres demain !

Ces femmes, ces enfants, ces vieillards, ce sera vous demain !

C’est la guerre !

Et c’est cela que des bandits acclament depuis deux jours sur les Boulevards.

Cela, entendez-vous bien, et uniquement parce que des paysans serbes et des soldats autrichiens se chicanent et vont en venir aux mains !

Eh bien ! si nous ne sommes, nous, ni des insensés, ni des lâches ; si vous ne voulez pas voir dans quelques heures votre pays se lancer dans la pire aventure que l’on puisse imaginer ; si tu ne veux pas, camarade, être arraché tout à l’heure brusquement aux tiens pour te voir conduire là-bas, dans l’Est, sur la ligne de feu, il faut tout de suite que le Paris populaire se ressaisisse. C’est une nécessité pressante. Si ce soir il n’est pas imposé silence aux fous criminels qui crient : « Vive la guerre ! », c’en est fini :

demain, c’est la mobilisation !

C’est le devoir de tous nos lecteurs, de nos amis, des syndiqués de la Seine, de tous les partisans de la paix, de se trouver :

Ce soir, à partir de 9 heures.

sur les grands Boulevards, en face de l’immeuble du Matin.

Tous, tous, au cri de « À bas la guerre ! ».

Belleville, Ménilmontant, Saint-Antoine, Montparnasse, retrouvez votre belle tradition de jadis. Que le flot des faubourgs déferle ce soir sur les quartiers du centre et vienne submerger les provocations imbéciles des chauvins.

C’est notre seul gage de paix. C’est notre seul salut.

C’est le dernier, espoir qui nous reste d’éviter la catastrophe : sauvons-nous nous-mêmes, et à temps !

L’heure presse.

À ce soir.

La Bataille Syndicaliste

Enfin, le Comité confédéral était convoqué pour le jeudi suivant :

Réunion du Comité confédéral, les deux sections réunies, le jeudi 30 juillet, à 9 heures du soir, 33, rue de la Grange-aux-Belles. Ordre du jour : La situation internationale.

Le Secrétaire : JOUHAUX.

Ces appels ont été entendus. De 9 heures à minuit, ce lundi soir, une foule énorme a déferlé sans cesse sur les Boulevards. D’énormes forces de police avaient été mobilisées ; la tactique du préfet était de protéger le Matin (en prévision d’un assaut ouvrier, on avait garni l’intérieur de la « maison rouge » d’une centaine d’agents) puis, par des barrages établis dans chacune des rues conduisant aux Boulevards, d’empêcher la formation d’une masse unique en arrêtant le flot des nouveaux arrivants. Mais les ouvriers qui descendent des faubourgs sur le centre sont si nombreux qui la tactique policière aboutit à un résultat imprévu : on a bientôt autant de manifestations que de rues. Les violences et les brutalités policières ne peuvent avoir raison de la combativité de cette foule ; toute la soirée, le cri de : « À bas la guerre ! » résonnera de l’Opéra jusqu’à la place de la République. Ces lignes résument le compte-rendu — compte-rendu fidèle — que la B.S. donne de la manifestation, concluant ainsi : « Les gouvernants ? Ah ! les bons apôtres de la démocratie ! Ils étaient pacifistes devant leurs électeurs. Hier soir, ils ont opposé à la volonté de paix de Paris les sabres des sergents de ville et les fusils des gardes mobiles. C’est leur premier geste de guerre. Ils mobilisent, oui ! mais la police contre les travailleurs... Leur première victoire... Non ils n’ont pas vaincu. »

La plus grande partie de ce numéro du mardi 28 juillet est consacrée à la manifestation. En première page, une manchette : « Le Peuple s’insurge contre la guerre ».

Puis, sur quatre colonnes :

PARIS NE VEUT PAS DU CARNAGE

Il l’a prouvé hier soir. Partout on a manifesté hier soir, dans les quartiers populaires de Paris. Les grands boulevards ont été envahis. Gouvernants et chauvins sont prévenus. Violentes charges de la police contre les manifestants qui crient : Vive la paix ! À bas la guerre !

Le compte-rendu est précédé d’un article intitulé : « Premier avertissement », dont la signature : Les Bureaux de la C.G.T. et de l’Union des Syndicats marquent l’importance. En voici le texte :

Hier matin la Bataille Syndicaliste, en son nom et au nom des organisations syndicalistes, invitait le Peuple de Paris à manifester le soir même contre la guerre menaçante. Une édition spéciale sortait à cinq heures, rappelant l’invitation urgente faite le matin.

Et hier soir, à partir de huit heures jusqu’à l’heure où nous écrivons, malgré la police, c’est à cent mille, deux cent mille — peut-on évaluer une telle foule ? — que les travailleurs parisiens ont manifesté sur les grands boulevards aux cris répétés de : À bas la guerre ! Vive la paix !

C’est le premier avertissement donné aux gouvernants français qui, dès maintenant, sont informés de l’état d’esprit du Peuple de Paris — qui ne diffère en rien d’ailleurs de celui du peuple en général — sur une guerre possible.

Cet avertissement sera suivi sans délai d’un deuxième. Demain, dans les deux salles Wagram, le même peuple défilera — car les salles seront trop petites pour le contenir.

Cette fois, il affirmera encore sa volonté inébranlable de mettre en pratique les décisions des Congrès syndicaux sur la guerre. Il affirmera qu’il est prêt à tous les sacrifices pour imposer la paix, en communion d’idées avec le prolétariat d’Allemagne, d’ Angleterre, d’Italie et d’ailleurs.

Si demain, les gouvernants étaient assez insensés pour ne pas tenir compte de la volonté populaire, ils se prépareraient eux-mêmes de cruels lendemains.

Dès maintenant, la guerre est impossible, le Peuple ne la permettrait pas ! Notre deuxième manifestation, demain soir à Wagram, le prouvera !

Le meeting auquel il est fait allusion dans cet article était annoncé dans le corps du journal par le placard suivant :

UN MEETING MONSTRE

Confédération Générale du Travail

Union des Syndicats de la Seine

AUX TRAVAILLEURS !

Comme les éléments déchaînés, les événements se précipitent, laissant entrevoir la possibilité d’une guerre...

Laisserons-nous le crime abominable se commettre, sans avoir fait entendre notre protestation et sans avoir tout fait pour l’empêcher ?

Déjà les organisations centrales ont invité les syndicats à l’observation des décisions des congrès confédéraux.

Nous commenterons ces décisions et nous envisagerons leur application dans un

GRAND MEETING

qui aura lieu le Mercredi 29 juillet, à huit heures et demie du soir, dans les deux salles Wagram, avenue de Wagram.

Orateurs :

Jouhaux, Dumoulin Yvetot (C.G.T.) ; Chauvin (Fédération du Bâtiment) ; Merrheim (Fédération des Métaux) ; Lefèvre (Fédération du Bijou) ; Bled, Minot, Ganbiez (Union des Syndicats de la Seine).

Jeudi 30. Tout avait été préparé pour faire du meeting de mercredi soir une puissante protestation ouvrière contre la guerre. Mais un coup de théâtre devait se produire. Tard dans l’après-midi, ce meeting annoncé dès le mardi matin est interdit par le gouvernement. Les circonstances de l’interdiction doivent être soulignées. C’est dans un Conseil des ministres tenu à 5 heures de l’après-midi que la décision a été prise. Or, ce Conseil des ministres est le premier qui se réunit depuis le retour de Poincaré, lequel a débarqué à Dunkerque le matin même. Quelles informations, particulières a-t-il donc pu rapporter pour imposer aussitôt cette mesure brutale ? Ou plutôt qu’a-t-il comploté contre la paix, à Saint-Pétersbourg, en compagnie de son sinistre partenaire Nicolas, tandis que les ouvriers participaient aux « fêtes » par de puissantes grèves et d’ardentes manifestations de rues dans tous les quartiers ouvriers ? Rapporte-t-il déjà l’ordre de mobilisation générale ?

En même temps que les ministres prennent cette décision imprévue et tardive, des ordres sont donnés à la police pour qu’elle s’oppose avec toute la brutalité nécessaire non seulement à la tenue du meeting, mais à tout rassemblement dans les environs de l’Étoile. Toutes les stations de Métro avoisinantes sont fermées dès 7 heures. Mais les ouvriers qui, par suite de l’heure tardive à laquelle le gouvernement a pris sa décision et l’a signifiée, n’ont pu être prévenus arrivent de toutes parts en groupes nombreux. Ceux qui tentent de demander quelque explication sont aussitôt brutalisés, matraqués, parfois arrêtés et conduits au poste. Les habits de travailleurs suffisent, note la Bataille Syndicaliste, pour que les coups des policiers s’abattent aussitôt sur ceux qui les portent, d’où cette conclusion qui s’impose : « Ce sont des travailleurs, ce sont des ennemis. » Malgré ce déploiement de forces de police et la consigne féroce qu’elles observent consciencieusement, des rassemblements se forment quand même autour de l’Étoile et place des Termes qui sont bientôt le centre de sanglantes bagarres. Toute la soirée, ce quartier de Paris restera en effervescence.

La Bataille Syndicaliste de ce jeudi 30 juillet porte en manchette : « À bas la guerre... quand même »

Le gouvernement ne se bornait pas à l’interdiction brutale des meetings et démonstrations contre la guerre ; il poursuivait méthodiquement la préparation des esprits à la guerre et à l’acceptation de la guerre. En ces jours critiques, il pratiquait la méthode de la douche écossaise par l’intermédiaire de la presse servile qui soufflait alternativement le froid et le chaud : un jour c’était la guerre, le lendemain, c’était la paix. À Paris, le rythme était accéléré, c’est dans la même journée qu’on passait successivement de la guerre à la paix. À ce régime-là, la population fut vite affolée. Le mercredi, ç’avait été déjà la panique, les gens se ruant sur les banques et sur les Caisses d’épargne et partout on refusait les billets, on voulait de l’or.

La B.S. du jeudi relate ces faits de panique sous le leader suivant :

QU’ILS RÉFLÉCHISSENT

Journée d’anxiété. Le gouvernement n’a trouvé qu’une solution à la crise internationale : préparer la répression contre la classe ouvrière.

C’est sans doute la garantie exigée par le tsar, « ami et allié ».

Elle ne sauvera ni l’indépendance nationale, si celle-ci était menacée, ni les petits hommes d’État qui veulent lancer le pays dans la plus catastrophique des aventures.

Les travailleurs ont montré leur sentiment par les manifestations sur les Boulevards ; nos ministres savent aujourd’hui à quoi s’en tenir.

La volonté populaire s’est affirmée contre la boucherie. S’ils passent outre aujourd’hui, malheur à eux !

Malheur aux responsables du cataclysme !

Malheur aux préparateurs du carnage et de la barbarie !

Malheur aux escarpes de gouvernement !

C’est la classe ouvrière qui, seule, décidera du sort de ces mégalomanes criminels. Avant, pendant ou après le massacre.

Qu’ils en prennent note avant que l’irréparable soit consommé.

B.S.

Vendredi soir, 31 juillet. Le Comité Confédéral délibère. À son ordre du jour, il y a l’organisation et la préparation de la nouvelle et puissante démonstration contre la guerre qui doit se dérouler simultanément à Paris et dans toutes les grandes villes de France. Un coup de téléphone interrompt la délibération : Jaurès vient d’être assassiné ! Le débat est achevé en hâte, tandis que Jouhaux, Merrheim, d’autres militants se précipitent vers les bureaux de l’Humanité. Quand ils y arrivent, la rue Montmartre est déjà envahie par une foule frémissante d’ouvriers que l’affreuse nouvelle consterne. Mais il n’y a pas chez eux que de la douleur, il y a aussi de la colère et un désir de vengeance. Leur nombre croît sans cesse. On craint sans doute, parmi les chefs socialistes qui se trouvent à ce moment rassemblés, qu’ils n’exercent des représailles contre les fauteurs de ce crime, tous bien connus, car d’une fenêtre d’un des bureaux du journal une voix tout à coup s’élève, recommandant le calme. La foule ne se dispersera que lentement ; tard dans la soirée, il y aura là encore des groupes discutant. Maïs le crime restera impuni.

Le samedi 1er août, la Bataille Syndicaliste présente ainsi le bilan de la funeste journée :

Une journée tragique

BRUIT DE MOBILISATION. JAURÈS ASSASSINÉ

Sous le titre : « Crime monstrueux », le journal écrit : « Quel sinistre présage que cette mort qui est un martyre ! » Puis Léon Jouhaux :

PAS D’AFFOLEMENT

L’heure est grave, mais non désespérée. La cause de la paix a encore de nombreux partisans dans le monde et les classes ouvrières de tous les pays intéressés agissent dans une commune pensée : éviter le contact guerrier.

Ce dont il faut se préserver avant tout, c’est de la panique, de l’affolement, qui conduisent aux pires résultats.

... Nous avons le devoir d’examiner attentivement les nouvelles qui nous parviennent sans cependant leur accorder un crédit illimité.

Le Comité Confédéral décidera des manifestations populaires, à Paris et en province.

De son côté, le Comité Confédéral avait voté l’ordre du jour suivant :

Le Comité, Confédéral, réuni le vendredi 31 juillet, décide, en présence de la situation internationale, d’organiser, d’accord avec le Parti socialiste, une grande manifestation internationale contre la guerre, le 9 août ;

Nomme une commission chargée de s’entretenir avec celle du Parti socialiste ;

Donne mission à cette commission de précipiter la manifestation si les événements internationaux le nécessitent.

Indignation contre l’assassinat de Jaurès

Le Comité Confédéral apprend, au cours de sa séance, le lâche assassinat qui vient de frapper la noble figure que fut Jaurès.

Traduire le sentiment de douleur qui étreignit les militants présents est impossible.

En Jaurès, c’est le défenseur le plus clairvoyant, le plus ardent des causes humaines qui disparaît.

Pour le Comité Confédéral :

Le Bureau : Léon JOUHAUX, YVETOT, DUMOULIN, MARCK, CALVEYRACH.

Dans les numéros des jours précédents, la B.S. a publié des informations sur les manifestations qui, parallèlement, se déroulent en Allemagne, entre autres cette dépêche de Berlin, 28 juillet : « Le préfet de police a interdit, à partir de ce soir tout cortège patriotique sur la voie publique. Le préfet de police de Munich a pris une mesure identique. »

Aujourd’hui, elle en publie une de Strasbourg gui relate l’activité socialiste manifestée en Alsace-Lorraine :

Strasbourg, 31 juillet — Le parti socialiste a organisé dans les grandes villes de l’Alsace des réunions de protestaion contre la guerre et contre la menace d’une conflagration générale. Une réunion a eu lieu hier soir à Mulhouse et ce soir d’autres seront tenues à Strasbourg, Mulhouse et Colmar. Des meetings sont encore prevus pour les centres moins importants.

Elle parle en outre de l’action ouvrière internationale. Legien a envoyé un télégramme à la C.G.T. ; Jouhaux lui répond. Voici ce que donne la B.S. :

ACTION OUVRIÈRE INTERNATIONALE

En réponse à un télégramme du camarade Legien, secrétaire du Secrétariat International, demandant l’avis de la C.G.T. sur la situation présente, le Bureau confédéral lui a adressé le télégramme suivant :

« Legien, Engel, Ufer (15, Berlin).

« Confédération Générale du Travail française résolument contre la guerre, demande prolétariat international intervenir par pression sur gouvernements pour obtenir localisation du conflit.

« La paix reste possible, doit triompher, si les travailleurs organisés internationalement restent unis dans même pensée : opposition à toute conflagration.

« Cette paix est entre les mains de la classe ouvrière internationale, si elle sait être à la hauteur du péril.

« Ici manifestations pacifistes se poursuivent. Nous croyons fermement à la paix car sommes énergiquement résolus à éviter la guerre.

« À bas la guerre ! Vive la paix garantie par Internationale ouvrière.

« JOUHAUX. »

La campagne systématique de démoralisation des masses par la mise en circulation de fausses nouvelles se poursuit. Le 28, les journaux avaient annoncé l’assassinat à Belgrade du représentant de l’Allemagne.

Jaurès a été assassiné le vendredi 31 juillet vers 10 heures du soir. Le samedi 1er août, l’ordre de mobilisation générale est déjà affiché à 4 heures de l’après-midi, qui fixe le premier jour de la mobilisation au lendemain dimanche. Tandis que socialistes et syndicalistes préparaient leurs nouvelles démonstrations contre la guerre, les fauteurs de guerre faisaient abattre Jaurès par un mercenaire et le gouvernement, qui affirmait encore qu’il voulait la paix et poursuivait ses efforts pour empêcher la guerre, avait décidé la mobilisation générale. Il ne restera plus à Poincaré qu’à affirmer cyniquement que « la mobilisation n’est pas la guerre », alors qu’il sait que la mobilisation générale russe, commencée le 31, aux premières heures du jour, a rendu la conflagration générale inévitable.

Mais le mensonge de Poincaré n’a trompé personne. La mobilisation, c’est la guerre. La Bataille Syndicaliste l’annonce dans son numéro du dimanche 2 août sous cette manchette : « La folie triomphe de la raison ».

La C.G.T. lance un manifeste aux prolétaires de France :

UNE HEURE GRAVE VIENT DE SONNER

Les forces mauvaises sont sur le point de triompher. Une lueur d’espoir perce encore, mais si faible qu’il faut envisager les pires éventualités.

Cependant qu’entraînés par le gouffre, nous voulons conserver l’espoir d’une paix possible.

Jusqu’à cette heure, le Comité Confédéral est resté à son poste de combat, luttant pour la cause de la paix.

Hier encore, il adressait à l’Internationale ouvrière un suprême appel.

Si ses efforts ne paraissent pas avoir donné ce que nous étions en droit d’attendre, ce que la classe ouvrière organisée espérait, c’est que les événements, nous ont submergés. C’est aussi, nous devons le dire à ce moment suprême, c’est que le prolétariat n’a pas assez unanimement compris tout ce qu’il fallait d’efforts continus pour préserver l’Humanité des horreurs d’une guerre.

Femmes, qui pleurez en ce moment, nous avons tout fait pour vous épargner cette douleur. Mais, hélas ! nous ne pouvons aujourd’hui que déplorer le fait accompli.

Pouvions-nous demander à nos camarades un sacrifice plus grand ?

Quoi qu’il nous en coûte, nous répondrons : Non.

Ce que nous réclamons de tous, c’est un inébranlable attachement au syndicalisme, qui doit traverser et survivre la crise qui s’ouvre.

Aussi fermement qu’hier, nous devons conserver l’intégralité de nos idées et la foi dans leur triomphe définitif.

L’Internationale ouvrière restera toujours le but de nos efforts.

Convergence de nos espoirs, nous ne voulons pas qu’elle soit anéantie dans la tourmente.

Car nous savons qu’un jour viendra, quand les peuples lui auront fait plus de confiance et auront assuré sa force, où elle constituera l’unique sauvegarde de la Paix et de la Civilisation.

Dans un article intitulé : « Malédiction ! » la Bataille Syndicaliste ne maudit pas la guerre en général mais l’empereur d’Autriche nommément. Cette malédiction imprévue arrive en dernière ligne de l’article.

MALÉDICTION

Des pleurs !

Des pleurs !

Des pleurs !

... Une pluie de larmes est tombée sur la ville.

... C’est la mobilisation générale !

... Que le crime monstrueux qui va plonger toute l’Europe dans la barbarie, dans l’abîme des deuils et dans la ruine soit puni.

Que des trônes soient renversés, que des couronnes se brisent !

La volonté des peuples a été violentée, c’est l’impérialisme criminel qui déchaîne la tourmente.

... Mais s’il faut que la catastrophe soit inévitable, si la force de paix des travailleurs n’a été qu’un digne mais vain sursaut pour sauver l’honneur, oh ! alors, que de l’étendue même du malheur consommé surgisse l’anéantissement du militarisme étouffant !

Que ce soit la fin du cauchemar !

Et que le nom du vieil empereur François-Joseph soit maudit !

Durant toute la journée du dimanche, les mobilisés du premier jour se sont mis en route pour rejoindre leur corps. Pendant ce temps, les gens de l’arrière, sans doute pour se faire la main, saccageaient les boutiques « boches », et se livraient aussi, par-ci par-là, à la « chasse aux espions ». Le Comité confédéral tint une brève séance au début de l’après-midi. La Bataille Syndicaliste du lundi n’en dit rien. Le leader, intitulé : « L’irréparable », est signé B.S. :

L’irréparable est maintenant accompli.

... La guerre européenne est déchaînée.

À cela, l’esprit se refuse encore à croire.

Et pourtant, elle n’est que trop vraie, cette catastrophe qui bouleverse notre vie et nos esprits, ramène en arrière notre sentiment du devoir, le rattache à des conceptions que nous voulions effacer, peut compromettre toutes nos espérances, anéantir tous les efforts passés.

C’est atroce, c’est odieux, c’est incroyable.

Mais cela est...

Des discours prononcés aux, obsèques de Jaurès, celui de Jouhaux doit, ici, être seul retenu. La B.S. du mercredi 5 août en donne de longs fragments. Jouhaux explique d’abord pourquoi la classe ouvrière aimait Jaurès, puis il s’écrie :

Aujourd’hui, c’est encore dans nos souvenirs que nous puiserons les forces indispensables. Au nom de ceux qui partent — et dont je suis — je déclare que ce n’est pas la haine du peuple allemand qui nous poussera sur les champs de bataille, c’est la haine de l’impérialisme allemand.

Le rédacteur de la B.S. chargé du compte-rendu ajoute :

Les applaudissements éclatent. L’émotion est à son comble. On pleure.

M. Maurice Barrès applaudit avec force et dit à un de ses voisins : « Très bien ! Très bien ! » Un sénateur, qui fut un ennemi acharné de la C.G.T., s’écrie : « Et dire que voilà des hommes que nous voulions faire emprisonner ! »

Dans la B.S. du jeudi 6 août, une nouvelle explication de la guerre est donnée en un article non signé mais publié en bonne place :

DU HEURT DE LA LIBERTÉ QUE LA LIBERTÉ JAILLISSE !

... Dans le conflit actuel, la question ethnique a son importance. Les Germains, de sang plus lourd, partant d’esprit plus soumis et plus résigné, n’ont pas notre esprit d’indépendance.

Toutefois, l’auteur anonyme dira dans sa conclusion que c’est seulement « la caste orgueilleuse et féroce » qui doit être vaincue.

Le vendredi 7 août, en un article intitulé : « Humanité ! Justice ! Ch. Malota recommande le tact aux anarchistes et socialistes étrangers résidant en France, et le discernement au gouvernement qui, un peu au hasard, en a déjà coffré quelques-uns.

Le 8 août, autre nouvelle recrue, Charles Albert, qui sera un collaborateur régulier et abondant. Voici les passages essentiels de son premier article :

PARTEZ, SANS AMERTUME

D’immenses espoirs, d’incalculables espoirs se lèvent sur le monde.

... Partez, sans amertume, partez sans regret, camarades ouvriers qu’on appelle aux frontières pour défendre la terre française.

... Partez sans amertume, partez sans arrière-pensée, camarades ouvriers. C’est bien pour la révolution que vous allez combattre.

Et s’il faut que vous tombiez, tous ceux des vôtres qui restent, les jeunes et les vieux, dont l’heure n’est pas encore venue mais dont elle viendra, tous vous en font aujourd’hui le serment solennel, en même temps qu’ils vous donnent le baiser d’adieu : soldats avancés de la Révolution, ce n’est pas en vain que vous serez tombés.

... Partez sans amertume, partez sans regret, camarades ouvriers.

A partir du mercredi 12, Jouhaux, qui n’a rien écrit depuis que la guerre est déclenchée, va donner une série d’articles importants par les préoccupations et les conceptions qu’ils expriment. Les lamentations ne sont plus de mise ; on est maintenant de plain-pied dans la guerre ; on étudie les problèmes nouveaux qu’elle pose. Le premier de ces articles, celui de ce jour, s’occupe du chômage considérable qui a surgi spontanément du seul fait de la guerre. Le thème qu’il développe, c’est avant tout que « l’oisiveté est mauvaise conseillère » :

IL FAUT DU TRAVAIL

Une des préoccupations majeures de l’heure présente doit être utile.

Laisser l’oisiveté régner en maîtresse serait une faute grave. Dans le désœuvrement, les esprits s’inquiètent, se tendent aux moindres bruits, et peuvent se laisser aller aux erreurs passagères mais néanmoins préjudiciables.

Si à l’activité extérieure doit correspondre la tranquillité intérieure, il n’est qu’un facteur susceptible de donner ce résultat : le travail.

Chaque jour, le nombre des chômeurs augmente, il serait dangereux de laisser aller ainsi les choses en croyant que toute la question est d’assurer les services d’assistance.

Venir en aide à la misère est bien ; prévenir cette misère par l’occupation des travailleurs valides est mieux.

En favorisant la reprise de la production utile, nous créons de la circulation et c’est à cela que doivent tendre les efforts de tous les hommes prévoyants, connaissant la psychologie des foules.

... Donner du travail en faisant, partout où cela est possible et nécessaire, renaître l’activité, c’est se prémunir contre les excès des masses oisives, c’est aussi favoriser un relèvement de la moralité publique.

Ces deux résultats à obtenir sont loin d’être négligeables dans la période actuelle.

Le vendredi 14, l’article de Jouhaux est, cette fois, tout un programme. Il a pour titre : « Profitons-en ! » Profitons de la guerre, profitons du fait que l’Allemagne est bloquée, qu’elle ne peut plus communiquer avec ses clients du dehors pour lui prendre ses marchés.

PROFITONS-EN !

Nous avons déjà dit ce que nous pensons de l’urgence d’une renaissance de l’activité industrielle. Nous n’y reviendrons pas, sauf pour ajouter que plus approche l’heure des émotions, plus il est indispensable que les grosses nouvelles émotives trouvent une classe ouvrière non désemparée par le désœuvrement.

Ceci dit, qu’il nous soit permis d’indiquer publiquement un autre point d’importance capitale qui, réalisé, permettrait une reprise de la vie économique.

Dans la situation présente des opérations militaires, terrestres et maritimes, et par rapport à la position prise dans le conflit par l’Angleterre, les mers Méditerranée, Manche, Nord et océan Atlantique sont ouvertes en presque sécurité à notre marine marchande, ainsi qu’à celle de notre Alliée.

Nos ports peuvent donc retrouver une vie normale, à la condition qu’il y ait un trafic maritime assez considérable.

Cela est-il possible ? Oui, puisque selon les données que nous connaissons, la maîtrise de ces mers nous est assurée.

Mais il y a plus. L’Allemagne est présentement bloquée, son commerce maritime s’est en partie arrêté ! Pourquoi notre marine marchande, coopérant avec celle de l’Angleterre, ne reprendraient-elle pas à leur profit une partie du travail allemand qui ne se fait plus ?

Ce serait une première victoire, et d’une importance qui ne peut échapper à personne.

L’activité maritime engendrerait une activité industrielle, en même temps qu’elle nous permettrait de constituer des réserves, ce qui n’est pas non plus négligeable.

Nous donnons notre idée, sûrs qu’elle est réalisable, et que les résultats que sa mise en pratique pourrait donner, pour aujourd’hui et pour demain, dépassent en portée utilitaire les hypothèses qui peuvent être émises.

Il faut profiter de toutes les situations : le blocus allemand par la flotte anglaise rend libre notre action commerciale sur la mer ; profitons-en pour nous ravitailler d’abord, assurer du travail ensuite et constituer notre supériorité dans le domaine de l’importation et de l’exportation pour l’avenir.

LES BÉLLIGERANTS S’OBSERVENT, SE GUETTENT, PRÊTS A BONDIR

Le 17, Charles Malato, s’adressant aux républicains, socialistes, anarchistes, syndicalistes italiens, lance le cri de « Fuori i barbari » :

La place du peuple italien est dans la lutte aux côtés de la République française qui n’est encore qu’étatiste et bourgeoisie et que nous élargirons jusqu’à la faire sociale et libertaire.

Le 25, le leader est de Jouhaux et traite de nouveau de la « renaissance économique » sur la base d’« un exemple de l’Angleterre » :

J’ai entre les mains une circulaire de la maison Hans Bernold, de Manchester, dans laquelle il est dit textuellement :

« Les directeurs sont résolus, toutefois, par tous les moyens possibles, à employer tout le personnel des usines. Si des ordres supplémentaires ne peuvent être obtenus, ils travailleront pour le stock aussi longtemps que les ressources financières de la Compagnie le permettront. Si, après tout, il faut en arriver à une réduction des salaires, cela se passera sous la forme de réduction des heures de travail plutôt que par la réduction du personnel ».

Voici un exemple qu’il convient d’imiter : il allie, heureusement, les trois intérêts principaux du moment : national, patronal et ouvrier.

UN NOUVEAU MINISTÈRE À LA FRONTIÈRE

Ici, on annonce en même temps la démission du Cabinet et la formation d’un nouveau ministère. Ce sont les événements désastreux du front — qu’on a jusqu’à ce jour dissimulés — qui sont la cause de ces discours et de ce changement de ministère. À la suite des communiqués officiels, le journal donne une brève appréciation, non signée, sur « Le nouveau gouvernement » :

... Enfin, ce qui caractérise le nouveau ministère, c’est l’arrivée aux affaires d’hommes politiques influents, anciens ministres ou nouveaux venus.

A. Briand, Millerand, Delcassé et Thomson font partie de ce ministère de défense nationale.

Les socialistes, dont l’influence parlementaire n’est pas négligeable, sont représentés dans ce ministère par deux de leurs chefs les plus réputés : Marcel Sembat et Jules Guesde.

Il n’est pas douteux que Jaurès eût pu jouer, dans ce ministère dont la tâche, il ne faut pas se le dissimuler, est redoutable, un rôle de premier plan.

Dissemblables par leur passé, mais réunis par la volonté commune de vaincre, les hommes qui assument la charge du pouvoir à l’heure tragique où la frontière est envahie, vont avoir à compter avec des difficultés multiples.

Une unique pensée devra les animer : repousser l’impérialisme allemand qui menace les libertés actuelles et risque d’anéantir l’avenir de la civilisation.

Aux premiers jours de la guerre, le gouvernement a décidé de créer un « Secours National » ; il s’agit de donner un morceau de pain à tous ceux, femmes, vieillards, enfants, chômeurs, que la guerre risque de faire crever de faim à l’arrière. (Plus tard, quand la guerre s’industrialisera, il y aura du travail pour tous ; mais au début, c’est le dénuement complet dans les foyers ouvriers). Et le 4 août, on pouvait lire sur les murs de Paris une belle affiche blanche annonçant l’initiative du gouvernement. Jusque-là, rien d’extraordinaire. Mais ce qui l’était, c’était la collection de noms composant le Comité chargé d’administrer ce Secours National : tous les hauts dignitaires de la bourgeoisie, archevêque, grand rabbin, académiciens, industriels, banquiers... puis Léon Jouhaux, secrétaire de la C.G.T. et Bled, secrétaire de l’Union des Syndicats de la Seine [1].

[1] Il y avait encore Lépine, l’ancien préfet de police, matraqueurs d’ouvriers, et Ch. Maurras, un des vrais responsables de l’assassinat de Jaurès.

Autres articles de cette rubrique
  1. BILAN 00 : Sommaire des numéros de la revue "Bilan"
  2. BILAN 01a : Note liminaire
  3. BILAN 01b : Introduction
  4. BILAN 01c : Seizième anniversaire de la révolution russe
  5. BILAN 01d : Vers l’Internationale deux et trois quarts... ?
  6. BILAN 01e : Projet de constitution d’un bureau international d’information
  7. BILAN 02a : Massacre des travailleurs en Espagne
  8. BILAN 02b : Six communistes décapités dans les prisons de Cologne
  9. BILAN 02c : Une victoire de la contre-révolution mondiale - Les États-Unis reconnaissent l’Union Soviétique
  10. BILAN 02d : Désertions, trahisons et difficultés réelles de la doctrine marxiste
  11. BILAN 02e : Le principe démocratique - première partie
  12. BILAN 02f : Vers la construction d’une véritable fraction de gauche en France
  13. BILAN 02g : Pas de « Bordiguisme »
  14. BILAN 03a : A propos de la commémoration de Lénine - Liebknecht - Luxemburg
  15. BILAN 03b : Van der Lubbe - Les fascistes exécutent - Socialistes et centristes applaudissent
  16. BILAN 03c : Pour les funérailles des victimes du « Diana »
  17. BILAN 03d : Résolution de Ligue des Comunistes Internationalistes sur la IVe Internationale
  18. BILAN 03e : Le principe démocratique - suite et fin
  19. BILAN 03f : Roosevelt au gouvernail
  20. BILAN 03g : Le cas Calligaris
  21. BILAN 03h : Appel aux lecteurs et souscription
  22. BILAN 04a : Le capitalisme marque un point décisif dans la préparation de la guerre
  23. BILAN 04b : Le plan De Man
  24. BILAN 04c : Mouvement Communiste International - Belgique
  25. BILAN 04d : La nature du Parti
  26. BILAN 04e : En marge d’un anniversaire
  27. BILAN 04f : Le cas Calligaris
  28. BILAN 05a : Quatre jeunes camarades du S.A.P. sont arrêtés...
  29. BILAN 05b : Les principes, armes de la Révolution
  30. BILAN 05c : Parti - Internationale - État : Prémisses
  31. BILAN 05d : Le plan De Man - suite et fin
  32. BILAN 05e : Organisation et discipline communiste - Prémisses du problème
  33. BILAN 05f : Les difficultés de l’Opposition russe : Rakovsky dépose les armes
  34. BILAN 05g : Le cas Calligaris
  35. BILAN 06a : 1er Mai 1934
  36. BILAN 06b : La bourgeoisie française expulse Léon Trotsky
  37. BILAN 06c : Les problèmes du Front Unique
  38. BILAN 06d : Où va l’impérialisme français
  39. BILAN 06e : Parti - Internationale - État / I : La classe et sa signification
  40. BILAN 06f : Une quatrième internationale ou une réplique de la Troisième
  41. BILAN 06g : Salut à la « Verita »
  42. BILAN 06h : Maximo rejoint le front de la contre-révolution centriste
  43. BILAN 06i : Une tragédie de l’émigration italienne
  44. BILAN 07a : Pour le retour de Trotsky en Russie
  45. BILAN 07b : L’Antifascisme, formule de confusion
  46. BILAN 07c : La grève de Verviers
  47. BILAN 07d : Parti - Internationale - État / II : Classe et État
  48. BILAN 07e : Le communisme et la question nationale
  49. BILAN 07f : Une quatrième internationale ou une réplique de la Troisième (2)
  50. BILAN 07g : A propos de Staline et du Stalinisme
  51. BILAN 07h : La catastrophe de Pâturages
  52. BILAN 08a : La Russie soviétique dans le concert des brigands impérialistes
  53. BILAN 08b : La mort de la concentration antifasciste italienne
  54. BILAN 08c : La situation de la classe ouvrière japonaise
  55. BILAN 08d : Une quatrième internationale ou une réplique de la Troisième (3)
  56. BILAN 08e : Parti - Internationale - État / III : Classe et Parti
  57. BILAN 08f : L’arabisation du C.C. du Parti Communiste Syrien
  58. BILAN 08g : A propos de la Sarre
  59. BILAN 09a : Chronique du mois
  60. BILAN 09b : La situation en France (résolution de la C.E.)
  61. BILAN 09c : La chine soviétique
  62. BILAN 09d : Parti - Internationale - État / IV : Parti et Internationale
  63. BILAN 09e : La Campagne pour Thaelmann
  64. BILAN 10a : En marge du front unique
  65. BILAN 10b : L’acte désespéré des mineurs de l’Escarpelle
  66. BILAN 10c : A Constantine : l’impérialisme tire profit du massacre de ses instruments
  67. BILAN 10d : Les événements du 30 juin en Allemagne
  68. BILAN 10e : De l’Internationale 2 et 3/4 à la Deuxième Internationale
  69. BILAN 10f : Crises et cycles dans l’économie du capitalisme agonisant (1ère partie)
  70. BILAN 10g : La Mongolie « Rouge », convoitise de l’impérialisme japonais
  71. BILAN 10h : Mouvement Communiste international - Une résolution de la Ligue des Communistes de Belgique
  72. BILAN 11a : L’Entrée de la Russie dans la S.D.N.
  73. BILAN 11b : Le Syndicat unique et le « procédé de fusion »
  74. BILAN 11c : Comment les réformistes belges torpillent les grèves
  75. BILAN 11d : Les bolcheviks-léninistes entrent dans la S.F.I.O.
  76. BILAN 11e : Les Problèmes de l’Extrême-Orient
  77. BILAN 11f : Les compétitions inter-impérialistes en Chine
  78. BILAN 11g : La Mandchourie
  79. BILAN 11h : Crises et cycles dans l’économie du capitalisme agonisant (2eme partie)
  80. BILAN 11i : Hermann Gorter (sa place dans le mouvement théorique du communisme international)
  81. BILAN 11j : Les Jeunesses léninistes belges récidivent
  82. BILAN 11k : Marcel Cachin a 65 ans
  83. BILAN 12a : À nos lecteurs
  84. BILAN 12b : L’écrasement du prolétariat espagnol
  85. BILAN 12c : Vers un « Parti Unique » en France
  86. BILAN 12d : La prison de la faim - Une grève de mineurs hongrois
  87. BILAN 12e : Le capitalisme français marque un nouveau point
  88. BILAN 12f : Le problème de la Sarre : Non ! Non ! Non !
  89. BILAN 12g : Le problème de la jeunesse
  90. BILAN 12h : Parti - Internationale - État / V : L’État démocratique
  91. BILAN 13a : À propos de la crise ministérielle en France
  92. BILAN 13b : Le problème de la Sarre et la guerre
  93. BILAN 13c : Fascisme - Démocratie : Communisme
  94. BILAN 13d : La comédie de Mussolini : L’État corporatif en Italie
  95. BILAN 13e : Le problème de la jeunesse (2)
  96. BILAN 13g : Des exclusions en Italie
  97. BILAN 13h : Communiqué sur la répression internationale
  98. BILAN 14a : L’assassinat de Kyrov
  99. BILAN 14b : La suppression de la carte de pain en U.R.S.S.
  100. BILAN 14c : La situation en France
  101. BILAN 14d : Le problème des minorités nationales
  102. BILAN 14e : Le problème de la jeunesse (3)
  103. BILAN 14g : À tous nos lecteurs
  104. BILAN 14g : Quand manque un parti de classe... À propos des événements d’Espagne
  105. BILAN 15a : Deux époques : en marge d’un anniversaire
  106. BILAN 15b : Mathias Rakosy
  107. BILAN 15c : L’attentat de Nicolaïev
  108. BILAN 15d : Ce qu’il faut retenir de l’expérience sarroise
  109. BILAN 15e : À nos lecteurs
  110. BILAN 15f : Le problème de la jeunesse (4)
  111. BILAN 15g : Parti - Internationale - État / VI : L’État fasciste
  112. BILAN 15h : Parti et Classe
  113. BILAN 15i : Au sujet de la répression en Russie
  114. BILAN 16a : Le « dernier problème africain » et l’Italie
  115. BILAN 16b : Doumergue, compétence médiocre et maladroite
  116. BILAN 16d : L’écrasement du prolétariat allemand et l’avènement du fascisme
  117. BILAN 16e : La grève générale, expression de la lutte des classes
  118. BILAN 17a : De la Commune de Paris à la Commune Russe
  119. BILAN 17b : La Grèce, champ de manoeuvre des antagonismes inter-impérialistes
  120. BILAN 17e : Le problème de la jeunesse (5)
  121. BILAN 17g : Au sujet de Victor Serge et de Calligaris
  122. BILAN 18a : Premier Mai 1935
  123. BILAN 18c : Parti - Internationale - État / VII : L’État prolétarien
  124. BILAN 18f : Le problème de la jeunesse (6 et fin)
  125. BILAN 19a : Calligaris en Sibérie
  126. BILAN 19b : Lettre au B.P. du Parti Communiste russe Moscou
  127. BILAN 19c : Teresa Reechia
  128. BILAN 19d : Défaite du prolétariat, victoire du capitalisme : De Hitler à Staline, de Staline à Blum
  129. BILAN 19e : Ce qu’a été l’occupation des mines en Belgique
  130. BILAN 19e : Parti - Internationale - État / VII - 2e partie : l’État soviétique
  131. BILAN 19g : Les fondements de la production et de la distribution communistes
  132. BILAN 20a : De la déclaration de Staline à la manifestation du 14 Juillet
  133. BILAN 20b : L’impérialisme italien à la conquête de l’Abyssinie
  134. BILAN 20c : Projet de rapport sur la situation en Italie
  135. BILAN 20d : Calligaris
  136. BILAN 20f : Les fondements de la production et de la distribution communistes (2)
  137. BILAN 21a : Et voici le cas Calligaris
  138. BILAN 21a : Sous le signe du 14 juillet
  139. BILAN 21c : Projet de rapport sur la situation en Italie (suite)
  140. BILAN 21d : La première et la deuxième internationale devant le problème de la guerre
  141. BILAN 21e : Les fondements de la production et de la distribution communistes (3)
  142. BILAN 21f : Parti - Internationale - État / VII - 3e partie : l’État soviétique
  143. BILAN 22a : L’attentat de Beiso
  144. BILAN 22b : L’Italie en Abyssinie
  145. BILAN 22c : Nous, Calligaris et le Centrisme
  146. BILAN 22e : Rapport sur la situation en Italie (suite et fin)
  147. BILAN 22f : Les internationalistes hollandais sur le programme de la révolution prolétarienne
  148. BILAN 22g : Projet de résolution sur le problème des liaisons internationales
  149. BILAN 23a : Manifeste de la Fraction italienne de la Gauche communiste
  150. BILAN 23b : Sur quelle base s’est effectuée l’unité syndicale - Les Mussolini et Hitler de la France démocratique
  151. BILAN 23c : Compte rendu du Congrès de la fraction - Résolutions adoptées
  152. BILAN 23d : Thèses de Rome - Préface de 1928 et première partie
  153. BILAN 23e : En dehors des partis communistes devenus des instruments du capitalisme mondial
  154. BILAN 24a : Vers une consolidation du front capitaliste en France
  155. BILAN 24b : Pendant que réformistes et centristes scellent l’union sacrée, des mineurs anglais font la grève au fond des puits
  156. BILAN 24c : La résolution du Congrès des Italiens de Bruxelles
  157. BILAN 24d : La motion présentée par la fraction au Congrès des Italiens
  158. Bilan 24e : La tension de la situation italienne et internationale
  159. BILAN 24f : Le déroulement de l’aventure africaine
  160. BILAN 24g : La fraction dans les partis socialistes de la seconde internationale
  161. BILAN 24h : Thèses de Rome - Deuxième partie
  162. BILAN 24i : Lettre du camarade Soep
  163. BILAN 25a : Un mois après l’application des sanctions
  164. BILAN 25b : À la confusion des problèmes monétaires les ouvriers français opposeront leur front de classe
  165. BILAN 25c : Les réfugiés italiens dans la Russie Soviétique
  166. BILAN 25d : Les Centristes escomptent la condamnation de Beiso
  167. BILAN 25e : L’unité syndicale et les fractions
  168. BILAN 25f : Le nouveau bond de l’impérialisme japonais dans la Chine du nord
  169. BILAN 25g : À nos lecteurs
  170. BILAN 25h : Parti - Internationale - État / VII - 4e partie : l’État soviétique
  171. BILAN 25i : Mouvement ouvrier international
  172. BILAN 25j : Staline et le Bolchevisme
  173. BILAN 25k : Thèses de Rome - Troisième partie
  174. BILAN 26a : La réconciliation des français et l’Unité Syndicale
  175. BILAN 26b : La situation en Allemagne : L’exécution de R. Claus
  176. BILAN 26c : Sur le chemin du capitalisme - Le Stakhanovisme en Russie
  177. BILAN 26d : La situation actuelle en Italie, pivot de la situation internationale
  178. BILAN 26e : La situation en Amérique du Sud
  179. BILAN 26f : Parti - Internationale - État / VII - 5e partie : l’État soviétique
  180. BILAN 26g : L’échec des premières discussions avec le groupe « Communist Class Struggle »
  181. BILAN 26h : En marge des Thèses de Rome
  182. BILAN 27a : Quels sont les héritiers de Lénine, Luxemburg, Liebknecht ?
  183. BILAN 27b : Comment, dans la Russie des Soviets, on assassine la camarade Mariottini
  184. BILAN 27c : L’évolution de la situation italienne
  185. BILAN 27d : Le problème du Pacifique et la faillite de la Conférence de Londres
  186. BILAN 27e : Quinze années après Livourne
  187. BILAN 27f : L’écrasement du prolétariat français et ses enseignements internationaux (1)
  188. BILAN 27g : Petrini
  189. BILAN 28a : M. Albert Sarraut, symbole de la cohérence capitaliste
  190. BILAN 28b : Wupperwald et Neukölln
  191. BILAN 28c : L’impudence et les faux de M. Germanetto
  192. BILAN 28d : Le Japon devant la guerre impérialiste
  193. BILAN 28e : Le « Front Populaire » triomphe en Espagne
  194. BILAN 28f : L’écrasement du prolétariat français et ses enseignements internationaux (2)
  195. BILAN 28g : Problèmes de la période de transition (partie 1)
  196. BILAN 28h : Dans la Fraction - Un peu de clarté s’il vous plait
  197. BILAN 28i : Dans la Fraction - À la recherche d’une clarification ?
  198. BILAN 29a : La course vers la guerre
  199. BILAN 29b : Pour le 65e Anniversaire de la Commune de Paris
  200. BILAN 29c : Au sujet du cas Mariottini
  201. BILAN 29d : Une réponse de Gatto Mammone
  202. BILAN 29e : Au sujet des problèmes du parti et de la tactique
  203. BILAN 29f : L’écrasement du prolétariat français et ses enseignements internationaux - Suite et fin
  204. BILAN 29g : Dans la Fraction. Un article de discussion de Gatto Mammone
  205. BILAN 30a : Premier Mai 1936 (Manifeste de la Fraction italienne de la gauche communiste)
  206. BILAN 30b : Le Front international de la répression capitaliste
  207. BILAN 30c : Le prolétariat italien est-il absent ?
  208. BILAN 30d : Premier Mai ( À propos de Calligaris )
  209. BILAN 30e : Les traîtres à l’œuvre
  210. BILAN 30f : Le mouvement ouvrier devant le problème de la guerre
  211. BILAN 30g : De l’Union Sacrée à Zimmerwald - La dernière semaine
  212. BILAN 30h : Quelques brèves nouvelles
  213. BILAN 31a : La victoire du Front Populaire en France
  214. BILAN 31b : Après les élections en Belgique
  215. BILAN 31c : La victoire de l’impérialisme italien ouvre-t-elle un nouveau cours de la révolution mondiale ?
  216. BILAN 31d : Le conflit Arabo-Juif en Palestine (première partie)
  217. BILAN 31e : « De l’Union Sacrée à Zimmerwald » par A. Rosmer
  218. BILAN 31f : Les traîtres à l’œuvre
  219. BILAN 31g : Problèmes de la période de transition (partie 2)
  220. BILAN 31h : Calligaris toujours déporté en Sibérie, sauvons-le !
  221. BILAN 31i : Victor Serge hors des griffes du centrisme
  222. BILAN 32a : La Société des Nations continue
  223. BILAN 32b : Beiso n’a pas été acquitté
  224. BILAN 32c : Ce que fut la Conférence du Droit d’Asile de Paris
  225. BILAN 32d : Le prolétariat français a répondu au Front Populaire
  226. BILAN 32e : La rafale gréviste en Belgique
  227. BILAN 32f : Le conflit Arabo-Juif en Palestine (suite et fin)
  228. BILAN 32g : Mouvement ouvrier international
  229. BILAN 33a : En Espagne — Bourgeoisie contre Prolétariat
  230. BILAN 33b : Francisco Ascaso
  231. BILAN 33c : Adieu Zanasi
  232. BILAN 33d : Nature et évolution de la Révolution russe
  233. BILAN 33e : De l’Union Sacrée à Zimmerwald - Conclusion (Alfred Rosmer)
  234. BILAN 33f : Errata sur « La rafale gréviste en Belgique »
  235. BILAN 34a : Communiqué de la Commission exécutive
  236. BILAN 34b : Au front impérialiste du massacre des ouvriers espagnols il faut opposer le front de classe du prolétariat international
  237. BILAN 34c : La boucherie de Moscou
  238. BILAN 34d : Démocratie formelle et démocratie socialiste
  239. BILAN 34e : De l’Union sacrée à Zimmerwald
  240. BILAN 34f : Problèmes de la période de transition (partie 3)
  241. BILAN 34g : Staline dépasse Mussolini
  242. BILAN 35a : L’abattoir des prolétaires en Espagne
  243. BILAN 35b : Le ventre du capitalisme français orné des plumes du paon socialiste
  244. BILAN 35c : La crise dans la Fraction — Communiqué de la CE
  245. BILAN 35d : La tragédie espagnole
  246. BILAN 35e : La révolution espagnole
  247. BILAN 35f : Les problèmes de la période de transition (partie 4)
  248. BILAN 35g : Nature et évolution de la Révolution russe : Réponse au camarade Hennaut
  249. BILAN 35h : La crise dans la Fraction — Communiqué du comité de coordination
  250. BILAN 36a : La consigne de l’heure : ne pas trahir
  251. BILAN 36b : Octobre 1917 - Octobre 1936
  252. BILAN 36c : Mario di Leone
  253. BILAN 36e : L’isolement de notre fraction devant les événements d’Espagne
  254. BILAN 36f : La crise de la Fraction - Communiqué de la Commission Exécutive
  255. BILAN 36g : Documents de la minorité
  256. BILAN 37a : La réalité d’un « gouvernement de façade »
  257. BILAN 37b : Mario de Leone est mort
  258. BILAN 37c : Salut du groupe de Marseille
  259. BILAN 37d : Salut du groupe de la minorité de Barcelone
  260. BILAN 37e : L’ « autre » aspect de la domination capitaliste. La « Démocratie » en fonction aux États Unis
  261. BILAN 37f : La bourgeoisie renverra-t-elle Blum ?
  262. BILAN 37g : Problèmes de la période de transition (partie 5)
  263. BILAN 37h : Nouveaux assassinats : Nouvelle Constitution en Russie
  264. BILAN 37i : La crise de la fraction - Ordre du jour de la Commission Exécutive
  265. BILAN 38a : Le capitalisme français n’a pas renvoyé Blum
  266. BILAN 38b : Trotski pourra-t-il rester au Mexique ?
  267. BILAN 38f : Problèmes de la période de transition (partie 6 - fin)
  268. BILAN 39a : Le procès de Moscou
  269. BILAN 39b : Le prolétariat français doit briser l’Union Sacrée
  270. BILAN 39c : Lénine - Luxemburg - Liebknecht
  271. BILAN 39d : À propos d’un anniversaire
  272. BILAN 39e : Sous le signe de la constitution « la plus démocratique du monde » on extermine en URSS la génération d’Octobre
  273. BILAN 39f : Nos divergences avec le camarade Hennaut
  274. BILAN 39g : Le Marxisme n’est pas de la littérature Camarade Victor Serge !
  275. BILAN 39h : Que faire ? Retourner au Parti Communiste, Messieurs !
  276. BILAN 40a : Premier Mai 1937
  277. BILAN 40b : La France « libre, forte et heureuse » assassine les prolétaires
  278. BILAN 41a : Plomb, Mitraille, Prison
  279. BILAN 41b : Quand les bourreaux parlent... Le discours de Staline
  280. BILAN 41f : Antonio Gramsci - Camillo Berneri
  281. BILAN 41g : Bilan en danger - La vie de Bilan
  282. BILAN 42a : La répression en Espagne et en Russie
  283. BILAN 42f : Antonio Gramsci
  284. BILAN 43a : Pour la solidarité de classe à toutes les victimes de la guerre d’Espagne
  285. BILAN 43b : Du travail et du pain
  286. BILAN 43c : Andrés Nin assassiné ?
  287. BILAN 43d : Les bourreaux soviétiques à l’oeuvre
  288. BILAN 43e : À propos de quelques élucubrations trotskistes
  289. BILAN 43f : Le Comité national de la C.G.T.
  290. BILAN 43g : L’évolution des évènements d’Espagne
  291. BILAN 43h : Le Front Populaire
  292. BILAN 43i : Pour le Bureau International des fractions communistes de gauche
  293. BILAN 43j : L’impérialisme japonais à la conquête de la Chine
  294. BILAN 43k : Documentation internationale
  295. BILAN 43l : La vie de Bilan
  296. BILAN 44a : Lettre ouverte au Centre pour la IVe Internationale et au Parti Socialiste Révolutionnaire de Belgique
  297. BILAN 44b : À bas le carnage impérialiste en Chine
  298. BILAN 44c : Le capitalisme passe à l’attaque « La France aux Français »
  299. BILAN 44d : La guerre impérialiste d’Espagne et le massacre des mineurs asturiens
  300. BILAN 44e : Le monde arabe en ébullition
  301. BILAN 44f : Marxisme et Dogmatisme
  302. BILAN 44g : Et Calligaris ?
  303. BILAN 45a : Pour le XXème anniversaire de la Révolution d’Octobre
  304. BILAN 45b : Le front populaire continue
  305. BILAN 45c : Le droit au soulèvement armé
  306. BILAN 46a : "Bilan" disparaît
  307. BILAN 46e : Un grand renégat à la queue de paon : Léon Trotsky
  308. BILAN 46g : Écho à l’étude de la période de transition
  309. BILAN 46h : "Octobre" bulletin mensuel du Bureau International des Fractions de Gauche