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Dernière mise à jour :
lundi 20 novembre 2017
   
Brèves
Mardi 21 mai - La Revue Z à Terra Nova
lundi 20 mai
Mardi 21 mai 2013 à 19h, rencontre à la Librairie Terra Nova de Toulouse avec l’équipe de la revue Z à l’occasion de la parution du dernier numéro Thessalonique & Grèce, aux éditions Agone. Après une enquête collective au nord de la Grèce, la revue Z viendra présenter son dernier numéro : Thessalonique dans la dépression européenne. Bricolages quotidiens et résistances insolvables.
Groupe de Liaison pour l’Action des Travailleurs
lundi 6 février
Le sommaire des articles de la revue Lutte de classe, publiée par le GLAT, a été largement augmenté, notamment sur la période 1971-1975. Pour tous les numéros listé, une version PDF est maintenant accessible en ligne. Bonnes lectures !
Mise à jour du catalogue du fonds documentaire
jeudi 1er septembre
Une nouvelle version mise à jour du Catalogue du Fonds Documentaire Smolny, très largement étendue (une vingtaine d’entrées supplémentaires) est en ligne ce jeudi 1er septembre 2011. Merci aux contributeurs. D’autres titres à suivre...
Ouverture des archives numériques du CERMTRI
lundi 15 août
Le CERMTRI a décidé de créer une bibliothèque numérique avec l’objectif de numériser le maximum de ses archives et de ses collections. Pour démarrer : La revue « Bulletin Communiste » (1920-1933) ; le journal « La Vérité » (1957-1958) ; la revue des « Cahiers du mouvement ouvrier » (2002-2011). Soit déjà 428 documents ce qui représente 6395 pages. Bravo pour cette excellente initiative !
Sur le Web
[infokiosques.net]
Nous nous auto-organisons et nous montons un infokiosque, une sorte de librairie alternative, indépendante. Nous discutons des publications, brochures, zines et autres textes épars qui nous semblent intéressants ou carrément nécessaires de diffuser autour de nous. Nous les rassemblons dans cet infokiosque, constituons ainsi nos ressources d’informations, et les ouvrons au maximum de gens. Nous ne sommes pas les troupes d’un parti politique, ni les citoyen-ne-s réformateurices de nos pseudo-démocraties, nous sommes des individus solidaires, qui construisons des réseaux autonomes, qui mettons nos forces et nos finesses en commun pour changer la vie et le monde.
Premiers pas sur une corde raide Montreuil (93) : concert de soutien au Rémouleur, samedi 11 octobre 2014 qcq Tout mais pas l'indifférence Crise, totalitarisme, luttes sociales et de classe en Grèce Bruxelles : programme de septembre 2014 au local Acrata
Bibliolib
Catalogue de textes d’origine libertaire ou anarchiste, sans habillage particulier (pas de commentaire, d’édition critique, de note). Les textes bruts donc avec une liste d’auteurs qui commence à être significative. Un bon point d’entrée donc pour ceux qui savent à l’avance ce qu’ils cherchent. Attention : ce site s’est fait subtilisé sa précédente adresse par un site pornographique. Notre propre lien a donc été incorrect quelque temps. Nous en sommes désolé.
Pelloutier.net
Sur l’histoire du syndicalisme révolutionnaire et de l’anarcho-syndicalisme, avec des études, documents et synthèses intéressantes sur Pelloutier, Monatte, La Vie Ouvrière (1909-1914) et sur les mouvements syndicalistes en France, Europe, USA...
Balance
Cahiers d’histoire du mouvement ouvrier international et de la Guerre d’Espagne. Nombreux articles en espagnol. Textes de Bordiga, entre autres.
Classiques des sciences sociales
Une bibliothèque numérique entièrement réalisée par des bénévoles, fondée et dirigée par Jean-Marie Tremblay, sociologue. Comprend de très nombreuses oeuvres du domaine public. La section des "auteurs classiques", en particulier, est une véritable mine, où l’on trouve Bebel, Bordiga, Boukharine, Engels, Fourier, Gramsci, Kautsky, Labriola, Lafargue, Lukacs, Luxemburg, Marx, Trotsky et bien d’autres.
COLLECTIF (1973) : Garde-fous arrêtez de vous serrer les coudes — Documents
Partisans, Petite Collection Maspero n° 145, p. 164 - 180
15 décembre 2013 par eric

La psychiatrie telle qu’elle est constitue un des champs d’application de l’idéologie dominante de classe.

Elle est répressive : procédés policiers à tous les niveaux de l’institution psychiatrique, de l’administration psychiatrique, des lois qui régissent la psychiatrie, des rapports médecin-malade, infirmier-malade, médecin-infirmier, malade-société.

Elle est dogmatique : elle enseigne et affirme que la folie est une maladie qui appelle médecine, non que la santé mentale ou la santé tout court intéresse, concerne et appartient à tout le monde.

Elle est non scientifique : elle pérennise les acquis empiriques, elle ne parle pas de ce qui rend fou ou de ce qui entretient la folie ; elle n’est pas préventive car cela reviendrait à poser le problème de l’accord entre l’homme et la société historique (et non « la société » en l’air) dans laquelle il vit ; cela reviendrait à mettre en cause la société et à dénoncer ce que l’on présente en termes de fatalité comme des projets politiques.

La psychiatrie n’appartient pas aux psychiatres, et l’équipe soignante est peut-être un leurre corporatiste.

La seule attitude possible pour un psychiatre, c’est de révéler le mode actuel de fonctionnement de la psychiatrie. C’est l’action révolutionnaire.

Dire que les fous sont des malades comme les autres, c’est être réformiste. C’est dénoncer le sous-équipement hospitalier, infirmier et médical, c’est dénoncer l’atroce organisation actuelle de la pénurie, c’est réclamer des moyens décents pour soigner les malades, mais c’est aussi scotomiser les questions essentielles de la prévention et du pouvoir de la psychiatrie actuelle.

Il ne s’agit pas de proposer une psychiatrie « idéale » dans une société pourrie, mais de dénoncer ladite société. Nous nous battrons sur ce thème et par tous les moyens.

Tract du Comité d’action Santé.


II. Laboratoire de psychanalyse

Ouverture

Ouvrir la psychanalyse, c’est établir le lieu d’un certain travail. Ce lieu sera situé hors de ce qu’ont été jusqu’à présent la place de l’analyse sur le marché du savoir et la place des analystes dans la société.

La psychanalyse aujourd’hui est asservie. C’est une technique thérapeutique qui sert à étouffer la déraison d’un discours, le désordre d’une conduite, au profit de la raison d’un système, de l’ordre d’un État. C’est une idéologie qui renvoie toute parole à sa folie, tout acte à sa violence, pour interdire l’analyse des faits sociaux où le sujet se détermine. D’un côté elle contribue à une politique de santé mentale, de l’autre elle remplace une philosophie et une psychologie moribondes.

Dans ces deux fonctions le psychanalyste trouve son pouvoir et son profit. Cela se traduit d’abord par la place qu’il occupe dans les rapports sociaux, cette pratique libérale héritée de la médecine, et par le rapport à l’argent qui lui est propre.

L’argent

L’argent, un des termes de l’échange pratiqué dans une analyse, a des conséquences qui dépendent du prix demandé comme du mode de paiement. Ceux-ci ne doivent pas avoir des effets de richesse et de prestige dans le système social qui puissent échapper à l’analyse. Or le prix demandé fait actuellement un premier partage de la clientèle, partage qui devient sélection sociale quand il s’agit de former des analystes. Et les sociétés de psychanalystes, chargées de faire les lois de ce marché, défendent des intérêts de classe. Cette contribution à un ordre économique et social revient dans la pratique et dans la théorie sous des formes que ce Laboratoire a pour but d’éviter.

Ce qui ne doit pas s’éviter, c’est que l’analyste doit vivre de son travail. Si le paiement constitue la mesure de son aliénation, il a charge précisément d’en prendre la mesure. L’existence de ce Laboratoire n’implique donc pas que son usage doit en être gratuit mais qu’il peut ne pas coûter cher. L’ironie de ce pas cher n’empêchera pas le scandale du trop cher, d’avoir à gagner son analyse comme on gagne sa vie, c’est-à-dire payer chaque jour quelque chose qu’on a.

L’analyste fixe le prix de la séance en accord avec l’analysant. Le règlement se fait au compte du Laboratoire qui le redistribue aux analystes en fonction de leur temps de travail. À cette condition les effets du paiement dans la pratique peuvent être soumis au contrôle et à l’étude de la réunion des analystes.

La guérison

Ouvrir la psychanalyse, c’est ouvrir l’accès à sa pratique. C’est ensuite empêcher le retour dans sa théorie de l’idéologie médicale, le retour dans sa pratique de l’exercice d’un pouvoir, celui du thérapeute. Car l’analyse est liée historiquement à la médecine et les efforts de Freud n’ont pas suffi à l’en dégager.

Le thérapeute est celui qui prétend posséder un savoir qui rendra au corps la santé, à l’esprit la paix, à l’homme le bonheur. Or le fou, pour la psychanalyse, l’enfant inadapté, le criminel, l’idiot, le névrosé, est celui qui porte une question sur l’horreur du monde. Parler de maladie mentale, c’est en réprimer le sens. Vouloir guérir une telle souffrance, c’est la réduire au silence. L’analyste est celui qui s’offre à mener cette question jusqu’à la vérité d’où elle est née. La vérité de la misère sociale, celle de la jouissance interdite au désir, celle du corps et de sa fin.

C’est pourquoi les analystes qui travaillent au Laboratoire ne tiennent compte d’aucun diagnostic et n’en portent jamais. Le but curatif est absent de leur pratique, ils n’ordonnent aucun traitement médical ou para-médical, ils ne se réclament d’aucun titre que d’un projet analytique — quelle que soit leur formation, psychologique, médicale, psychiatrique, philosophique ou autre. Aucun acte relevant de ces disciplines n’y est pratiqué.

La formation

Ne plus contribuer à une normalisation, ni produire des techniciens de la santé mentale, c’est refuser de pourvoir aux annuaires des sociétés savantes. Cela repose la question de la formation en récusant une analyse didactique faussée à son principe par la promesse d’un diplôme et à sa fin par l’entrée dans une hiérarchie. Cela écarte tout enseignement quand celui-ci institue un rapport au savoir que l’analyse met d’abord en question. Et si la psychanalyse a dans la science une place unique d’où elle renvoie tout savoir à la réalité de son action, ce Laboratoire met à l’étude l’action de la psychanalyse sur la structure sociale.

Ainsi les analystes du Laboratoire se réfèrent à Freud et à Lacan quant à la théorie sans être en rien engagés dans les organismes qui dans une École garantissent un titre ou une compétence. Le Laboratoire est ouvert à tous, sans distinction d’école ou de formation, à seule condition d’y soutenir un projet analytique. Son fonctionnement est assuré par la réunion de ceux qui y travaillent et nul n’y possède d’autre pouvoir.

Ce lieu d’un certain travail, nul n’y entre sans cause, nul n’y reste sans effet. L’un et l’autre sont le signe et l’ouverture pour chacun de son rapport à la vérité, et c’est le garantir que ne pas annoncer ici d’autre programme.

Laboratoire de Psychanalyse,
Place de la Bastille.


III. Manifeste pour le combat immédiat des internés psychiatriques

Vaucluse, le 4-12-72.

Avertissement

Nous prions instamment ceux qui pourront publier ce manifeste de n’en changer ni une ligne, ni même la présentation, ni la « note-dédicace ». Il fut rédigé en deux heures à Vaucluse après quelques jours d’enquêtes et des réunions informelles ou bien s’inspirant soit du brain-storming, soit de la synectique. Aucun infirmier ni médecin ne participèrent d’aucune manière à ces groupes d’études. Nous fûmes quatre pour écrire ces feuillets, quatre malades âgés de 19 à 34 ans et totalisant 27 internements dont 16 par la police. Nous étions sous l’effet de cocktails maison classiques (halopéridol, opiran, laroxyl, valium, etc.). Voici le témoignage que nos observations et notre longue expérience des asiles nous inspirent.

MANIFESTE

Camarades hospitalisés, ne cherchez pas à discuter à perte de vue, sur la carte Michelin : Vaucluse, c’est un asile d’aliénés.

Être aliéné, c’est être étranger à soi-même, ne pas être maître de soi. Ce qui nous est étranger, c’est le monde où l’on nous a jetés. Le premier choc, c’est la naissance. Nous n’avons choisi ni notre famille, ni notre nom, ni la morale des autres, ni l’exploitation capitaliste.

Nous refusons.

Et l’on nous damne, on nous condamne à l’incarcération : sans le secours d’avocats. Nous sommes les seuls à n’avoir même pas les moyens légaux d’être défendus contre des lois que nous n’avons pas choisies.

Nous contestons la société qui nous a faits, puis nous défait en nous isolant.

Nous avons voulu fuir les structures, les interdits, les voies imposées, et, chacun de manière individuelle (alcool, suicide, refus catégorique du contact avec autrui et parfois jusqu’à celui de la réalité).

Cette attitude critique, mais solitaire, nous a valu d’être cloîtrés à Vaucluse par la police, garante de l’ordre capitaliste, par les médecins de l’infirmerie de la Préfecture, suite à dénonciation, ou après avoir été plus ou moins poussés, avec des chantages odieux, par des membres de nos familles.

Ne nous posons pas la question : les fous, ce sont eux. La société est mal fichue et animée par des imbéciles tous complices de son existence sans se rendre compte qu’ils en sont aussi les victimes. Ils paient des impôts pour entretenir des flics qui leur mettent des contraventions, des armées pour envoyer leurs enfants à la mort. Nous même avons payé en travaillant des cotisations destinées à la Sécurité sociale, etc.

C’EST DONC AVEC NOTRE ARGENT QUE SONT PAYÉS LES INFIRMIERS ET LES MÉDECINS.

Nous payons les médecins et que font-ils ?

Rien depuis Freud.

Pour Freud, dès sa naissance, l’individu entre en conflit avec la société.

Au lieu de soigner la société, on manipule les individus exacerbés par celle-ci, on leur donne des étiquettes dogmatiques à noms barbares (psychasthéniques, maniaco-dépressifs, schizophrènes, etc.), on les range dans des parcs, tel Vaucluse.

On nous traite en objets et, dans le même temps, on nous demande de nous comporter en êtres responsables.

Nous n’avons aucun avis à donner sur nos traitements, et sur les mauvais traitements subis.

Nous prend-on pour des débiles ?

Et d’ailleurs même les débiles, des expériences l’ont prouvé, ont une affectivité plus grande que ceux qui les soignent

Que fait-on dans les asiles ?

On nous coupe plus encore de la société pour nous relâcher ensuite socialement plus démunis qu’avant. La rareté des assistantes sociales vient de ce que, débutantes, ayant effectué trois années d’études après le baccalauréat, elles ne gagnent que 1280 Fr. par mois, soit le coût de 8 jours d’hospitalisation d’un malade ; malade restant souvent plus longtemps que nécessaire du fait que sa sortie n’a pas été socialement aménagée.

On nous isole aussi les uns des autres : c’est aussi une conséquence de l’avarice de la société geôlière : le manque de confort matériel, de cigarettes, parfois d’aliments, provoque des conflits entre nous.

On se dispute pour des riens, parce que l’on n’a rien.

Il faut faire des revendications matérielles : pourquoi augmente-t-on les prix dans les cafétérias de Vaucluse et pas les pécules ? Pourquoi calcule-t-on toujours ceux-ci sur la base du timbre à 40 centimes ? Tant qu’ils y sont, qu’ils régressent eux aussi en prenant pour base le timbre à 30 centimes !

Les ennemis, ce sont l’administration et le gouvernement lui accordant chichement des crédits.

Que fait-on hors des asiles ?

Un groupe d’information sur les asiles (G.I.A., 73 rue Buffon, Paris Ve) parle de nous avec bonne volonté. Il s’y trouve des infirmiers, des psychiatres, mais pratiquement jamais de malades, seuls concernés finalement.

Nous devons leur porter notre témoignage.

Toutefois l’un de ses membres ayant estimé que « les personnes internées sont abruties par les neuroleptiques », ils traitent de nos problèmes entre eux.

AUSSI NE DEVONS-NOUS COMPTER QUE SUR NOUS-MÊMES ET NOUS UNIR.

Nous avons à :

—  Former des groupes d’information sur les méthodes fascistes de certains médecins et sur les procédés coercitifs.

—  Exiger de connaître les bêtises inscrites dans les dossiers et nous les faire expliquer.

—  Demander le nom de tous nos médicaments et demander à lire leur action dans le dictionnaire « Vidal ».

—  Refuser d’expérimenter les nouveaux médicaments dont l’un a rendu aveugles des malades internés de Vaucluse... Et en plus le médecin-chef a été payé par le laboratoire !

—  Exiger que soit accru le personnel soignant en intégrant des psychothérapeutes puisque jusque-là seuls les procédés freudiens guérissent. Donner quelques médicaments et faire subir un mois d’un microcosme carcéral à quelqu’un dont les problèmes de l’enfance ne sont pas résolus, c’est mettre un emplâtre sur une jambe de bois.

—  Trouver les infirmiers, médecins et médecins-chefs 
dont les mains sont moins sales que celles des autres. 
Beaucoup ne demandent qu’à mettre en l’air la loi sur les
placements d’offices et les conceptions périmées de la
 psychiatrie.

N’oublions pas :

—  Que les infirmiers sont des prolétaires.

—  Que les médecins subissent les incohérences administratives, et les bouffées délirantes des flics ivres osant nous amener ici.

Qu’un interne gagne 1500 Fr. par mois et n’a théoriquement pas le droit de travailler hors des hôpitaux et dispensaires auxquels il est attaché.

—  Que l’assistant en psychiatrie à temps plein reçoit 2800 Fr. par mois.

—  Que les médecins, s’ils sont de culture bourgeoise, ont fait grève, début 1972, et qu’en dehors des « jaunes », depuis deux ans ils refusent de passer l’internat psychiatrique (dont les sujets sont d’une stupidité navrante).

—  Que le médecin recevant de par la bêtise des flics un malheureux ayant eu la mauvaise idée d’avoir un malaise d’ordre cardiaque devant un bistrot sait qu’il perd son temps et la Sécurité sociale de l’argent. Quant à la personne abusivement internée, elle risque de ne plus retrouver son travail et sera définitivement inscrite sur le fichier des aliénés.

Les équipes soignantes sont aussi exploitées et peuvent avoir des intérêts liés aux nôtres. Il ne faut pas les frapper systématiquement d’ostracisme.

Dans chaque pavillon :

—  Il faut organiser des psychodrames entre malades, c’est-à-dire des séances où un malade jouera le rôle d’un 
médecin ou d’une autre personne face à quelqu’un lui
donnant la réplique. Il ne s’agit pas de pratiques théra
peutiques, mais de simulations permettant avec humour de
 prendre de la distance par rapport à des relations réelles
en les caricaturant par le jeu, de manière à mieux prendre conscience des contraintes vécues ici.

—  Se réunir entre malades, constituer des groupes sur la base de ce manifeste. Ces groupes seront organisés de « manière à ce que le remplacement de ceux quittant l’hôpital soit assuré.

—  Constituer des mini-syndicats.

—  Ne pas tomber dans le piège permanent consistant à nous isoler en microgroupes antagonistes tels :

  • les alcooliques ;
  • ceux qui méprisent les alcooliques en les traitant de pervers ;
  • ceux qui prétendent se dissocier des autres parce qu’ils ne sont que « fatigués » et à Vaucluse « par hasard » ;

—  Ne pas rejeter certains malades en les considérant comme des « fous irrécupérables ». Ils subissent les mêmes répressions que nous tous. Aidons-les, et ils peuvent nous aider : les réponses les plus farfelues sont très souvent les plus novatrices.

—  Acceptons une collaboration relative, lorsque c’est possible, avec les infirmiers et les médecins.

POSONS-NOUS DES QUESTIONS.

Mettons-nous à plusieurs pour écrire nos doléances sur 
le fonctionnement de Vaucluse et portons nos conclusions, 
nos revendications sous pli fermé et en main propre aux initiateurs de l’A.R.M. afin de centraliser les informations et propositions, c’est-à-dire à MM. Betty, Cekalski, Dauce, \
Vincent, tous quatre malades du service 8B du docteur Barte.

De l’extérieur, pour éviter toute interception de courrier, que l’on écrive à : pour l’A.R.M., aux bons soins du G.I.A., 73 rue Buffon, Paris Ve.

C’est un refus radical de la société imposée qui nous a 
tous menés ici. Nous sommes dans une impasse car nous
n ’avons protesté qu’individuellement, qui fuyant dans des 
syncopes faisant s’évanouir la réalité, qui l’oubliant dans
 l’alcool, d’autres par un refus total nommé schizophrénie ou par la négation des autres venant nous harceler avec leurs mesquineries, le ridicule de l’esprit de sérieux et des 
guerres.

Nous avons échoué ici et c’est ici qu’il faut recommencer en nous groupant, dans les pavillons, puis tous avec des réunions de délégués de pavillons et un journal.

Parias de la société qui nous séquestre :

GROUPONS-NOUS POUR ENTAMER À VAUCLUSE MÊME LE COMBAT À MENER ENSUITE DEHORS.

Vaucluse, le 1-12-72
Association contre la répression médico-policière

Note : l’A.R.M. va diffuser ce manifeste dans d’autres hôpitaux, le faire publier dans des journaux et l’adresser personnellement à Monsieur le professeur Baruk, académie des Sciences et de Médecine, pour avoir protesté depuis longtemps contre la loi de 1838, et à Jean-Paul Sartre, prix Nobel par contumace, le plus grand témoin actuel de l’aliénation sous toutes ses formes et chantre désabusé de la liberté.


IV. Le Groupe d’Information sur les Asiles face au triple terrorisme

Dans les hôpitaux psychiatriques règne un triple terrorisme, celui du silence, celui de la loi, celui du savoir.

Terrorisme du silence

Dans notre société, les informations sur ce qui se passe réellement dans les H.P. sont soigneusement filtrées. À la télé, dans les articles officiels, les « bons » psychiatres s’emploient à présenter un visage montrable, donc rassurant, de la psychiatrie française. Ceci n’est qu’une immense duperie qui sert à faire le silence sur le hideux appareil répressif qui fonctionne derrière la façade.

Il est donc temps que tout le monde sache ce qui se passe réellement dans les H.P.

Mais en fait, le silence le plus grave est celui auquel sont condamnés ceux qui entrent dans la forteresse asilaire : dès le franchissement des portes, le « malade » est dépourvu de tout droit : coupé du monde extérieur, isolé, il n’a aucune prise sur la situation qui lui est faite, toute possibilité d’initiative véritable lui est retirée. Il ne lui reste en fait que deux issues :

—  se soumettre et se taire ;

—  refuser la situation, mais alors sa parole est aussitôt réprimée ou neutralisée.

IL FAUT BRISER LE SILENCE

D’une part le G.I.A. se propose de dénoncer par tous les moyens — presse, tracts, brochures, films, etc. — toutes les pratiques réelles scandaleuses des H.P. Le G.I.A. a besoin de vos informations — sans restrictions ni censure — pour que l’hôpital psychiatrique cesse d’être le lieu fermé de la répression.

Mais la simple dénonciation ne suffit pas.

Le G.I.A. veut aider et soutenir toute prise réelle de parole par les « malades » eux-mêmes, qu’ils soient sortis ou qu’ils soient internés, donc tout effort d’organisation, toute action collective contre l’appareil psychiatrique.

Terrorisme de la loi

La loi de 1838, qui consacre le plein pouvoir des médecins, régit deux types de placement :

Le placement volontaire : une personne est signalée à l’attention des psychiatres comme bizarre ou dangereuse. N’importe qui peut dénoncer : la famille, le gérant, un employeur, un voisin. Un simple certificat médical de placement et c’est l’hôpital psychiatrique.

Le placement d’office : faute de la sollicitude d’un parent-patron-gérant-voisin, et pour cause de quelque flagrant délit (ivresse publique, menaces, tapages...), la police intervient et arrête la personne. Le commissaire peut aisément user de la formule : « L’interpellé ne semble pas jouir de toutes ses facultés », il le dirige alors sur l’Infirmerie spéciale de la Préfecture de police où un psychiatre décidera soit le placement volontaire, soit le placement d’office — qui l’un et l’autre conduisent à l’inscription au fichier des aliénés —, soit une libération qui entraîne la procédure de signalement. L’acte administratif d’internement qui ratifie la décision médicale émane du préfet du département.

Il existe un troisième type de placement dit « libre », qui n’a pas de statut légal. Théoriquement, il vous permet d’être hospitalisé dans une clinique ou un hôpital psychiatrique sous votre seule responsabilité et en toute liberté. Il est en fait indirectement utilisé comme internement forcé par la menace du placement « volontaire ». Le psychiatre vous tient en fait ce langage : « Vous vous soumettez ou on vous interne en hôpital psychiatrique. »

Placement volontaire ou placement d’office et même placement libre, on le voit, dans les trois cas, C ’EST D’UN PLACEMENT FORCÉ QU’IL S’AGIT. Et que la police intervienne ou non, l’autorité médicale décide en fin de compte.

LA LOI DE 1838 EST UNE LOI DE CLASSE : elle est la loi de la violence exercée par une minorité de spécialistes sur une masse d’internés qui, hommes ou femmes, sont en quasi-totalité ouvriers, paysans, immigrés.

C’est une loi qui permet et justifie tous les abus, contre lesquels les recours restent purement illusoires. Procédure secrète. Dossier secret. Décisions secrètes. Impossibilité de fait d’avoir recours à un avocat.

Le G.I.A. se fixe pour seconde tâche, avec l’aide des internés et de leurs familles, des travailleurs de la psychiatrie, du Syndicat de la magistrature, d’avocats militants et de toutes les personnes qui se sentent concernées par ce combat, de lutter pour l’abolition de la loi scélérate de la monarchie de Juillet.

Pour cela, il faudra, dans un premier temps, partir des possibilités de défense auxquelles la légalité bourgeoise permet de recourir, et que bien évidemment la plupart des gens ignorent.

Terrorisme du savoir

Mais briser le terrorisme du silence et dénoncer une loi d’exception sont des actions qui ne peuvent suffire.

Car en matière psychiatrique, l’existence d’une « science » aux seules mains des médecins sert à tout coup à déposséder les « malades » de tout pouvoir sur les affaires de la santé.

En fait, la situation est encore plus grave : car aujourd’hui, le pouvoir de cette pseudo-science, loin de diminuer, ne fait que s’accroître : il étend son emprise par un réseau de plus en plus large de techniciens de la « maladie mentale », d’institutions, de moyens de dépistage. Psychiatriser au maximum les problèmes que pose notre société, voilà qui sert la classe dominante. Toute dimension politique est niée par le soi-disant savoir des experts : le « malade » ne doit surtout pas avoir les moyens de saisir les véritables mécanismes de sa répression, de sa mise à l’écart, de sa mise à mort sociale.

Toute compréhension nouvelle en matière de folie — comme ailleurs — viendra au premier chef des luttes menées, contre l’appareil psychiatrique et « son savoir », par ceux que ce problème concerne : principalement par les ex et futurs internés, les internés, les travailleurs de la psychiatrie, les ouvriers et par les intellectuels.

Le G.I.A. se propose d’appuyer et de soutenir ce processus. C’est le seul moyen d’en finir un jour avec le terrorisme de classe du discours médical.


V. Garde-fous : sept thèses pour une lutte

1. Depuis 1968, et plus particulièrement depuis un an, les
 institutions psychiatriques (hôpitaux, asiles, centres de
 l’Enfance inadaptée, secteur de l’hygiène mentale) sont
 dénoncées en leur sein même, comme des instruments de 
répression.

Face aux dénonciations de la psychiatrie ou aux luttes qui s’amorcent parmi les infirmiers (grèves dans certains hôpitaux psychiatriques : La Queue-en-Brie, Caen... participation à la dénonciation du quartier Henri-Collin, refus de participer à des actions « thérapeutiques » trop répressives), les éducateurs et les élèves-éducateurs (grèves dans les I.M.P. et les écoles), et parfois même « quelques malades » (manifeste de l’A.R.M. et en Allemagne la lutte du S.P.K.) ou encore à l’extérieur (comme l’action du G.I.A. lors de « l’affaire Lavable »), l’appareil psychiatrique s’oppose diversement mais globalement à toutes ces actions.

Les psychiatres opposent à tout cela de prétendues expliquions et interprétations psychanalytiques, ainsi que le sérieux de leur progrès scientifique et de leur projet de réforme. L’Administration utilise de son côté des moyens de répression qui, pour être classiques, sont toujours aussi efficaces : flics, licenciements, division des travailleurs lors de l’affaire Henri Collin par exemple, avec l’aide de certaines directions syndicales qui crient au « complot gauchiste ».

Cette remise en cause ne provient pas d’une crise propre à la psychiatrie (comme disent certains psychiatres « éclairés ») ou d’une pratique psychiatrique dans la crise ou la pénurie (comme l’analyse le P.C.F.), mais s’inscrit dans un contexte de développement des luttes des classes : crise de l’idéologie, des valeurs et des institutions bourgeoises, de la radicalisation de la jeunesse, de l’apparition de mouvements dits « périphériques » contre l’oppression des femmes, dans les prisons, parmi les travailleurs immigrés, avec l’apparition d’une nouvelle avant-garde ouvrière en rupture avec les directions réformistes.

Cette montée révolutionnaire s’infiltre dans tous les secteurs capitalistes à des rythmes différenciés.

2. Une critique de la psychiatrie et de ses institutions
gui ne les ramènerait pas au contexte politique risquerait de créer des illusions sur la possibilité d’une pratique psychiatrique différente, sans répression.

La répression de la folie est une nécessité pour la bourgeoisie, une nécessité pour maintenir son ordre moral qui
 est déjà largement attaqué.

Il faudra donc, par des écrits ou par des actions, même réputés « non politiques », dévoiler la nature de classe de la psychiatrie et ses liens avec l’État et l’idéologie dominante ; cela seul pourra donner un sens à notre critique.

Née en 1838 avec une loi permettant les internements, la psychiatrie est une institution au service de la bourgeoisie, c’est une institution de répression et d’utilisation des fous qui s’intègre au même titre que les autres institutions dans le maintien de l’ordre social. Des liens multiples avec d’autres institutions répressives, comme l’armée, les prisons, la justice, la religion, existent, et il nous reste à les démasquer.

Le développement de la psychiatrie sous forme de « savoir médical » permet d’en atténuer l’origine policière ; mais maintient et étend sa fonction sous la forme subtile et plus efficace de la prévention. En quittant les murs de l’asile classique, la psychiatrie postule sous forme technocratique à devenir une solution à la crise d’autres institutions comme l’école, la famille et les prisons.

Face à la crise des valeurs bourgeoises, le dernier avatar de cette sophistication propose une idéologie dite psychanalytique prétendument située hors de la lutte des classes, mais qui fonctionne au sein de l’institution comme une religion, c’est-à-dire comme « l’expression d’un monde sans cœur, l’esprit d’un monde sans esprit ».

3. Comme toute institution dans la société bourgeoise, la psychiatrie s’organise en industrie. La division du savoir et du travail nécessite l’emploi d’une couche de salariés — souvent issus du chômage ou de la crise de la paysannerie — dont le rôle est d’être les garants d’un ordre qui les exploite.

En fonction de la contradiction qui s’accentue de la société de classe (nécessité de rentabilisation, crise de l’idéologie), de nombreux travailleurs, dont les plus jeunes ont pour la plupart connu des mobilisations dans les écoles et les lycées, remettent en cause cette fonction de garde-fous.

Contre un savoir et des structures qui ont fait leurs preuves dans l’étouffement de toute révolte, il faut dépasser le processus spontané et poser les délimitations de classe.

Ce sont les travailleurs de la santé mentale qui détruiront l’asile et la psychiatrie, non à travers une « psychiatrie différente », mais en participant avec les autres travailleurs à a destruction de l’État bourgeois et de son appareil répressif.

4. Aussi nous ne pouvons éluder le rapport de la psychiatrie et de la folie (la psychiatrie étant le discours social
 de la folie) avec l’État L’appréhension de ce rapport doit 
s’effectuer sur deux modes complémentaires :

—  dans l’action : toute lutte, toute action partant du milieu psychiatrique doit être prétexte à un élargissement didactique de la compréhension par tous (usines, écoles, quartiers) que l’H.P. n’est qu’un des aboutissements de l’oppression généralisée. Détournons et utilisons le secteur à nos propres fins...

—  dans l’analyse : en quoi le discours de la folie où s’implique le sujet comme JE vient-il se piéger et se renforcer de l’idéologie dominante ? Ainsi par exemple, comment l’inconscient dans sa structure s’articule-t-il à la répression socio-familiale ?

Cette recherche doit être entendue comme distincte du courant freudo-marxiste dans toutes ses variantes actuelles.

5. Le statut du fou se situe aussi par rapport au salariat
 et à la division du travail.

La violence asilaire s’exprime aussi par la conception idéologique du « travail salvateur » qui trouve son expression jusque dans l’asile, dans les ateliers protégés, l’ergothérapie ; conception que nous retrouvons sous des masques différents, aussi bien dans les États capitalistes que dans les États ouvriers bureaucratiquement dégénérés.

6. Le mouvement révolutionnaire a rarement mis au 
rang de ses préoccupations le problème de la folie, bien
 qu’il intéresse en premier lieu la classe ouvrière. Un retard
théorique et pratique existe, aussi n’est-il pas étonnant que
 la confusion théorique à ce propos traverse la totalité des
 groupes de l’extrême-gauche révolutionnaire.

L’organisation des salariés par les syndicats dans les institutions psychiatriques n’a eu lieu qu’après la dégénérescence stalinienne. Il n’y a donc pas de tradition de lutte révolutionnaire dans ce secteur mais balancement entre un réformisme sans aucune rupture avec l’ordre bourgeois et ultra-gauchisme qui se dissout au contact de la réalité.

—  Le P.C.F., fidèle à son rôle de bon gestionnaire, n’a fait que des propositions de réformes en partie reprises par le pouvoir.

—  L’apparition du G.I.A. a été un facteur important de sensibilisation sur ce problème. Mais en restant un mouvement flou, il risque de voir son évolution sclérosée, coupée de la classe ouvrière et incomprise par elle. Par ailleurs la place périphérique accordée aux travailleurs de la Santé mentale est significative (simple soutien ou information sur les luttes extérieures). Il faut définir des bases de classe plus claires.

7. Tout reste à élaborer, à reformuler...

Décembre 1973
Garde-fous, 1 rue des Fosses Saint-Jacquet, 75 005 PARIS

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