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La couverture chronologique de la revue du GLAT, Lutte de Classe, a été considérablement étendue (premier numéro de mars 1964) et comprend maintenant un renvoi sur une version numérisée des 128 numéros !
Cahiers du Communisme de Conseils - Série complète !
vendredi 26 octobre
Les trois numéros manquant (1, 2 & 5) sont maintenant disponibles dans les sommaires de la revue des Cahiers du Communisme de Conseils. Que les volontaires pour les transcriptions n’hésitent pas à se signaler... En attendant, bonne lecture !
Premiers scans des Cahiers du Communisme de Conseil
dimanche 5 août
Neuf des douze numéros de la revue des Cahiers du Communisme de Conseil (1968-1972) sont maintenant accessible en version numérique au travers du sommaire général.
Derniers numéros de la revue Communisme
dimanche 5 août
Les numéros 6, 8, 9 et 15 qui manquaient jusque là ont été ajoutés au sommaire général de la revue « Communisme » (1937-1939). Bonnes lectures !
Mise à jour sommaires GLAT
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Sur le Web
Controverses
Revue publiée par le Forum de la Gauche Communiste Internationaliste : C’est pour contribuer à déblayer la voie vers la clarification et le regroupement sur des bases théoriques, politiques et organisationnelles saines que Controverses a vu le jour. En d’autres termes, tout en tenant compte du changement de période qui n’est plus au reflux mais à la reprise historique des combats de classes, notre objectif essentiel est de reprendre ce qui était le souci de Bilan mais qu’il n’a pu mener complètement à bien compte-tenu des conditions d’alors : « ...une critique intense qui visait à rétablir les notions du marxisme dans tous les domaines de la connaissance, de l’économie, de la tactique, de l’organisation », et ce sans « aucun dogme », sans « aucun interdit non plus qu’aucun ostracisme », et « par le souci de déterminer une saine polémique politique ». Ceci est plus que jamais indispensable afin de réussir un nouvel « Octobre 17 » sous peine de se retrouver comme ces « vieux bolcheviks ... qui répètent stupidement une formule apprise par cœur, au lieu d’étudier ce qu’il y avait d’original dans la réalité nouvelle. (extrait de l’éditorial du n°1)
Gavroche - La revue
Le premier numéro de la revue trimestrielle Gavroche est sorti en décembre 1981. Il prenait la suite du Peuple français, belle aventure éditoriale des années soixante-dix. Depuis plus de 20 ans, la revue s’attache à la retranscription des fêtes, des travaux, des luttes et des joies du principal acteur de l’histoire : le peuple. Gavroche fait aussi resurgir des événements jusque-là ignorés ou passés volontairement sous silence.
L’Echo de la Fabrique
Le journal des chefs d’ateliers et ouvriers de la soie à Lyon, hebdomadaire phare de la presse ouvrière, paraît d’octobre 1831 à mai 1834. Ce site en donne à lire l’intégrale des articles, suite à un remarquable travail empreint d’une grande rigueur scientifique. Indispensable pour l’étude des insurrections des canuts de 1831 et 1834.
La Révolution prolétarienne
Revue fondée par Pierre Monatte en 1925. Le site publie un grand nombre d’articles de la période "historique". La publication se poursuit...
La Bataille socialiste
Site de ressources documentaires sur le patrimoine socialiste. Suit l’actualité des parutions, publie certains articles en ligne et propose des documents concernant le mouvement ouvrier de la première moitié du XXe siècle principalement.
BILAN 29e : Au sujet des problèmes du parti et de la tactique
Mars - Avril 1936 / p. 959 - 968
20 janvier 2014 par eric
Nos divergences avec la Ligue des Communistes Internationalistes de Belgique

Chers Camarades,

Le camarade Hennaut a présenté un rapport sur « La Situation politique à la veille des élections et la tactique de la Ligue » dont voici les conclusions :

1. — Le mouvement révolutionnaire que la Ligue s’efforce de créer, correspond à une période différente que celle qui a fait naître le P.O.B., c’est la période de « guerres et révolutions ». Le nouveau mouvement sera donc imprégné d’une idéologie et d’une pratique différentes. Cependant, le nouveau mouvement, tout en ne continuant pas l’ancien, en est l’héritier. Il devra nécessairement reprendre tout ce qu’il y avait de foncièrement socialiste dans l’ancien mouvement. De ce fait, il s’efforce de gagner à lui la meilleure partie du prolétariat socialiste.

2. — Il n’est pas indifférent à la Ligue que les ouvriers votent pour le socialisme ou le fascisme. La Ligue ne voit pas dans une victoire électorale du P.O.B. une garantie contre la victoire du fascisme, mais elle voit dans une victoire électorale des partis de la réaction, une possibilité en plus de la transformation du régime qu’elle estime du devoir des travailleurs de ne donner d’aucune façon.

3. — La Ligue n’est pas un parti, mais seulement un groupement de révolutionnaires qui proposent à la classe ouvrière de créer son parti et offre, pour ce faire, les solutions qu’ils estiment utiles. Ce n’est pas son rôle de présenter des candidats et elle ne voit en dehors d’elle aucune formation dont les principes se rapprochent des siens et en collaboration avec laquelle il serait opportun de présenter des candidats.

Pour ces raisons, la Ligue estime nécessaire :

a) de recommander à ses membres et aux ouvriers de voter aux élections prochaines en faveur des candidats du P.O.B. ;

b) au cours de la campagne électorale, la Ligue expliquera aux travailleurs, pour autant que faire se peut, — la Ligue repoussant toute démagogie tapageuse et mensongère employée par les autres partis — les buts généraux de son action.

Deux méthodes se présentent à nous pour mettre en relief les divergences. Celle d’extraire des conclusions ci-dessus, les positions politiques que nous croyons devoir soumettre à un examen critique. Celle de coordonner ces positions avec celles qui ont été précédemment défendues au sein de votre Ligue. Notre C.E. estime préférable la seconde voie car lorsque nous serons arrivés à établir le fil conducteur reliant les conclusions actuelles à certaines positions théoriques, il sera possible d’arriver à des conclusions utiles pour le mouvement ouvrier et nous déblayerons le chemin afin d’asseoir sur de fortes bases les rapports entre votre Ligue et notre fraction. Par là se trouveront aussi écartés tous les aspects démagogiques de la discussion qui ne se bornera nullement à mettre en évidence l’incongruité d’un appel aux ouvriers à voter pour le P.O.B., mais qui se dirigera vers l’éclaircissement des questions fondamentales qui inévitablement seraient obscurcies par un débat s’en tenant surtout aux éléments circonstanciels du problème.

L’étendue et la gravité des divergences qui opposèrent notre fraction à la majorité de l’Internationale dès sa fondation, et qui ne cessèrent, par la suite, de s’aggraver, se manifestent au sujet du rapport considéré. Cependant nous pensons bien que la discussion actuelle ne se fera nullement sur la base de la reproduction des critiques qui furent avancées en son temps par Lénine, critiques qui seraient remises à neuf par leur application mécanique aux circonstances politiques actuelles. En effet, pour procéder ainsi il faudrait commencer d’abord par dénaturer, dans son essence même, l’œuvre complexe de Lénine et par considérer que ce grand génie ne fut pas un produit historique d’une époque donnée, génie qui s’interdisait — par sa profonde compréhension de la méthode marxiste dont il fut une gigantesque expression — d’anticiper des solutions politiques à des problèmes que les situations n’avaient pas encore fait apparaître. Par contre il aurait été une manifestation intellectuelle d’une portée immense pouvant prédéterminer les solutions politiques auxquelles le prolétariat devrait se conformer tout au long du chemin de son émancipation. Nous savons fort bien que le camarade Hennaut repousse énergiquement ce système de discussion et qu’il est parfaitement d’accord avec nous pour dire dès l’abord, que l’évolution des idées de Lénine ne pouvait être que correspondante à l’évolution historique des situations faisant germer — avec les nouveaux problèmes — la nécessité d’y apporter les solutions adéquates.

Ensemble nous voulons essayer de voir jusqu’à quel point la méthode que nous croyons devoir appliquer, s’encastre dans celle que nos maîtres nous ont léguée. C’est ici que nous voulons établir un lien de continuité, tout en sachant d’avance que celui-ci peut fort bien s’accompagner d’une différenciation contrastante entre les formulations politiques que nous crûmes devoir adopter contre celles qui furent défendues en son temps par Lénine. Pour ne citer qu’un exemple, nous dirons que vis-à-vis du fascisme, d’un problème que Lénine n’eut pas la possibilité de comprendre dans toute son ampleur, le jeu consistant à vouloir établir la tactique du prolétariat allemand sur la base de l’attaque de Kornilov contre Kerensky (et ici il ne s’agissait nullement d’un mouvement fasciste), au lieu de prendre pour critère essentiel la précédente expérience fasciste, en Italie, ce jeu tout en arrivant à reproduire formellement les positions de Lénine conduisait en réalité à dénaturer l’esprit même de ses idées fondamentales. Pour continuer nos maîtres la photographie de leur activité aux nouvelles situations conduit inévitablement à la révision de leurs idées maîtresses. Pour rester dans le chemin où luttèrent Marx, Engels, Lénine, il nous faut veiller à appliquer aux circonstances actuelles la méthode matérialiste d’interprétation de l’histoire qui nous apprend avant tout, comme le disait Marx dans sa préface à la Contribution à la Critique de l’Économie Politique, qu’il est impossible de définir les solutions politiques des problèmes historiques que la réalité sociale n’a pas encore posés.

Ceci dit, il nous paraît qu’il faudra tenir compte que si les problèmes que nous devons discuter sont au fond les mêmes que ceux qui furent discutés antérieurement, une évolution s’est produite. Pour arriver à une conclusion utile nous nous interdisons donc d’avance de considérer les positions actuelles du camarade Hennaut comme étant la reproduction de celles qui furent autrefois combattues par nous. Ce que nous nous efforcerons de faire c’est de marquer les limites atteintes par cette évolution, ce qui nous permettra aussi de soulever l’hypothèse que les anciennes positions de Lénine pourraient correspondre aux expressions avancées actuellement par le camarade Hennaut. Cela afin de faire bondir la discussion sur le seul terrain qui nous semble être profitable à la classe ouvrière, celui qui est fondamental, celui des conceptions sur le parti, sur la tactique et de la méthode elle-même pouvant présider à l’interprétation des phénomènes historiques et sociaux.

Nous commencerons par remarquer que la tactique préconisée actuellement et qui se manifeste par une intransigeance moindre dans l’attitude de la Ligue, s’accompagne du souci manifesté par le camarade Hennaut de déterminer au sein de la Ligue des conditions telles qu’il soit possible à sa tendance de s’épanouir et d’atteindre une expression définie. Lors des élections partielles de 1935, notre fraction s’est opposée à ce que le camarade Hennaut maintienne les démissions qu’il avait données à la suite d’un vote qui le mettait en minorité. Nous pensions alors que l’attitude préconisée à ce moment par Hennaut (vote pour la liste du parti communiste s’opposant à la politique du P.O.B. qui appelait en ce moment les ouvriers à répondre sur le plan électoral au coup de force du gouvernement interdisant les manifestations contre les Arrêtés-lois) se reliait à l’esprit des « Directives pour une action communiste révolutionnaire » (document de base de la Ligue de décembre 1931), alors que notre position « concluant à la nécessité de l’abstention s’opposait plutôt à l’esprit des dites « Directives ». Pour cette raison nous avons affirmé que bien qu’une majorité s’affirmait sur une question contingente alors qu’il n’était pas encore possible d’arriver à une différenciation sur le terrain programmatique, il fallait appliquer le document de base, tout en avisant aux mesures pouvant permettre une discussion sur les questions théoriques et fondamentales. Le dernier rapport du camarade Hennaut, pose le problème en de tous autres termes, puisqu’il s’agit d’appeler les ouvriers à voter pour le P.O.B., à se rassembler par conséquent autour d’une force politique, qui est, par surcroît, au gouvernement. Ce dernier rapport ne pouvait avoir d’autre conséquence que de déterminer une différenciation sur le terrain même de l’organisation. Notre fraction n’a nullement repris sa position du printemps 1935, et a cru devoir proposer qu’on donne immédiatement droit à la proposition présentée par le camarade Hennaut qui donnait sa démission des postes de direction qu’il occupait au nom du même organisme qui venait de prendre position contre les conclusions politiques qu’il avait présentées.

Mais l’initiative de cette différenciation sur le terrain organisationnel revient spontanément au camarade Hennaut, lequel affirme clairement que la condition pouvant permettre un épanchement des opinions politiques qu’il entend défendre consiste justement dans le fait qu’il n’assumerait plus les responsabilités de Direction du groupe de Bruxelles. Sous la libéralité consistant à le maintenir à la direction bien qu’il soit en minorité, Hennaut voit en réalité un danger emprisonnant ou viciant l’évolution de ses idées. La portée de la divergence actuelle ne permettait pas d’autre solution que celle proposée par le camarade Hennaut lui même. Mais il nous semble intéressant de remarquer que si le camarade Hennaut considère qu’il faut établir une condition fondamentale pour ce qui concerne la maturation de ses idées ; qu’il pense se trouver dans l’impossibilité de poursuivre la cristallisation et l’évolution de ses pensées si la moindre confusion devait exister, soit même avec un courant non opposé mais seulement divergent ; pour ce qui concerne la classe ouvrière dans son ensemble, il croit possible de se diriger vers le chemin de la révolution tout en se rassemblant sous le drapeau de la contre-révolution social-démocrate. Cette contradiction ne nous semble nullement correspondre à la devise qui délimite l’œuvre de Lénine. Il est vrai qu’en s’appuyant sur une formule de Lénine au sujet du mouvement ouvrier d’Italie et qui s’exprimait ainsi « faites la scission dans le parti socialiste avec Turati [le chef des réformistes italiens] et vous ferez ensuite le front unique », l’on nous a présenté les bolcheviks comme des plus méticuleux dans le domaine de la construction du parti alors qu’ils auraient été excessivement souples dans le domaine de la tactique. Mais nous considérons que c’est là un grossier artifice de polémique. Les bolcheviks ne pouvaient arriver à une sélection rigoureuse dans le domaine de la construction du parti qu’à la condition d’arriver à établir une sélection analogue dans le domaine du programme politique devant être embrassé par la classe ouvrière. Et dans la formule citée plus haut, « de faire ensuite le front unique avec Turati », le tout est d’établir comment se fera ce front unique, sur la base de quelle tactique. La seconde proposition de la dite formule ne contient aucune solution aux problèmes essentiels qui sont encore posés devant nous.

À notre avis, il est parfaitement juste que le camarade Hennaut retrouve une indépendance au point de vue organisationnel, sans quoi toute son évolution intellectuelle s’en trouverait préjugée. Mais il est également juste que la classe ouvrière dans son ensemble doive établir les fondements primaires d’où peuvent surgir ses luttes et sa victoire. Et cela est d’autant plus important qu’un vice primitif peut avoir pour conséquence d’altérer toute son évolution successive. Cependant, nous ne croyons point devoir insister sur cette contradiction car le problème fondamental nous semble résider ailleurs. Pour les bolcheviks nous avons à plusieurs reprises affirmé qu’ils n’étaient nullement les diables apportant la révolution partout. Le sectionnement qu’ils opéraient à l’intérieur du parti social-démocrate correspondait à un sectionnement analogue qu’ils opéraient dans le système de mots d’ordre qu’ils soulevaient devant la classe ouvrière dans le but de la mobiliser pour la lutte révolutionnaire. Les bolcheviks en sont arrivés, au point de vue des formulations politiques, à proposer et à en défendre certaines qui semblaient se trouver en opposition avec celles défendues autrefois par Marx (surtout au sujet du problème de la guerre et de la tactique). En réalité, ils contenaient l’œuvre de Marx parce qu’ils s’armaient de sa méthode pour l’analyse d’un milieu historique bien plus avancé et où ils devaient agir En 1907, Lénine écrivit l’empiriocriticisme qui, à notre avis, constitue, dans le domaine du processus même de l’analyse historique, une critique de premier ordre de ceux qui rendent empirique la méthode marxiste lorsqu’au lieu d’employer les armes de la critique pour comprendre la signification d’une époque donnée, ils veulent expliquer celle-ci au travers de formulations qui exprimaient la substance d’une époque révolue. Il en est de même aujourd’hui. La question de la tactique à employer en face du dilemme « démocratie-fascisme », ne fait qu’exprimer sous d’autres formes le conflit qui a opposé de tout temps les réformistes aux révolutionnaires au sein du mouvement ouvrier se réclamant de la méthode marxiste. Mais à notre avis il serait faux de croire que ce sont seulement les formes, les expressions du problème qui ont changé alors que la question serait restée la même, qu’il suffirait de reconduire arbitrairement une opinion au réformisme, l’autre au révolutionnarisme. La tactique préconisée par Marx d’abord, Engels ensuite (ce dernier d’une façon plus achevée), Lénine enfin à l’égard des réformes, ou des partis démocratiques ne correspond plus à notre avis à l’époque actuelle. Certes, rien ne reste immuable sur le terrain social, (le rôle des partis démocratiques, de la démocratie en général est tout autre aujourd’hui qu’il ne l’était du temps de nos maîtres) et il s’agit de voir si dans l’idée de nos maîtres, l’enjeu final ne consistait pas dans la recherche du chemin pouvant conduire le prolétariat à s’affirmer en tant que classe luttant pour ses objectifs propres, ou bien si cet enjeu revenait à invoquer l’appui de forces non prolétariennes pouvant avoir, en une situation donnée, une fonction historique ne les opposant pas à ce que la classe ouvrière se regroupe sur la base de certaines positions.

Le monde capitaliste est le monde des contradictions, et à côté de la contradiction fondamentale opposant la bourgeoisie au prolétariat, une infinité d’autres se manifestent opposant l’un à l’autre les groupes ou les partis du capitalisme. Mais ici le problème qui se pose est de savoir si le chemin pouvant conduire les travailleurs à leur affranchissement peut dépendre de l’habile exploitation des contrastes intercapitalistes, ou si enfin ce chemin ne résulte que de l’établissement d’un front programmatique et politique autour duquel se regroupe la classe ouvrière pour mener sa lutte. Les directives d’Engels aux ouvriers Scandinaves, afin de faire en sorte que les élections mènent à une victoire le parti démocratique, ou plus encore la réaffirmation de la nécessité de lutter pour la démocratie que Marx fit après sa véhémente diatribe contre les partis démocratiques français ayant dirigé l’écrasement des ouvriers en Juin 1848, dépendaient-ils de l’attribution de vertus prolétariennes à ces formations ou à ces positions politiques, ou bien étaient-ils la confirmation de l’idée que dans la situation historique de ce moment, la classe ouvrière ne pouvant mener le combat que sur la base des seules revendications limitées que l’époque d’alors permettait, il existait une possibilité de favoriser le succès de partis bourgeois ne s’opposant pas à l’obtention de ces revendications ? En définitive ces positions tactiques furent-elles prises en vertu des principes démocratiques consacrés dans la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen prévoyant même le droit à l’insurrection contre un gouvernement osant contrecarrer l’évolution sociale, les lois de la démocratie et la volonté du peuple, ou bien le furent-elles en fonction de la théorie marxiste de la lutte des classes ? Dans cette seconde hypothèse il est indiscutable que ces positions de tactique sont conseillées au prolétariat parce que c’est autour d’elles que peut se concentrer la classe ouvrière à un moment donné de son évolution, en vue de son affranchissement. Grâce à cette position autonome de la classe ouvrière il est aussi possible de retirer avantage des autres contrastes qui déchirent l’armature du régime capitaliste qui autrement (au cas d’une dissolution du prolétariat dans ces forces bourgeoises) reflueraient vers la conservation du régime capitaliste. Nous savons tous que l’opposition entre réformistes et révolutionnaires ne consistait nullement en ce que ces derniers s’opposaient aux conquêtes partielles de la classe ouvrière mais en ce qu’ils s’opposaient à ce qu’au travers des réformes on en arrive à conquérir la classe ouvrière par l’abandon de son indépendance et de son programme exclusif révolutionnaire.

Tout le problème actuel, pour ce qui concerne le dilemme « fascisme-démocratie » consiste à voir s’il peut reproduire l’ancien dilemme « réaction-démocratie ». Et ce problème ne se résout que sur cette base : l’ancienne réaction mêlait à la fois des restes des anciens régimes féodaux et de certaines couches de la bourgeoisie. Par contre, la démocratie trouvait ses bases politiques dans les possibilités existantes d’une évolution progressive au point de vue économique du capitalisme dans son ensemble, ce qui comportait aussi l’inévitabilté et la possibilité pour la classe ouvrière de se recueillir sur le front de revendications partielles. Au sein de la Première Internationale il était inévitable qu’à côté des organisations spécifiquement ouvrières se trouvent aussi des formations politiques n’ayant pas de rapports directs avec le prolétariat. Mais à part le fait que Marx a très justement expliqué qu’il ne pouvait faire que ce qui était possible de faire lorsqu’il rédigea l’Adresse Inaugurale, il reste le fait qu’historiquement la classe ouvrière ne pouvait commencer que par occuper ces positions tout à fait primitives. Personne d’entre nous ne songera donc pour la reconstruction du parti de classe des ouvriers, de répéter un chemin analogue.

Actuellement pour établir qu’une identité ou une analogie existe entre la démocratie d’autrefois et celle d’aujourd’hui, il faudrait commencer par nier l’évidence qui est d’ailleurs fermement expliquée dans le rapport même du camarae Hennaut. Après avoir examiné le rôle joué par la social-démocratie, en Allemagne surtout, il conclut en affirmant que les ouvriers ne peuvent nullement reprendre à leur compte la défense de la démocratie car c’est là le chemin qui peut les conduire au fascisme. C’est ici d’ailleurs, comme nous le verrons par la suite que réside l’élément le plus favorable à l’évolution imprimée par les événements aux conceptions politiques du camarade Hennaut.

S’il existe donc aujourd’hui entre démocratie et fascisme un cours toujours contradictoire, mais se résolvant vers l’une ou l’autre des deux solutions, suivant les intérêts du capitalisme (cette idée centrale nous la retrouverons exposée plusieurs fois dans la production politique du camarade Hennaut), il est évident qu’il en résulte que si autrefois, en face du contraste démocratie-réaction, existait la possibilité de regrouper d’une façon indépendante et autonome la classe ouvrière sans livrer la bataille conjointe sur les deux fronts, aucune possibilité n’existe plus aujourd’hui de rassembler le prolétariat sans en même temps battre ces deux forces intimement solidaires dans l’œuvre de conservation du capitalisme se trouvant menacé par la double action des facteurs économique et politique, car ceux-ci peuvent conduire à la victoire révolutionnaire à la seule condition que les travailleurs aient à leur tête un parti capable de les diriger lorsque les situations auront à nouveau fait éclater les contradictions propres au régime capitaliste.

Tout au long de l’œuvre de nos maîtres on retrouve, à notre avis, non l’application d’une politique se basant sur les « compromissions occasionnelles indispensables », mais une perception ayant en vue l’établissement des fondements politiques pouvant asseoir la classe ouvrière en fonction des circonstances particulières de l’époque. Si nous arrivons à la conclusion, comme le fait le camarade Hennaut aussi bien que nous, que les situations actuelles ne permettent pas de construire les fondements de l’action ouvrière autrement que par la lutte simultanée contre démocratie et fascisme, ce n’est que sur ce front idéologique et politique que nous pourrons entrer dans le chemin qui aboutit à la victoire de la classe ouvrière.

Il pourrait sembler qu’aucune opposition n’existe entre la plus limpide délimitation idéologique au sein du parti et la tactique la plus large en vue de la défense occasionnelle de la classe ouvrière. Marx, par exemple, a combattu la fusion avec les lassalliens à Gotha, en même temps qu’il préconisait avec ces derniers une alliance politique pouvant aller même au-delà et embrasser des formations démocratiques bourgeoises. Mais ici il s’agit d’une position analogue à celle qu’avait indiqué Lénine et que nous avons examiné plus haut « faites la scission avec Turati, pour faire le front unique ensuite ». Marx n’est nullement en contradiction avec lui-même quand il semble couper les cheveux en quatre pour les observateurs superficiels, dans sa critique des expressions doctrinales des lassaliens et qu’il préconise ces mesures de tactique : l’appui au succès des formations démocratiques. Pour se prouver l’héritier de Marx, le camarade Hennaut devrait nous prouver que la classe ouvrière pourrait se regrouper aujourd’hui sur la ligne d’une force qui lui est immédiatement hostile et opposée, alors qu’au temps de Marx, la démocratie n’avait pas encore ce rôle et que les ouvriers ne pouvaient s’affirmer en tant que classe que sur la base des revendications partielles.

Les considérations qui précèdent avaient pour but non de préciser une divergence, car sur le problème de l’appréciation actuelle de la démocratie aucun contraste n’existe, mais uniquement de mettre en lumière ce qui nous semble être le fil conducteur, le critère essentiel que nos maîtres nous ont légué et qui consiste à établir le front du rassemblement autonome et indépendant des ouvriers et nullement à rechercher les alliances plus profitables ou moins désavantageuses pour leur défense, au cours d’une circonstance donnée, ainsi que pour leur victoire définitive.

Nous avons pensé devoir faire cette constatation car elle nous conduira à déduire des notions doctrinales qui nous permettront, nous semble-t-il, d’arriver à la source même de la divergence avec le camarade Hennaut.

La conception matérialiste de l’histoire garde sa valeur à la condition de considérer que chaque instant de la vie des classes, dans sa signification réelle, se relie directement à l’aboutissement final où se heurtent les intérêts historiques des deux classes fondamentales de la société actuelle : le capitalisme et le prolétariat. Au sujet de la formule « les intérêts historiques d’une classe », il nous a été donné plusieurs fois d’en préciser la signification : il s’agit d’intérêts portant sur un type donné de l’organisation de la société, ce qui peut très bien comporter qu’à un moment donné, les intérêts de groupes capitalistes soient sacrifiés à l’ensemble des intérêts de la classe, ce qui permet aussi de comprendre que la social-démocratie italienne ou allemande soit violemment sacrifiée aux intérêts du capitalisme de ces pays ayant recours au fascisme. Le contraste accessoire démocratie-fascisme ne cesse pas d’exister, mais puisqu’il s’agit d’une contradiction se développant au sein même du régime bourgeois aucune possibilité n’existe pour le prolétariat de l’épouser. Sont donc à rejeter à la fois, comme profondément anti-communistes, les deux éditions de la politique centriste : celle du plébiscite de Prusse et celle contrastante du Front Populaire. Nous n’avons aucune difficulté à admettre que même pour les travailleurs leur intérêt historique peut ne pas se concilier avec l’intérêt occasionnel de quelques-unes de leurs couches, tant au point de vue économique (que l’on songe aux petits paysans) qu’au point de vue politique (courants socialistes ou anarchistes). Sans nullement reprendre à notre compte chaque acte de la révolution russe et en repoussant catégoriquement et en bloc toute l’expérience centriste successive, nous n’avons aucune peine à admettre qu’aussi les thèses sur les conseils des travailleurs (comme base structurelle d’un État prolétarien) puisqu’elles ne peuvent pas supprimer, au lendemain de la victoire sur le capitalisme, la différenciation existante entre les capacités politiques des travailleurs, conduiront à sacrifier l’intérêt occasionnel de certaines couches de travailleurs.

De plus, nous ne sommes nullement étonnés que sur le front même des forces spécifiquement bourgeoises, des contrastes se produisent et ne se règlent parfois que par la violence. Loin de voir dans le capitalisme un démon connaissant tous les détours pouvant amener le prolétariat à ses pieds, nous voyons qu’il est hérissé d’un ensemble de contrastes dont il ne pourra jamais se libérer, qui l’empêcheront de surmonter la vision des conjonctures (s’il en était autrement il en serait fini de la thèse de l’inéluctabilité du socialisme, les mitrailleuses et la corruption pouvant assurer indéfiniment la vie du capitalisme). Ses jours pourront seulement être mis en danger par le prolétariat devenant conscient de ses destinées et capable de profiter de situations qui lui sont favorables. Bien que cela puisse paraître absurde, c’est justement notre fraction qui proclame dès l’abord que les ouvriers abandonnés à eux-mêmes ne peuvent atteindre la vision de leurs intérêts et des moyens propres à les faire triompher. Cette conception exclut donc en principe que la classe ouvrière puisse faire sortir directement ou indirectement de son sein l’organisme ou les positions politiques qui correspondent à ses intérêts, mais notre conception est aussi la plus correcte au sujet des rapports qui doivent exister entre le groupement d’avant-garde et l’ensemble de la classe. À notre avis, si aujourd’hui nous sommes faibles et que les traîtres dirigent les organisations remplies d’ouvriers, cela dépend uniquement de la faiblesse extrême, de l’étranglement complet où gît actuellement la classe ouvrière. Et nous croyons aussi que leur action opposée de demain alors que les ouvriers reprendront la lutte pour la victoire révolutionnaire, ne résultera nullement du fait qu’ils auront souscrit à la totalité de nos positions, ou à celles de tout autre groupe, mais au renversement qui se sera produit dans les situations. Ce bouleversement des situations amenant le prolétariat à occuper une position avancée sur le front de la lutte contre le capitalisme et pour la victoire révolutionnaire, permettra aussi aux groupes communistes à qui revient la tâche de fonder les nouveaux partis d’achever leur œuvre d’élaboration idéologique. Ce n’est pas le fait du hasard si les œuvres fondamentales de Marx et Engels ont vu le jour au feu des situations révolutionnaires et s’il en a été de même pour Lénine.

Le problème d’établir comment un groupe peut dès maintenant emprunter le chemin qui demain facilitera au prolétariat la fondation de son parti ne peut pas être laissé au libre arbitre des militants d’un de ces groupes. Il dépend directement du processus pouvant amener le prolétariat à renverser à son avantage le rapport des classes qui lui est actuellement extrêmement désavantageux.

Une notion correcte du problème embrassant l’ensemble de la classe ouvrière nous permettra de situer correctement le problème de l’évolution conduisant à la fondation du parti de classe. Nous sommes tous d’accord pour reconnaître non dans tel ou tel autre de ses partis l’instrument spécifique de domination du capitalisme. Nous considérons que ce dernier peut établir son pouvoir de classe au travers de l’État, outil indispensable à sa domination. Les fluctuations des partis se trouvant au gouvernail de l’État ne reflètent pas la pression d’idéologies données triomphant au cours des batailles électorales, mais inversement représentent une évolution nécessaire à la bourgeoisie et s’exprimant par l’intervention du parti ou de la constellation des partis qui correspond le mieux à la situation considérée. L’expérience nous prouve non seulement que les gouvernements réactionnaires peuvent se fonder sur la base de Parlements orientés à gauche, mais plus encore que le programme politique ayant trouvé son expression dans un Parlement démocratique sera rapidement remplacé par un programme opposé et contre lequel le nouveau gouvernement avait combattu lors ces élections. Qu’il nous suffise de remarquer qu’au lendemain du glissement à gauche des élections allemandes nous eûmes l’installation de Hitler au gouvernement et que le parti radical-socialiste qui obtenait une majorité écrasante à la Chambre Française, le 5 février, votait quelques jours après la confiance au gouvernement Doumergue hissé au pouvoir par la droite. Enfin, en Belgique, l’année passée ce sera la même majorité qui assurait la vie des gouvernements De Broqueville et Theunis qui, du jour au lendemain, formera la base parlementaire et politique du gouvernement Van Zeeland axé à gauche et s’appuyant sur ce même P.O.B. qui, deux mois avant, voyait sa manifestation interdite par Theunis qui n’oubliait pas (ainsi que Gutt l’a révélé) d’envisager une participation ministérielle de Spaak, leader de la gauche socialiste à ce moment

Si nous nous sommes un peu arrêtés sur le jeu des partis bourgeois poussés alternativement à la tête de l’État capitaliste, c’est parce que la thèse générale que nous voyons souvent affirmée dans les textes de la Ligue, nous semble être infirmée chaque fois que l’on considère que le parti social-démocrate pose tel ou tel autre geste par félonie. La gauche bourgeoise (social-démocratie y comprise) tout autant que la droite ne peut nullement avoir la prétention d’accomplir un rôle historique définitif.

Bien plus modestement, dans un régime basé sur l’oppression de classe, elle doit conformer son action en vue d’assurer la vie de la société bourgeoise. Et lorsque l’une ou l’autre sera balayée par les situations (la droite aux moments d’explosions révolutionnaires ou à des moments particuliers de commotion sociale comme il en est le cas actuellement en Espagne, la gauche lorsque les nécessités vitales du régime capitaliste exigent le triomphe du fascisme) ce ne sera nullement parce que l’un ou l’autre de ces deux blocs bourgeois aura fait preuve d’erreurs ou de félonie, mais seulement parce qu’il devait être sacrifié aux intérêts du régime dans son ensemble.

À notre avis (et ici puisque nous avons longuement traité ce problème plus haut, il ne nous paraît plus nécessaire d’insister) si le prolétariat croyait pouvoir agir pour déterminer une orientation particulière de l’État capitaliste (favorable à ses intérêts), s’il croyait pouvoir exercer une pression (la formule en vogue) sur l’organe étatique qui est l’instrument qui assure sa domination, non seulement il se heurterait à une impossibilité qu’un marxiste ne devrait avoir aucune peine à proclamer, mais en définitive il s’interdirait d’utiliser les forces qui lui restent et qui peuvent agir à la seule condition d’être orientées vers la lutte contre l’État capitaliste. Vouloir exercer une « pression » sur ce dernier, c’est abandonner le terrain du matérialisme historique qui fait que l’État capitaliste ne peut avoir d’autre rôle que celui d’écraser l’effort révolutionnaire du prolétariat par la violence ou par la corruption. Nous insistons sur le fait que du temps de Marx et de Lénine il ne s’agissait nullement d’opérer l’impossible, c’est-à-dire faire servir l’État à des buts qui lui sont foncièrement hostiles, mais seulement de rassembler le prolétariat sur la base de certaines revendications limitées lesquelles loin de se heurter avec les exigences de l’État capitaliste, pouvaient en accompagner provisoirement l’évolution en une situation d’épanouissement historique du capitalisme. Le tout, quand on reprend les formulations de nos maîtres, consiste à ne pas opérer un renversement qui ferait d’eux non plus des théoriciens de la lutte de classe ouvrière, mais les manœuvriers habiles qui auraient été capables de faire agir contre nature les organismes que les régimes de classe destinent au maintien de leurs intérêts et qui ne seront jamais l’objet de la « pression » des opprimés.

Les problèmes de tactique se posent donc aujourd’hui — comme d’ailleurs ils se sont toujours posés — non dans le sens de faire profiter le prolétariat de tel ou tel appui, non afin de déterminer telle ou telle attitude favorable de notre ennemi de classe, mais bien dans l’unique direction qui conduit au renforcement progressif des positions de classe du prolétariat : le seul chemin où ils doivent se jeter de toutes leurs forces. Bien sûr les ouvriers ne peuvent être indifférents à l’alternative fascisme-démocratie, mais ils n’ont aucun pouvoir pour réclamer du capitalisme qu’il choisisse la méthode gouvernementale qui leur convient le mieux. S’il reste une initiative à la classe ouvrière c’est celle d’agir au sein de ses organismes de classe et de faire œuvrer ces derniers non pas pour imprimer un cours particulier à l’État capitaliste, mais dans une direction opposée conduisant à sa destruction. Ainsi les ouvriers ne seront pas prisonniers de la social-démocratie qui leur dira de ne pas engager la lutte contre Brüning par crainte de Hitler, mais ils livreront la bataille contre n’importe quel gouvernement sans se soucier de faire le jeu de l’une ou de l’autre des formations capitalistes. Le programme de la classe ouvrière a assez d’envergure pour comprendre qu’il faut battre tout gouvernement capitaliste, le fasciste comme l’antifasciste ; qu’il ne peut songer qu’à un seul problème possible de succession, celui qui, au travers de l’insurrection prolétarienne, conduira à l’anéantissement de l’État capitaliste.

Nous croyons maintenant devoir aborder ce qui nous paraît être la conception matérialiste au sujet de la fondation du parti de classe du prolétariat. Le capitalisme est une infime minorité de la société, et s’il peut, malgré cela, se maintenir à la tête de la société, c’est uniquement parce qu’il possède une série d’institutions qui mettent les ouvriers dans l’impossibilité de s’affirmer en tant que classe, de penser et d’agir d’une façon indépendante. Nous laisserons à d’autres le jeu démagogique qui consiste à interpeller l’ouvrier pour en obtenir une réponse au sujet de problèmes d’une complexité telle qu’il n’aura pas suffi pour les résoudre d’une série indéfinie de scissions s’allongeant sur bientôt un siècle. Les organismes que possède le capitalisme sont non seulement ceux qui dès l’enfance corrompent la mentalité de l’exploité, non seulement ceux qui opposeront une violence brutale aux ouvriers qui voudront lutter pour leurs intérêts, mais aussi un ensemble de partis et de formations politiques, autant de prisons idéologiques dont la portée historique est loin d’être moins importantes que celle des maisons de réclusion. Bien sûr, il y a une énormité d’ouvriers au sein du P.O.B., il y en a aussi au sein de la gauche socialiste, il y en a enfin éparpillés en une série d’autres formations moins importantes qui actuellement assombrissent la scène prolétarienne. Mais il s’agit de voir si le P.O.B. qui par son rôle (ne dépendant nullement ni de la volonté de ses membres ni de celle de ses chefs : les social-démocrates allemands, pourvus de l’expérience italienne, n’en ont pas moins suivi la trace qui devait les mener dans les camps de concentration ou à l’exil), est un produit historique donné, il s’agit de voir si le P.O.B., comme force de la société capitaliste, n’est pas en définitive une prison politique de tout premier ordre où les prolétaires (qui ne l’oublions pas n’ont pas la possibilité de se former une conscience autonome par leurs propres forces) sont enchaînés à cause de leur immaturité politique. Il arrive fréquemment de trouver un ouvrier social-démocrate d’accord avec des critiques communistes à l’égard de certains gestes du P.O.B., ou à l’égard de sa politique dans son ensemble. Mais tant que des bouleversements sociaux profonds n’auront pas secoué, en même temps que tous les autres organismes bourgeois le P.O.B. aussi, nous ne pourrons espérer pouvoir amener l’immensité des ouvriers qui peuplent le P.O.B. vers les positions communistes que nous défendons.

Il en est de même pour la gauche socialiste qui a un rôle moins visible mais aussi fort important. Ici le rôle consiste à retenir la réaction de la classe ouvrière contre la trahison des grèves de juillet 1932 et à la canaliser vers la fécondation du gouvernement de Rénovation Nationale.

La conception matérialiste nous détermine à considérer les formations politiques comme autant d’organes utiles et même indispensables à la conservation du régime capitaliste et ils sont conservateurs non parce qu’ils affichent un programme conservateur, mais parce qu’ils empêchent les ouvriers de conquérir la possibilité de penser et d’agir d’une façon autonome et indépendante, de construire leur parti de classe. Au sein de ces partis, des réactions de classe se produiront inévitablement mais il y a une condition essentielle à accomplir pour donner à ces réactions primaires une expression politique : c’est de les diriger vers la destruction des chaînes politiques qui paralysent le cerveau des ouvriers, rendent leur évolution politique au sein de ces partis, fût-elle la plus extrémiste, profondément stérile, puisqu’ils continueront inévitablement à se mouvoir au sein de cet organe de défense du régime bourgeois qu’est le parti considéré. L’expérience nous prouve à suffisance que lorsque nous voyons, au sein du régime capitaliste, s’étendre à l’impossible la peau de la démocratie, ou bien la peau de la tolérance au sein des partis social-démocrates, c’est uniquement parce que par ce moyen le capitalisme peut arriver à résorber dans la direction de leur effritement, les vagues de la réaction prolétarienne surgissant des bouleversements sociaux.

C’est en fonction de ces considérations que nous considérons que la volonté des ouvriers ne peut s’exercer réellement que dans une seule direction, celle qui se dirigera uniquement vers la fondation du parti de classe au travers de l’adhésion individuelle. À l’égard de tous les autres courants notre attitude ne peut consister que dans une aide qu’il faut porter aux prolétaires afin qu’ils brisent la chaîne idéologique les condamnant à rester les victimes d’organismes qui relèvent dans leur fonction de la structure même du régime capitaliste. S’ensuit-il que nous voyions le problème de la fondation d’un puissant parti ouvrier en Belgique par la simple addition arithmétique d’ouvriers qui auront fait leur demande d’affiliation à la Ligue ? Pour la situation actuelle, nous affirmons que celle-ci devra rester la règle absolue et stricte. Mais lorsque des profonds bouleversements sociaux, hausseront à un niveau extrêmement élevé les masses en général, aussi bien que son organisme d’avant-garde, les prolétaires afflueront par larges flots et formeront la base du parti de demain. Mais ce que nous voulons écarter d’avance c’est la possibilité de jonction du noyau actuel avec ces formations de gauche, acceptées en tant que telles, bien qu’elles ne cesseront pas de représenter une extrême réserve de la classe bourgeoise.

Le problème de l’évolution des luttes ouvrières nous le voyons uniquement au travers du développement des batailles pour les revendications immédiates. La condition essentielle devant présider au cours des luttes prolétariennes c’est leur caractère de classe, et si nous affirmons que pour ce qui est de l’étendue des objectifs de la lutte le devoir des communistes est de procéder en fonction des possibilités circonstancielles, de ne soulever que les objectifs que le prolétariat peut atteindre en une situation donnée, nous affirmons aussi qu’aucune compromission n’est possible au sujet de la nature même des revendications à soulever, qui doivent toutes rester sur un front de classe. À défaut de l’absence des conditions pour pouvoir lancer la revendication capitale de l’insurrection pour la conquête du pouvoir politique, nous n’hésitons pas à dire aux ouvriers que la situation les met dans l’impossibilité de se poser le problème du pouvoir et que toute tentative de rapetisser cette revendication n’est en définitive qu’une expression manifeste de trahison. Aucune possibilité de compromission n’existe dans ce domaine. Le système des objectifs peut et doit dépendre des situations et des rapports sociaux du moment, mais leur nature ne peut que rester la même pour toutes les situations. Une limitation quantitative est indispensable (revendications immédiates) mais une altération dans la nature est à rejeter énergiquement Cela nous amène évidemment à voir dans les organisations syndicales et dans les revendications qui peuvent être confiées à ces organismes la voie spécifique de la lutte ouvrière dans les situations précédant les périodes insurrectionnelles, aussi bien d’ailleurs que le terrain de développement du noyau pouvant se transformer demain en le parti de classe du prolétariat. Mais cela n’a rien à voir avec la théorie des « économistes » lesquels voulaient appeler les ouvriers à renoncer à leur lutte politique à leurs objectifs révolutionnaires, puisque leurs intérêts consistaient uniquement à obtenir des réformes sur le plan des luttes économiques. Alors que pour nous il s’agit d’une question de méthodologie politique pour atteindre la phase supérieure de la lutte insurrectionnelle, pour les économistes il s’agissait d’une question programmatique devant arriver à anéantir la possibilité d’une lutte tendant au renversement de la société capitaliste, à l’instauration de la dictature du prolétariat en vue de la fondation de la société communiste.

Vous aurez remarqué, chers camarades, que nous avons essayé de vous présenter des arguments qui n’ont pas une relation directe avec le problème, actuellement en discussion. Mais nous avons procédé ainsi parce que nous considérons que ce qui nous intéresse c’est de résoudre les questions théoriques qui peuvent nous opposer et nous pensons que vouloir résoudre ces dernières à la lumière de la contingence des élections législatives actuelles, c’est comme vouloir procéder à une opération chirurgicale avec un couteau de cuisine. D’ailleurs, c’est bien dans le même esprit que le camarade Hennaut pense devoir entamer une discussion à laquelle votre Ligue aussi bien que notre fraction n’auront que tout à gagner.

Avec nos salutations fraternelles.

LA COMMISSION EXÉCUTIVE DE LA FRACTION ITALIENNE DE LA GAUCHE COMMUNISTE.

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  195. BILAN 28g : Problèmes de la période de transition (partie 1)
  196. BILAN 28h : Dans la Fraction - Un peu de clarté s’il vous plait
  197. BILAN 28i : Dans la Fraction - À la recherche d’une clarification ?
  198. BILAN 29a : La course vers la guerre
  199. BILAN 29b : Pour le 65e Anniversaire de la Commune de Paris
  200. BILAN 29c : Au sujet du cas Mariottini
  201. BILAN 29d : Une réponse de Gatto Mammone
  202. BILAN 29e : Au sujet des problèmes du parti et de la tactique
  203. BILAN 29f : L’écrasement du prolétariat français et ses enseignements internationaux - Suite et fin
  204. BILAN 29g : Dans la Fraction. Un article de discussion de Gatto Mammone
  205. BILAN 30a : Premier Mai 1936 (Manifeste de la Fraction italienne de la gauche communiste)
  206. BILAN 30b : Le Front international de la répression capitaliste
  207. BILAN 30c : Le prolétariat italien est-il absent ?
  208. BILAN 30d : Premier Mai ( À propos de Calligaris )
  209. BILAN 30e : Les traîtres à l’œuvre
  210. BILAN 30f : Le mouvement ouvrier devant le problème de la guerre
  211. BILAN 30g : De l’Union Sacrée à Zimmerwald - La dernière semaine
  212. BILAN 30h : Quelques brèves nouvelles
  213. BILAN 31a : La victoire du Front Populaire en France
  214. BILAN 31b : Après les élections en Belgique
  215. BILAN 31c : La victoire de l’impérialisme italien ouvre-t-elle un nouveau cours de la révolution mondiale ?
  216. BILAN 31d : Le conflit Arabo-Juif en Palestine (première partie)
  217. BILAN 31e : « De l’Union Sacrée à Zimmerwald » par A. Rosmer
  218. BILAN 31f : Les traîtres à l’œuvre
  219. BILAN 31g : Problèmes de la période de transition (partie 2)
  220. BILAN 31h : Calligaris toujours déporté en Sibérie, sauvons-le !
  221. BILAN 31i : Victor Serge hors des griffes du centrisme
  222. BILAN 32a : La Société des Nations continue
  223. BILAN 32b : Beiso n’a pas été acquitté
  224. BILAN 32c : Ce que fut la Conférence du Droit d’Asile de Paris
  225. BILAN 32d : Le prolétariat français a répondu au Front Populaire
  226. BILAN 32e : La rafale gréviste en Belgique
  227. BILAN 32f : Le conflit Arabo-Juif en Palestine (suite et fin)
  228. BILAN 32g : Mouvement ouvrier international
  229. BILAN 33a : En Espagne — Bourgeoisie contre Prolétariat
  230. BILAN 33b : Francisco Ascaso
  231. BILAN 33c : Adieu Zanasi
  232. BILAN 33d : Nature et évolution de la Révolution russe
  233. BILAN 33e : De l’Union Sacrée à Zimmerwald - Conclusion (Alfred Rosmer)
  234. BILAN 33f : Errata sur « La rafale gréviste en Belgique »
  235. BILAN 34a : Communiqué de la Commission exécutive
  236. BILAN 34b : Au front impérialiste du massacre des ouvriers espagnols il faut opposer le front de classe du prolétariat international
  237. BILAN 34c : La boucherie de Moscou
  238. BILAN 34d : Démocratie formelle et démocratie socialiste
  239. BILAN 34e : De l’Union sacrée à Zimmerwald
  240. BILAN 34f : Problèmes de la période de transition (partie 3)
  241. BILAN 34g : Staline dépasse Mussolini
  242. BILAN 35a : L’abattoir des prolétaires en Espagne
  243. BILAN 35b : Le ventre du capitalisme français orné des plumes du paon socialiste
  244. BILAN 35c : La crise dans la Fraction — Communiqué de la CE
  245. BILAN 35d : La tragédie espagnole
  246. BILAN 35e : La révolution espagnole
  247. BILAN 35f : Les problèmes de la période de transition (partie 4)
  248. BILAN 35g : Nature et évolution de la Révolution russe : Réponse au camarade Hennaut
  249. BILAN 35h : La crise dans la Fraction — Communiqué du comité de coordination
  250. BILAN 36a : La consigne de l’heure : ne pas trahir
  251. BILAN 36b : Octobre 1917 - Octobre 1936
  252. BILAN 36c : Mario di Leone
  253. BILAN 36e : L’isolement de notre fraction devant les événements d’Espagne
  254. BILAN 36f : La crise de la Fraction - Communiqué de la Commission Exécutive
  255. BILAN 36g : Documents de la minorité
  256. BILAN 37a : La réalité d’un « gouvernement de façade »
  257. BILAN 37b : Mario de Leone est mort
  258. BILAN 37c : Salut du groupe de Marseille
  259. BILAN 37d : Salut du groupe de la minorité de Barcelone
  260. BILAN 37e : L’ « autre » aspect de la domination capitaliste. La « Démocratie » en fonction aux États Unis
  261. BILAN 37f : La bourgeoisie renverra-t-elle Blum ?
  262. BILAN 37g : Problèmes de la période de transition (partie 5)
  263. BILAN 37h : Nouveaux assassinats : Nouvelle Constitution en Russie
  264. BILAN 37i : La crise de la fraction - Ordre du jour de la Commission Exécutive
  265. BILAN 38a : Le capitalisme français n’a pas renvoyé Blum
  266. BILAN 38b : Trotski pourra-t-il rester au Mexique ?
  267. BILAN 38f : Problèmes de la période de transition (partie 6 - fin)
  268. BILAN 39a : Le procès de Moscou
  269. BILAN 39b : Le prolétariat français doit briser l’Union Sacrée
  270. BILAN 39c : Lénine - Luxemburg - Liebknecht
  271. BILAN 39d : À propos d’un anniversaire
  272. BILAN 39e : Sous le signe de la constitution « la plus démocratique du monde » on extermine en URSS la génération d’Octobre
  273. BILAN 39f : Nos divergences avec le camarade Hennaut
  274. BILAN 39g : Le Marxisme n’est pas de la littérature Camarade Victor Serge !
  275. BILAN 39h : Que faire ? Retourner au Parti Communiste, Messieurs !
  276. BILAN 40a : Premier Mai 1937
  277. BILAN 40b : La France « libre, forte et heureuse » assassine les prolétaires
  278. BILAN 41a : Plomb, Mitraille, Prison
  279. BILAN 41b : Quand les bourreaux parlent... Le discours de Staline
  280. BILAN 41f : Antonio Gramsci - Camillo Berneri
  281. BILAN 41g : Bilan en danger - La vie de Bilan
  282. BILAN 42a : La répression en Espagne et en Russie
  283. BILAN 42f : Antonio Gramsci
  284. BILAN 43a : Pour la solidarité de classe à toutes les victimes de la guerre d’Espagne
  285. BILAN 43b : Du travail et du pain
  286. BILAN 43c : Andrés Nin assassiné ?
  287. BILAN 43d : Les bourreaux soviétiques à l’oeuvre
  288. BILAN 43e : À propos de quelques élucubrations trotskistes
  289. BILAN 43f : Le Comité national de la C.G.T.
  290. BILAN 43g : L’évolution des évènements d’Espagne
  291. BILAN 43h : Le Front Populaire
  292. BILAN 43i : Pour le Bureau International des fractions communistes de gauche
  293. BILAN 43j : L’impérialisme japonais à la conquête de la Chine
  294. BILAN 43k : Documentation internationale
  295. BILAN 43l : La vie de Bilan
  296. BILAN 44a : Lettre ouverte au Centre pour la IVe Internationale et au Parti Socialiste Révolutionnaire de Belgique
  297. BILAN 44b : À bas le carnage impérialiste en Chine
  298. BILAN 44c : Le capitalisme passe à l’attaque « La France aux Français »
  299. BILAN 44d : La guerre impérialiste d’Espagne et le massacre des mineurs asturiens
  300. BILAN 44e : Le monde arabe en ébullition
  301. BILAN 44f : Marxisme et Dogmatisme
  302. BILAN 44g : Et Calligaris ?
  303. BILAN 45a : Pour le XXème anniversaire de la Révolution d’Octobre
  304. BILAN 45b : Le front populaire continue
  305. BILAN 45c : Le droit au soulèvement armé
  306. BILAN 46a : "Bilan" disparaît
  307. BILAN 46e : Un grand renégat à la queue de paon : Léon Trotsky
  308. BILAN 46g : Écho à l’étude de la période de transition
  309. BILAN 46h : "Octobre" bulletin mensuel du Bureau International des Fractions de Gauche