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Dernière mise à jour :
jeudi 30 octobre 2014
   
Brèves
Mardi 21 mai - La Revue Z à Terra Nova
lundi 20 mai
Mardi 21 mai 2013 à 19h, rencontre à la Librairie Terra Nova de Toulouse avec l’équipe de la revue Z à l’occasion de la parution du dernier numéro Thessalonique & Grèce, aux éditions Agone. Après une enquête collective au nord de la Grèce, la revue Z viendra présenter son dernier numéro : Thessalonique dans la dépression européenne. Bricolages quotidiens et résistances insolvables.
Groupe de Liaison pour l’Action des Travailleurs
lundi 6 février
Le sommaire des articles de la revue Lutte de classe, publiée par le GLAT, a été largement augmenté, notamment sur la période 1971-1975. Pour tous les numéros listé, une version PDF est maintenant accessible en ligne. Bonnes lectures !
Mise à jour du catalogue du fonds documentaire
jeudi 1er septembre
Une nouvelle version mise à jour du Catalogue du Fonds Documentaire Smolny, très largement étendue (une vingtaine d’entrées supplémentaires) est en ligne ce jeudi 1er septembre 2011. Merci aux contributeurs. D’autres titres à suivre...
Ouverture des archives numériques du CERMTRI
lundi 15 août
Le CERMTRI a décidé de créer une bibliothèque numérique avec l’objectif de numériser le maximum de ses archives et de ses collections. Pour démarrer : La revue « Bulletin Communiste » (1920-1933) ; le journal « La Vérité » (1957-1958) ; la revue des « Cahiers du mouvement ouvrier » (2002-2011). Soit déjà 428 documents ce qui représente 6395 pages. Bravo pour cette excellente initiative !
Sur le Web
[infokiosques.net]
Nous nous auto-organisons et nous montons un infokiosque, une sorte de librairie alternative, indépendante. Nous discutons des publications, brochures, zines et autres textes épars qui nous semblent intéressants ou carrément nécessaires de diffuser autour de nous. Nous les rassemblons dans cet infokiosque, constituons ainsi nos ressources d’informations, et les ouvrons au maximum de gens. Nous ne sommes pas les troupes d’un parti politique, ni les citoyen-ne-s réformateurices de nos pseudo-démocraties, nous sommes des individus solidaires, qui construisons des réseaux autonomes, qui mettons nos forces et nos finesses en commun pour changer la vie et le monde.
Premiers pas sur une corde raide Montreuil (93) : concert de soutien au Rémouleur, samedi 11 octobre 2014 qcq Tout mais pas l'indifférence Crise, totalitarisme, luttes sociales et de classe en Grèce Bruxelles : programme de septembre 2014 au local Acrata
Bibliolib
Catalogue de textes d’origine libertaire ou anarchiste, sans habillage particulier (pas de commentaire, d’édition critique, de note). Les textes bruts donc avec une liste d’auteurs qui commence à être significative. Un bon point d’entrée donc pour ceux qui savent à l’avance ce qu’ils cherchent. Attention : ce site s’est fait subtilisé sa précédente adresse par un site pornographique. Notre propre lien a donc été incorrect quelque temps. Nous en sommes désolé.
Pelloutier.net
Sur l’histoire du syndicalisme révolutionnaire et de l’anarcho-syndicalisme, avec des études, documents et synthèses intéressantes sur Pelloutier, Monatte, La Vie Ouvrière (1909-1914) et sur les mouvements syndicalistes en France, Europe, USA...
Balance
Cahiers d’histoire du mouvement ouvrier international et de la Guerre d’Espagne. Nombreux articles en espagnol. Textes de Bordiga, entre autres.
Classiques des sciences sociales
Une bibliothèque numérique entièrement réalisée par des bénévoles, fondée et dirigée par Jean-Marie Tremblay, sociologue. Comprend de très nombreuses oeuvres du domaine public. La section des "auteurs classiques", en particulier, est une véritable mine, où l’on trouve Bebel, Bordiga, Boukharine, Engels, Fourier, Gramsci, Kautsky, Labriola, Lafargue, Lukacs, Luxemburg, Marx, Trotsky et bien d’autres.
OCTOBRE 1917
« ... aussi facile que de ramasser une plume. » (Lénine)
7 décembre 2006 par jo

Présentation :

La prise du pouvoir à Petrograd fut, en effet, facilitée par une conjonction de facteurs « favorables ». Malheureusement, le retard de la révolution mondiale va isoler l’Etat soviétique et mettre en branle la pire contre-révolution de l’Histoire !

Dans ce cours vers la révolution d’Octobre, le rôle des paysans-soldats (10 millions d’hommes mobilisés) est central. Pour la hiérarchie militaire, c’est le Décret n°1, instituant les comités de soldats, qui est à l’origine du mal : « Le principal facteur de décomposition de l’armée est le Décret n°1. Le second facteur, c’est la lecture des innombrables journaux qui entraîne les soldats à discuter continuellement des programmes des partis politiques, des revendications des uns et des autres, de la guerre et de la paix, au lieu de faire résolument la guerre (...) Les soldats se laissèrent gagner peu à peu par un « bolchevisme de tranchée » qui semblait correspondre à leurs voeux. Ils n’avaient pas la moindre idée de ce qu’était le communisme, le prolétariat ou la Constitution. Ils voulaient la paix, la terre, la liberté de vivre sans lois, sans officiers ni propriétaires fonciers. Leur « bolchevisme » n’était en réalité qu’une formidable aspiration à une liberté sans entraves, à l’anarchie. » (pp. 52-54, Gal. Broussilov, in Werth Nicolas)

A côté de cette décomposition militaire existe une immense jacquerie paysanne et une émancipation des nationalités de l’Empire ! Cette vaste révolution sociale va converger en cette fin d’année 17, surprendre les bourgeoisies en guerre et enthousiasmer les ouvriers, les paysans qui désespéraient dans la cendre des tranchées.

Jusqu’en août 17, les bolcheviks ne sont jamais qu’une faible minorité au sein du peuple russe. Mais, la crise permanente au sommet de l’Etat, la misère accrue dans les villes, les demi-mesures en matière de réforme agraire et, avant tout, l’absence d’une politique de paix véritable ont pour effet de sensibiliser une grande partie du peuple aux mots d’ordre simples des bolcheviks : la paix, la terre, le pain et, tout le pouvoir aux Soviets. Et, le Parti, grâce à l’énergie déployée pour déjouer la conspiration de Kornilov, recouvre au centuple son prestige aux yeux des masses.

Mais Octobre n’est pas que le produit de conditions historiques exceptionnelles. Elle est aussi le produit de l’énorme expérience des ouvriers russes, qui avaient vécu de grandes luttes, la révolution de 1905 et qui avaient fait surgir de leurs entrailles les Soviets et le Parti bolchevique. Le prolétariat, classe exploitée et révolutionnaire, ne peut se libérer que s’il est capable d’agir de manière collective et consciente : « La Russie tout entière apprenait à lire (...) La soif d’instruction si longtemps réfrénée devint avec la révolution un véritable délire. Du seul Institut Smolny sortirent chaque jour, pendant les six premiers mois, des tonnes de littérature, qui par tombereaux et par wagons allaient saturer le pays. La Russie absorbait, insatiable, comme le sable chaud absorbe l’eau (...) Et quel rôle jouait la parole (...) On tenait des meetings dans les tranchées, sur les places des villages, dans les fabriques. Quel admirable spectacle que les 40 000 ouvriers de Poutilov allant écouter des orateurs social-démocrates, socialistes-révolutionnaires, anarchistes et autres, également attentifs à tous et indifférents à la longueur des discours ! (...) Dans tous les meetings, la proposition de limiter le temps de parole était régulièrement repoussée ; chacun pouvait librement exprimer la pensée qui était en lui ... » (p. 66-67 , Reed, 10 jours)


Repères chronologiques - 1917 :

Janvier

-  9 janvier : Grève de 50 000 ouvriers et manifestation à Petrograd en commémoration du Dimanche rouge de 1905.

Février

-  22 février : Lockout aux usines Poutilov.

-  23 février : Journée internationale des femmes et grande manifestation à Petrograd contre les difficultés d’approvisionnement. Les « Cinq Glorieuses » débutent spontanément.

-  25 février : Grève générale à Petrograd.

-  26 février : Heurts violents entre manifestants et armée.

-  27 février : Mutinerie à Petrograd. Mise en place d’un double pouvoir : le Comité provisoire de la Douma et, le Soviet des députés ouvriers de Petrograd.

Mars

-  1° mars : Par son Prikaz (“ordre”) n°1, le Soviet de Petrograd invite les soldats à élire des comités dans chaque unité, ce qui va dissoudre la discipline dans l’armée. Les grandes places de Petrograd se transforment en lieux de meeting permanent ; des centaines de soviets, des milliers de comités d’usine et de quartier, de paysans, de cosaques, de « ménagères », de milices ... fleurissent en quelques semaines ; plus de 150 quotidiens ou hebdomadaires accompagnent cette « libération de la parole ».

-  2 mars : Formation d’un gouvernement provisoire libéral, présidé par le prince Lvov ; abdication de Nicolas II.

-  6 mars : Publication du programme du gouvernement provisoire : amnistie, convocation d’une Assemblée constituante élue au suffrage universel, poursuite de la guerre.

Avril

-  3 avril : Arrivée de Lénine à Petrograd.

-  4 avril : Lénine expose aux bolcheviks ses “Thèses d’avril”.

-  20-21 avril : “Journées d’avril” : vives réactions du Soviet à la note Milioukov (confirmant aux Alliés l’engagement de la Russie dans la guerre) ; manifestations et violents heurts dans les rues de Petrograd entre manifestants et contre-manifestants.

Mai

-  5 mai : Formation du second gouvernement provisoire, où entrent des représentants du Soviet de Petrograd (Kerenski à la Guerre, Tchernov à l’Agriculture).

-  7 mai : Arrivée de Trotsky à Petrograd, après un voyage mouvementé.

Juin

-  3-24 juin : I° Congrès panrusse des Soviets d’ouvriers et de paysans à Petrograd. Contre la majorité favorable au gouvernement provisoire, Lénine, au nom de la minorité bolchevique (105 délégués sur 822) y affirme que les bolcheviks sont prêts à prendre le pouvoir. Le congrès élit un comité exécutif central (ou TsIK).

-  18 juin : Début de l’offensive de l’armée russe en Galicie, qui reflue en désordre après la contre-attaque allemande du 2 juillet.

Juillet

-  3-4 juillet : “Journées de juillet”. Violentes manifestations d’ouvriers, de soldats et de marins de Kronstadt contre le gouvernement et le Soviet. Mouvement soutenu, après de longues hésitations, par les bolcheviks. Des troupes loyalistes mettent la capitale en état de siège. Des centaines de militants bolcheviks sont arrêtés, accusés d’être des agents à la solde de l’Allemagne. Lénine s’enfuit en Finlande ; Trotsky est arrêté le 22. Les bolcheviks sont momentanément hors jeu mais aucune des questions qui taraudent la société - le pain, la paix, la terre - n’est résolue !

-  24 juillet : Formation du 3° gouvernement provisoire, dirigé par Kerenski.

Août

-  25-31 août : Tentative de putsch militaire du général Kornilov.

Septembre

-  9 septembre : Les bolcheviks deviennent majoritaires au Soviet de Petrograd.

Octobre

-  10 octobre : Réunion secrète du comité central du parti bolchevik. Lénine y obtient un vote de principe en faveur de l’insurrection par 10 voix contre 2 (Zinoviev et Kamenev).

-  12 octobre : Le Soviet crée son Comité militaire révolutionnaire (ou CMR).

-  22 octobre : Le CMR déclare que seuls sont désormais valides les ordres du quartier général contresignés par lui.

-  24 octobre : . Dans la nuit, les unités engagées par le CMR prennent sans résistance le contrôle de la capitale. Kerenski s’enfuit à la recherche de renforts.

-  25 octobre : Petrograd aux mains des insurgés (à l’exception du palais d’Hiver).

-  Nuit du 25 au 26 octobre : attaque du palais d’Hiver. Ouverture à l’institut Smolny du II° congrès panrusse des Soviets. Retrait des socialistes-révolutionnaires et des mencheviks, qui dénoncent le coup de force bolchevik.

-  Nuit du 26 au 27 octobre : Dernière séance du II° congrès des Soviets. Formation du gouvernement bolchevik et socialiste-révolutionnaire de gauche, le Conseil des commissaires du peuple, présidé par Lénine.

On concluera avec Trotsky : « Les classes bourgeoises s’attendaient à des barricades, aux lueurs des incendies, à des pillages, à des flots de sang. En réalité, il régnait un calme plus effrayant que tous les grondements du monde. Sans bruit se mouvait le terrain social, comme une scène tournante, amenant les masses populaires au premier plan et emportant les maîtres de la veille dans un autre monde (...) L’histoire de la révolution est pour nous, avant tout, le récit d’une irruption violente des masses dans le domaine où se règlent leurs propres destinées. » (Histoire de la révolution russe)


Bibliographie indicative :

— AKOUNINE Boris, Le conseiller d’Etat, Paris, UGE 10/18, 2005 ;

— ANWEILER Oskar, Les Soviets en Russie (1905-1921), Paris, Gallimard NRF, 1972 ;

— BABEL Isaac, Cavalerie rouge, Actes Sud Babel, 1991 ;

— BROUÉ Pierre, Le Parti bolchevique, Paris, Editions de Minuit, 1977 ;

— COLLECTIF, Russie 1837-1937 (Trésors retrouvés de la Revue des Deux Mondes), Maisonneuve et Larose, 1997 ;

— COLLECTIF, Les grandes dates de la Russie et de l’URSS, Paris, Larousse, 1990 ;

— COQUIN François-Xavier, La Révolution russe, les bons caractères, 2005 ;

— FERRO Marc, Des Soviets au communisme bureaucratique, Paris, Gallimard Archives, 1980 ;

— KERENSKI Alexandre, La Russie au tournant de l’Histoire, Paris, Plon, 1967 ;

— PASCAL Pierre, Mon Journal de Russie (1916-1918), Lausanne, L’Age d’Homme, 1977 ;

— PIPES Richard, La Révolution de 1917, Paris, PUF, 1994 ;

— REED John, Dix jours qui ébranlèrent le monde, Paris, Seuil, 1996 ;

— SCHAPIRO Léonard, Les Révolutions russes de 1917, Paris, Seuil, 1987 ;

— TROTSKY Léon, Histoire de la Révolution russe, Paris, Seuil, 1995 ;

— VOLINE, La révolution inconnue. Russie, 1917-1921, Verticales, 1997 ;

— WERTH Nicolas, 1917, la Russie en révolution, Paris, Découvertes Gallimard, 1997 ;

— YOUSSOUPOFF Félix, Mémoires, Éditions du Rocher, 2005 ;

— ZEMAN ZAB, L’Allemagne et la Révolution en Russie, documents provenants des archives du ministère des Affaires Etrangères d’Allemagne, Imprimerie de l’Université d’Oxford, 1958 ;