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Revue publiée par le Forum de la Gauche Communiste Internationaliste : C’est pour contribuer à déblayer la voie vers la clarification et le regroupement sur des bases théoriques, politiques et organisationnelles saines que Controverses a vu le jour. En d’autres termes, tout en tenant compte du changement de période qui n’est plus au reflux mais à la reprise historique des combats de classes, notre objectif essentiel est de reprendre ce qui était le souci de Bilan mais qu’il n’a pu mener complètement à bien compte-tenu des conditions d’alors : « ...une critique intense qui visait à rétablir les notions du marxisme dans tous les domaines de la connaissance, de l’économie, de la tactique, de l’organisation », et ce sans « aucun dogme », sans « aucun interdit non plus qu’aucun ostracisme », et « par le souci de déterminer une saine polémique politique ». Ceci est plus que jamais indispensable afin de réussir un nouvel « Octobre 17 » sous peine de se retrouver comme ces « vieux bolcheviks ... qui répètent stupidement une formule apprise par cœur, au lieu d’étudier ce qu’il y avait d’original dans la réalité nouvelle. (extrait de l’éditorial du n°1)
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BILAN 14d : Le problème des minorités nationales
Décembre 1934 - Janvier 1935 / p. 472 - 478
17 mai 2015 par bernard

Notre époque est dominée par un passé d’essor révolutionnaire et par les sombres défaites que le prolétariat vient de subir dans le monde entier. La pensée marxiste qui gravite autour de ces deux axes parvient difficilement à rejeter les défroques inutiles, les formules périmées, à se débarrasser de « l’emprise des morts », pour progresser dans l’élaboration du matériel nouveau, nécessaire pour les batailles de demain. Le reflux révolutionnaire détermine plutôt une résorption de la pensée, un retour vers des images d’un passé « où l’on a vaincu » ; et ainsi le prolétariat, la classe de l’avenir, est transformé en classe sans espoir qui console sa faiblesse avec des déclamations, un mysticisme de formules creuses, pendant que l’étau de la répression capitaliste se resserre toujours plus.

Il faut proclamer, encore une fois, que l’essence du marxisme n’est pas l’adulation des chefs prolétariens ou de formules, mais une prospection vivante et en progression continue, aussi bien que la société capitaliste progresse toujours plus dans le sens de l’emprisonnement de la révolte des forces de production. Ne pas compléter l’apport doctrinal des phases antérieures de la lutte prolétarienne revient à impuissanter les ouvriers devant les armes neuves du capitalisme. Mais cet apport n’est certes pas donné par la somme des positions contingentes, des phrases isolées, de tous les écrits et discours de ceux dont le génie exprima le degré atteint par la conscience des masses dans une période historique déterminée, mais bien par la substance de leur œuvre qui fut fécondée par l’expérience douloureuse des ouvriers. Si dans chaque période historique le prolétariat gravit un échelon nouveau, si cette progression est consignée dans les écrits fondamentaux de nos maîtres, il n’en reste pas moins vrai que la somme des hypothèses, des schémas, des probabilités émises devant des problèmes encore embryonnaires, doivent être passés par la critique la plus sévère par ceux qui voyant s’épanouir ces mêmes phénomènes peuvent bâtir des théories non sur le « probable » mais sur le ciment des expériences nouvelles. D’ailleurs, chaque période contient ses limites, sorte de domaine d’hypothèses qui pour être valables doivent encore être vérifiées par les événements. Mais même quand des phénomènes sociaux sous nos yeux il arrive aux marxistes de vouloir emprunter à l’arsenal ancien des faits historiques des arguments pour leurs interventions.

Mais le marxisme n’est pas une bible, c’est une méthode dialectique ; sa force réside dans son dynamisme, dans sa tendance permanente vers une élévation des formulations acquises par le prolétariat marchant à la révolution. Quand la tourmente révolutionnaire balaye impitoyablement les réminiscences, qu’elle fait surgir de profonds contrastes entre les positions prolétariennes et le cours des événements, le marxiste n’adjure pas l’histoire d’adopter ses formules périmées, de rétrograder : il comprend que les positions de principe élaborées préalablement, doivent être poussées plus loin, que le passé doit être laissé aux morts. Et c’est Marx rejetant ses formules de 1848 sur le rôle progressif de la bourgeoisie, c’est Lénine foulant aux pieds, en Octobre 1917, ses hypothèses de septembre sur le cours pacifique de la révolution, sur l’expropriation avec rachat des banques ; tous deux pour aller bien au-delà de ces positions : pour faire face aux véritables tâches de leur époque.

À moins de supposer des conditions idéales et abstraites pour l’œuvre d’élaboration idéologique, il faut admettre qu’inévitablement il y aura jusqu’à la révolution de profondes lacunes dans les positions du prolétariat en face des événements décisifs. L’emprise de la société capitaliste, les luttes intestines au sein de la classe qui font d’un seul regroupement le porteur de son idéologie, limitent la perception doctrinale quand même il y aurait une expérience aussi lourde que celle que nous avons aujourd’hui derrière nous. Si l’on pouvait admettre un organisme unitaire mondial mobilisant État prolétarien et prolétariat mondial sur un même plan, certainement le domaine des lacunes se rétrécirait considérablement, sans toutefois disparaître, car pour cela il faudrait supprimer la réalité oppressante du capitalisme qui pèse sur nos cerveaux.

Nous pouvons percevoir les principes de la lutte prolétarienne, les élever selon le rythme des événements, mais pour épuiser le problème de leur élaboration parfaite, il faudrait aussi percevoir les caractères de leur application dans des situations qui se préparent seulement ; ce qui est évidemment impossible. C’est pourquoi nous disons : les principes sont les armes de la révolution prolétarienne, mais pour arriver à cette dernière, il faut que nos armes embrassent tous les phénomènes contradictoires que la société capitaliste dégage dans de pareilles périodes et c’est là un problème essentiel de tactique et de « pousser à fond » les principes.

Nous avons voulu, préalablement, poser ces considérations pour les motifs suivants : d’abord pour justifier la nécessité d’aller de l’avant dans une période où chacun veille avec un soin jaloux à se chercher une niche « historique » pleine de moisissures ; ensuite pour faire comprendre qu’il faut cesser une fois pour toutes de jongler avec des hypothèses, des phrases, des affirmations démenties, de Marx et de Lénine. Pour ce qui nous concerne, nous n’aurons aucune crainte de démontrer que la formulation de Lénine, pour ce qui est du problème des minorités nationales, a été dépassée par les événements et que sa position appliquée dans l’après-guerre s’est avérée en contradiction avec les éléments fondamentaux que son auteur lui avait donnés : aider à l’éclosion de la révolution mondiale.

D’un point de vue général, Lénine, pendant la guerre, eut parfaitement raison de mettre en évidence la nécessité d’affaiblir par tous les moyens les principaux États capitalistes, dont la chute aurait certainement accéléré le cours de la révolution mondiale. Appuyer les peuples opprimés revenait, pour lui, à déterminer des mouvements de révolte bourgeoise dont auraient pu profiter les ouvriers. Tout cela aurait été parfait à une condition : que la situation d’ensemble du capitalisme, l’époque de l’impérialisme, permit encore des guerres nationales progressives, des luttes communes de la bourgeoisie et du prolétariat. Quant au deuxième aspect du problème soulevé par Lénine, le droit d’auto-détermination des peuples, la révolution russe a prouvé que si la révolution prolétarienne ne coïncide pas avec sa proclamation il ne représente qu’un moyen de canalisation de l’effervescence révolutionnaire, une arme de répression que tous les impérialismes surent manier en 1919, depuis Wilson jusqu’aux représentants de l’impérialisme français, italien, anglais.

Pour explorer sérieusement le problème des minorités nationales — aujourd’hui si actuel en Europe — nous serons obligés d’ouvrir une parenthèse historique.

Pour des marxistes, il n’existe vraiment aucun critère suffisant pour indiquer où commence et ou finit une « nation », un « peuple » et le « droit » des minorités nationales à s’ériger en nations. L’historien bourgeois Renan affirme pompeusement que « l’existence d’une nation est un plébiscite de tous les jours » et en cela d’ailleurs il ne fait que plagier le « Contrat social » de Jean-Jacques Rousseau. Ni au point de vue de la race, ni à celui de l’histoire, les mixtures que représentent les États bourgeois nationaux ou les groupes nationaux ne se justifient. Deux faits seulement animent les bavardages académiques sur le « nationalisme » : la langue et le territoire commun et ces deux éléments ont varié continuellement au travers des guerres, des conquêtes.

En somme, le fil d’Ariane qui doit nous guider dans ce dédale de formules confuses et couramment répandues par la bourgeoisie, nous paraît consister dans le critère suivant : l’époque des révolutions bourgeoises est l’époque de la « nation » parce que la classe qui accède au pouvoir doit se donner une armature sociale qui corresponde aux deux bases contradictoires sur lesquelles elle posera ses fondements : la lutte inter-capitaliste pour la domination du monde et les mouvements de classe du prolétariat qui selon l’expression d’Engels représente la force antagoniste « bâtée » sur la bourgeoisie dès sa naissance.

État capitaliste et Nation sont deux concepts indissolubles, et se subordonnent l’un à l’autre. La « Nation » sans cet État est aussi impossible que cet État sans « Nation ». En effet, cette dernière est le milieu social nécessaire pour la conquête du monde, mais comme expression des positions de la classe dominante, elle ne peut avoir pour axe que l’appareil d’oppression de celle-ci : l’État.

La révolution française de 1789 mit déjà en évidence, d’une façon cristalline la subordination fondamentale de ces deux notions : la déclaration des droits de l’homme (le règne de la liberté, de la fraternité, de l’égalité) fut instaurée en même temps que la terreur révolutionnaire nécessaire à la bourgeoisie pour forger sa cohésion devant l’invasion étrangère. État capitaliste et « Nation » marchent donc de front, car l’avènement de la bourgeoisie marque aussi le caractère nouveau, collectif, que prend l’instrument de production et le contraste entre la nouvelle classe dominante et son développement qui correspondra désormais à la lutte prolétarienne. La nécessité de répondre au développement gigantesque des forces productrices par une expansion internationale pouvant permettre à des bourgeoisies d’accroître leur marque de profit, est un élément d’opposition fondamental entre les États capitalistes séparés et antagonistes. Cette expansion est la seule voie pouvant contenir le développement économique dans ses limites bourgeoises. Mais pour cela elle doit aussi signifier la destruction de la classe répondant à l’essor des forces de production. Les conflits inter-capitalistes, les luttes de classe au sein de chaque État sont les éléments de base de la « Nation » qui seule peut réaliser une structure étatique mobilisant toutes les classes pour la guerre impérialiste et qui par là même représente une enveloppe aveuglant la lutte de classe, destinée à faire déboucher celle-ci dans le chemin de l’étranglement de la classe révolutionnaire : vers la guerre.

La seule réalité positive dans l’appréciation du problème national est le problème de l’État — ce que d’ailleurs Lénine fit déjà remarquer aux internationalistes polonais pendant la guerre. Mais la notion de l’État parce qu’elle indique une oppression de classe, un contrôle privilégié des moyens de production comporte inévitablement la notion de la guerre, comme moyen de maintenir le pouvoir de la classe dominante qui va tenter de freiner le niveau de développement économique, étouffer la menace révolutionnaire et accroître sa puissance par une politique d’impérialisme. Même l’État prolétarien contient une notion de guerre, mais cette fois-ci de guerre civile internationale, puisqu’il apparait comme l’instrument de domination de la classe prolétarienne qui tend, conformément au développement productif à établir une société communiste internationale. Seulement l’extinction de cet État en signifiant la fin de toute société basée basées sur la division en classes, signifiera aussi l’extinction de la notion de nationalités, celles-ci se justifiant uniquement en cas d’existence d’États séparés.

Ces quelques considérations vont nous permettre d’affirmer que si la société capitaliste repose sur les contrastes suivants : antagonismes inter-États et luttes de classes s’atténuant au moment de l’épanouissement de ces premiers se développant au moment de leur effondrement, inévitablement les uns se dirigent vers la guerre impérialiste et les autres vers la révolution prolétarienne. Nous irons même plus loin : toute question nationale se greffe sur des antagonismes capitalistes et dans ce sens son croisement avec le cours révolutionnaire est une impossibilité absolue puisqu’elle se substitue à lui et la guerre où elle aboutit est précisément la variante capitaliste à des situations où objectivement peut se poser le problème révolutionnaire. En somme, tout ce qui a trait aux normes d’existence, à la respiration sociale, aux formes de domination du capitalisme, n’a de valeur pour le prolétariat, même lorsque l’impérialisme évoluant écrase des éléments primitivement essentiels pour son pouvoir. Ni les formulations démocratiques, ni le droit démocratique des peuples à déterminer leur sort, ni les droits de l’homme et du citoyen ne peuvent avoir une valeur quelconque lorsque le capitalisme viole ces formulations et écrase des bourgeoisies coloniales ou pauvres. Au lieu de voir dans ces faits un terrain pour trouver des alliés au prolétariat, il faut y voir une expression des conflits inter-capitalistes, dominée par le sceau des guerres et des révolutions : l’époque impérialiste où la solidarité de toutes les bourgeoisies s’exprimera toujours contre le prolétariat, où les diversions nationales surgiront pour freiner l’élan des masses et se jetteront enfin dans la guerre impérialiste lorsque le prolétariat sera complétement immobilisé.

On sait que la vision de Marx à ce sujet fut autre. Il soutint le mouvement national des polonais en 1848, parce que, suivant Lénine, « Marx et Engels opposaient alors très nettement » les peuples entièrement réactionnaires « qui servaient » d’avant-postes russes en Europe, aux « peuples révolutionnaires : Allemands, Polonais, Magyars ». Et Lénine d’expliquer que ce qui guida Marx ce fut la subordination des intérêts d’émancipation de « quelques-uns des grands et plus grands peuples de l’Europe » car « la revendication de la démocratie doit être prise dans son sens européen on doit dire maintenant : dans son plan mondial et non par portions isolées ».

À l’époque de Marx les mouvements nationaux se confondant avec les mouvements de révolution bourgeoise ne pouvaient plus suivre un cours identique à celui de la révolution française où l’inexistence d’un prolétariat, mais l’existence « d’une masse souffrante » de non possédants permit à la bourgeoisie, en se posant comme champion de toute « l’humanité » d’adopter les positions les plus extrêmes au cours d’une évolution allant de la Gironde à la Montagne et de la Montagne au Comité du Salut public. L’apparition du prolétariat, l’épouvantail de ses revendications de classe, transformèrent les révolutions bourgeoises de 1848 en parodies sanglantes de la Révolution de 1789. D’ailleurs Marx lui-même démontra que la révolution « haïssable » de juin, celle qui « apprit au prolétariat que la plus simple amélioration de son sort dans la société bourgeoise reste une utopie, utopie qui se change en crime dès qu’on s’avise de la réaliser », donna à la bourgeoisie européenne conscience de soi-même et du danger prolétarien et détermina son alliance avec les puissances despotiques de l’Europe. Marx put dire à cette époque que la révolution de Juin 1848, le massacre des ouvriers parisiens ayant montré que la France « en toutes circonstances devait maintenir la paix à l’extérieur pour pouvoir mener la guerre civile à l’intérieur, aussi les nations qui avaient commencé à lutter pour leur indépendance furent-elles abandonnées à la souveraineté de la Russie, de l’Autriche et de la Prusse. Mais en même temps le destin de ces révolutions nationales fut subordonné au sort de la révolution prolétarienne [1] ». L’évolution de la pensée de Marx au sujet du croisement des révolutions bourgeoises, des mouvements nationaux, avec le cours de la révolution prolétarienne, est au fond le reflet de l’évolution des situations historiques. Avant 1848 sa conception fondamentale est la suivante : précipiter la révolution bourgeoise au profit du prolétariat, appuyer les peuples luttant pour leur indépendance et leur constitution en nation démocratique, en s’inspirant des intérêts européens de la démocratie, c’est-à-dire de la lutte contre les puissances absolutistes. Mais les événements postérieurs à cette perspective, montrèrent que le cordon ombilical reliant prolétariat et bourgeoisie était coupé par le développement des antagonismes sociaux et désormais révolution bourgeoise, mouvements nationaux ne pouvaient se produire que sur le fond d’un écrasement général du prolétariat.

En effet, les révolutions bourgeoises, les mouvements nationaux ne peuvent réussir qu’à la condition d’ébranler toutes les classes de la société trouvant dans le programme de la bourgeoisie une réponse à leur oppression. Mais lorsque surgit un prolétariat, expression du contraste entre la bourgeoisie et les forces économiques qu’elle engendre, un ébranlement révolutionnaire de la société peut permettre aux ouvriers d’opposer leur programme à celui du capitalisme et d’effectuer leur propre révolution.

Cet élément d’opposition de classes explique les difficultés de constitution des sociétés bourgeoises après 1848, la quasi impossibilité de faire aboutir des mouvements nationaux orientés vers la constitution d’États capitalistes distincts, sans déclencher en même temps des mouvements de destruction du prolétariat. Ce que la révolution de 1848 ne put accomplir en Allemagne par crainte du prolétariat : l’unification nationale de l’Allemagne, Bismarck put l’effectuer au feu de la guerre de 1870 où le prolétariat allemand fut jeté. De même en Italie, son unification put seulement se produire grâce aux conflits avec l’Autriche.

La période de développement du capitalisme, à la fin du 19e siècle, mit, mieux encore, en évidence l’impossibilité de résoudre tous les contrastes nationaux et plus particulièrement le droit d’auto-détermination des peuples, autrement que par la révolution prolétarienne ou par la guerre impérialiste ; et c’est pourquoi jusqu’à la guerre de 1914-1918 nous assisterons (même dans les pays opprimés) à un épanouissement de la lutte des classes entre possédants et non possédants et le problème national apparaitra uniquement comme arme de la bourgeoisie opprimée pour freiner la lutte du prolétariat se dressant contre elle, ainsi que pour améliorer sa situation particulière en face du capitalisme oppresseur.

Dans la période de l’impérialisme (qui se juge d’après le développement mondial et englobe donc même les pays arriérés qui ne peuvent être extraits de ce milieu historique) le dilemme général de toutes les situations est, comme on sait, GUERRE ou RÉVOLUTION PROLÉTARIENNE. Par là il est entendu qu’il n’existe aucun autre dénouement à toutes les situations historiques qui peuvent se présenter : l’acuité atteint par la lutte de classe d’une part, le développement des forces de production d’autre part, supprimant toute perspective de « milieu ». Le problème national posé dans ces conditions, limité par cette période d’ensemble, ne pouvait évidemment plus se prévaloir d’arguments qui pouvaient avoir une certaine importance en 1848. Somme toute, résoudre le problème national revenait à résoudre le problème de l’impérialisme, mais celui-ci ne se résolvait historiquement que par la révolution prolétarienne internationale. Et c’est effectivement dans cette direction que les bolcheviks russes avec Lénine tentèrent de résoudre le problème du droit des minorités nationales à disposer de leur sort.

Cependant, il convient de remarquer l’évolution suivie par les bolcheviks à ce sujet. Du programme de 1903, aux thèses de Lénine de 1915, à la résolution adoptée en avril 1917 lors de la révision du programme du parti, il se remarque une connexion sans cesse croissante entre le problème national et l’éclosion de la révolution prolétarienne.

Ce qui apparait comme élément fondamental dans la conception de Lénine, c’est la subordination totale et complète de tous les mouvements de classe et de minorités nationales, à l’accélération du cours révolutionnaire mondial. Ce qui apparait comme un reflet antérieur de situations ayant déjà évolué, c’est le problème national que Lénine rattache encore à celui de la démocratie et qu’il considère comme des éléments pouvant, dans certaines circonstances, être un appoint pour le prolétariat. Si 1905 permit aux bolcheviks de se débarrasser de formules intermédiaires s’appuyant sur la revendication de la démocratie, parce que la révolution mit à nu la lâcheté de la bourgeoisie devant l’essor des masses, leur travail d’élaboration des principes qui triomphèrent en 1917, se situa à un carrefour où s’entrecroisèrent les expériences du prolétariat mondial, les batailles de classes des ouvriers russes et les remous nationaux démocratiques se dégageant de l’empire tsariste. Les conceptions de Lénine reflétèrent, au fond, ces éléments complexes, y compris certaines équivoques démocratiques qu’Octobre devait définitivement démolir.

Comme la guerre le démontra, les bolcheviks se maintinrent autour d’une formulation de principe juste, résultat d’une conception mondiale de la situation : affaiblir l’impérialisme de tous les pays en guerre. Le droit d’auto-détermination représenta ici un élément, une formulation imparfaite, d’une lutte de principe contre les annexions et pour le défaitisme révolutionnaire. Si 1905 avait montré le rôle de la bourgeoisie libérale et mis à nu l’équivoque de la démocratie accolée à la dictature prolétarienne, il n’avait pas encore permis de vérifier la valeur des mouvements nationaux et Lénine pouvait supposer les faire converger avec la lutte révolutionnaire. En 1915, la formulation de Lénine, malgré ses insuffisances, ses éléments hypothétiques, avait le grand mérite de séparer les marxistes luttant pour la révolution, des traitres partisans des annexions et de la guerre impérialiste. Par la même, Contre le courant fut le drapeau de l’internationalisme conséquent pendant le dernier carnage.

L’auto-détermination des peuples fut enfin posée ouvertement en 1917, lors de la révolution en Russie. Et les expériences d’Ukraine, de Finlande, de Géorgie, apportèrent un dilemme catégorique : ou la révolution prolétarienne ou l’instauration du capitalisme seul champion possible de l’idée nationale. Le parti bolchevik, qui s’était donné une armature de principe gravitant autour du problème de la dictature du prolétariat dut ainsi, par la force des événements, étendre ses principes, marcher sur des notions « démocratiques » et là où le prolétariat fut suffisamment puissant, l’auto-détermination se résolut par l’instauration du pouvoir soviétique.

L’hypothèse de Lénine sur des guerres nationales progressives, fut également balayée par l’après-guerre où la bourgeoisie opprimée évoluant dans une ambiance de classe trembla devant un prolétariat, aussi faible fut-il, mais s’inspirant des enseignements des pays avancés. La « guerre nationale » que la bourgeoisie chinoise tenta d’effectuer en 1931 contre l’invasion du Japon, nous montre d’ailleurs la lâcheté d’une bourgeoisie préférant subir le joug impérialiste que d’armer un prolétariat déjà écrasé en 1927.

Le 2e Congrès de l’I.C. reprit la notion d’auto-détermination des peuples, mais en la basant sur les expériences de l’après-guerre. Il conditionna le soutien aux peuples opprimés à la possibilité de développement autonome des partis communistes (afin qu’ils puissent, avec l’aide des partis de la métropole, dépasser les alliés momentanés) et à la lutte que ceux-ci mèneraient contre l’impérialisme.

Plus encore, Bordiga, qui a attiré l’attention des communistes sur cet aspect du problème [2] cite la thèse 9 et particulièrement 11 des thèses du 2e Congrès qui affirment « qu’il est nécessaire de mener une lutte décidée contre la tendance de couvrir d’un habit communiste le mouvement révolutionnaire séparatiste, non réellement communiste des pays arriérés ». Rappelons aussi que c’est au 2e Congrès que fut introduit la distinction entre « bourgeoisie nationale révolutionnaire » et « bourgeoisie nationale séparatiste ».

Dans les thèses de 1915 et dans Contre le Courant, l’auto-détermination des peuples n’est donc qu’un aspect de la thèse du défaitisme et de la lutte contre tous les impérialismes, aspect dont les événements devaient montrer la caducité. Et même lorsque Lénine affirme très justement qu’un peuple qui opprime d’autres peuples ne peut être libre, il traduit sa pensée dans une formule aussi périmée que celle de la démocratie bourgeoise par rapport aux tâches posées au prolétariat dans la période de l’impérialisme. Même après la révolution prolétarienne, le parti ne peut proclamer le règne de l’auto détermination des peuples qui en lui-même est aussi fallacieux et trompeur que tout l’édifice démocratique, mais bien la lutte, dans les contrées nationalement opprimées, pour le socialisme. Les frontières de l’État Soviétique doivent correspondre aux possibilités révolutionnaires de la lutte de classe, ce qui fut d’ailleurs le cas pour la Russie où le droit d’auto-détermination fut réalisé... après la révolution, c’est-à-dire, dans des conditions sociales où la séparation ne se posait plus. En Ukraine, devant un prolétariat insuffisamment fort, le droit d’auto-détermination permit le rattachement d’une partie importante de ce pays à la Pologne, il permit l’érection d’un État bourgeois en Finlande, Lettonie, Estonie, Lithuanie. Et d’ailleurs le Traité de Versailles justifia le découpage de l’Europe, son morcellement, par ce droit « humain », « démocratique ». Ce qui ne l’empêcha pas de construire des paradoxes nationaux tels la Yougoslavie, la Tchécoslovaquie où ce même « droit » fut royalement violé !!

L’après-guerre démontre que ce principe démocratique invoqué par Lénine en 1915 permit : 1° la constitution d’États bourgeois dans les régions de la Russie où la révolution prolétarienne aurait pu balayer des bourgeoisies anciennement opprimées par le tsarisme ; 2° la constitution de petits États balkaniques construits hâtivement par l’impérialisme pour canaliser l’effervescence des masses éveillées à la vie politique par les massacres de la guerre. En ce sens les événements ont déterminé une contradiction frappante entre le principe amenant Lénine à appuyer tout mouvement national se dirigeant vers l’affaiblissement de l’impérialisme et la nature de ce premier dirigé en premier lieu contre le prolétariat local. Même les thèses du 2e Congrès sur ce problème doivent être complétées, afin de tenir compte des événements de l’après guerre, particulièrement en Chine.

*Les soubresauts nationalistes, les gestes terroristes de représentants de nationalités opprimées, expriment aujourd’hui l’impuissance du prolétariat et l’approche de la guerre. Il serait faux de voir dans ces mouvements un apport à la révolution prolétarienne car ils ne peuvent s’épanouir qu’à la faveur de l’écrasement des ouvriers et donc en connexion avec les mouvements d’impérialismes opposés. C’est le cas pour les minorités balkaniques qui pourraient parfaitement donner le signal d’une nouvelle conflagration. En tout cas, le prolétariat révolutionnaire ne peut pas se tourner vers des formules d’un passé qui ne lui appartient pas : il lui revient de compléter les formulations de Marx, de Lénine, de proclamer qu’en dehors de la révolution, il n’y a aucune solution historique pour les situations actuelles et seulement dans cette voie, il peut résoudre le problème national d’une façon définitive.

N.B. — Nous avons écarté à dessein la polémique entre Rosa Luxembourg (Junius) et Lénine sur le problème national. Nous comptons examiner cette polémique à l’occasion de l’anniversaire de Lénine, Luxembourg, Liebknecht, en liaison avec d’autres problèmes controversés.

[1] Karl Marx, « La lutte des classes en France ».

[2] Voir son article « La question nationale », publié dans Bilan n° 7.

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  24. BILAN 04c : Mouvement Communiste International - Belgique
  25. BILAN 04d : La nature du Parti
  26. BILAN 04e : En marge d’un anniversaire
  27. BILAN 04f : Le cas Calligaris
  28. BILAN 05a : Quatre jeunes camarades du S.A.P. sont arrêtés...
  29. BILAN 05b : Les principes, armes de la Révolution
  30. BILAN 05c : Parti - Internationale - État : Prémisses
  31. BILAN 05d : Le plan De Man - suite et fin
  32. BILAN 05e : Organisation et discipline communiste - Prémisses du problème
  33. BILAN 05f : Les difficultés de l’Opposition russe : Rakovsky dépose les armes
  34. BILAN 05g : Le cas Calligaris
  35. BILAN 06a : 1er Mai 1934
  36. BILAN 06b : La bourgeoisie française expulse Léon Trotsky
  37. BILAN 06c : Les problèmes du Front Unique
  38. BILAN 06d : Où va l’impérialisme français
  39. BILAN 06e : Parti - Internationale - État / I : La classe et sa signification
  40. BILAN 06f : Une quatrième internationale ou une réplique de la Troisième
  41. BILAN 06g : Salut à la « Verita »
  42. BILAN 06h : Maximo rejoint le front de la contre-révolution centriste
  43. BILAN 06i : Une tragédie de l’émigration italienne
  44. BILAN 07a : Pour le retour de Trotsky en Russie
  45. BILAN 07b : L’Antifascisme, formule de confusion
  46. BILAN 07c : La grève de Verviers
  47. BILAN 07d : Parti - Internationale - État / II : Classe et État
  48. BILAN 07e : Le communisme et la question nationale
  49. BILAN 07f : Une quatrième internationale ou une réplique de la Troisième (2)
  50. BILAN 07g : A propos de Staline et du Stalinisme
  51. BILAN 07h : La catastrophe de Pâturages
  52. BILAN 08a : La Russie soviétique dans le concert des brigands impérialistes
  53. BILAN 08b : La mort de la concentration antifasciste italienne
  54. BILAN 08c : La situation de la classe ouvrière japonaise
  55. BILAN 08d : Une quatrième internationale ou une réplique de la Troisième (3)
  56. BILAN 08e : Parti - Internationale - État / III : Classe et Parti
  57. BILAN 08f : L’arabisation du C.C. du Parti Communiste Syrien
  58. BILAN 08g : A propos de la Sarre
  59. BILAN 09a : Chronique du mois
  60. BILAN 09b : La situation en France (résolution de la C.E.)
  61. BILAN 09c : La chine soviétique
  62. BILAN 09d : Parti - Internationale - État / IV : Parti et Internationale
  63. BILAN 09e : La Campagne pour Thaelmann
  64. BILAN 10a : En marge du front unique
  65. BILAN 10b : L’acte désespéré des mineurs de l’Escarpelle
  66. BILAN 10c : A Constantine : l’impérialisme tire profit du massacre de ses instruments
  67. BILAN 10d : Les événements du 30 juin en Allemagne
  68. BILAN 10e : De l’Internationale 2 et 3/4 à la Deuxième Internationale
  69. BILAN 10f : Crises et cycles dans l’économie du capitalisme agonisant (1ère partie)
  70. BILAN 10g : La Mongolie « Rouge », convoitise de l’impérialisme japonais
  71. BILAN 10h : Mouvement Communiste international - Une résolution de la Ligue des Communistes de Belgique
  72. BILAN 11a : L’Entrée de la Russie dans la S.D.N.
  73. BILAN 11b : Le Syndicat unique et le « procédé de fusion »
  74. BILAN 11c : Comment les réformistes belges torpillent les grèves
  75. BILAN 11d : Les bolcheviks-léninistes entrent dans la S.F.I.O.
  76. BILAN 11e : Les Problèmes de l’Extrême-Orient
  77. BILAN 11f : Les compétitions inter-impérialistes en Chine
  78. BILAN 11g : La Mandchourie
  79. BILAN 11h : Crises et cycles dans l’économie du capitalisme agonisant (2eme partie)
  80. BILAN 11i : Hermann Gorter (sa place dans le mouvement théorique du communisme international)
  81. BILAN 11j : Les Jeunesses léninistes belges récidivent
  82. BILAN 11k : Marcel Cachin a 65 ans
  83. BILAN 12a : À nos lecteurs
  84. BILAN 12b : L’écrasement du prolétariat espagnol
  85. BILAN 12c : Vers un « Parti Unique » en France
  86. BILAN 12d : La prison de la faim - Une grève de mineurs hongrois
  87. BILAN 12e : Le capitalisme français marque un nouveau point
  88. BILAN 12f : Le problème de la Sarre : Non ! Non ! Non !
  89. BILAN 12g : Le problème de la jeunesse
  90. BILAN 12h : Parti - Internationale - État / V : L’État démocratique
  91. BILAN 13a : À propos de la crise ministérielle en France
  92. BILAN 13b : Le problème de la Sarre et la guerre
  93. BILAN 13c : Fascisme - Démocratie : Communisme
  94. BILAN 13d : La comédie de Mussolini : L’État corporatif en Italie
  95. BILAN 13e : Le problème de la jeunesse (2)
  96. BILAN 13g : Des exclusions en Italie
  97. BILAN 13h : Communiqué sur la répression internationale
  98. BILAN 14a : L’assassinat de Kyrov
  99. BILAN 14b : La suppression de la carte de pain en U.R.S.S.
  100. BILAN 14c : La situation en France
  101. BILAN 14d : Le problème des minorités nationales
  102. BILAN 14e : Le problème de la jeunesse (3)
  103. BILAN 14g : À tous nos lecteurs
  104. BILAN 14g : Quand manque un parti de classe... À propos des événements d’Espagne
  105. BILAN 15a : Deux époques : en marge d’un anniversaire
  106. BILAN 15b : Mathias Rakosy
  107. BILAN 15c : L’attentat de Nicolaïev
  108. BILAN 15d : Ce qu’il faut retenir de l’expérience sarroise
  109. BILAN 15e : À nos lecteurs
  110. BILAN 15f : Le problème de la jeunesse (4)
  111. BILAN 15g : Parti - Internationale - État / VI : L’État fasciste
  112. BILAN 15h : Parti et Classe
  113. BILAN 15i : Au sujet de la répression en Russie
  114. BILAN 16a : Le « dernier problème africain » et l’Italie
  115. BILAN 16b : Doumergue, compétence médiocre et maladroite
  116. BILAN 16d : L’écrasement du prolétariat allemand et l’avènement du fascisme
  117. BILAN 16e : La grève générale, expression de la lutte des classes
  118. BILAN 17a : De la Commune de Paris à la Commune Russe
  119. BILAN 17b : La Grèce, champ de manoeuvre des antagonismes inter-impérialistes
  120. BILAN 17e : Le problème de la jeunesse (5)
  121. BILAN 17g : Au sujet de Victor Serge et de Calligaris
  122. BILAN 18a : Premier Mai 1935
  123. BILAN 18c : Parti - Internationale - État / VII : L’État prolétarien
  124. BILAN 18f : Le problème de la jeunesse (6 et fin)
  125. BILAN 19a : Calligaris en Sibérie
  126. BILAN 19b : Lettre au B.P. du Parti Communiste russe Moscou
  127. BILAN 19c : Teresa Reechia
  128. BILAN 19d : Défaite du prolétariat, victoire du capitalisme : De Hitler à Staline, de Staline à Blum
  129. BILAN 19e : Ce qu’a été l’occupation des mines en Belgique
  130. BILAN 19e : Parti - Internationale - État / VII - 2e partie : l’État soviétique
  131. BILAN 19g : Les fondements de la production et de la distribution communistes
  132. BILAN 20a : De la déclaration de Staline à la manifestation du 14 Juillet
  133. BILAN 20b : L’impérialisme italien à la conquête de l’Abyssinie
  134. BILAN 20c : Projet de rapport sur la situation en Italie
  135. BILAN 20d : Calligaris
  136. BILAN 20f : Les fondements de la production et de la distribution communistes (2)
  137. BILAN 21a : Et voici le cas Calligaris
  138. BILAN 21a : Sous le signe du 14 juillet
  139. BILAN 21c : Projet de rapport sur la situation en Italie (suite)
  140. BILAN 21d : La première et la deuxième internationale devant le problème de la guerre
  141. BILAN 21e : Les fondements de la production et de la distribution communistes (3)
  142. BILAN 21f : Parti - Internationale - État / VII - 3e partie : l’État soviétique
  143. BILAN 22a : L’attentat de Beiso
  144. BILAN 22b : L’Italie en Abyssinie
  145. BILAN 22c : Nous, Calligaris et le Centrisme
  146. BILAN 22e : Rapport sur la situation en Italie (suite et fin)
  147. BILAN 22f : Les internationalistes hollandais sur le programme de la révolution prolétarienne
  148. BILAN 22g : Projet de résolution sur le problème des liaisons internationales
  149. BILAN 23a : Manifeste de la Fraction italienne de la Gauche communiste
  150. BILAN 23b : Sur quelle base s’est effectuée l’unité syndicale - Les Mussolini et Hitler de la France démocratique
  151. BILAN 23c : Compte rendu du Congrès de la fraction - Résolutions adoptées
  152. BILAN 23d : Thèses de Rome - Préface de 1928 et première partie
  153. BILAN 23e : En dehors des partis communistes devenus des instruments du capitalisme mondial
  154. BILAN 24a : Vers une consolidation du front capitaliste en France
  155. BILAN 24b : Pendant que réformistes et centristes scellent l’union sacrée, des mineurs anglais font la grève au fond des puits
  156. BILAN 24c : La résolution du Congrès des Italiens de Bruxelles
  157. BILAN 24d : La motion présentée par la fraction au Congrès des Italiens
  158. Bilan 24e : La tension de la situation italienne et internationale
  159. BILAN 24f : Le déroulement de l’aventure africaine
  160. BILAN 24g : La fraction dans les partis socialistes de la seconde internationale
  161. BILAN 24h : Thèses de Rome - Deuxième partie
  162. BILAN 24i : Lettre du camarade Soep
  163. BILAN 25a : Un mois après l’application des sanctions
  164. BILAN 25b : À la confusion des problèmes monétaires les ouvriers français opposeront leur front de classe
  165. BILAN 25c : Les réfugiés italiens dans la Russie Soviétique
  166. BILAN 25d : Les Centristes escomptent la condamnation de Beiso
  167. BILAN 25e : L’unité syndicale et les fractions
  168. BILAN 25f : Le nouveau bond de l’impérialisme japonais dans la Chine du nord
  169. BILAN 25g : À nos lecteurs
  170. BILAN 25h : Parti - Internationale - État / VII - 4e partie : l’État soviétique
  171. BILAN 25i : Mouvement ouvrier international
  172. BILAN 25j : Staline et le Bolchevisme
  173. BILAN 25k : Thèses de Rome - Troisième partie
  174. BILAN 26a : La réconciliation des français et l’Unité Syndicale
  175. BILAN 26b : La situation en Allemagne : L’exécution de R. Claus
  176. BILAN 26c : Sur le chemin du capitalisme - Le Stakhanovisme en Russie
  177. BILAN 26d : La situation actuelle en Italie, pivot de la situation internationale
  178. BILAN 26e : La situation en Amérique du Sud
  179. BILAN 26f : Parti - Internationale - État / VII - 5e partie : l’État soviétique
  180. BILAN 26g : L’échec des premières discussions avec le groupe « Communist Class Struggle »
  181. BILAN 26h : En marge des Thèses de Rome
  182. BILAN 27a : Quels sont les héritiers de Lénine, Luxemburg, Liebknecht ?
  183. BILAN 27b : Comment, dans la Russie des Soviets, on assassine la camarade Mariottini
  184. BILAN 27c : L’évolution de la situation italienne
  185. BILAN 27d : Le problème du Pacifique et la faillite de la Conférence de Londres
  186. BILAN 27e : Quinze années après Livourne
  187. BILAN 27f : L’écrasement du prolétariat français et ses enseignements internationaux (1)
  188. BILAN 27g : Petrini
  189. BILAN 28a : M. Albert Sarraut, symbole de la cohérence capitaliste
  190. BILAN 28b : Wupperwald et Neukölln
  191. BILAN 28c : L’impudence et les faux de M. Germanetto
  192. BILAN 28d : Le Japon devant la guerre impérialiste
  193. BILAN 28e : Le « Front Populaire » triomphe en Espagne
  194. BILAN 28f : L’écrasement du prolétariat français et ses enseignements internationaux (2)
  195. BILAN 28g : Problèmes de la période de transition (partie 1)
  196. BILAN 28h : Dans la Fraction - Un peu de clarté s’il vous plait
  197. BILAN 28i : Dans la Fraction - À la recherche d’une clarification ?
  198. BILAN 29a : La course vers la guerre
  199. BILAN 29b : Pour le 65e Anniversaire de la Commune de Paris
  200. BILAN 29c : Au sujet du cas Mariottini
  201. BILAN 29d : Une réponse de Gatto Mammone
  202. BILAN 29e : Au sujet des problèmes du parti et de la tactique
  203. BILAN 29f : L’écrasement du prolétariat français et ses enseignements internationaux - Suite et fin
  204. BILAN 29g : Dans la Fraction. Un article de discussion de Gatto Mammone
  205. BILAN 30a : Premier Mai 1936 (Manifeste de la Fraction italienne de la gauche communiste)
  206. BILAN 30b : Le Front international de la répression capitaliste
  207. BILAN 30c : Le prolétariat italien est-il absent ?
  208. BILAN 30d : Premier Mai ( À propos de Calligaris )
  209. BILAN 30e : Les traîtres à l’œuvre
  210. BILAN 30f : Le mouvement ouvrier devant le problème de la guerre
  211. BILAN 30g : De l’Union Sacrée à Zimmerwald - La dernière semaine
  212. BILAN 30h : Quelques brèves nouvelles
  213. BILAN 31a : La victoire du Front Populaire en France
  214. BILAN 31b : Après les élections en Belgique
  215. BILAN 31c : La victoire de l’impérialisme italien ouvre-t-elle un nouveau cours de la révolution mondiale ?
  216. BILAN 31d : Le conflit Arabo-Juif en Palestine (première partie)
  217. BILAN 31e : « De l’Union Sacrée à Zimmerwald » par A. Rosmer
  218. BILAN 31f : Les traîtres à l’œuvre
  219. BILAN 31g : Problèmes de la période de transition (partie 2)
  220. BILAN 31h : Calligaris toujours déporté en Sibérie, sauvons-le !
  221. BILAN 31i : Victor Serge hors des griffes du centrisme
  222. BILAN 32a : La Société des Nations continue
  223. BILAN 32b : Beiso n’a pas été acquitté
  224. BILAN 32c : Ce que fut la Conférence du Droit d’Asile de Paris
  225. BILAN 32d : Le prolétariat français a répondu au Front Populaire
  226. BILAN 32e : La rafale gréviste en Belgique
  227. BILAN 32f : Le conflit Arabo-Juif en Palestine (suite et fin)
  228. BILAN 32g : Mouvement ouvrier international
  229. BILAN 33a : En Espagne — Bourgeoisie contre Prolétariat
  230. BILAN 33b : Francisco Ascaso
  231. BILAN 33c : Adieu Zanasi
  232. BILAN 33d : Nature et évolution de la Révolution russe
  233. BILAN 33e : De l’Union Sacrée à Zimmerwald - Conclusion (Alfred Rosmer)
  234. BILAN 33f : Errata sur « La rafale gréviste en Belgique »
  235. BILAN 34a : Communiqué de la Commission exécutive
  236. BILAN 34b : Au front impérialiste du massacre des ouvriers espagnols il faut opposer le front de classe du prolétariat international
  237. BILAN 34c : La boucherie de Moscou
  238. BILAN 34d : Démocratie formelle et démocratie socialiste
  239. BILAN 34e : De l’Union sacrée à Zimmerwald
  240. BILAN 34f : Problèmes de la période de transition (partie 3)
  241. BILAN 34g : Staline dépasse Mussolini
  242. BILAN 35a : L’abattoir des prolétaires en Espagne
  243. BILAN 35b : Le ventre du capitalisme français orné des plumes du paon socialiste
  244. BILAN 35c : La crise dans la Fraction — Communiqué de la CE
  245. BILAN 35d : La tragédie espagnole
  246. BILAN 35e : La révolution espagnole
  247. BILAN 35f : Les problèmes de la période de transition (partie 4)
  248. BILAN 35g : Nature et évolution de la Révolution russe : Réponse au camarade Hennaut
  249. BILAN 35h : La crise dans la Fraction — Communiqué du comité de coordination
  250. BILAN 36a : La consigne de l’heure : ne pas trahir
  251. BILAN 36b : Octobre 1917 - Octobre 1936
  252. BILAN 36c : Mario di Leone
  253. BILAN 36e : L’isolement de notre fraction devant les événements d’Espagne
  254. BILAN 36f : La crise de la Fraction - Communiqué de la Commission Exécutive
  255. BILAN 36g : Documents de la minorité
  256. BILAN 37a : La réalité d’un « gouvernement de façade »
  257. BILAN 37b : Mario de Leone est mort
  258. BILAN 37c : Salut du groupe de Marseille
  259. BILAN 37d : Salut du groupe de la minorité de Barcelone
  260. BILAN 37e : L’ « autre » aspect de la domination capitaliste. La « Démocratie » en fonction aux États Unis
  261. BILAN 37f : La bourgeoisie renverra-t-elle Blum ?
  262. BILAN 37g : Problèmes de la période de transition (partie 5)
  263. BILAN 37h : Nouveaux assassinats : Nouvelle Constitution en Russie
  264. BILAN 37i : La crise de la fraction - Ordre du jour de la Commission Exécutive
  265. BILAN 38a : Le capitalisme français n’a pas renvoyé Blum
  266. BILAN 38b : Trotski pourra-t-il rester au Mexique ?
  267. BILAN 38f : Problèmes de la période de transition (partie 6 - fin)
  268. BILAN 39a : Le procès de Moscou
  269. BILAN 39b : Le prolétariat français doit briser l’Union Sacrée
  270. BILAN 39c : Lénine - Luxemburg - Liebknecht
  271. BILAN 39d : À propos d’un anniversaire
  272. BILAN 39e : Sous le signe de la constitution « la plus démocratique du monde » on extermine en URSS la génération d’Octobre
  273. BILAN 39f : Nos divergences avec le camarade Hennaut
  274. BILAN 39g : Le Marxisme n’est pas de la littérature Camarade Victor Serge !
  275. BILAN 39h : Que faire ? Retourner au Parti Communiste, Messieurs !
  276. BILAN 40a : Premier Mai 1937
  277. BILAN 40b : La France « libre, forte et heureuse » assassine les prolétaires
  278. BILAN 41a : Plomb, Mitraille, Prison
  279. BILAN 41b : Quand les bourreaux parlent... Le discours de Staline
  280. BILAN 41f : Antonio Gramsci - Camillo Berneri
  281. BILAN 41g : Bilan en danger - La vie de Bilan
  282. BILAN 42a : La répression en Espagne et en Russie
  283. BILAN 42f : Antonio Gramsci
  284. BILAN 43a : Pour la solidarité de classe à toutes les victimes de la guerre d’Espagne
  285. BILAN 43b : Du travail et du pain
  286. BILAN 43c : Andrés Nin assassiné ?
  287. BILAN 43d : Les bourreaux soviétiques à l’oeuvre
  288. BILAN 43e : À propos de quelques élucubrations trotskistes
  289. BILAN 43f : Le Comité national de la C.G.T.
  290. BILAN 43g : L’évolution des évènements d’Espagne
  291. BILAN 43h : Le Front Populaire
  292. BILAN 43i : Pour le Bureau International des fractions communistes de gauche
  293. BILAN 43j : L’impérialisme japonais à la conquête de la Chine
  294. BILAN 43k : Documentation internationale
  295. BILAN 43l : La vie de Bilan
  296. BILAN 44a : Lettre ouverte au Centre pour la IVe Internationale et au Parti Socialiste Révolutionnaire de Belgique
  297. BILAN 44b : À bas le carnage impérialiste en Chine
  298. BILAN 44c : Le capitalisme passe à l’attaque « La France aux Français »
  299. BILAN 44d : La guerre impérialiste d’Espagne et le massacre des mineurs asturiens
  300. BILAN 44e : Le monde arabe en ébullition
  301. BILAN 44f : Marxisme et Dogmatisme
  302. BILAN 44g : Et Calligaris ?
  303. BILAN 45a : Pour le XXème anniversaire de la Révolution d’Octobre
  304. BILAN 45b : Le front populaire continue
  305. BILAN 45c : Le droit au soulèvement armé
  306. BILAN 46a : "Bilan" disparaît
  307. BILAN 46e : Un grand renégat à la queue de paon : Léon Trotsky
  308. BILAN 46g : Écho à l’étude de la période de transition
  309. BILAN 46h : "Octobre" bulletin mensuel du Bureau International des Fractions de Gauche