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Revue publiée par le Forum de la Gauche Communiste Internationaliste : C’est pour contribuer à déblayer la voie vers la clarification et le regroupement sur des bases théoriques, politiques et organisationnelles saines que Controverses a vu le jour. En d’autres termes, tout en tenant compte du changement de période qui n’est plus au reflux mais à la reprise historique des combats de classes, notre objectif essentiel est de reprendre ce qui était le souci de Bilan mais qu’il n’a pu mener complètement à bien compte-tenu des conditions d’alors : « ...une critique intense qui visait à rétablir les notions du marxisme dans tous les domaines de la connaissance, de l’économie, de la tactique, de l’organisation », et ce sans « aucun dogme », sans « aucun interdit non plus qu’aucun ostracisme », et « par le souci de déterminer une saine polémique politique ». Ceci est plus que jamais indispensable afin de réussir un nouvel « Octobre 17 » sous peine de se retrouver comme ces « vieux bolcheviks ... qui répètent stupidement une formule apprise par cœur, au lieu d’étudier ce qu’il y avait d’original dans la réalité nouvelle. (extrait de l’éditorial du n°1)
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BILAN 06e : Parti - Internationale - État / I : La classe et sa signification
Avril 1934 / pp. 205 - 209
3 décembre 2006 par albin

Ce que les situations de l’après-guerre ont réduit à néant n’est pas le marxisme, mais sa déformation, son interprétation grossière représentant hommes et classes comme des simples instruments à la merci des forces économiques. Les bataillons des nazis peuvent bien trouver des ouvriers s’extasiant devant le bûcher où brûlent les œuvres de Marx, ils peuvent aussi trouver des bras d’exploités se levant pour saluer à la romaine et applaudir le programme national-socialiste qui bannit l’hérésie marxiste responsable de tous les maux ; mais ces bataillons fascistes n’ont pu être fécondés que grâce à une adultération de la théorie marxiste que social-démocrates d’abord, centristes ensuite, avaient pu effectuer en parvenant à anéantir la fonction historique de la classe prolétarienne dans la situation actuelle. Une fois brisée cette fonction, rien d’étrange que des membres de cette classe apportent leur appui à un régime dirigé contre eux, qui se donne pour but de rétablir un équilibre social autour de la classe capitaliste. Mais si le prolétariat a été écrasé, avec lui est écrasé aussi toute forme de convivance sociale, tout contrôle humain sur la force de production, et la « paix sociale » obtenue par la sujétion des ouvriers à la cause du capitalisme agonisant comporte aussi la catastrophe de la société toute entière, l’aboutissement de la société capitaliste dans la guerre : l’éclosion d’un carnage pour un nouveau partage du monde, basé sur une économie reposant sur le profit et qui ne peut trouver un souffle de vie que dans l’hécatombe des classes opprimées, la destruction des forces de production et de montagnes de produits.

Ceux qui s’étaient imaginés que la classe résultait d’une addition d’individus se trouvant sur une position économique analogue seront certainement surpris par la marche des événements actuels : leur arithmétique est contrariée par les événements politiques de tous les pays. Les ouvriers, en effet, au lieu de se concentrer autour d’un programme de lutte qui assure la défense de leurs intérêts immédiats et profitent des circonstances de la crise économique pour asséner un coup définitif au capitalisme, se voient incapables de s’opposer à l’attaque bourgeoise et restent prisonniers des différentes formations politiques qui proclament que le salut de la classe ouvrière réside dans la nécessité de ne pas livrer la bataille révolutionnaire au capitalisme et de se cantonner dans la patrie fasciste, démocratique, ou soviétique.

Nous n’hésitons pas à affirmer que la situation actuelle voit la disparition provisoire du prolétariat en tant que classe, et que le problème à résoudre consiste dans la reconstruction de cette classe. Loin d’aller rechercher des appuis en dehors de lui-même, d’attribuer aux classes moyennes anciennes ou nouvelles des fonctions qu’elles n’ont jamais eues, le prolétariat doit reconstruire ses organes vitaux et il ne peut le faire à l’heure actuelle que sur la base de cette position centrale : si le cours des situations s’étant ouvert avec Octobre 1917 est aujourd’hui brisé, c’est qu’un système de principes qui avait permis la réalisation des objectifs prolétariens en Russie, et qui n’a pu s’étendre au monde entier, s’est avéré - au cours des événements dans les autres pays - insuffisant et a enfin abouti au repliement de la Russie sur elle-même, ce qui devait signifier son incorporation dans l’atmosphère historique du capitalisme, car c’est seulement sur le terrain mondial que les classes maîtresses de la société ont, de tout temps, établi leur domination.

CLASSE ET FORMATION DE CLASSE

Une confusion initiale que l’on rencontre toujours est celle qui consiste à ne pas établir de distinction entre la classe et la formation de la classe. Nous voulons indiquer, par ces différentes formulations, deux catégories bien distinctes au point de vue historique, afin de nous préserver de l’erreur consistant à faire appel à des forces qui, ne représentant pas une classe, constituent des faux-fuyant autour desquels finissent par s’égarer les possibilités de reconstitution des organes de la formation sociale appelée à réaliser la révolution.

Le mécanisme productif donnera naissance à différentes formations de classe, celles-ci résultant à la fois de la division du travail et des formes d’appropriation des instruments du travail. Mais nombreux ont été et sont encore aujourd’hui les réflexes de l’organisation économique et si, par exemple, aujourd’hui, nous assistons à la polarisation de tous les moyens de production autour du cercle de plus en plus restreint du capitalisme financier, à la perte croissante du pouvoir par les industriels, les propriétaires fonciers, à la décomposition continue des petites productions, en un mot à un éparpillement progressif donnant lieu à la maîtrise et à l’omnipotence du capitalisme financier, nous constaterons toutefois que c’est autour de l’axe se situant à la tête de la bourgeoisie que se détermine la vie de la société actuelle. L’industriel, le propriétaire foncier, le petit producteur, ne résoudront jamais les problèmes particuliers à la position économique qu’ils occupent, mais finiront toujours par plier devant le despotisme du capital financier. C’est celui-ci qui, représentant la classe au point de vue historique, déterminera la marche des événements, alors que toutes les autres formations de classe n’auront aucun effet sur le cours de ces derniers.

La formation de classe est un produit direct, automatique de l’organisation sociale et des contrastes qui en résultent dans la lutte pour le contrôle et la possession des moyens de production. Mais, parmi toutes les formations de classe, il en existe une qui est particulièrement appelée à réaliser une révolution parce qu’une coïncidence se détermine entre la position d’exploitée qu’elle occupe et l’objectif qu’elle s’assigne : une organisation différente de la société. Il en fut ainsi pour les familles qui concentraient en elles la propriété de la terre et la propriété mobilière, au sein des communautés consanguines et qui donnèrent, par après, naissance au régime féodal ; il en a été de même pour les maîtres de métiers et les marchands qui formèrent la classe capitaliste ; il en est de même aujourd’hui pour le prolétariat qui, surgissant du salariat, devient classe dans la mesure où il réalise sa capacité de destruction de la société capitaliste et d’érection d’une société nouvelle.

Dans l’Antiquité, au Moyen-Âge, aussi bien qu’aujourd’hui, nombreuses furent les luttes, les révoltes d’autres formations sociales. Mais celles-ci, bien qu’étant le résultat inéluctable des contrastes sur lesquels les différentes sociétés étaient bâties, ne comportaient nullement une modification de l’organisation de la société. Nous pouvons encore ajouter que, parfois, il y eut aussi des regroupements sociaux qui luttèrent avec la classe nouvelle, bien que la sauvegarde de leurs intérêts économiques puisse être assurée plus par le maintien de l’ancien régime que par la nouvelle organisation. Les révoltes des paysans qui finirent par accompagner la lutte révolutionnaire de la bourgeoisie, seule classe progressive de l’époque, aboutirent à ce paradoxe : avec l’ancien régime contre qui elles étaient dirigées disparaissait aussi la possibilité de maintenir une position d’indépendance économique. D’autre part, bien que les luttes d’esclaves aient rempli des pages héroïques, ce n’est pas en fonction de ces luttes que l’esclavage sera éliminé, car la victoire de Spartacus contre Rome n’aurait pu donner aux esclaves la capacité de construire une nouvelle société.

Les luttes d’esclaves furent sans lendemain et c’est l’inutilité économique de l’esclavage qui entraîna son extinction et son remplacement par le servage. La classe est un produit synthétique où se trouvent à la fois un élément économique et politique. Économique pour ce qui est de l’identité des positions occupées en face du mécanisme productif par ses composants, historique pour ce qui est de la forme particulière de ses rapports envers l’organisation économique. La bourgeoisie en son temps, le prolétariat aujourd’hui, sont des classes parce qu’elles synthétisent une position particulière au point de vue économique et qui correspond avec un type particulier de rapports pour ce qui est des moyens de production : la production privée ou la socialisation de ceux-ci. C’est donc ces formations de classe pouvant réaliser la synthèse indiquée qui sont appelées à accéder au stade de classe agissante dans l’évolution historique. Le procédé de sa croissance peut être contrecarré provisoirement, mais c’est en définitive de celle-ci que dépendra la reprise de la marche progressive de l’humanité.

CLASSE ET SOCIETE

La vie sociale est l’attribut direct de l’espèce humaine. L’histoire de cette dernière n’est enfin que la marche progressive de différentes formes de société. Ce n’est pas au point de vue chronologique seulement que la société précède la classe, c’est au point de vue substantiel, car l’homme est inconcevable en dehors de ses rapports avec d’autres individus, c’est-à-dire en dehors de la société, et la personnalité humaine, loin de résulter d’elle-même, résulte du milieu social.

La société déborde donc la notion de la classe et, malgré l’existence de contrastes de classe dans un régime donné, le problème ne consiste pas dans l’établissement de la justesse, de la moralité de ce dernier, ou du bien fondé des revendications sociales des couches opprimées ; le problème est tout autre : il s’agit de voir si l’opposition réelle existe entre deux types de société et, ce qui est plus, si la classe appelée à réaliser une nouvelle organisation se trouve dans la condition de pouvoir accomplir réellement sa mission.

Le tissu des contrastes de classe, leur aggravation, peut aussi conduire dans une impasse comme celle ou nous nous trouvons actuellement ; d’aucuns peuvent même établir que la tragédie d’aujourd’hui consiste dans le fait que le capitalisme ne sait plus gouverner alors que le prolétariat ne sait pas encore gouverner. Mais, sur le terrain exclusif des contrastes de classe, nous n’arriverons pas à une conclusion définitive, car tout en ayant démontré - ce qui n’est évidemment pas difficile - que le prolétariat subit, avec la crise économique, une terrible aggravation de sa situation, nous ne parviendrons pas ainsi à expliquer comment ce même prolétariat ne peut parvenir à déclencher une attaque révolutionnaire pour sa libération.

C’est qu’aujourd’hui, comme toujours, la lutte entre les classes fondamentales ne se borne pas à une simple opposition de leurs intérêts respectifs, mais autour de deux types d’organisation de la société : la capitaliste et la prolétarienne. Le prolétariat, lors de la Commune aussi bien qu’en Octobre 1917, s’est affirmé, en tant que classe révolutionnaire, parce qu’il a su opposer à la société capitaliste, la forme opposée : la société socialiste.

Le cours de l’élévation du prolétariat à son rôle de classe n’est cependant pas le résultat d’une opposition préétablie, mais résulte de l’évolution de la société capitaliste elle-même. Tout le problème consiste dans la liaison des luttes de résistance avec les luttes politiques, par lesquelles le prolétariat pose sa candidature à la direction de la société.

L’évolution des contrastes de classe, au lieu de résulter uniquement des situations économiques contingentes, de sorte qu’il faudrait dire que d’autant plus misérables sont les conditions de vie imposées aux ouvriers et d’autant plus élevées seront leurs capacités révolutionnaires, se dirigera vers une lutte capable, à la fois, de défendre les intérêts immédiats des exploités et d’ébranler le régime, dans la mesure où les ouvriers réaliseront la consciente capacité de combattre pour une autre forme d’organisation de la société. Cette position est d’ailleurs pleinement confirmée par les événements de l’après-guerre, où la période de l’assaut révolutionnaire correspond à une situation d’essor économique, alors qu’avec les difficultés rencontrées après 1920 par l’État ouvrier, les différentes crises économiques peuvent mettre en lumière l’incapacité du capitaliste à rester à la direction de société, sans que les ouvriers parviennent à profiter des conditions objectives bien plus favorables qu’en 1919-1920, en s’acheminant finalement dans la voie des défaites qui nous ont conduits à la situation actuelle. Pour résoudre les problèmes inhérents à cette situation, il faut donc aborder le problème sous l’angle de la nécessité de remettre sur le métier les positions principielles de 1917 afin de les compléter pour déterminer les bases autour desquelles l’attaque contre le capitalisme deviendra possible et, après la victoire, la construction du nouvel ordre communiste.

SOCIETE, CLASSE ET INSTRUMENT DU TRAVAIL

Le critère de discrimination pour établir les différents types de société réside dans l’évolution progressive de l’instrument de travail ; cette évolution détermine, à son tour, une forme plus avancée de l’appropriation des instruments de travail de la part des différentes classes fondamentales de la société. L’usage du feu rend l’homme « indépendant du climat et du lieu » (Engels) ; par après, l’apparition des premiers outils de pierre, l’invention de l’arc et de la flèche, l’introduction de la poterie, l’élevage du bétail, sa domestication, l’introduction de céréales cultivables, déterminent l’évolution des premières gentes à caractère communiste, reposant sur la base sociale consanguine de la tribu et vivant avec une pratique scrupuleusement démocratique, vers leur dissolution qui va s’appuyer sur la spécification des familles jusqu’à ce que certaines d’entre elles centralisent bientôt la propriété des moyens de production. Lorsque l’esclave deviendra un instrument de travail trop coûteux, en face d’une agriculture qui peut déjà utiliser les instruments provenant de l’industrie naissante, c’est l’attribution de la propriété de ces moyens de production plus perfectionnés qui fondera la société féodale. La manufacture et ensuite l’industrie ne pouvaient plus supporter les liens du régime féodal et appelaient la nouvelle forme d’organisation sociale basée sur la disponibilité de ces moyens de production (au début du capitalisme - depuis le XIIe au XVIe siècle -), suivant le taux de l’accumulation du surtravail et de la plus-value par après. Mais la modification fondamentale que comportait l’industrialisation du moyen de production, dès le début appelle une autre forme de constitution sociale : c’est le prolétariat.

Ce n’est pas au point de vue de la simple logique que l’appréciation de la situation actuelle en Russie se heurterait à un non-sens historique, en cas où l’on considérait la bureaucratie soviétique en tant que classe luttant pour la conservation des privilèges qu’elle a acquis. La classe ne résulte pas du degré supérieur d’aisance économique, mais elle ressort d’un type particulier de rapports existants envers le mécanisme productif. Au reste, l’époque d’une constitution sociale pouvant établir des rapports personnels et directs avec la production est révolue depuis des millénaires, et bien que, dans certaines colonies anglaises, l’on puisse encore constater aujourd’hui l’existence de castes bureaucratiques détenant le pouvoir économique, au point de vue mondial il s’agit là de survivances, d’anachronismes, qui sont loin de pouvoir constituer le thème central de l’époque actuelle. En Russie, nous avons assisté à une expérience de gestion sociale qui dépasse le type de la société capitaliste et qui ne peut nullement être comparé à des formes de société primitive. Si d’autres forces ont pu prendre le dessus dans la courbe révolutionnaire mondiale de la lutte du prolétariat, il s’agit d’en rechercher les causes par une analyse, que l’on ne peut éviter parce qu’elle exige un effort beaucoup plus intense que la déclamation sur l’État bureaucratique en Russie et la démagogie facile qu’on peut y déverser.

LA NOTION MONDIALE DE LA CLASSE

Il serait évidemment impossible de procéder à une classification historique en énumérant les différentes phases sociales de la barbarie, de l’antiquité, du féodalisme, du capitalisme, en se basant sur un critère de symétrie qui nous permettrait de retrouver, dans toutes les parties du monde, un type d’organisation sociale correspondant à la forme sociale prédominante. Encore aujourd’hui, dans la période où s’ouvre la possibilité historique pour l’organisation de la société communiste, nous trouverons des formes primitives de société dans plusieurs parties du monde et, au surplus, nous pouvons affirmer que la plus grande partie du globe n’est même nullement acquise aux méthodes capitalistes de la vie sociale. Cela ne nous empêche pas de poser comme objectif à la lutte prolétarienne celui de la dictature du prolétariat et de la réalisation de bonds dans les pays arriérés, grâce auxquels ces sociétés, en quelques dizaines d’années, parcourront le trajet que les pays d’Europe auront accompli au cours de millénaires.

C’est le degré atteint par le développement du moyen de production et le type d’organisation sociale qui y correspond qui établit la forme de vie sociale de l’humanité toute entière. La coexistence de formes anachroniques dans certaines parties du monde, non seulement n’infirme pas le caractère général de l’époque, mais résulte d’une inégalité non supprimable de développement économique dépendant de facteurs atmosphériques, géologiques, biologiques qui peuvent être nivelés favorablement, à la condition seulement que le développement économique des pays les plus favorisés par les conditions naturelles soit poussé si loin qu’il sera possible de vaincre les éléments négatifs et naturels qui ont déterminé le retard économique et social. Il sera évidemment impossible de transporter les mines de charbon européennes dans l’Afrique du Sud, mais il est d’ores et déjà certain que le charbon sera remplacé par d’autres formes de combustion s’appliquant aux pays qui ne pourraient s’organiser économiquement sur une pareille base.

Le caractère mondial de la classe est d’ailleurs vérifié historiquement d’une façon indiscutable. L’empire romain, parce qu’il représentait une extension démesurée de la constitution gentilice, évoluée sur la base des familles, alors que la petite industrie urbaine et le commerce étaient assez développés du fait que ses classes ne portaient pas en elles-mêmes les capacités nécessaires pour donner naissance à une succession historique, ne trouvait pas en lui-même les forces capables de le faire évoluer vers la société féodale. C’est par l’extérieur que cette rénovation sera effectuée. Mais les tribus germaines qui envahiront l’empire romain ne garderont pas leur système d’organisation sociale, antécédent à celui se trouvant devant eux, mais s’assimileront rapidement toute la civilisation romaine et, par le démembrement de cet empire, ils ne feront que permettre l’évolution vers la nouvelle économie servile du féodalisme. A cette époque, la classe qui était appelée à s’installer au pouvoir était celle des propriétaires fonciers, l’organisation économique étant celle du féodalisme ; les Germains abandonneront immédiatement les bases de la constitution gentilice pour devenir les protagonistes de l’évolution de la société romaine vers la société féodale.

Lors de la victoire de la révolution bourgeoise, un phénomène qui prouve la notion mondiale de la classe se vérifia à nouveau. Et des pays aussi éloignés que l’Amérique sauteront des étapes pour atteindre enfin la possibilité d’épanouissement total de la société capitaliste. La guerre de Sécession ne se livre pas entre l’économie esclavagiste et l’économie féodale, mais cette dernière est évincée et c’est à la société capitaliste qu’appartiendra la victoire contre l’esclavagisme.

L’opposition actuelle est donc entre société capitaliste et société prolétarienne, et ce dilemme plane dans le monde entier. Dans les colonies aussi bien que dans les pays encore très arriérés, la force motrice réside dans les premiers noyaux d’ouvriers qui peuvent s’appuyer sur l’immense progrès industriel réalisé dans les autres pays et sur la force que constitue le prolétariat mondial. Il est évident que ces pays arriérés devront connaître des étapes intermédiaires pour arriver à la société prolétarienne, mais chacune de ces étapes ne sera franchie qu’à la condition que le prolétariat - tout faible qu’il puisse paraître au point de vue numérique à l’égard des autres formations sociales - ait conquis le pouvoir. L’expérience de la révolution chinoise est concluante à ce propos. Les revers du prolétariat chinois ont correspondu au dépècement de la Chine ; et Tchang Kaï-Chek, le bourreau des ouvriers chinois, l’expression de la bourgeoisie de ce pays, manifestera concrètement l’incapacité de son capitalisme à réaliser une tâche qui semblait spécifique à la bourgeoisie en général, c’est-à-dire l’indépendance nationale. La libération de la Chine des traités impérialistes n’est possible que sous la direction du prolétariat et au cours de la lutte pour la révolution mondiale.

L’instauration de l’État prolétarien en Russie n’ouvrait pas une phase d’opposition irréconciliable et insoluble entre les États capitalistes d’une part, l’Union Soviétique d’autre part. Cette opposition ne pouvait dériver que de la politique de l’État ouvrier. Si ce dernier, qui avait emprunté le chemin de la lutte pour la révolution mondiale, était resté fidèle à son programme initial, alors la lutte aurait été inévitable, car c’est autour de la Russie qu’auraient été fécondés les organes de la classe ouvrière. Cela aurait évidemment connu l’entrecroisement de l’expansion de l’État russe avec la victoire révolutionnaire dans d’autres pays, et c’est sur ce tableau historique qu’auraient été créées les formes de la nouvelle société communiste.

Mais la Russie a changé le drapeau de sa lutte. Et, renonçant à une politique révolutionnaire dans le monde entier, elle a bien pu obtenir son admission dans le concert des États capitalistes, en permettant ainsi au centrisme d’effectuer sa démagogie sur les victoires de l’État ouvrier, alors que celui-ci avait subi, sans lutte, la plus cuisante des défaites en modifiant les principes programmatiques sur lesquels il avait été basé. A l’heure actuelle, la classe qui domine au point de vue mondial, c’est le capitalisme. Aussi bien ici que dans d’autres domaines, le capitalisme réalise sa fonction au cours des contradictions qui sont à la base même de son système. Que des groupes d’impérialistes se fassent la guerre, cela n’altère en rien le fait que les belligérants restent des États capitalistes. De même, le fait qu’une coexistence soit établie entre les États bourgeois et l’État ouvrier n’altère en rien le caractère de la classe qui domine actuellement dans le monde entier. Si en Russie les phénomènes économiques et politiques ne correspondent pas au type du régime capitaliste, une fois que l’orientation de l’État ouvrier n’est plus vers l’appui au prolétariat de tous les pays pour l’éclosion de la révolution, mais vers la recherche de l’appui des capitalismes pour la coexistence pacifique des deux régimes, pour l’industrialisation de l’État ouvrier alors que, partout ailleurs, le prolétariat est étranglé, la condition sera établie pour incorporer la Russie au système capitaliste mondial pour un faire un élément essentiel dans la situation actuelle.

Le devoir du prolétariat est de consolider les positions politiques autour desquelles ses luttes pourront graviter et atteindre la victoire. Les contrastes de classe déterminent encore des mouvements de masse et l’expérience autrichienne est là pour prouver que, malgré l’absence totale d’un parti de classe, les ouvriers peuvent déclencher de formidables batailles. Mais l’éclosion des mouvements et la portée des contrastes sur lesquelles est assis le capitalisme, l’évolution de ces mouvements vers la victoire n’est possible qu’à la condition que son avant-garde - à l’heure actuelle les fractions de gauche - réalise le travail idéologique indispensable de construction de la charpente de la classe qui - lors de l’éclosion des mouvements - trouvera, dans la contingence favorable, des armées d’ouvriers qui n’attendent qu’une direction consciente pour leur triomphe et qui, malheureusement, ont jusqu’à présent - en dehors de la Russie en 1917 - vainement cherché les organismes ayant réalisé le travail préalable, indispensable pour la victoire de la révolution.


Oui, la classe ouvrière n’est pas séparée de la vieille société bourgeoise par un mur chinois. Lorsque la révolution éclate, les choses ne se passent pas comme à la mort d’un homme, où l’on emporte et enterre son cadavre. Au moment où la vieille société périt, on ne peut pas clouer ses restes dans une bière et les mettre dans la tombe. Elle se décompose au milieu de nous, elle pourrit et sa pourriture nous gagne nous-mêmes. Aucune grande révolution au monde ne s’est accomplie autrement et il ne peut jamais en être autrement. C’est justement ce que nous devons combattre pour sauvegarder et développer les germes du nouveau au milieu de cette atmosphère empestée des miasmes du cadavre en décomposition. Et voilà que, maintenant, les éléments de cette pourriture littéraire et politique, les pitoyables participants aux jeux des partis politiques - commençant par les cadets et finissant par les mencheviks - intoxiqués par ces miasmes pestilentiels, osent encore nous jeter des bâtons dans les roues.

La lutte pour le pain - Discours prononcé par Lénine au C.C.E. Panrusse des Soviets

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  56. BILAN 08e : Parti - Internationale - État / III : Classe et Parti
  57. BILAN 08f : L’arabisation du C.C. du Parti Communiste Syrien
  58. BILAN 08g : A propos de la Sarre
  59. BILAN 09a : Chronique du mois
  60. BILAN 09b : La situation en France (résolution de la C.E.)
  61. BILAN 09c : La chine soviétique
  62. BILAN 09d : Parti - Internationale - État / IV : Parti et Internationale
  63. BILAN 09e : La Campagne pour Thaelmann
  64. BILAN 10a : En marge du front unique
  65. BILAN 10b : L’acte désespéré des mineurs de l’Escarpelle
  66. BILAN 10c : A Constantine : l’impérialisme tire profit du massacre de ses instruments
  67. BILAN 10d : Les événements du 30 juin en Allemagne
  68. BILAN 10e : De l’Internationale 2 et 3/4 à la Deuxième Internationale
  69. BILAN 10f : Crises et cycles dans l’économie du capitalisme agonisant (1ère partie)
  70. BILAN 10g : La Mongolie « Rouge », convoitise de l’impérialisme japonais
  71. BILAN 10h : Mouvement Communiste international - Une résolution de la Ligue des Communistes de Belgique
  72. BILAN 11a : L’Entrée de la Russie dans la S.D.N.
  73. BILAN 11b : Le Syndicat unique et le « procédé de fusion »
  74. BILAN 11c : Comment les réformistes belges torpillent les grèves
  75. BILAN 11d : Les bolcheviks-léninistes entrent dans la S.F.I.O.
  76. BILAN 11e : Les Problèmes de l’Extrême-Orient
  77. BILAN 11f : Les compétitions inter-impérialistes en Chine
  78. BILAN 11g : La Mandchourie
  79. BILAN 11h : Crises et cycles dans l’économie du capitalisme agonisant (2eme partie)
  80. BILAN 11i : Hermann Gorter (sa place dans le mouvement théorique du communisme international)
  81. BILAN 11j : Les Jeunesses léninistes belges récidivent
  82. BILAN 11k : Marcel Cachin a 65 ans
  83. BILAN 12a : À nos lecteurs
  84. BILAN 12b : L’écrasement du prolétariat espagnol
  85. BILAN 12c : Vers un « Parti Unique » en France
  86. BILAN 12d : La prison de la faim - Une grève de mineurs hongrois
  87. BILAN 12e : Le capitalisme français marque un nouveau point
  88. BILAN 12f : Le problème de la Sarre : Non ! Non ! Non !
  89. BILAN 12g : Le problème de la jeunesse
  90. BILAN 12h : Parti - Internationale - État / V : L’État démocratique
  91. BILAN 13a : À propos de la crise ministérielle en France
  92. BILAN 13b : Le problème de la Sarre et la guerre
  93. BILAN 13c : Fascisme - Démocratie : Communisme
  94. BILAN 13d : La comédie de Mussolini : L’État corporatif en Italie
  95. BILAN 13e : Le problème de la jeunesse (2)
  96. BILAN 13g : Des exclusions en Italie
  97. BILAN 13h : Communiqué sur la répression internationale
  98. BILAN 14a : L’assassinat de Kyrov
  99. BILAN 14b : La suppression de la carte de pain en U.R.S.S.
  100. BILAN 14c : La situation en France
  101. BILAN 14d : Le problème des minorités nationales
  102. BILAN 14e : Le problème de la jeunesse (3)
  103. BILAN 14g : À tous nos lecteurs
  104. BILAN 14g : Quand manque un parti de classe... À propos des événements d’Espagne
  105. BILAN 15a : Deux époques : en marge d’un anniversaire
  106. BILAN 15b : Mathias Rakosy
  107. BILAN 15c : L’attentat de Nicolaïev
  108. BILAN 15d : Ce qu’il faut retenir de l’expérience sarroise
  109. BILAN 15e : À nos lecteurs
  110. BILAN 15f : Le problème de la jeunesse (4)
  111. BILAN 15g : Parti - Internationale - État / VI : L’État fasciste
  112. BILAN 15h : Parti et Classe
  113. BILAN 15i : Au sujet de la répression en Russie
  114. BILAN 16a : Le « dernier problème africain » et l’Italie
  115. BILAN 16b : Doumergue, compétence médiocre et maladroite
  116. BILAN 16d : L’écrasement du prolétariat allemand et l’avènement du fascisme
  117. BILAN 16e : La grève générale, expression de la lutte des classes
  118. BILAN 17a : De la Commune de Paris à la Commune Russe
  119. BILAN 17b : La Grèce, champ de manoeuvre des antagonismes inter-impérialistes
  120. BILAN 17e : Le problème de la jeunesse (5)
  121. BILAN 17g : Au sujet de Victor Serge et de Calligaris
  122. BILAN 18a : Premier Mai 1935
  123. BILAN 18c : Parti - Internationale - État / VII : L’État prolétarien
  124. BILAN 18f : Le problème de la jeunesse (6 et fin)
  125. BILAN 19a : Calligaris en Sibérie
  126. BILAN 19b : Lettre au B.P. du Parti Communiste russe Moscou
  127. BILAN 19c : Teresa Reechia
  128. BILAN 19d : Défaite du prolétariat, victoire du capitalisme : De Hitler à Staline, de Staline à Blum
  129. BILAN 19e : Ce qu’a été l’occupation des mines en Belgique
  130. BILAN 19e : Parti - Internationale - État / VII - 2e partie : l’État soviétique
  131. BILAN 19g : Les fondements de la production et de la distribution communistes
  132. BILAN 20a : De la déclaration de Staline à la manifestation du 14 Juillet
  133. BILAN 20b : L’impérialisme italien à la conquête de l’Abyssinie
  134. BILAN 20c : Projet de rapport sur la situation en Italie
  135. BILAN 20d : Calligaris
  136. BILAN 20f : Les fondements de la production et de la distribution communistes (2)
  137. BILAN 21a : Et voici le cas Calligaris
  138. BILAN 21a : Sous le signe du 14 juillet
  139. BILAN 21c : Projet de rapport sur la situation en Italie (suite)
  140. BILAN 21d : La première et la deuxième internationale devant le problème de la guerre
  141. BILAN 21e : Les fondements de la production et de la distribution communistes (3)
  142. BILAN 21f : Parti - Internationale - État / VII - 3e partie : l’État soviétique
  143. BILAN 22a : L’attentat de Beiso
  144. BILAN 22b : L’Italie en Abyssinie
  145. BILAN 22c : Nous, Calligaris et le Centrisme
  146. BILAN 22e : Rapport sur la situation en Italie (suite et fin)
  147. BILAN 22f : Les internationalistes hollandais sur le programme de la révolution prolétarienne
  148. BILAN 22g : Projet de résolution sur le problème des liaisons internationales
  149. BILAN 23a : Manifeste de la Fraction italienne de la Gauche communiste
  150. BILAN 23b : Sur quelle base s’est effectuée l’unité syndicale - Les Mussolini et Hitler de la France démocratique
  151. BILAN 23c : Compte rendu du Congrès de la fraction - Résolutions adoptées
  152. BILAN 23d : Thèses de Rome - Préface de 1928 et première partie
  153. BILAN 23e : En dehors des partis communistes devenus des instruments du capitalisme mondial
  154. BILAN 24a : Vers une consolidation du front capitaliste en France
  155. BILAN 24b : Pendant que réformistes et centristes scellent l’union sacrée, des mineurs anglais font la grève au fond des puits
  156. BILAN 24c : La résolution du Congrès des Italiens de Bruxelles
  157. BILAN 24d : La motion présentée par la fraction au Congrès des Italiens
  158. Bilan 24e : La tension de la situation italienne et internationale
  159. BILAN 24f : Le déroulement de l’aventure africaine
  160. BILAN 24g : La fraction dans les partis socialistes de la seconde internationale
  161. BILAN 24h : Thèses de Rome - Deuxième partie
  162. BILAN 24i : Lettre du camarade Soep
  163. BILAN 25a : Un mois après l’application des sanctions
  164. BILAN 25b : À la confusion des problèmes monétaires les ouvriers français opposeront leur front de classe
  165. BILAN 25c : Les réfugiés italiens dans la Russie Soviétique
  166. BILAN 25d : Les Centristes escomptent la condamnation de Beiso
  167. BILAN 25e : L’unité syndicale et les fractions
  168. BILAN 25f : Le nouveau bond de l’impérialisme japonais dans la Chine du nord
  169. BILAN 25g : À nos lecteurs
  170. BILAN 25h : Parti - Internationale - État / VII - 4e partie : l’État soviétique
  171. BILAN 25i : Mouvement ouvrier international
  172. BILAN 25j : Staline et le Bolchevisme
  173. BILAN 25k : Thèses de Rome - Troisième partie
  174. BILAN 26a : La réconciliation des français et l’Unité Syndicale
  175. BILAN 26b : La situation en Allemagne : L’exécution de R. Claus
  176. BILAN 26c : Sur le chemin du capitalisme - Le Stakhanovisme en Russie
  177. BILAN 26d : La situation actuelle en Italie, pivot de la situation internationale
  178. BILAN 26e : La situation en Amérique du Sud
  179. BILAN 26f : Parti - Internationale - État / VII - 5e partie : l’État soviétique
  180. BILAN 26g : L’échec des premières discussions avec le groupe « Communist Class Struggle »
  181. BILAN 26h : En marge des Thèses de Rome
  182. BILAN 27a : Quels sont les héritiers de Lénine, Luxemburg, Liebknecht ?
  183. BILAN 27b : Comment, dans la Russie des Soviets, on assassine la camarade Mariottini
  184. BILAN 27c : L’évolution de la situation italienne
  185. BILAN 27d : Le problème du Pacifique et la faillite de la Conférence de Londres
  186. BILAN 27e : Quinze années après Livourne
  187. BILAN 27f : L’écrasement du prolétariat français et ses enseignements internationaux (1)
  188. BILAN 27g : Petrini
  189. BILAN 28a : M. Albert Sarraut, symbole de la cohérence capitaliste
  190. BILAN 28b : Wupperwald et Neukölln
  191. BILAN 28c : L’impudence et les faux de M. Germanetto
  192. BILAN 28d : Le Japon devant la guerre impérialiste
  193. BILAN 28e : Le « Front Populaire » triomphe en Espagne
  194. BILAN 28f : L’écrasement du prolétariat français et ses enseignements internationaux (2)
  195. BILAN 28g : Problèmes de la période de transition (partie 1)
  196. BILAN 28h : Dans la Fraction - Un peu de clarté s’il vous plait
  197. BILAN 28i : Dans la Fraction - À la recherche d’une clarification ?
  198. BILAN 29a : La course vers la guerre
  199. BILAN 29b : Pour le 65e Anniversaire de la Commune de Paris
  200. BILAN 29c : Au sujet du cas Mariottini
  201. BILAN 29d : Une réponse de Gatto Mammone
  202. BILAN 29e : Au sujet des problèmes du parti et de la tactique
  203. BILAN 29f : L’écrasement du prolétariat français et ses enseignements internationaux - Suite et fin
  204. BILAN 29g : Dans la Fraction. Un article de discussion de Gatto Mammone
  205. BILAN 30a : Premier Mai 1936 (Manifeste de la Fraction italienne de la gauche communiste)
  206. BILAN 30b : Le Front international de la répression capitaliste
  207. BILAN 30c : Le prolétariat italien est-il absent ?
  208. BILAN 30d : Premier Mai ( À propos de Calligaris )
  209. BILAN 30e : Les traîtres à l’œuvre
  210. BILAN 30f : Le mouvement ouvrier devant le problème de la guerre
  211. BILAN 30g : De l’Union Sacrée à Zimmerwald - La dernière semaine
  212. BILAN 30h : Quelques brèves nouvelles
  213. BILAN 31a : La victoire du Front Populaire en France
  214. BILAN 31b : Après les élections en Belgique
  215. BILAN 31c : La victoire de l’impérialisme italien ouvre-t-elle un nouveau cours de la révolution mondiale ?
  216. BILAN 31d : Le conflit Arabo-Juif en Palestine (première partie)
  217. BILAN 31e : « De l’Union Sacrée à Zimmerwald » par A. Rosmer
  218. BILAN 31f : Les traîtres à l’œuvre
  219. BILAN 31g : Problèmes de la période de transition (partie 2)
  220. BILAN 31h : Calligaris toujours déporté en Sibérie, sauvons-le !
  221. BILAN 31i : Victor Serge hors des griffes du centrisme
  222. BILAN 32a : La Société des Nations continue
  223. BILAN 32b : Beiso n’a pas été acquitté
  224. BILAN 32c : Ce que fut la Conférence du Droit d’Asile de Paris
  225. BILAN 32d : Le prolétariat français a répondu au Front Populaire
  226. BILAN 32e : La rafale gréviste en Belgique
  227. BILAN 32f : Le conflit Arabo-Juif en Palestine (suite et fin)
  228. BILAN 32g : Mouvement ouvrier international
  229. BILAN 33a : En Espagne — Bourgeoisie contre Prolétariat
  230. BILAN 33b : Francisco Ascaso
  231. BILAN 33c : Adieu Zanasi
  232. BILAN 33d : Nature et évolution de la Révolution russe
  233. BILAN 33e : De l’Union Sacrée à Zimmerwald - Conclusion (Alfred Rosmer)
  234. BILAN 33f : Errata sur « La rafale gréviste en Belgique »
  235. BILAN 34a : Communiqué de la Commission exécutive
  236. BILAN 34b : Au front impérialiste du massacre des ouvriers espagnols il faut opposer le front de classe du prolétariat international
  237. BILAN 34c : La boucherie de Moscou
  238. BILAN 34d : Démocratie formelle et démocratie socialiste
  239. BILAN 34e : De l’Union sacrée à Zimmerwald
  240. BILAN 34f : Problèmes de la période de transition (partie 3)
  241. BILAN 34g : Staline dépasse Mussolini
  242. BILAN 35a : L’abattoir des prolétaires en Espagne
  243. BILAN 35b : Le ventre du capitalisme français orné des plumes du paon socialiste
  244. BILAN 35c : La crise dans la Fraction — Communiqué de la CE
  245. BILAN 35d : La tragédie espagnole
  246. BILAN 35e : La révolution espagnole
  247. BILAN 35f : Les problèmes de la période de transition (partie 4)
  248. BILAN 35g : Nature et évolution de la Révolution russe : Réponse au camarade Hennaut
  249. BILAN 35h : La crise dans la Fraction — Communiqué du comité de coordination
  250. BILAN 36a : La consigne de l’heure : ne pas trahir
  251. BILAN 36b : Octobre 1917 - Octobre 1936
  252. BILAN 36c : Mario di Leone
  253. BILAN 36e : L’isolement de notre fraction devant les événements d’Espagne
  254. BILAN 36f : La crise de la Fraction - Communiqué de la Commission Exécutive
  255. BILAN 36g : Documents de la minorité
  256. BILAN 37a : La réalité d’un « gouvernement de façade »
  257. BILAN 37b : Mario de Leone est mort
  258. BILAN 37c : Salut du groupe de Marseille
  259. BILAN 37d : Salut du groupe de la minorité de Barcelone
  260. BILAN 37e : L’ « autre » aspect de la domination capitaliste. La « Démocratie » en fonction aux États Unis
  261. BILAN 37f : La bourgeoisie renverra-t-elle Blum ?
  262. BILAN 37g : Problèmes de la période de transition (partie 5)
  263. BILAN 37h : Nouveaux assassinats : Nouvelle Constitution en Russie
  264. BILAN 37i : La crise de la fraction - Ordre du jour de la Commission Exécutive
  265. BILAN 38a : Le capitalisme français n’a pas renvoyé Blum
  266. BILAN 38b : Trotski pourra-t-il rester au Mexique ?
  267. BILAN 38f : Problèmes de la période de transition (partie 6 - fin)
  268. BILAN 39a : Le procès de Moscou
  269. BILAN 39b : Le prolétariat français doit briser l’Union Sacrée
  270. BILAN 39c : Lénine - Luxemburg - Liebknecht
  271. BILAN 39d : À propos d’un anniversaire
  272. BILAN 39e : Sous le signe de la constitution « la plus démocratique du monde » on extermine en URSS la génération d’Octobre
  273. BILAN 39f : Nos divergences avec le camarade Hennaut
  274. BILAN 39g : Le Marxisme n’est pas de la littérature Camarade Victor Serge !
  275. BILAN 39h : Que faire ? Retourner au Parti Communiste, Messieurs !
  276. BILAN 40a : Premier Mai 1937
  277. BILAN 40b : La France « libre, forte et heureuse » assassine les prolétaires
  278. BILAN 41a : Plomb, Mitraille, Prison
  279. BILAN 41b : Quand les bourreaux parlent... Le discours de Staline
  280. BILAN 41f : Antonio Gramsci - Camillo Berneri
  281. BILAN 41g : Bilan en danger - La vie de Bilan
  282. BILAN 42a : La répression en Espagne et en Russie
  283. BILAN 42f : Antonio Gramsci
  284. BILAN 43a : Pour la solidarité de classe à toutes les victimes de la guerre d’Espagne
  285. BILAN 43b : Du travail et du pain
  286. BILAN 43c : Andrés Nin assassiné ?
  287. BILAN 43d : Les bourreaux soviétiques à l’oeuvre
  288. BILAN 43e : À propos de quelques élucubrations trotskistes
  289. BILAN 43f : Le Comité national de la C.G.T.
  290. BILAN 43g : L’évolution des évènements d’Espagne
  291. BILAN 43h : Le Front Populaire
  292. BILAN 43i : Pour le Bureau International des fractions communistes de gauche
  293. BILAN 43j : L’impérialisme japonais à la conquête de la Chine
  294. BILAN 43k : Documentation internationale
  295. BILAN 43l : La vie de Bilan
  296. BILAN 44a : Lettre ouverte au Centre pour la IVe Internationale et au Parti Socialiste Révolutionnaire de Belgique
  297. BILAN 44b : À bas le carnage impérialiste en Chine
  298. BILAN 44c : Le capitalisme passe à l’attaque « La France aux Français »
  299. BILAN 44d : La guerre impérialiste d’Espagne et le massacre des mineurs asturiens
  300. BILAN 44e : Le monde arabe en ébullition
  301. BILAN 44f : Marxisme et Dogmatisme
  302. BILAN 44g : Et Calligaris ?
  303. BILAN 45a : Pour le XXème anniversaire de la Révolution d’Octobre
  304. BILAN 45b : Le front populaire continue
  305. BILAN 45c : Le droit au soulèvement armé
  306. BILAN 46a : "Bilan" disparaît
  307. BILAN 46e : Un grand renégat à la queue de paon : Léon Trotsky
  308. BILAN 46g : Écho à l’étude de la période de transition
  309. BILAN 46h : "Octobre" bulletin mensuel du Bureau International des Fractions de Gauche