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Revue publiée par le Forum de la Gauche Communiste Internationaliste : C’est pour contribuer à déblayer la voie vers la clarification et le regroupement sur des bases théoriques, politiques et organisationnelles saines que Controverses a vu le jour. En d’autres termes, tout en tenant compte du changement de période qui n’est plus au reflux mais à la reprise historique des combats de classes, notre objectif essentiel est de reprendre ce qui était le souci de Bilan mais qu’il n’a pu mener complètement à bien compte-tenu des conditions d’alors : « ...une critique intense qui visait à rétablir les notions du marxisme dans tous les domaines de la connaissance, de l’économie, de la tactique, de l’organisation », et ce sans « aucun dogme », sans « aucun interdit non plus qu’aucun ostracisme », et « par le souci de déterminer une saine polémique politique ». Ceci est plus que jamais indispensable afin de réussir un nouvel « Octobre 17 » sous peine de se retrouver comme ces « vieux bolcheviks ... qui répètent stupidement une formule apprise par cœur, au lieu d’étudier ce qu’il y avait d’original dans la réalité nouvelle. (extrait de l’éditorial du n°1)
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Le premier numéro de la revue trimestrielle Gavroche est sorti en décembre 1981. Il prenait la suite du Peuple français, belle aventure éditoriale des années soixante-dix. Depuis plus de 20 ans, la revue s’attache à la retranscription des fêtes, des travaux, des luttes et des joies du principal acteur de l’histoire : le peuple. Gavroche fait aussi resurgir des événements jusque-là ignorés ou passés volontairement sous silence.
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BILAN 12h : Parti - Internationale - État / V : L’État démocratique
Octobre 1934 / pp. 426 - 432
10 décembre 2006 par eric

La théorie matérialiste de l’histoire quand elle établit l’inexistence et l’impossibilité de voir apparaître un État démocratique réel, ne se borne évidemment pas à démontrer l’erreur des conceptions historiques qui l’ont précédée en invoquant le fait que jamais pareil État n’existât : la critique marxiste va bien plus loin ; elle renverse les fondements des théories libérales et démocratiques, en démolit la substance et prouve que les rails sur lesquels s’effectue l’évolution historique ne se trouvent nullement dans le choc des idées, des volontés, ou des consultations électorales, mais bien dans la lutte que se font entre elles les différentes classes de la société, cette lutte étant elle-même conditionnée par l’évolution de la technique de production.

Aussi dans la critique de l’État démocratique, qui relève des fondements mêmes de la doctrine marxiste, la pensée prolétarienne ne peut féconder une position qui se situerait à l’extrême gauche des théories libérales ou démocratiques, mais doit comporter la négation radicale de la construction démocratique dans son ensemble. En outre, résultant d’une progression historique qui le pousse au pouvoir, en niant l’État démocratique existant, le prolétariat ne pourra prendre pour base de sa concentration des positions démocratiques, même si ces dernières sont devenues désuètes et sont repoussées par la classe qui s’en était servie pour accéder à la direction de la société. Sur la scène historique il n’y a pas de place pour des compétitions oratoires : le jeu consistant à reprendre des revendications qui appartinrent à l’ennemi et que ce dernier se trouve forcé d’abandonner, ne représente donc guère une condition favorable au succès de la classe ouvrière. Nous n’arriverons jamais à établir les lois qui régissent les institutions sociales en général, et les institutions étatiques en particulier, en nous basant sur les principes qui furent établis lors de l’apparition de ces dernières ou sur les modalités de leur fonctionnement. Pour comprendre la vie d’un État il nous faudra déterminer les conditions historiques dans lesquelles il fut fondé et d’où surgit la classe qui lui donna vie. Ainsi il nous sera possible de constater qu’il n’y a aucune contradiction dans le processus historique et que le capitalisme peut parfaitement rester au pouvoir, même s’il a recours à des formes étatiques différentes, comme par exemple, l’État fasciste et l’État démocratique. Une lutte révolutionnaire ne pouvant être dirigée contre un État, extrait de son milieu social, mais contre la classe qui l’a forgé et au service de laquelle il se trouve, aucune possibilité n’existe de confondre la théorie marxiste de la dictature du prolétariat avec les autres théories dictatoriales et anti-démocratiques. Enfin chaque classe protagoniste d’une époque déterminée de l’histoire ne peut agir qu’à la condition d’être pourvue d’un programme spécifique dont la réalisation ne peut jamais être reliée à ses formes ou des institutions appartenant à l’ennemi. Dans la trajectoire d’une classe au pouvoir, un moment arrive où elle ne peut plus rester fidèle aux engagements pris lors de son apparition et de sa victoire, et le capitalisme, par exemple, ne peut plus maintenir sa domination au travers de l’État démocratique. Mais à ce moment la collision sociale ne se produit pas entre l’idéologie démocratique et le renégat que deviendrait le capitalisme, mais se détermine entre la bourgeoisie et le prolétariat, la force fécondée par le développement productif, laquelle force va se trouver devant l’alternative de la conquête du pouvoir ou de son écrasement par l’ennemi ne voulant abandonner ses privilèges. Si le prolétariat se résignait à se cantonner dans l’idéologie démocratique, il ne ferait que se relier aux mêmes éléments qui après avoir permis l’épanouissement de la bourgeoisie se seraient métamorphosés en une nouvelle organisation anti-démocratique, mais toujours capitaliste. S’il veut triompher, le prolétariat ne peut qu’avancer son programme. Si les contingences ne lui sont pas favorables momentanément, la seule condition de son succès ultérieur sera de rester fidèle à lui-même, car son rattachement aux positions qui furent celles de son ennemi, à coup sûr, le castrerait en tant que fécondateur de la nouvelle société, et il deviendrait la proie des mouvements fascistes hurlant qu’il faut sonner le glas non de la société capitaliste, mais de l’État démocratique.

Tout le travail théorique de Marx, Engels et Lénine, aussi bien que les sanglantes expériences des ouvriers pour atteindre une capacité et une conscience d’affirmer leurs revendications historiques, n’empêchent nullement que la plus grande confusion règne encore au sujet de la notion de l’État démocratique. Dans le morcellement actuel du prolétariat payant la rançon cruelle de son incapacité à faire de la guerre de 1914-18 et de la révolution russe le prologue de la révolution mondiale, parmi les décombres qui obstruent le travail des communistes, il est devenu impossible d’émettre des formulations qui nous paraissent élémentaires, parce que jaillissant des terribles cataclysmes où le prolétariat a laissé des milliers, si ce n’est des millions de victimes. Les défaites ouvrières ont amassé tellement de ruines qu’il ne paraît possible d’échapper à l’isolement qu’à la seule condition de piétiner dans les ténèbres ; maintenir aujourd’hui une fidélité aux conceptions prolétariennes, c’est se condamner à un pénible travail, sans portée immédiate, et assister impuissant aux cris des redresseurs de partis, des fondateurs d’avortons de partis ou d’internationales, redresseurs et fondateurs qui se voient rejoints par les traîtres à qui ils reprochaient auparavant de ne pas avoir compris que pour lutter pour la révolution communiste il faut s’appuyer sur la révolution démocratique. Et oui ! Encore une fois, nos maîtres sont vénérés par traîtres et « redresseurs » qui déposeront sur eux la tiare pour en faire des saints qui, contrairement aux divinités qui promettent le paradis dans l’au-delà, nous indiqueraient le salut dans un bond en arrière, nous permettant de reprendre les programmes démocratiques apparus lors des révolutions bourgeoises. Marx en 1848 et postérieurement, Lénine en 1917 et ultérieurement, n’avaient-ils pas engagé le prolétariat à lutter pour telle ou telle force libérale, radicale ou démocratique ? N’est-ce pas là une preuve qu’on honore, qu’on vénère, qu’on sanctifie ces maîtres, lorsqu’on reprend leurs positions contingentes.

Mais par ce subterfuge, on ébranle les fondements mêmes de la théorie marxiste, car sournoisement on fera croire qu’aujourd’hui quand se pose devant les masses le problème suivant : prendre le pouvoir ou être écrasé, quand l’histoire arrive à la croisée des chemins et que les classes fondamentales et leur lutte pour la direction de la société décident des événements, après que le prolétariat a donné la vie des siens pour sa libération, on voudrait accréditer la conception que ce ne serait plus la lutte de classe qui déciderait, mais la lutte pour ou contre l’État démocratique. Et les antimarxistes, les sectaires, seront ceux qui, comme nous, s’obstinent à affirmer que les mêmes forces ou positions politiques qui pouvaient avoir une valeur progressive passagère en 1848 ou en 1917, se sont démontrées, par après, des forces de tout premier ordre de la contre-révolution, au moment où l’évolution productive et politique ont posé un dilemme sans équivoque et opposé désormais les classes essentielles dans une lutte qui ne connaîtra d’issue définitive que dans l’écrasement du capitalisme, ou qui évoluera de catastrophe en catastrophe si le prolétariat ne comprend pas que c’est lui avec son programme seul qui pourra construire la nouvelle société.

Les deux termes : État et démocratie, s’opposent radicalement entre eux. En effet, les prémisses historiques qui rendent nécessaires la construction d’un État annulent toute possibilité d’un fonctionnement démocratique et, inversement, un mécanisme démocratique ne peut être actionné qu’en cas où n’existe pas d’État. Nous ne prenons évidemment pas ici la signification étymologique ou historique de ces deux formulations, mais la valeur que ces deux expressions ont fini par recevoir actuellement. On entend, par la formulation : « État démocratique » la construction et la vie d’un État qui serait soumis aux suggestions et aux volontés de la majorité des électeurs. Mais cette conception déformée de la réalité ne fait que refléter la confusion existante dans le mouvement communiste, car il est impossible d’établir une liaison entre un organisme : l’État, qui se base - et à pour but - la coercition, et un mécanisme de son fonctionnement, s’inspirant d’un critère opposé, à savoir exprimer la volonté des assujettis aux organes étatiques. En ramenant le problème à ses fondements, nous comprendrons aussi pourquoi cette notion contradictoire d’État démocratique a été le produit des situations, car il est erroné de croire que la critique marxiste se borne à y voir une simple machination trompeuse inventée dans le but de masquer la domination de la classe ennemie.

Sur le terrain de l’évolution productrice, nous assistons, dans chaque période historique, à une croissance de l’emprise de l’homme sur les forces de la nature qui a pour effet une extension parallèle des minorités pouvant bénéficier de la progression constante des forces et de la masse de la production. Les frontières délimitant la zone de la classe exploiteuse et maîtresse, s’élargissent toujours jusqu’à comprendre un nombre plus élevé de participants au butin économique, mais ces frontières restent fermées à une modification progressive de la base de la société, en sa nouvelle forme supérieure, et c’est uniquement la violence révolutionnaire qui pourra déterminer un changement dans l’organisation sociale. La caste, des sociétés esclavagistes, sera moins nombreuse que les stratifications sociales composant les monarchies du moyen-âge et ces dernières seront remplacées par la nouvelle classe capitaliste, constituée par le nombre accru des éléments qui peuvent disposer des moyens de production devenus de plus en plus accessibles aux individualités économiques. Mais l’évolution productive et sa marche extensive, entraînant une progression constante de l’homme qui trouve, dans le développement économique, les prémisses pour passer de l’état de simple assujetti aux forces de la nature, à la phase supérieure de « producteur », est contrecarrée par un autre cours qui laisse une seule minorité à la tête de la société. En effet, la masse des produits n’étant pas assez vaste pour que tous les composants de la société puissent en bénéficier d’une part suffisante pour satisfaire leurs besoins, la minorité sera donc celle qui contrôlera, les moyens de production.

Les conceptions libérales et démocratiques peuvent donc s’appuyer sur la progression des moyens de production pour justifier une évolution continue qui apporterait inévitablement une suppression des inégalités sociales. Seulement, puisque leur démonstration a pour but de prouver le bien fondé d’une organisation sociale donnée, au lieu de considérer - comme le fait la théorie marxiste - que le centre moteur de l’évolution historique se trouve justement dans le développement de la technique de production, elle aboutira à un déplacement du problème qui cherchera à prouver que les situations obéissent à d’autres lois et dépendent surtout de la perméabilité des organismes étatiques représentés d’électeurs. Car si l’on se basait sur l’évolution productive, il faudrait ouvertement affirmer que l’on n’assiste pas à une succession ininterrompue d’organisations sociales s’ouvrant aux masses, et au terme de laquelle se trouverait enfin la suppression des inégalités sociales. Par contre, il faudrait admettre que la seule succession qui puisse se vérifier est celle des classes au pouvoir, et que si une progression existe elle consiste uniquement dans le fait que le privilège peut contenir un nombre supérieur d’exploiteurs, alors qu’en correspondance, sous l’effet de la loi de la reproduction humaine, s’élargit aussi - et sur la base d’un rythme beaucoup plus intense - le nombre d’exploités ne pouvant atteindre la qualité et la position sociale du producteur. Si les théories libérales et démocratiques peuvent trouver un semblant de justification historique, c’est parce qu’une progression existe dans la technique de la production. Mais la reconnaissance de ce critère, pour la compréhension des événements conduirait directement à annuler la justification de la société capitaliste non plus érigée en dogme immuable, fonction de la volonté de ses composants, mais simplement dépendant d’un certain degré de développement des forces de production et du privilège qui y correspond.

Dans sa signification courante nous assistons donc à une marche que nous pourrions appeler de « démocratisation », mais elle se borne uniquement et exclusivement à la zone comprenant les exploiteurs et n’entame en rien la base de toutes les sociétés fondées sur la division en classes antagoniques.

Mais même cette extension numérique des classes exploiteuses, ne signifie pas qu’en leur sein le mécanisme démocratique déterminera la hiérarchie économique et politique et que le consentement des membres de la classe établira l’échelle des différentes formations dirigeantes. Tout comme pour l’ensemble de la société, au sein de la classe exploiteuse c’est en définitive la position occupée par rapport au mécanisme productif qui fera que le plus fort façonnera, suivant ses intérêts, le cadre de l’organisation sociale. Le mécanisme démocratique n’aura de valeur qu’uniquement dans un sens formel : toutes les individualités de la société pourront accéder à une certaine puissance économique, mais alors il faut acquérir les positions concrètes permettant l’ascension et cela n’est évidemment possible qu’à la condition de détenir les leviers de commande indispensables. L’organisation sociale n’étant pas une simple hiérarchie militaire, mais un processus vivant et continu devant chercher le stimulant à son fonctionnement dans un horizon économique, il est indispensable de présenter une perspective de position supérieure à atteindre pour faire épanouir la vie de la société dans son ensemble. Aussi le mécanisme démocratique n’est pas un simple masque du privilège social, mais représente un ressort pouvant mettre en branle tout l’édifice social. Il n’a d’autre fonction que celle de déterminer une vision d’amélioration possible parmi les membres de la société : le mouvement réel étant commandé par la hiérarchie des positions détenues dans le mécanisme productif.

L’État démocratique se présente donc comme composé organiquement de deux éléments, dont l’un - l’essentiel - est représenté par un instrument de coercition, l’autre - le procédé de son fonctionnement - fait entrevoir aux composants de la société et de la classe la possibilité d’atteindre un stade supérieur sans toutefois leur donner les conditions réelles pour y arriver.

* * *

En dehors des temps modernes que l’on présente en général comme étant l’ère de l’État démocratique, nous trouvons surtout ce dernier en Grèce, particulièrement à Athènes, et, au Moyen-Âge, dans la République Florentine. Mais dans ces deux cas, nous voyons clairement que ces États démocratiques se fondent sur la séparation brutale et l’exclusion légale d’une partie des classes composant la société de ces époques. En effet, à Athènes, seuls les hommes libres sont considérés citoyens et la démocratie fonctionne sur la base de l’exploitation éhontée des esclaves. A Florence, la république est établie sur la base du bannissement des arts considérés comme inférieurs de toutes les fonctions sociales. Ces derniers sont d’ailleurs la base de la procréation du surtravail permettant l’exploitation des classes maîtresses de la République. Dans les deux cas nous assistons à la construction d’une cloison étanche fermant les frontières de la classe dirigeante à laquelle n’auront aucune possibilité d’accès les éléments des autres classes opprimées. C’est ce qui fera dire à Hegel que la république grecque fut établie sur le principe de « la liberté d’un seul » voulant indiquer ainsi qu’aucune possibilité n’existait pour les esclaves de briser les chaînes qui les damnaient à vivre comme des bêtes de somme. Dans la république Florentine, la nature de cet État démocratique apparaît si clairement que les couches de travailleurs de l’époque se dirigent vers l’appui à la monarchie des Médicis pour se libérer de l’oppression des couches maîtresses de la République. D’autre part lors de la révolte des Ciompi de Florence nous constatons l’apparition de revendications qui n’embrassent pas les intérêts des véritables exploités de l’époque, qui restent toujours bannis de la République, mais qui tendent simplement à un dépassement intérieur de l’influence des arts composants cet État démocratique.

Ainsi qu’Engels le disait, l’État grec présente des conditions de pureté permettant de saisir la signification et le rôle de cette institution. C’est avec l’apparition de l’État que nous assistons aussi à la construction d’une théorie de l’État qui fournit d’ailleurs encore aujourd’hui matière aux élucubrations des théoriciens démocratiques et libéraux. Nous avons déjà indiqué en quoi consistait cet État démocratique dont les esclaves formaient la base sur laquelle s’exerçait la domination des exploiteurs. Il nous est donc facile de comprendre que toute la théorie d’Aristote se bornant à considérer l’État en soi et non l’État en tant qu’instrument au service d’une classe donnée est le produit de certaines conditions historiques. La théorie de l’État entité en soi, que nous transmirent les philosophes grecs épuise le sujet et rien d’essentiel n’y aura été ajouté. Mais tout comme la république athénienne était isolée de l’écrasante majorité de la population, cette théorie de l’État isole également ce dernier du milieu de classe et de la situation qui l’engendrent. La critique marxiste ne peut donc que remettre cette théorie sur une base réelle prouvant ainsi que les conclusions d’Aristote qui permettent la construction d’une harmonie sociale, peuvent bien arriver à une distribution démocratique des fonctions, mais à la condition de définir la société comme composée seulement d’hommes libres, à l’exclusion de la majorité des esclaves.

Pour ce qui est des temps modernes, il faut commencer par établir que la notion de l’État démocratique ne résulte nullement des théories des Encyclopédistes. Suivant Rousseau, la république démocratique ne peut correspondre qu’à « un peuple de dieux » : les différenciations sociales et intellectuelles inclues dans la réalité, obligeant de construire l’État sur la base de la hiérarchie, des valeurs existantes. La théorie de Rousseau, Le Contrat Social, comporte, en effet, non l’abdication ou la renonciation des pouvoirs de la part de ceux qui les détiennent, mais l’abandon nécessaire d’une fraction de liberté de chacun des composants de la société afin de permettre la vie et le fonctionnement de l’État. Il est évident qu’en sortant des termes indéterminés où se mouvaient les Encyclopédistes, nous comprendront facilement que le sacrifice d’une fraction de liberté qui devait être spontanément offerte n’était en définitive que la justification idéologique de la domination des exploiteurs à qui l’on faisait cession du droit de gouverner la société. L’État démocratique moderne ne trouve pas sa genèse dans les élucubrations des théoriciens démocratiques et libéraux, mais dans les événements qui accompagnent l’ascension du capitalisme au pouvoir. Les conceptions de la déclaration sur laquelle se fondera l’État de Virginia en Amérique - qui servit de base à la constitution américaine de 1787, et qui se retrouve ensuite dans la déclaration des Droits de l’Homme de 1791 - ne se relie nullement avec la philosophie des Encyclopédistes qui - comme le disait Montesquieu - considéraient possible une république démocratique exclusivement pour des petits territoires et non comme une forme d’organisation générale pouvant régir la société dans son ensemble.

L’ascension de la bourgeoisie au pouvoir s’accompagne d’une modification radicale du mécanisme de la production qui pose déjà les prémisses pour la construction d’une société communiste supérieure. L’instrument de production qui jusqu’ici avait eu une nature d’outil pouvant être actionné par des travailleurs individuels ou par des unités de ces travailleurs réunis en corporations, devient alors un instrument requérant l’intervention collective des travailleurs. C’est la machine à vapeur qui, déterminant une révolution sans égale dans l’histoire, détruisit toute possibilité de maintenir la division des classes dans les frontières délimitées de la caste et oblige désormais les « citoyens » à prendre figure directe de producteurs rassemblés autour du même instrument de travail. Les modifications qui s’accomplirent dans les situations historiques rendirent impossibles le maintien de la vie de la société dans le milieu exclusif des couches d’exploiteurs au sein desquels - ainsi que nous l’avons vu - agissait également comme stimulant le mécanisme démocratique, faisant entrevoir aux moins privilégiés la possibilité d’atteindre une position sociale supérieure.

L’aliment de vie de la société dans son ensemble dut donc être trouvé ailleurs, et comme résultant du nouveau caractère pris par l’instrument de production, affirmant son divorce avec l’individualité économique. La base de constitution des États modernes se retrouve ainsi non dans la possibilité d’atteindre une position économique meilleure, mais dans l’accès aux fonctions politiques qui est présenté possible à tous les composants de la société, qui pourront désormais entrer dans les organismes gouvernementaux du nouvel État, apparaissant non plus comme les précédents, relié mécaniquement à la production, mais scindé de celui-ci et ayant l’apparence d’une vie propre, obéissant aux lois des consultations électorales.

L’État démocratique trouve ses fondements dans les caractères particuliers de la classe capitaliste qui ne se restreint pas aux limites des privilèges du sang, mais trouve la source de son hégémonie dans l’ambiance économique nouvelle où la domination sociale résulte de l’appropriation de la plus-value. La classe ne se reliant plus automatiquement au mécanisme de la production, il n’est plus possible d’exclure obligatoirement une partie de la société. D’autre part la vie sociale dans son ensemble étant bouleversée par la nouvelle condition où se trouvent les travailleurs réunis autour des instruments de la production, il devient indispensable de fournir un appât à ces ouvriers ayant acquis une position de producteurs collectifs afin qu’ils subissent la loi d’une société qui se base sur les principes de la propriété privée des moyens de production. Et cet appât est représenté par la séparation entre État et gouvernement, ce qui constitue d’ailleurs la caractéristique essentielle de l’État démocratique moderne. Les ouvriers autant que les capitalistes auraient donc accès aux organes gouvernementaux de direction de L’État et la Constitution de Virginia, aussi bien que la Déclaration de 1791 consacrent jusqu’au droit à l’insurrection.

L’État démocratique se présente, par conséquent, comme un produit direct de l’évolution historique ayant conduit le capitalisme au pouvoir. La cessation du fonctionnement du mécanisme démocratique prouve que la classe capitaliste est devenue un anachronisme historique, mais ne prouve nullement que le rétablissement de ce fonctionnement pourrait faciliter la victoire du nouvel ordre communiste. Pour arriver à ce but il faudra abattre la classe ennemie et dans l’accomplissement de cette oeuvre il n’y aura aucune possibilité de s’accrocher à la revendication de la démocratie. Autrement, il faudra répéter l’abstraction qu’avait effectuée la philosophie grecque en considérant l’État en lui-même et admettre, comme elle, la démocratie pure et en « soi ». Cet artifice littéraire n’aurait pour effet que de retirer la classe ouvrière de l’arène où elle peut agir pour ses intérêts spécifiques car, en définitive, la démocratie ne permet pas la formation d’une classe indépendante luttant pour une nouvelle société, mais seulement d’aboutir à la constitution d’un gouvernement que l’on présenterait alors comme maître ( ? ) de l’appareil étatique. En effet, la constitution d’une organisation ouvrière est la négation des conceptions sur lesquelles se base l’État démocratique et il est absolument faux que la construction des organismes ouvriers soit le fruit de l’État démocratique. Par contre, une opposition principielle existe entre les institutions de l’État démocratique et la fondation des organismes ouvriers. Par les premiers les prolétaires sont rattachés à la fiction démocratique, par les seconds les ouvriers opposent au gouvernement bourgeois un cours historique opposé conduisant à leur affranchissement. Le droit d’insurrection réservé dans les constitutions démocratiques se rapporte aux minorités par rapport aux majorités mais ne reflète nullement les revendications ouvrières dont la simple apparition représente une négation de la théorie de l’État démocratique.

Le problème de la conversion de l’État démocratique en État fasciste montre que l’heure a sonné où le capitalisme ne peut plus maintenir sa domination en laissant subsister des organismes ouvriers et ces derniers ne peuvent maintenir leurs bastions qu’à la condition de passer à l’insurrection pour la construction de la société nouvelle. Ce n’est donc pas une modification organique qui se vérifie dans l’État démocratique, mais un processus de purification de cet État qui écrase par la violence tous les facteurs adverses qui avaient pu se fonder.

Le mouvement ouvrier a surgi comme une négation de la démocratie et il ne peut reprendre son cours qu’à la condition de rester dans les limites de son programme, s’exprimant dans la nécessité de créer l’État ouvrier sur les principes de la dictature du prolétariat. Ce régime de transition permettant de balayer toutes les résistances des forces ennemies, réalise aussi des conditions poussant à une plus haute expansion de la technique de production et prépare les conditions où la volonté des producteurs pouvant s’exprimer librement en vue de la satisfaction des besoins, les fondements seront établis pour une réelle égalité, et pour la suppression des bases mêmes de la démocratie qui n’est en définitive, et dans la meilleure des hypothèses, que consentement d’une majorité à confier la gestion de leurs intérêts à une minorité de gouvernants et de privilégiés.

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  54. BILAN 08c : La situation de la classe ouvrière japonaise
  55. BILAN 08d : Une quatrième internationale ou une réplique de la Troisième (3)
  56. BILAN 08e : Parti - Internationale - État / III : Classe et Parti
  57. BILAN 08f : L’arabisation du C.C. du Parti Communiste Syrien
  58. BILAN 08g : A propos de la Sarre
  59. BILAN 09a : Chronique du mois
  60. BILAN 09b : La situation en France (résolution de la C.E.)
  61. BILAN 09c : La chine soviétique
  62. BILAN 09d : Parti - Internationale - État / IV : Parti et Internationale
  63. BILAN 09e : La Campagne pour Thaelmann
  64. BILAN 10a : En marge du front unique
  65. BILAN 10b : L’acte désespéré des mineurs de l’Escarpelle
  66. BILAN 10c : A Constantine : l’impérialisme tire profit du massacre de ses instruments
  67. BILAN 10d : Les événements du 30 juin en Allemagne
  68. BILAN 10e : De l’Internationale 2 et 3/4 à la Deuxième Internationale
  69. BILAN 10f : Crises et cycles dans l’économie du capitalisme agonisant (1ère partie)
  70. BILAN 10g : La Mongolie « Rouge », convoitise de l’impérialisme japonais
  71. BILAN 10h : Mouvement Communiste international - Une résolution de la Ligue des Communistes de Belgique
  72. BILAN 11a : L’Entrée de la Russie dans la S.D.N.
  73. BILAN 11b : Le Syndicat unique et le « procédé de fusion »
  74. BILAN 11c : Comment les réformistes belges torpillent les grèves
  75. BILAN 11d : Les bolcheviks-léninistes entrent dans la S.F.I.O.
  76. BILAN 11e : Les Problèmes de l’Extrême-Orient
  77. BILAN 11f : Les compétitions inter-impérialistes en Chine
  78. BILAN 11g : La Mandchourie
  79. BILAN 11h : Crises et cycles dans l’économie du capitalisme agonisant (2eme partie)
  80. BILAN 11i : Hermann Gorter (sa place dans le mouvement théorique du communisme international)
  81. BILAN 11j : Les Jeunesses léninistes belges récidivent
  82. BILAN 11k : Marcel Cachin a 65 ans
  83. BILAN 12a : À nos lecteurs
  84. BILAN 12b : L’écrasement du prolétariat espagnol
  85. BILAN 12c : Vers un « Parti Unique » en France
  86. BILAN 12d : La prison de la faim - Une grève de mineurs hongrois
  87. BILAN 12e : Le capitalisme français marque un nouveau point
  88. BILAN 12f : Le problème de la Sarre : Non ! Non ! Non !
  89. BILAN 12g : Le problème de la jeunesse
  90. BILAN 12h : Parti - Internationale - État / V : L’État démocratique
  91. BILAN 13a : À propos de la crise ministérielle en France
  92. BILAN 13b : Le problème de la Sarre et la guerre
  93. BILAN 13c : Fascisme - Démocratie : Communisme
  94. BILAN 13d : La comédie de Mussolini : L’État corporatif en Italie
  95. BILAN 13e : Le problème de la jeunesse (2)
  96. BILAN 13g : Des exclusions en Italie
  97. BILAN 13h : Communiqué sur la répression internationale
  98. BILAN 14a : L’assassinat de Kyrov
  99. BILAN 14b : La suppression de la carte de pain en U.R.S.S.
  100. BILAN 14c : La situation en France
  101. BILAN 14d : Le problème des minorités nationales
  102. BILAN 14e : Le problème de la jeunesse (3)
  103. BILAN 14g : À tous nos lecteurs
  104. BILAN 14g : Quand manque un parti de classe... À propos des événements d’Espagne
  105. BILAN 15a : Deux époques : en marge d’un anniversaire
  106. BILAN 15b : Mathias Rakosy
  107. BILAN 15c : L’attentat de Nicolaïev
  108. BILAN 15d : Ce qu’il faut retenir de l’expérience sarroise
  109. BILAN 15e : À nos lecteurs
  110. BILAN 15f : Le problème de la jeunesse (4)
  111. BILAN 15g : Parti - Internationale - État / VI : L’État fasciste
  112. BILAN 15h : Parti et Classe
  113. BILAN 15i : Au sujet de la répression en Russie
  114. BILAN 16a : Le « dernier problème africain » et l’Italie
  115. BILAN 16b : Doumergue, compétence médiocre et maladroite
  116. BILAN 16d : L’écrasement du prolétariat allemand et l’avènement du fascisme
  117. BILAN 16e : La grève générale, expression de la lutte des classes
  118. BILAN 17a : De la Commune de Paris à la Commune Russe
  119. BILAN 17b : La Grèce, champ de manoeuvre des antagonismes inter-impérialistes
  120. BILAN 17e : Le problème de la jeunesse (5)
  121. BILAN 17g : Au sujet de Victor Serge et de Calligaris
  122. BILAN 18a : Premier Mai 1935
  123. BILAN 18c : Parti - Internationale - État / VII : L’État prolétarien
  124. BILAN 18f : Le problème de la jeunesse (6 et fin)
  125. BILAN 19a : Calligaris en Sibérie
  126. BILAN 19b : Lettre au B.P. du Parti Communiste russe Moscou
  127. BILAN 19c : Teresa Reechia
  128. BILAN 19d : Défaite du prolétariat, victoire du capitalisme : De Hitler à Staline, de Staline à Blum
  129. BILAN 19e : Ce qu’a été l’occupation des mines en Belgique
  130. BILAN 19e : Parti - Internationale - État / VII - 2e partie : l’État soviétique
  131. BILAN 19g : Les fondements de la production et de la distribution communistes
  132. BILAN 20a : De la déclaration de Staline à la manifestation du 14 Juillet
  133. BILAN 20b : L’impérialisme italien à la conquête de l’Abyssinie
  134. BILAN 20c : Projet de rapport sur la situation en Italie
  135. BILAN 20d : Calligaris
  136. BILAN 20f : Les fondements de la production et de la distribution communistes (2)
  137. BILAN 21a : Et voici le cas Calligaris
  138. BILAN 21a : Sous le signe du 14 juillet
  139. BILAN 21c : Projet de rapport sur la situation en Italie (suite)
  140. BILAN 21d : La première et la deuxième internationale devant le problème de la guerre
  141. BILAN 21e : Les fondements de la production et de la distribution communistes (3)
  142. BILAN 21f : Parti - Internationale - État / VII - 3e partie : l’État soviétique
  143. BILAN 22a : L’attentat de Beiso
  144. BILAN 22b : L’Italie en Abyssinie
  145. BILAN 22c : Nous, Calligaris et le Centrisme
  146. BILAN 22e : Rapport sur la situation en Italie (suite et fin)
  147. BILAN 22f : Les internationalistes hollandais sur le programme de la révolution prolétarienne
  148. BILAN 22g : Projet de résolution sur le problème des liaisons internationales
  149. BILAN 23a : Manifeste de la Fraction italienne de la Gauche communiste
  150. BILAN 23b : Sur quelle base s’est effectuée l’unité syndicale - Les Mussolini et Hitler de la France démocratique
  151. BILAN 23c : Compte rendu du Congrès de la fraction - Résolutions adoptées
  152. BILAN 23d : Thèses de Rome - Préface de 1928 et première partie
  153. BILAN 23e : En dehors des partis communistes devenus des instruments du capitalisme mondial
  154. BILAN 24a : Vers une consolidation du front capitaliste en France
  155. BILAN 24b : Pendant que réformistes et centristes scellent l’union sacrée, des mineurs anglais font la grève au fond des puits
  156. BILAN 24c : La résolution du Congrès des Italiens de Bruxelles
  157. BILAN 24d : La motion présentée par la fraction au Congrès des Italiens
  158. Bilan 24e : La tension de la situation italienne et internationale
  159. BILAN 24f : Le déroulement de l’aventure africaine
  160. BILAN 24g : La fraction dans les partis socialistes de la seconde internationale
  161. BILAN 24h : Thèses de Rome - Deuxième partie
  162. BILAN 24i : Lettre du camarade Soep
  163. BILAN 25a : Un mois après l’application des sanctions
  164. BILAN 25b : À la confusion des problèmes monétaires les ouvriers français opposeront leur front de classe
  165. BILAN 25c : Les réfugiés italiens dans la Russie Soviétique
  166. BILAN 25d : Les Centristes escomptent la condamnation de Beiso
  167. BILAN 25e : L’unité syndicale et les fractions
  168. BILAN 25f : Le nouveau bond de l’impérialisme japonais dans la Chine du nord
  169. BILAN 25g : À nos lecteurs
  170. BILAN 25h : Parti - Internationale - État / VII - 4e partie : l’État soviétique
  171. BILAN 25i : Mouvement ouvrier international
  172. BILAN 25j : Staline et le Bolchevisme
  173. BILAN 25k : Thèses de Rome - Troisième partie
  174. BILAN 26a : La réconciliation des français et l’Unité Syndicale
  175. BILAN 26b : La situation en Allemagne : L’exécution de R. Claus
  176. BILAN 26c : Sur le chemin du capitalisme - Le Stakhanovisme en Russie
  177. BILAN 26d : La situation actuelle en Italie, pivot de la situation internationale
  178. BILAN 26e : La situation en Amérique du Sud
  179. BILAN 26f : Parti - Internationale - État / VII - 5e partie : l’État soviétique
  180. BILAN 26g : L’échec des premières discussions avec le groupe « Communist Class Struggle »
  181. BILAN 26h : En marge des Thèses de Rome
  182. BILAN 27a : Quels sont les héritiers de Lénine, Luxemburg, Liebknecht ?
  183. BILAN 27b : Comment, dans la Russie des Soviets, on assassine la camarade Mariottini
  184. BILAN 27c : L’évolution de la situation italienne
  185. BILAN 27d : Le problème du Pacifique et la faillite de la Conférence de Londres
  186. BILAN 27e : Quinze années après Livourne
  187. BILAN 27f : L’écrasement du prolétariat français et ses enseignements internationaux (1)
  188. BILAN 27g : Petrini
  189. BILAN 28a : M. Albert Sarraut, symbole de la cohérence capitaliste
  190. BILAN 28b : Wupperwald et Neukölln
  191. BILAN 28c : L’impudence et les faux de M. Germanetto
  192. BILAN 28d : Le Japon devant la guerre impérialiste
  193. BILAN 28e : Le « Front Populaire » triomphe en Espagne
  194. BILAN 28f : L’écrasement du prolétariat français et ses enseignements internationaux (2)
  195. BILAN 28g : Problèmes de la période de transition (partie 1)
  196. BILAN 28h : Dans la Fraction - Un peu de clarté s’il vous plait
  197. BILAN 28i : Dans la Fraction - À la recherche d’une clarification ?
  198. BILAN 29a : La course vers la guerre
  199. BILAN 29b : Pour le 65e Anniversaire de la Commune de Paris
  200. BILAN 29c : Au sujet du cas Mariottini
  201. BILAN 29d : Une réponse de Gatto Mammone
  202. BILAN 29e : Au sujet des problèmes du parti et de la tactique
  203. BILAN 29f : L’écrasement du prolétariat français et ses enseignements internationaux - Suite et fin
  204. BILAN 29g : Dans la Fraction. Un article de discussion de Gatto Mammone
  205. BILAN 30a : Premier Mai 1936 (Manifeste de la Fraction italienne de la gauche communiste)
  206. BILAN 30b : Le Front international de la répression capitaliste
  207. BILAN 30c : Le prolétariat italien est-il absent ?
  208. BILAN 30d : Premier Mai ( À propos de Calligaris )
  209. BILAN 30e : Les traîtres à l’œuvre
  210. BILAN 30f : Le mouvement ouvrier devant le problème de la guerre
  211. BILAN 30g : De l’Union Sacrée à Zimmerwald - La dernière semaine
  212. BILAN 30h : Quelques brèves nouvelles
  213. BILAN 31a : La victoire du Front Populaire en France
  214. BILAN 31b : Après les élections en Belgique
  215. BILAN 31c : La victoire de l’impérialisme italien ouvre-t-elle un nouveau cours de la révolution mondiale ?
  216. BILAN 31d : Le conflit Arabo-Juif en Palestine (première partie)
  217. BILAN 31e : « De l’Union Sacrée à Zimmerwald » par A. Rosmer
  218. BILAN 31f : Les traîtres à l’œuvre
  219. BILAN 31g : Problèmes de la période de transition (partie 2)
  220. BILAN 31h : Calligaris toujours déporté en Sibérie, sauvons-le !
  221. BILAN 31i : Victor Serge hors des griffes du centrisme
  222. BILAN 32a : La Société des Nations continue
  223. BILAN 32b : Beiso n’a pas été acquitté
  224. BILAN 32c : Ce que fut la Conférence du Droit d’Asile de Paris
  225. BILAN 32d : Le prolétariat français a répondu au Front Populaire
  226. BILAN 32e : La rafale gréviste en Belgique
  227. BILAN 32f : Le conflit Arabo-Juif en Palestine (suite et fin)
  228. BILAN 32g : Mouvement ouvrier international
  229. BILAN 33a : En Espagne — Bourgeoisie contre Prolétariat
  230. BILAN 33b : Francisco Ascaso
  231. BILAN 33c : Adieu Zanasi
  232. BILAN 33d : Nature et évolution de la Révolution russe
  233. BILAN 33e : De l’Union Sacrée à Zimmerwald - Conclusion (Alfred Rosmer)
  234. BILAN 33f : Errata sur « La rafale gréviste en Belgique »
  235. BILAN 34a : Communiqué de la Commission exécutive
  236. BILAN 34b : Au front impérialiste du massacre des ouvriers espagnols il faut opposer le front de classe du prolétariat international
  237. BILAN 34c : La boucherie de Moscou
  238. BILAN 34d : Démocratie formelle et démocratie socialiste
  239. BILAN 34e : De l’Union sacrée à Zimmerwald
  240. BILAN 34f : Problèmes de la période de transition (partie 3)
  241. BILAN 34g : Staline dépasse Mussolini
  242. BILAN 35a : L’abattoir des prolétaires en Espagne
  243. BILAN 35b : Le ventre du capitalisme français orné des plumes du paon socialiste
  244. BILAN 35c : La crise dans la Fraction — Communiqué de la CE
  245. BILAN 35d : La tragédie espagnole
  246. BILAN 35e : La révolution espagnole
  247. BILAN 35f : Les problèmes de la période de transition (partie 4)
  248. BILAN 35g : Nature et évolution de la Révolution russe : Réponse au camarade Hennaut
  249. BILAN 35h : La crise dans la Fraction — Communiqué du comité de coordination
  250. BILAN 36a : La consigne de l’heure : ne pas trahir
  251. BILAN 36b : Octobre 1917 - Octobre 1936
  252. BILAN 36c : Mario di Leone
  253. BILAN 36e : L’isolement de notre fraction devant les événements d’Espagne
  254. BILAN 36f : La crise de la Fraction - Communiqué de la Commission Exécutive
  255. BILAN 36g : Documents de la minorité
  256. BILAN 37a : La réalité d’un « gouvernement de façade »
  257. BILAN 37b : Mario de Leone est mort
  258. BILAN 37c : Salut du groupe de Marseille
  259. BILAN 37d : Salut du groupe de la minorité de Barcelone
  260. BILAN 37e : L’ « autre » aspect de la domination capitaliste. La « Démocratie » en fonction aux États Unis
  261. BILAN 37f : La bourgeoisie renverra-t-elle Blum ?
  262. BILAN 37g : Problèmes de la période de transition (partie 5)
  263. BILAN 37h : Nouveaux assassinats : Nouvelle Constitution en Russie
  264. BILAN 37i : La crise de la fraction - Ordre du jour de la Commission Exécutive
  265. BILAN 38a : Le capitalisme français n’a pas renvoyé Blum
  266. BILAN 38b : Trotski pourra-t-il rester au Mexique ?
  267. BILAN 38f : Problèmes de la période de transition (partie 6 - fin)
  268. BILAN 39a : Le procès de Moscou
  269. BILAN 39b : Le prolétariat français doit briser l’Union Sacrée
  270. BILAN 39c : Lénine - Luxemburg - Liebknecht
  271. BILAN 39d : À propos d’un anniversaire
  272. BILAN 39e : Sous le signe de la constitution « la plus démocratique du monde » on extermine en URSS la génération d’Octobre
  273. BILAN 39f : Nos divergences avec le camarade Hennaut
  274. BILAN 39g : Le Marxisme n’est pas de la littérature Camarade Victor Serge !
  275. BILAN 39h : Que faire ? Retourner au Parti Communiste, Messieurs !
  276. BILAN 40a : Premier Mai 1937
  277. BILAN 40b : La France « libre, forte et heureuse » assassine les prolétaires
  278. BILAN 41a : Plomb, Mitraille, Prison
  279. BILAN 41b : Quand les bourreaux parlent... Le discours de Staline
  280. BILAN 41f : Antonio Gramsci - Camillo Berneri
  281. BILAN 41g : Bilan en danger - La vie de Bilan
  282. BILAN 42a : La répression en Espagne et en Russie
  283. BILAN 42f : Antonio Gramsci
  284. BILAN 43a : Pour la solidarité de classe à toutes les victimes de la guerre d’Espagne
  285. BILAN 43b : Du travail et du pain
  286. BILAN 43c : Andrés Nin assassiné ?
  287. BILAN 43d : Les bourreaux soviétiques à l’oeuvre
  288. BILAN 43e : À propos de quelques élucubrations trotskistes
  289. BILAN 43f : Le Comité national de la C.G.T.
  290. BILAN 43g : L’évolution des évènements d’Espagne
  291. BILAN 43h : Le Front Populaire
  292. BILAN 43i : Pour le Bureau International des fractions communistes de gauche
  293. BILAN 43j : L’impérialisme japonais à la conquête de la Chine
  294. BILAN 43k : Documentation internationale
  295. BILAN 43l : La vie de Bilan
  296. BILAN 44a : Lettre ouverte au Centre pour la IVe Internationale et au Parti Socialiste Révolutionnaire de Belgique
  297. BILAN 44b : À bas le carnage impérialiste en Chine
  298. BILAN 44c : Le capitalisme passe à l’attaque « La France aux Français »
  299. BILAN 44d : La guerre impérialiste d’Espagne et le massacre des mineurs asturiens
  300. BILAN 44e : Le monde arabe en ébullition
  301. BILAN 44f : Marxisme et Dogmatisme
  302. BILAN 44g : Et Calligaris ?
  303. BILAN 45a : Pour le XXème anniversaire de la Révolution d’Octobre
  304. BILAN 45b : Le front populaire continue
  305. BILAN 45c : Le droit au soulèvement armé
  306. BILAN 46a : "Bilan" disparaît
  307. BILAN 46e : Un grand renégat à la queue de paon : Léon Trotsky
  308. BILAN 46g : Écho à l’étude de la période de transition
  309. BILAN 46h : "Octobre" bulletin mensuel du Bureau International des Fractions de Gauche