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Cahiers du Communisme de Conseils - Série complète !
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Sur le Web
Controverses
Revue publiée par le Forum de la Gauche Communiste Internationaliste : C’est pour contribuer à déblayer la voie vers la clarification et le regroupement sur des bases théoriques, politiques et organisationnelles saines que Controverses a vu le jour. En d’autres termes, tout en tenant compte du changement de période qui n’est plus au reflux mais à la reprise historique des combats de classes, notre objectif essentiel est de reprendre ce qui était le souci de Bilan mais qu’il n’a pu mener complètement à bien compte-tenu des conditions d’alors : « ...une critique intense qui visait à rétablir les notions du marxisme dans tous les domaines de la connaissance, de l’économie, de la tactique, de l’organisation », et ce sans « aucun dogme », sans « aucun interdit non plus qu’aucun ostracisme », et « par le souci de déterminer une saine polémique politique ». Ceci est plus que jamais indispensable afin de réussir un nouvel « Octobre 17 » sous peine de se retrouver comme ces « vieux bolcheviks ... qui répètent stupidement une formule apprise par cœur, au lieu d’étudier ce qu’il y avait d’original dans la réalité nouvelle. (extrait de l’éditorial du n°1)
Gavroche - La revue
Le premier numéro de la revue trimestrielle Gavroche est sorti en décembre 1981. Il prenait la suite du Peuple français, belle aventure éditoriale des années soixante-dix. Depuis plus de 20 ans, la revue s’attache à la retranscription des fêtes, des travaux, des luttes et des joies du principal acteur de l’histoire : le peuple. Gavroche fait aussi resurgir des événements jusque-là ignorés ou passés volontairement sous silence.
L’Echo de la Fabrique
Le journal des chefs d’ateliers et ouvriers de la soie à Lyon, hebdomadaire phare de la presse ouvrière, paraît d’octobre 1831 à mai 1834. Ce site en donne à lire l’intégrale des articles, suite à un remarquable travail empreint d’une grande rigueur scientifique. Indispensable pour l’étude des insurrections des canuts de 1831 et 1834.
La Révolution prolétarienne
Revue fondée par Pierre Monatte en 1925. Le site publie un grand nombre d’articles de la période "historique". La publication se poursuit...
La Bataille socialiste
Site de ressources documentaires sur le patrimoine socialiste. Suit l’actualité des parutions, publie certains articles en ligne et propose des documents concernant le mouvement ouvrier de la première moitié du XXe siècle principalement.
BILAN 14e : Le problème de la jeunesse (3)
Décembre 1934 - Janvier 1935 / pp. 486 - 490
13 mars 2007 par albin

Dans les précédents articles, consacrés à ce problème, nous avons essayé de définir, en fonction de la lutte prolétarienne, les conditions objectives qui règlent, dans un sens négatif ou positif, l’élan et l’impétuosité naturels de la jeunesse. Mais la signification d’un phénomène social, quelqu’il soit, n’apparaît pleinement qu’au travers de la réalité mouvante de l’histoire des luttes de classes. C’est pourquoi, dans le présent article, nous allons nous efforcer de traiter, sous cet aspect, le problème de la jeunesse.

Au fond, si l’on entend donner la signification sociale de la jeunesse prolétarienne, il faut remonter à cette période historique qui concrétise dans les faits l’activité déployée par les générations montantes de la bourgeoisie elle-même. En jetant un regard rétrospectif sur cette période, il nous sera, en effet, possible de démontrer que, si les mouvements de la jeunesse bourgeoise se fondent sur l’œuvre économique édifiée par leur classe, ils n’expriment pas une idéologie conforme à l’esprit de cette dernière et contiennent même en germe les prémices idéologiques qu’il faut au prolétariat pour abattre la domination capitaliste elle-même.

Les conditions qui ont présidé au développement de la bourgeoisie consistant surtout dans les fondements économiques conquis par elle, au sein de la société féodale et qui représentaient (sous la forme des comptoirs commerciaux, des manufactures et des banques), les organisations nécessaires pour son avènement comme classe dirigeante, permettent d’expliquer l’activité insignifiante de ses jeunes générations dans la vie politique, particulièrement pendant la période de formation du capitalisme. Même dans le domaine économique où elles étaient naturellement employées, elles sont reléguées à l’arrière-plan justement parce que ce domaine était, il va de soi, accessible seulement aux individus expérimentés et possédant les connaissances techniques nécessaires. Plus tard, lorsque l’influence de la bourgeoisie grandit à tel point que les féodaux recherchent son alliance et lui accordent, dans ce but, des concessions établissant en droit leur participation aux affaires publiques, même alors, il n’y avait que les éléments les plus représentatifs de cette classe qui s’élevaient à ces fonctions. Par conséquent, la formation des jeunes générations d’alors était surtout d’ordre pratique et consistait à les adapter progressivement aux nécessités du commerce et de l’industrie.

Quand, simultanément au renforcement de son activité économique, la bourgeoisie se donne une ligne politique, elle ne parvient pas encore à satisfaire au besoin du mouvement de sa jeunesse, pour la bonne raison que la diplomatie servile dont elle faisait usage était contraire à ce besoin. Les causes de cette politique molle et hésitante sont les suivantes : l’appareil productif actionné par la bourgeoisie crée des richesses dont elle bénéficie, mais qui nécessitent cependant des formes légitimes de propriété. Aussi s’efforce-t-elle de les faire reconnaître et légitimer par les institutions existantes. Mais, dès qu’on lui accorde un droit, aussitôt elle jure solennellement fidélité aux féodaux en témoignage de gratitude. Et si, parfois, il arrive qu’elle se révèle sous un aspect plus décidé et plus combatif, c’est presque toujours sous la contrainte et la pression des masses populaires. Celles-ci déjà écrasées sous le poids des exigences féodales voyaient, au surplus, s’avilir leurs conditions de vie et de travail dans la mesure où la contradiction entre le nouveau système productif et la réalité féodale s’accentuait. Elles se soulevaient alors contre les classes privilégiées.

Or, ces luttes, tout en étant en opposition avec la politique pratiquée par la bourgeoisie, la desservaient pourtant, puisque le contraste économico-politique de l’époque ne pouvait et ne devait avoir d’autre issue que la suppression de la domination féodale pour y substituer celle de la bourgeoisie. Pourtant, si elle se mêle et dirige quelquefois ces soulèvements, ce n’est pas pour donner l’impulsion exigée pour cette transformation de régime, ni davantage pour aider à la réalisation des réclamations des révoltés. Si elle agissait ainsi c’était dans le double but d’éviter de devenir elle-même l’objet du mécontentement des insurgés et de se tailler, en leur promettant son appui pour soutenir leur revendication auprès des féodaux, une popularité parmi les classes inférieures de la société. En réalité, par cette promesse, conditionnée d’ailleurs par la cessation des conflits en cours, elle réussissait à capter et diriger ces mouvements dans le sens qui convenait à sa politique de compromission et favorable, par conséquent, aux classes dominantes. Devant une telle situation, on comprend facilement que la jeunesse s’en va vers les centres actifs dont disposent les féodaux, afin d’y répandre leur trop plein d’énergie. L’armée de mercenaires était notamment un de ces centres, destinés à ce que l’on appelait les guerres religieuses qui étaient, en réalité, des guerres de conquêtes nécessitées par le rétrécissement des cadres territoriaux en rapport avec les possibilités nouvelles de l’économie. Comme les conflits intérieurs étaient, eux aussi, provoqués par des motifs religieux et l’armée étant évidemment du côté des classes conservatrices, la répression des soulèvements devenait en partie l’œuvre des jeunes bourgeois. Étant donné la diversité des couches sociales qui composaient les cadres militaires de l’époque, il n’est pas possible de discerner, de nos jours, dans quelle mesure ils accomplissaient cette fonction. Quoiqu’il en soit, il suffit de constater l’activité mercantile et diplomatique de la bourgeoisie en opposition avec le caractère aventureux et bruyamment actif de la soldatesque d’alors et de la fréquence des soulèvements que l’armée avait pour charge de mater, pour se rendre compte où allait le choix de la jeunesse et prouver que celle-ci, pas plus d’ailleurs que toutes les autres, n’échappe à la puissance attractive du mouvement, même s’il se situe nettement du côté de la réaction. Et aussi longtemps que la bourgeoisie ne se délimitera pas idéologiquement des autres classes de la société, aussi longtemps qu’elle ne sera pas forcée, par les remous sociaux, de conquérir la puissance politique, ses jeunes générations demeureront un simple appendice de classe, se mettant spontanément au service de la force sociale réactionnaire et qui, par l’intermédiaire de liens familiaux, continuera l’œuvre économique des vieilles générations, c’est-à-dire gérer et faire prospérer les richesses qui leur échoient plus tard par héritage.

Quoique cette dernière fonction soit réellement progressiste, il n’est pas moins vrai qu’elle était sérieusement entravée du fait que la jeunesse exerçait en même temps une activité au sein d’organismes constitués dans le but de maintenir au pouvoir la force sociale qui était un obstacle au libre épanouissement du nouveau mode de production.

Lorsque les progrès de l’industrie et du commerce atteignent un certain stade de développement, les institutions sociales de l’époque deviennent chaque jour plus insupportables non seulement aux masses populaires, mais aussi à la bourgeoisie. En effet, alors que les progrès de la technique nécessitaient des connaissances toujours plus considérables, elle voyait dans le clergé, influençant presque exclusivement les institutions et notamment les universités, l’obstacle principal à la satisfaction de ses nouvelles exigences. Elle lui déclare la guerre et les revendications qu’elle pose se heurtant directement à une fortification essentielle de la féodalité prennent un caractère nettement révolutionnaire. Ces attaques, il est vrai, étaient limitées par elle au domaine de l’activité culturelle, mais elles deviennent rapidement les objectifs dont s’inspirent les masses populaires. Dès lors, la jeunesse bourgeoise afflue en grand nombre vers les centres universitaires, afin de s’instruire pour se guider dans le domaine productif et subit deux influences convergeant vers ce même but : l’anéantissement du régime féodal.

D’un côté, la production scientifique philosophique et littéraire des penseurs qui élaboraient, sous l’influence des événements économiques et politiques de l’époque, les données idéologiques correspondant aux nouveaux besoins de la bourgeoisie industrielle, de l’autre côté la fréquence des soulèvements populaires impressionnaient puissamment les jeunes, d’autant plus que ces soulèvements s’inspiraient des idées de ces penseurs. Tels sont les changements qui s’effectuaient dans les esprits et qui ont permis la constitution, surtout au sein des universités - où la jeunesse intellectuelle se rassemblait en fort contingent et où la pensée nouvelle faisait école - des phalanges de jeunes étudiants révolutionnaires dont l’action héroïque diffère non seulement de celle des jeunes générations précédentes, mais qui était également en réaction avec les intérêts de la bourgeoisie, car elle représentait encore imparfaitement il est vrai les aspirations des masses ouvrières de cette époque.

Mais aussi peu conforme à l’esprit et à la politique de sa classe, il est incontestable que ces mouvements ne sont que le produit social et ont leurs racines dans les fortifications économiques d’abord, idéologiques ensuite, édifiées par la bourgeoisie et par ses penseurs au sein de la féodalité. Et pour ce qui est du contraste, il résulte du caractère même de l’économie. A ce moment-là les conditions requises pour la socialisation des moyens de production existent, mais le facteur social nécessaire pour cette opération : le prolétariat, n’était pas encore mûr pour l’accomplir.

Les mouvements de la jeunesse bourgeoise se caractérisent par un moment historique de transition. Ils coïncident, en effet, avec l’achèvement et le couronnement de l’œuvre économique de la bourgeoisie et avec les premiers efforts du prolétariat à rechercher les formes et le contenu idéologique indispensable pour pouvoir intervenir d’une façon indépendante dans l’arène politique, et cesser d’être un compagnon de route de la bourgeoisie comme il le faisait jusque-là.

Si l’on examine la première période du 19ème siècle, pendant la lutte de la bourgeoisie progressiste en Allemagne, en France, etc., contre la monarchie absolutiste, tampon entre les féodaux et la grosse bourgeoisie et entrave au libre développement des forces économiques, nous constatons que c’est surtout les jeunes étudiants qui alimentent les détachements d’avant-garde de cette époque. En Allemagne, dès 1815, surgit parmi les intellectuels et les étudiants un mouvement illégal tendant à la constitution de l’unité allemande et dont le but était de répandre la culture et l’instruction parmi le peuple. Metternich et les gouvernants allemands soumirent à une furieuse répression ce mouvement et, en particulier, les cercles d’étudiants qui, par après, se transformèrent en des organisations révolutionnaires. En France, pendant les premières années consécutives à la révolution de 1830, les sociétés révolutionnaires sont composées principalement d’étudiants et d’intellectuels. En Russie, les étudiants jouent un rôle très important dans la lutte contre l’absolutisme tsariste.

Dans les pays où la bourgeoisie pu s’incorporer dans l’État sans traverser de puissantes tempêtes révolutionnaires, ces mouvements stimulent non la formation de cercles d’étudiants révolutionnaires mais l’élévation du mouvement ouvrier à la vie politique. En effet, lorsque leur classe, par crainte du prolétariat, freina et pactisa avec la réaction absolutiste, en France, en Allemagne, etc., les meilleurs éléments de la jeunesse bourgeoise, imprégnés d’un vibrant idéalisme révolutionnaire, continuèrent leur chemin vers la nouvelle classe progressiste : le prolétariat. C’est ainsi, par exemple, que Marx et Engels, directement issus de cette fraction conséquente de la jeunesse bourgeoise, deviennent les compagnons les plus dévoués du prolétariat international à qui ils apportent un matériel idéologique très appréciable dans une période où les forces intellectuelles étaient fort rares au sein du mouvement ouvrier.

Dans le douloureux et sanglant développement du prolétariat, la jeunesse ouvrière a joué un rôle important seulement au moment des progrès du mouvement ouvrier et des multiples grèves qui déferlaient dans les grandes métropoles. Mais cette activité se déployait non dans le sens d’une clarification théorique mais surtout dans celui du stimulant de l’action directe contre l’ennemi. Le prolétariat ne devient réellement conscient de son existence, de sa force et de sa tâche que dans la mesure où il parvient à s’organiser et construire son parti de classe et il se fait que cette organisation est la tâche la plus pénible, la plus douloureuse à réaliser. Le problème de cette organisation prolétarienne s’est posé seulement après que les travailleurs, notamment ceux d’Angleterre, eurent fondé les organisations qui correspondaient à leurs aspirations élémentaires : les syndicats, les coopératives. Mais la construction du parti dépasse largement l’horizon d’intérêts localisés à la profession et à la vie quotidienne du prolétariat. S’il se conditionne sur ces bases, il essaye surtout de valoriser les réactions immédiates et la force numérique des ouvriers pour donner, en fin de compte, aux prolétaires la conscience des tâches dont la réalisation est la condition de l’émancipation de tous. Classe économiquement progressiste, elle seule réalise dans l’histoire la pensée unitaire d’une société, le communisme, par la gestation de sa conscience au sein du parti. Ce dernier valorisant le nombre et donnant une cohérence aux réactions spontanées produites par les organisations de masses, les syndicats, réalise grâce à cela une conscience supérieure et unitaire, donc programmatique et tactique, au travers de l’élaboration de données idéologiques. Cette conscience progresse ou rétrograde dans la mesure où la lutte ouvrière s’amplifie, se calme, s’atténue. La formation du parti s’est posée sous la forme concrète que l’expérience a donnée aux trois Internationales lesquelles, dans trois périodes différentes, ont représenté les aspirations et la conscience des travailleurs du monde entier.

Pendant la période qu’a vécue la création de la Première Internationale, on peut déjà tracer d’une façon précise l’influence réciproque existante entre la jeunesse prolétarienne et les couches conscientes du prolétariat organisé au sein des groupes d’avant-garde. A ce moment, le prolétariat possède des organisations telles les Trade-Unions en Angleterre, les coopératives en France. Au surplus, des penseurs comme Fourrier, Saint-Simon, Owen et d’autres encore s’efforcent de résoudre, à l’aide de différents plans, l’antagonisme existant entre exploités et exploiteurs. Quand la Première Internationale apparaît, plusieurs conceptions sociales de luttes prolétariennes sont en présence, se substituant à celles de ces utopistes qui, eux, n’envisageaient que l’adaptation au régime. Blanquisme, anarchisme et enfin le marxisme déterminent les contours idéologiques de l’Internationale. Cependant la lutte qui dresse l’un contre l’autre Bakounine et Marx ne représente alors, à aucun moment, l’opposition entre une tendance extrémiste et une tendance opportuniste mais fut surtout l’expression de l’immaturité des travailleurs et, d’une façon plus précise, le résultat idéologique des rapports économiques existant entre les masses petites-bourgeoises dépossédées et le prolétariat en formation. Mais on constate, d’autre part, que les courants qui trouvent des adeptes parmi la jeunesse sont surtout le blanquisme, l’anarchisme, étant donné leur caractère de violence et les généralités théoriques dont ils s’inspirent.

Tandis que Marx et Engels restent sans aucune influence parmi les étudiants révolutionnaires d’alors et à plus forte raison parmi la jeunesse ouvrière vivant dans le dénuement le plus complet et illettrée dans sa grande majorité. C’est seulement à partir du moment où ils entrent en relation avec les courants blanquistes et marxistes que leur théorie trouve un certain écho parmi ces jeunes étudiants.

Mais, par sa création même, la Première Internationale établit définitivement les principes de la lutte organisée et internationale du prolétariat et prépare les conditions nécessaires pour que, dans la période ultérieure, le mouvement de la jeunesse prolétarienne puisse former et exercer une activité spécifique. Les incidents qui eurent lieu au Congrès de l’Internationale tenu à Genève en 1866 montrent, à notre avis, que cette assemblée était absorbée toute entière par les problèmes fondamentaux, l’émancipation du prolétariat et, par conséquent, en dehors des préoccupations pratiques de la jeunesse. Riazanov relate, dans son livre « Marx et Engels » que ce Congrès débuta par un scandale. De France étaient arrivés, outre les proudhoniens, des blanquistes qui prétendaient participer aux travaux du Congrès. Presque tous étaient des étudiants très révolutionnaires... Quoique n’ayant aucun mandat, ils faisaient plus de tapage que tout le monde. En fin de compte, on les expulsa rudement. A ce Congrès, il fut cependant question de la jeunesse. Une thèse de Marx en parlait laquelle fut d’ailleurs adoptée sans amendement. On y disait notamment que « la tendance de l’industrie contemporaine à faire collaborer les enfants et les adolescents des deux sexes à l’œuvre de production sociale était une tendance progressiste, saine et légitime, quoique, sous la domination du capital, elle se transforma en un horrible fléau. Dans une société rationnellement organisée, d’après Marx, tout enfant, à partir de l’âge de 9 ans, devait être un travailleur productif. De même aucun adulte en bonne santé ne pouvait se dérober à l’accomplissement de cette loi de la nature : travailler pour avoir la possibilité de manger et travailler non seulement intellectuellement mais aussi physiquement ». Nous parlerons plus loin des différentes positions revendiquées au sein du mouvement ouvrier à ce sujet. Pour l’instant, contentons-nous de voir, dans cette énonciation, le contenu essentiel des mouvements de jeunesse qui fleurissent plus tard dans la Deuxième Internationale.

Que la Première Internationale n’ait pas rencontré la sympathie de la jeunesse ouvrière, qu’elle se soit même écroulée, la faute en est à la situation de l’époque faisant de cette Internationale une organisation possédant des génies comme Marx et Engels mais ne contrôlant pas encore des masses prolétariennes considérables et déployant son activité principalement dans l’élaboration des données idéologiques sur lesquelles s’appuya l’action prolétarienne dans la nouvelle situation. De la formation de la Deuxième Internationale résultent deux phénomènes importants pour expliquer le succès qu’elle pu remporter parmi la jeunesse ouvrière. Avant tout elle représente la consécration du marxisme en tant que méthode de lutte du prolétariat et elle popularise cette doctrine. En second lieu elle permet au prolétariat de devenir une force sociale numériquement puissante en l’organisant au sein des syndicats ; et, s’appuyant sur l’héroïsme des travailleurs tombés, dans le passé, pour la cause du prolétariat, elle remplit dès lors les conditions d’attraction réclamées par la jeunesse ouvrière. Mais il y a cependant dans cette Internationale une action spécifique des jeunes dont il faut examiner, ici, les bases.

Jusque là on ne pouvait parler d’un mouvement de jeunesse ouvrière ayant des tâches et des organisations propres. C’est seulement quand la lutte ouvrière passe de la spontanéité à l’action concertée et systématique et que les programmes s’affrontent et les luttes idéologiques s’engagent, que la jeunesse socialiste s’affirme sur la tendance à l’autonomie qui semble devoir représenter le lien de continuité des traditions révolutionnaires étouffées par l’opportunisme.

HILDEN


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  109. BILAN 15e : À nos lecteurs
  110. BILAN 15f : Le problème de la jeunesse (4)
  111. BILAN 15g : Parti - Internationale - État / VI : L’État fasciste
  112. BILAN 15h : Parti et Classe
  113. BILAN 15i : Au sujet de la répression en Russie
  114. BILAN 16a : Le « dernier problème africain » et l’Italie
  115. BILAN 16b : Doumergue, compétence médiocre et maladroite
  116. BILAN 16d : L’écrasement du prolétariat allemand et l’avènement du fascisme
  117. BILAN 16e : La grève générale, expression de la lutte des classes
  118. BILAN 17a : De la Commune de Paris à la Commune Russe
  119. BILAN 17b : La Grèce, champ de manoeuvre des antagonismes inter-impérialistes
  120. BILAN 17e : Le problème de la jeunesse (5)
  121. BILAN 17g : Au sujet de Victor Serge et de Calligaris
  122. BILAN 18a : Premier Mai 1935
  123. BILAN 18c : Parti - Internationale - État / VII : L’État prolétarien
  124. BILAN 18f : Le problème de la jeunesse (6 et fin)
  125. BILAN 19a : Calligaris en Sibérie
  126. BILAN 19b : Lettre au B.P. du Parti Communiste russe Moscou
  127. BILAN 19c : Teresa Reechia
  128. BILAN 19d : Défaite du prolétariat, victoire du capitalisme : De Hitler à Staline, de Staline à Blum
  129. BILAN 19e : Ce qu’a été l’occupation des mines en Belgique
  130. BILAN 19e : Parti - Internationale - État / VII - 2e partie : l’État soviétique
  131. BILAN 19g : Les fondements de la production et de la distribution communistes
  132. BILAN 20a : De la déclaration de Staline à la manifestation du 14 Juillet
  133. BILAN 20b : L’impérialisme italien à la conquête de l’Abyssinie
  134. BILAN 20c : Projet de rapport sur la situation en Italie
  135. BILAN 20d : Calligaris
  136. BILAN 20f : Les fondements de la production et de la distribution communistes (2)
  137. BILAN 21a : Et voici le cas Calligaris
  138. BILAN 21a : Sous le signe du 14 juillet
  139. BILAN 21c : Projet de rapport sur la situation en Italie (suite)
  140. BILAN 21d : La première et la deuxième internationale devant le problème de la guerre
  141. BILAN 21e : Les fondements de la production et de la distribution communistes (3)
  142. BILAN 21f : Parti - Internationale - État / VII - 3e partie : l’État soviétique
  143. BILAN 22a : L’attentat de Beiso
  144. BILAN 22b : L’Italie en Abyssinie
  145. BILAN 22c : Nous, Calligaris et le Centrisme
  146. BILAN 22e : Rapport sur la situation en Italie (suite et fin)
  147. BILAN 22f : Les internationalistes hollandais sur le programme de la révolution prolétarienne
  148. BILAN 22g : Projet de résolution sur le problème des liaisons internationales
  149. BILAN 23a : Manifeste de la Fraction italienne de la Gauche communiste
  150. BILAN 23b : Sur quelle base s’est effectuée l’unité syndicale - Les Mussolini et Hitler de la France démocratique
  151. BILAN 23c : Compte rendu du Congrès de la fraction - Résolutions adoptées
  152. BILAN 23d : Thèses de Rome - Préface de 1928 et première partie
  153. BILAN 23e : En dehors des partis communistes devenus des instruments du capitalisme mondial
  154. BILAN 24a : Vers une consolidation du front capitaliste en France
  155. BILAN 24b : Pendant que réformistes et centristes scellent l’union sacrée, des mineurs anglais font la grève au fond des puits
  156. BILAN 24c : La résolution du Congrès des Italiens de Bruxelles
  157. BILAN 24d : La motion présentée par la fraction au Congrès des Italiens
  158. Bilan 24e : La tension de la situation italienne et internationale
  159. BILAN 24f : Le déroulement de l’aventure africaine
  160. BILAN 24g : La fraction dans les partis socialistes de la seconde internationale
  161. BILAN 24h : Thèses de Rome - Deuxième partie
  162. BILAN 24i : Lettre du camarade Soep
  163. BILAN 25a : Un mois après l’application des sanctions
  164. BILAN 25b : À la confusion des problèmes monétaires les ouvriers français opposeront leur front de classe
  165. BILAN 25c : Les réfugiés italiens dans la Russie Soviétique
  166. BILAN 25d : Les Centristes escomptent la condamnation de Beiso
  167. BILAN 25e : L’unité syndicale et les fractions
  168. BILAN 25f : Le nouveau bond de l’impérialisme japonais dans la Chine du nord
  169. BILAN 25g : À nos lecteurs
  170. BILAN 25h : Parti - Internationale - État / VII - 4e partie : l’État soviétique
  171. BILAN 25i : Mouvement ouvrier international
  172. BILAN 25j : Staline et le Bolchevisme
  173. BILAN 25k : Thèses de Rome - Troisième partie
  174. BILAN 26a : La réconciliation des français et l’Unité Syndicale
  175. BILAN 26b : La situation en Allemagne : L’exécution de R. Claus
  176. BILAN 26c : Sur le chemin du capitalisme - Le Stakhanovisme en Russie
  177. BILAN 26d : La situation actuelle en Italie, pivot de la situation internationale
  178. BILAN 26e : La situation en Amérique du Sud
  179. BILAN 26f : Parti - Internationale - État / VII - 5e partie : l’État soviétique
  180. BILAN 26g : L’échec des premières discussions avec le groupe « Communist Class Struggle »
  181. BILAN 26h : En marge des Thèses de Rome
  182. BILAN 27a : Quels sont les héritiers de Lénine, Luxemburg, Liebknecht ?
  183. BILAN 27b : Comment, dans la Russie des Soviets, on assassine la camarade Mariottini
  184. BILAN 27c : L’évolution de la situation italienne
  185. BILAN 27d : Le problème du Pacifique et la faillite de la Conférence de Londres
  186. BILAN 27e : Quinze années après Livourne
  187. BILAN 27f : L’écrasement du prolétariat français et ses enseignements internationaux (1)
  188. BILAN 27g : Petrini
  189. BILAN 28a : M. Albert Sarraut, symbole de la cohérence capitaliste
  190. BILAN 28b : Wupperwald et Neukölln
  191. BILAN 28c : L’impudence et les faux de M. Germanetto
  192. BILAN 28d : Le Japon devant la guerre impérialiste
  193. BILAN 28e : Le « Front Populaire » triomphe en Espagne
  194. BILAN 28f : L’écrasement du prolétariat français et ses enseignements internationaux (2)
  195. BILAN 28g : Problèmes de la période de transition (partie 1)
  196. BILAN 28h : Dans la Fraction - Un peu de clarté s’il vous plait
  197. BILAN 28i : Dans la Fraction - À la recherche d’une clarification ?
  198. BILAN 29a : La course vers la guerre
  199. BILAN 29b : Pour le 65e Anniversaire de la Commune de Paris
  200. BILAN 29c : Au sujet du cas Mariottini
  201. BILAN 29d : Une réponse de Gatto Mammone
  202. BILAN 29e : Au sujet des problèmes du parti et de la tactique
  203. BILAN 29f : L’écrasement du prolétariat français et ses enseignements internationaux - Suite et fin
  204. BILAN 29g : Dans la Fraction. Un article de discussion de Gatto Mammone
  205. BILAN 30a : Premier Mai 1936 (Manifeste de la Fraction italienne de la gauche communiste)
  206. BILAN 30b : Le Front international de la répression capitaliste
  207. BILAN 30c : Le prolétariat italien est-il absent ?
  208. BILAN 30d : Premier Mai ( À propos de Calligaris )
  209. BILAN 30e : Les traîtres à l’œuvre
  210. BILAN 30f : Le mouvement ouvrier devant le problème de la guerre
  211. BILAN 30g : De l’Union Sacrée à Zimmerwald - La dernière semaine
  212. BILAN 30h : Quelques brèves nouvelles
  213. BILAN 31a : La victoire du Front Populaire en France
  214. BILAN 31b : Après les élections en Belgique
  215. BILAN 31c : La victoire de l’impérialisme italien ouvre-t-elle un nouveau cours de la révolution mondiale ?
  216. BILAN 31d : Le conflit Arabo-Juif en Palestine (première partie)
  217. BILAN 31e : « De l’Union Sacrée à Zimmerwald » par A. Rosmer
  218. BILAN 31f : Les traîtres à l’œuvre
  219. BILAN 31g : Problèmes de la période de transition (partie 2)
  220. BILAN 31h : Calligaris toujours déporté en Sibérie, sauvons-le !
  221. BILAN 31i : Victor Serge hors des griffes du centrisme
  222. BILAN 32a : La Société des Nations continue
  223. BILAN 32b : Beiso n’a pas été acquitté
  224. BILAN 32c : Ce que fut la Conférence du Droit d’Asile de Paris
  225. BILAN 32d : Le prolétariat français a répondu au Front Populaire
  226. BILAN 32e : La rafale gréviste en Belgique
  227. BILAN 32f : Le conflit Arabo-Juif en Palestine (suite et fin)
  228. BILAN 32g : Mouvement ouvrier international
  229. BILAN 33a : En Espagne — Bourgeoisie contre Prolétariat
  230. BILAN 33b : Francisco Ascaso
  231. BILAN 33c : Adieu Zanasi
  232. BILAN 33d : Nature et évolution de la Révolution russe
  233. BILAN 33e : De l’Union Sacrée à Zimmerwald - Conclusion (Alfred Rosmer)
  234. BILAN 33f : Errata sur « La rafale gréviste en Belgique »
  235. BILAN 34a : Communiqué de la Commission exécutive
  236. BILAN 34b : Au front impérialiste du massacre des ouvriers espagnols il faut opposer le front de classe du prolétariat international
  237. BILAN 34c : La boucherie de Moscou
  238. BILAN 34d : Démocratie formelle et démocratie socialiste
  239. BILAN 34e : De l’Union sacrée à Zimmerwald
  240. BILAN 34f : Problèmes de la période de transition (partie 3)
  241. BILAN 34g : Staline dépasse Mussolini
  242. BILAN 35a : L’abattoir des prolétaires en Espagne
  243. BILAN 35b : Le ventre du capitalisme français orné des plumes du paon socialiste
  244. BILAN 35c : La crise dans la Fraction — Communiqué de la CE
  245. BILAN 35d : La tragédie espagnole
  246. BILAN 35e : La révolution espagnole
  247. BILAN 35f : Les problèmes de la période de transition (partie 4)
  248. BILAN 35g : Nature et évolution de la Révolution russe : Réponse au camarade Hennaut
  249. BILAN 35h : La crise dans la Fraction — Communiqué du comité de coordination
  250. BILAN 36a : La consigne de l’heure : ne pas trahir
  251. BILAN 36b : Octobre 1917 - Octobre 1936
  252. BILAN 36c : Mario di Leone
  253. BILAN 36e : L’isolement de notre fraction devant les événements d’Espagne
  254. BILAN 36f : La crise de la Fraction - Communiqué de la Commission Exécutive
  255. BILAN 36g : Documents de la minorité
  256. BILAN 37a : La réalité d’un « gouvernement de façade »
  257. BILAN 37b : Mario de Leone est mort
  258. BILAN 37c : Salut du groupe de Marseille
  259. BILAN 37d : Salut du groupe de la minorité de Barcelone
  260. BILAN 37e : L’ « autre » aspect de la domination capitaliste. La « Démocratie » en fonction aux États Unis
  261. BILAN 37f : La bourgeoisie renverra-t-elle Blum ?
  262. BILAN 37g : Problèmes de la période de transition (partie 5)
  263. BILAN 37h : Nouveaux assassinats : Nouvelle Constitution en Russie
  264. BILAN 37i : La crise de la fraction - Ordre du jour de la Commission Exécutive
  265. BILAN 38a : Le capitalisme français n’a pas renvoyé Blum
  266. BILAN 38b : Trotski pourra-t-il rester au Mexique ?
  267. BILAN 38f : Problèmes de la période de transition (partie 6 - fin)
  268. BILAN 39a : Le procès de Moscou
  269. BILAN 39b : Le prolétariat français doit briser l’Union Sacrée
  270. BILAN 39c : Lénine - Luxemburg - Liebknecht
  271. BILAN 39d : À propos d’un anniversaire
  272. BILAN 39e : Sous le signe de la constitution « la plus démocratique du monde » on extermine en URSS la génération d’Octobre
  273. BILAN 39f : Nos divergences avec le camarade Hennaut
  274. BILAN 39g : Le Marxisme n’est pas de la littérature Camarade Victor Serge !
  275. BILAN 39h : Que faire ? Retourner au Parti Communiste, Messieurs !
  276. BILAN 40a : Premier Mai 1937
  277. BILAN 40b : La France « libre, forte et heureuse » assassine les prolétaires
  278. BILAN 41a : Plomb, Mitraille, Prison
  279. BILAN 41b : Quand les bourreaux parlent... Le discours de Staline
  280. BILAN 41f : Antonio Gramsci - Camillo Berneri
  281. BILAN 41g : Bilan en danger - La vie de Bilan
  282. BILAN 42a : La répression en Espagne et en Russie
  283. BILAN 42f : Antonio Gramsci
  284. BILAN 43a : Pour la solidarité de classe à toutes les victimes de la guerre d’Espagne
  285. BILAN 43b : Du travail et du pain
  286. BILAN 43c : Andrés Nin assassiné ?
  287. BILAN 43d : Les bourreaux soviétiques à l’oeuvre
  288. BILAN 43e : À propos de quelques élucubrations trotskistes
  289. BILAN 43f : Le Comité national de la C.G.T.
  290. BILAN 43g : L’évolution des évènements d’Espagne
  291. BILAN 43h : Le Front Populaire
  292. BILAN 43i : Pour le Bureau International des fractions communistes de gauche
  293. BILAN 43j : L’impérialisme japonais à la conquête de la Chine
  294. BILAN 43k : Documentation internationale
  295. BILAN 43l : La vie de Bilan
  296. BILAN 44a : Lettre ouverte au Centre pour la IVe Internationale et au Parti Socialiste Révolutionnaire de Belgique
  297. BILAN 44b : À bas le carnage impérialiste en Chine
  298. BILAN 44c : Le capitalisme passe à l’attaque « La France aux Français »
  299. BILAN 44d : La guerre impérialiste d’Espagne et le massacre des mineurs asturiens
  300. BILAN 44e : Le monde arabe en ébullition
  301. BILAN 44f : Marxisme et Dogmatisme
  302. BILAN 44g : Et Calligaris ?
  303. BILAN 45a : Pour le XXème anniversaire de la Révolution d’Octobre
  304. BILAN 45b : Le front populaire continue
  305. BILAN 45c : Le droit au soulèvement armé
  306. BILAN 46a : "Bilan" disparaît
  307. BILAN 46e : Un grand renégat à la queue de paon : Léon Trotsky
  308. BILAN 46g : Écho à l’étude de la période de transition
  309. BILAN 46h : "Octobre" bulletin mensuel du Bureau International des Fractions de Gauche