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Revue publiée par le Forum de la Gauche Communiste Internationaliste : C’est pour contribuer à déblayer la voie vers la clarification et le regroupement sur des bases théoriques, politiques et organisationnelles saines que Controverses a vu le jour. En d’autres termes, tout en tenant compte du changement de période qui n’est plus au reflux mais à la reprise historique des combats de classes, notre objectif essentiel est de reprendre ce qui était le souci de Bilan mais qu’il n’a pu mener complètement à bien compte-tenu des conditions d’alors : « ...une critique intense qui visait à rétablir les notions du marxisme dans tous les domaines de la connaissance, de l’économie, de la tactique, de l’organisation », et ce sans « aucun dogme », sans « aucun interdit non plus qu’aucun ostracisme », et « par le souci de déterminer une saine polémique politique ». Ceci est plus que jamais indispensable afin de réussir un nouvel « Octobre 17 » sous peine de se retrouver comme ces « vieux bolcheviks ... qui répètent stupidement une formule apprise par cœur, au lieu d’étudier ce qu’il y avait d’original dans la réalité nouvelle. (extrait de l’éditorial du n°1)
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BILAN 20f : Les fondements de la production et de la distribution communistes (2)
Juin - juillet 1935 / pp. 688 - 692
5 juin 2007 par albin

L’étude ci-dessous (voir 1ère partie dans « Bilan » n° 19) est un résumé de l’ouvrage publié par les Groupes de Communistes Internationalistes de Hollande. La Rédaction.

L’HEURE DE TRAVAIL SOCIAL MOYEN, BASE DE LA PRODUCTION

Des économistes comme Max Weber et Ludwig Mises se sont déjà attachés à « démontrer » l’impossibilité d’asseoir la production et la distribution sur la base du calcul du temps de travail. Kautsky leur emboîte allègrement le pas. Dans son ouvrage La Révolution prolétarienne et son programme, il démontre que la société socialiste ne peut organiser la production sans calculer exactement le coût de la production. De là il conclut que l’argent doit servir d’élément comptable pour déterminer les rapports d’échange. Cette monnaie sera-t-elle la même que celle employée en régime capitaliste, sera-ce donc une monnaie exprimant sa valeur dans une marchandise particulière, généralement de l’or ? Et Kautsky de répondre que ce ne doit pas être nécessairement le cas. On pourrait imaginer, poursuit-il, que l’ouvrier reçoive pour chaque heure de travail fournie un signe ou certificat contre lequel il pourrait retirer du fonds de consommation une quantité de marchandise correspondant à une heure de travail. Ainsi toute exploitation disparaîtrait. Ce serait aussi la solution idéale car grâce à ce système toute tutelle d’une autorité quelconque n’aurait plus de raison d’être et l’ouvrier aurait l’entière liberté de dépenser son « salaire » comme bon lui semble. Malheureusement, Kautsky ne pense pas que la solution puisse être retenue, son application dans la pratique se heurtant à des difficultés insurmontables. Pour que l’application en soit rendue possible, il faudrait que le calcul du coût des marchandises puisse se faire avec le maximum d’exactitude. Or, quel travail de Sisyphe que ce calcul.

Par l’abolition de la propriété privée des moyens de production, toutes les entreprises se trouvent fondues en un seul organisme de production. Toutes participent dans des proportions variées à la fabrication du « produit final » prêt à être livré à la consommation. Quelle besogne ne serait-ce pas que de déterminer la quantité précise de travail que contient un objet qui a passé par tant de mains différentes. Un pareil calcul nécessiterait un appareil de statistiques des plus compliqués et d’une perfection absolue. C’est pour ces raisons que Kautsky rejette cette solution.

Leichter, un autre théoricien social-démocrate, s’accorde avec Kautsky pour dire qu’une société sans exploitation n’est que pure fantaisie digne d’être reléguée parmi les réalisations problématiques du règne millénaire. Leichter donne cependant des précisions sur la façon selon laquelle les produits circulent, en régime socialiste, d’une entreprise à une autre. Tout comme cela se pratique en régime capitaliste entre entreprises appartenant à un même trust et où les entreprises ne se passent rien sans se les facturer, les entreprises socialistes dresseront un compte exact de tout ce qu’elles reçoivent (en produits, demi-produits ou matières premières) comme de ce qu’elles cèdent. Chaque entreprise agit comme si elle travaillait pour le compte d’un entrepreneur particulier lequel voudrait se rendre compte de la productivité. Et Leichter d’appuyer sur les grands progrès réalisés par la science comptable qui permet aux capitalistes de se rendre compte non seulement de la productivité d’une entreprise, dans son ensemble, mais de calculer, au sein d’une entreprise, quel département, quel genre de machine produit les meilleurs résultats, les frais généraux, etc.

Armés de ces données, il nous devient possible d’opérer certains calculs dont la solution n’était guère accessible à Kautsky, perché au sommet de sa centrale économique. Ce que cette centrale ne pouvait calculer, les producteurs eux-mêmes vont le faire. Chaque entreprise peut déterminer, grâce à la formule (MO + MA) + T ce que lui a coûté sa production à elle. En assemblant les données particulières à chaque entreprise dans une branche déterminée de la production, il est possible de déterminer le coût moyen de la production dans cette branche. De même qu’à cause de la division du travail la production ne peut être achevée que grâce à l’apport du travail particulier des diverses entreprises, le calcul du coût des produits est le résultat de la combinaison des calculs partiels qu’effectuent les producteurs des diverses entreprises. Prenons l’exemple des chaussures. Si on examine le rendement des diverses fabriques de chaussures d’un district déterminé, on constatera que deux fabriques, tout en dépensant une somme égale de travail vivant et avec une usure d’outillage et une dépense de matières premières identiques, produisent une quantité de chaussures différentes.

Dans une fabrique la production est plus avantageuse, le travail plus productif que dans une autre ; une usine mettra 3.125 heures pour fabriquer une paire de chaussures, telle autre 3 heures ½, tandis qu’une troisième usine ne mettra que 3 heures. Comme le coût des produits est déterminé par le temps moyen de travail social que nécessite leur production, le coût de la paire de chaussures ne peut être que la moyenne de ces temps de travail différents. Une paire de chaussures coûterait approximativement 3.3 heures de travail.

Kautsky estimait que même s’il était possible de calculer le temps de travail que représente chaque objet, encore ne pourrait-on déterminer les rapports d’échange sur cette base car dès qu’on serait parvenu, après de longues recherches, à déterminer le coût d’un objet, on s’apercevrait qu’entre temps des modifications apportées dans les méthodes de production ont déjà rendu ces calculs caducs. Tout serait alors à recommencer.

En réalité, cette objection ne tient pas. Le produit ne surgit pas d’un seul coup pour être livré à la consommation. Les producteurs eux-mêmes ont eu soin de noter au cours des différents stades de sa fabrication la valeur ajoutée à chacun de ces stades. Si donc c’est au cours du stade final que l’objet a vu modifier son temps de travail, l’objet est livré à la consommation avec un temps de travail diminué. Si c’est au cours de stades antérieurs que cette diminution s’est opérée, le produit sortant de l’entreprise initiale comme « produit fini », mais rentrant dans l’entreprise destinée à le parachever comme « matière première », la diminution du temps de travail nécessaire aura quand même été enregistrée et se répercutera sur le prix global du produit. Du moment que les entreprises enregistrent rigoureusement le quantum de travail social qu’elles reçoivent et ce qu’elles transfèrent à d’autres entreprises ou livrent directement à la consommation, toutes les variations possibles dans la productivité du travail se trouvent être automatiquement enregistrées.

L’HEURE DE TRAVAIL MOYEN SOCIAL, BASE DE LA CONSOMMATION

L’expérience de la Commune hongroise a permis de voir ce que devient dans la pratique la théorie du communisme d’État. Varga y a consacré un livre Les problèmes économiques de la dictature du prolétariat. En Hongrie, écrit-il, la transformation de la vie économique sur de nouvelles bases s’opéra beaucoup plus rapidement qu’en Russie. Le pays était plus petit, la population plus dense. L’ensemble se prêtait mieux à une forte centralisation, alors qu’en Russie, vu les étendues énormes, une certaine décentralisation apparût comme nécessaire. La révolution fit passer la gestion de la production et la réglementation de la consommation aux mains de l’État. Le Conseil Supérieur Économique créa des Centrales de Matières Premières qui répartissaient les matières premières entre les diverses entreprises. Ces organismes n’étaient pas seulement des organes de distribution, ils remplissaient un rôle politique ; c’étaient des instruments à l’aide desquels l’État assujettît la classe ouvrière. En refusant des matières premières à tel ou tel groupe d’ouvriers, le Conseil Supérieur les tenait tout simplement à sa merci. Il est un fait évident qu’une coordination des diverses industries s’effectue beaucoup plus rapidement et efficacement par en haut, mais le prix dont les ouvriers payent une telle coordination est trop élevé, car ça ne leur coûte rien moins que la disposition des moyens de production eux-mêmes, c’est-à-dire qu’à ce prix le communisme... disparaît complètement.

Pour ce qui est de la consommation du produit, Varga admet en théorie que la part du produit doit être égale pour tous. Il indique que les ouvriers eux-mêmes s’opposèrent au début à une telle répartition. Comme dans le communisme d’État, les prix et les salaires continuent à subsister. Varga s’attache à expliquer sur quelles bases l’État doit fixer le prix des produits livrés à la consommation. Si l’État fixe le prix des produits au niveau du coût exact du produit, il ne lui reste plus rien pour couvrir les frais d’entretien des groupes improductifs de la population (l’armée, les fonctionnaires, instituteurs, chômeurs, malades, invalides). Il ne resterait plus rien non plus pour développer la production, ce dont un État prolétarien a cependant encore plus besoin que le capitalisme. En principe, il faut donc fixer les prix au niveau du « coût social de production ». Il faut comprendre sous ce terme le coût réel des marchandises augmenté d’une majoration suffisante pour couvrir les frais d’entretien des non producteurs et pour permettre une véritable accumulation.

Comme il n’était pas possible de fixer le « coût social de production », le gouvernement fut contraint de pratiquer une « politique des prix ». Dans un pareil système, la lutte pour le pouvoir n’a pas disparu, car ce sont les groupes sociaux qui sont au pouvoir qui décident de la répartition de la production. Il y a donc là des rapports de maîtres à sujets qui s’établissent et qu’on s’efforce de voiler en accordant un certain pouvoir d’auto-administration aux assujettis. En Russie, par exemple, tous les consommateurs furent embrigadés dans des coopératives de consommation qu’ils purent « librement » administrer. Cela n’empêchait pas que c’était le gouvernement qui disposait de la production et par là s’élevait au-dessus du prolétariat.

Le communisme a, par contre, pour but de faire du travail la condition de la consommation. Chaque travailleur, par son travail, détermine la part qui lui revient de la production sociale. Non pas que ça soit là un système qui réalise une égalité ou une justice parfaite. Ce sont là des choses qui n’existeront peut-être jamais. Mais c’est la seule manière d’abolir le salariat et de faire disparaître tout assujettissement du travailleur.

LE TRAVAIL SOCIAL GÉNÉRAL NÉCESSAIRE

Par rapport à la consommation, il existe deux types différents d’entreprises, les entreprises du premier type livrent leurs produits à la consommation en échange des certificats de travail qui leur sont remis par les consommateurs, nous les appellerons les entreprises du type productif. L’autre type d’entreprise travaille « gratuitement », il réalise le principe de la prise selon les besoins ; ce sont les services publics ou les entreprises réalisant le travail social général nécessaire. A ce genre d’entreprises appartiennent, par exemple, toutes sortes de conseils économiques et politiques, les bureaux pour la comptabilité générale, des institutions d’hygiène, d’enseignement, la construction et l’entretien des parcs, des institutions culturelles et sociales. Toutes ces entreprises utilisent comme les autres les moyens de production, des matières premières et leurs ouvriers doivent être nourris et vêtus comme tous les autres. Cependant pour certaines il est impossible, pour d’autres non souhaitable, qu’elles se fassent payer leurs services par les usagers au moyen d’argent de consommation, comme c’est le cas pour les autres entreprises. Ces entreprises travaillent donc gratuitement et leurs usagers « puisent au tas ».

Il est évident que tout ce qui est nécessaire au fonctionnement de ces entreprises doit être produit par les ouvriers des entreprises du type productif. Les ouvriers ne pourront donc pas toucher le produit intégral de leur travail. La question est seulement celle-ci : quelle est la part du produit qu’ils devront laisser tomber à cette fin ?

La détermination du coût de fonctionnement des services publics n’offre bien entendu aucune difficulté particulière. Ces entreprises tiennent une comptabilité où figurent les trois postes connus : moyens de production (MO), matière première (MA) et travail vivant (T). L’ensemble de ces entreprises dressent un budget d’ensemble de leurs besoins. Si ce budget est par exemple le suivant : MO (8 millions) + MA (50 millions) + T (50 millions) = 108 millions d’heures de travail, nous savons que l’ensemble de la société devra prendre sur la partie consommable de son travail productif direct 108 millions d’heures de travail pour faire fonctionner les services publics.

La solution courante qui nous était offerte jusque maintenant était celle qui consistait à faire supporter ces frais par l’État. C’est aussi la solution capitaliste qui récupère les avances faites à ces industries grâce à des contributions directes ou indirectes. En Russie, la solution est trouvée par le fait que c’est l’État qui encaisse les bénéfices réalisés par les diverses entreprises ; d’autre part, l’État établit les impôts indirects. La vente d’alcool, détenue en monopole par l’État, est aussi un moyen pour se procurer de l’argent. La Hongrie soviétique agissait de même grâce à sa politique des prix.

Il est vrai que de nombreux théoriciens préconisent d’autres solutions. En général, ils admettent que le coût des services publics doit être calculé d’une façon minutieuse. Ce coût intervient ensuite pour déterminer le coût définitif des produits. Le coût des services publics est donc introduit dans le coût des marchandises. Cette solution est, à notre avis, à repousser car elle embrouille le calcul du coût des marchandises et voile la productivité des entreprises. La seule solution qui nous semble compatible avec le but d’affranchissement des travailleurs posé par la révolution est celle qui consiste à déduire directement du fonds de consommation ce qui est nécessaire au fonctionnement des services publics, par une réduction des bons de consommation délivrés aux producteurs. Il faudrait alors calculer le taux de paiement, c’est-à-dire la partie de la production sociale qui revient au producteur pour une heure de travail, défalcation faite de la quote-part destinée au fonctionnement des services publics. Prenons que le budget des entreprises se présente sous cette forme : MO (100 millions d’heures de travail) + MA (600 millions d’heures de travail) + T (600 millions d’heures de travail) = P (1.300 millions d’heures de travail).

Nous savons que de cette masse de 1.300 millions d’heures de travail il ne reste que 600 millions pour la consommation, le reste devant servir à reconstituer les moyens matériels (moyens de production et matières premières) nécessaires à l’ouverture d’un nouveau cycle de production. C’est sur ces 600 millions que devra être pris ce qui est nécessaire au fonctionnement des entreprises de services publics. Admettons que le budget annuel de ces dernières s’élève à 108 millions d’heures de travail, somme qui se décompose ainsi : MO (8 millions d’heures de travail) + MA (50 millions d’heures de travail) + T (50 millions d’heures de travail) = Services (108 millions d’heures de travail).

Le fonds de consommation proprement dit se verra amputer de ces 108 millions d’heures de travail que la société affecte directement au fonctionnement des services publics. Le fonds de consommation est de 650 millions d’heures de travail (600 millions dans les entreprises productives et 50 millions dans les services publics). La défalcation pour les services publics une fois opérée, il ne restera plus que 650 - 108 = 542 millions d’heures de travail à la disposition de la collectivité pour couvrir ses besoins de consommation. Pour un effort de 650 millions d’heures de travail, la part que la collectivité consommera individuellement est de 542 millions d’heures ou 0,83 partie (542 : 650). C’est ce que nous appellerons le taux de paiement. Le producteur ne reçoit donc pas sous forme de bon d’achat le produit intégral de son travail. Pour une semaine de travail de quarante heures, par exemple, il ne recevrait, en bons de consommation individuelle, que l’équivalent de 40 x 0,83 = 33,2 heures de travail.

Le calcul du taux de paiement est des plus simples. Les entreprises tiennent une comptabilité minutieuse de ce qu’elles reçoivent et dépensent en moyens de production, matières premières et main-d’œuvre. Les transferts qui s’opèrent d’une entreprise à l’autre sont enregistrés à l’office de comptabilité sociale de la même manière qu’une banque ou un office de chèques enregistre les virements entre titulaires de comptes. Dans un tel déroulement, il n’y a personne qui a quelque chose à « attribuer » ou à « répartir ». C’est pour cela qu’un État n’a pas à intervenir dans une pareille production. Les rapports entre les producteurs et le produit social sont des rapports non de personnes, mais de choses. La production est assise sur des bases qui permettent aux producteurs eux-mêmes de la gérer, de ce fait il n’existe aucun terrain favorable à l’éclosion d’une exploitation ou domination quelconque. Les conditions sont créées où l’État peut réellement « dépérir » et être « relégué » au musée d’antiquité parmi « le rouet et la hache de bronze » (Engels).

Une des caractéristiques des entreprises de services publics, c’est qu’elles permettent à leurs usagers de les utiliser dans la mesure de leurs besoins. On s’en sert gratuitement. Il est un fait évident que dans la mesure où le régime communiste se développera, le nombre de branches d’industries produisant selon ces normes ira croissant. Certaines branches de l’industrie de l’alimentation, le transport des personnes, le service d’habitation seront appelés à fonctionner comme services publics. Le rythme de ce développement est donné par la productivité générale du travail. Il est certain qu’avant de décider que telle ou telle branche entre dans la catégorie des services publics et réalise la distribution de ses produits sur un plan supérieur à celui des autres entreprises, la collectivité devra chaque fois juger si une pareille transformation peut se réaliser sans danger pour l’ensemble de la production. Au cours de ce développement, le taux de paiement est appelé à diminuer de plus en plus. De moins en moins le travail de l’individu devient la mesure de sa consommation. Mais de pareilles transformations doivent être décidées en pleine conscience par la collectivité. C’est pour cela qu’il est nécessaire de pouvoir payer le coût des services publics à l’aide du taux de paiement et non à l’aide d’impôts qui viendraient grever le prix des marchandises et ceci afin que la société puisse avoir à chaque instant l’image la plus nette de la productivité du travail.

A. HENNAUT


Le socialisme est le premier mouvement populaire dans l’histoire du monde qui se donne pour but, et qui a mission de par l’histoire, d’introduire dans l’action sociale des hommes un sens conscient, un plan, et, outre cela, la volonté libre. C’est pourquoi Friedrich Engels appelle le triomphe définitif du prolétariat socialiste un saut de l’humanité du règne de l’animalité dans le règne de la liberté. Mais ce « saut » même est lié à la loi d’airain de l’histoire, à mille étapes d’une préalable évolution, pleine de tracas et par trop longue. Mais il ne peut jamais être accompli, si, de toute la substance accumulée des conditions matérielles, ne jaillit pas l’étincelle incendiaire de la volonté consciente de la grande masse du peuple.

Rosa Luxemburg - La Crise de la Démocratie Socialiste.


Lire la suite dans Bilan No 21

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  103. BILAN 14g : À tous nos lecteurs
  104. BILAN 14g : Quand manque un parti de classe... À propos des événements d’Espagne
  105. BILAN 15a : Deux époques : en marge d’un anniversaire
  106. BILAN 15b : Mathias Rakosy
  107. BILAN 15c : L’attentat de Nicolaïev
  108. BILAN 15d : Ce qu’il faut retenir de l’expérience sarroise
  109. BILAN 15e : À nos lecteurs
  110. BILAN 15f : Le problème de la jeunesse (4)
  111. BILAN 15g : Parti - Internationale - État / VI : L’État fasciste
  112. BILAN 15h : Parti et Classe
  113. BILAN 15i : Au sujet de la répression en Russie
  114. BILAN 16a : Le « dernier problème africain » et l’Italie
  115. BILAN 16b : Doumergue, compétence médiocre et maladroite
  116. BILAN 16d : L’écrasement du prolétariat allemand et l’avènement du fascisme
  117. BILAN 16e : La grève générale, expression de la lutte des classes
  118. BILAN 17a : De la Commune de Paris à la Commune Russe
  119. BILAN 17b : La Grèce, champ de manoeuvre des antagonismes inter-impérialistes
  120. BILAN 17e : Le problème de la jeunesse (5)
  121. BILAN 17g : Au sujet de Victor Serge et de Calligaris
  122. BILAN 18a : Premier Mai 1935
  123. BILAN 18c : Parti - Internationale - État / VII : L’État prolétarien
  124. BILAN 18f : Le problème de la jeunesse (6 et fin)
  125. BILAN 19a : Calligaris en Sibérie
  126. BILAN 19b : Lettre au B.P. du Parti Communiste russe Moscou
  127. BILAN 19c : Teresa Reechia
  128. BILAN 19d : Défaite du prolétariat, victoire du capitalisme : De Hitler à Staline, de Staline à Blum
  129. BILAN 19e : Ce qu’a été l’occupation des mines en Belgique
  130. BILAN 19e : Parti - Internationale - État / VII - 2e partie : l’État soviétique
  131. BILAN 19g : Les fondements de la production et de la distribution communistes
  132. BILAN 20a : De la déclaration de Staline à la manifestation du 14 Juillet
  133. BILAN 20b : L’impérialisme italien à la conquête de l’Abyssinie
  134. BILAN 20c : Projet de rapport sur la situation en Italie
  135. BILAN 20d : Calligaris
  136. BILAN 20f : Les fondements de la production et de la distribution communistes (2)
  137. BILAN 21a : Et voici le cas Calligaris
  138. BILAN 21a : Sous le signe du 14 juillet
  139. BILAN 21c : Projet de rapport sur la situation en Italie (suite)
  140. BILAN 21d : La première et la deuxième internationale devant le problème de la guerre
  141. BILAN 21e : Les fondements de la production et de la distribution communistes (3)
  142. BILAN 21f : Parti - Internationale - État / VII - 3e partie : l’État soviétique
  143. BILAN 22a : L’attentat de Beiso
  144. BILAN 22b : L’Italie en Abyssinie
  145. BILAN 22c : Nous, Calligaris et le Centrisme
  146. BILAN 22e : Rapport sur la situation en Italie (suite et fin)
  147. BILAN 22f : Les internationalistes hollandais sur le programme de la révolution prolétarienne
  148. BILAN 22g : Projet de résolution sur le problème des liaisons internationales
  149. BILAN 23a : Manifeste de la Fraction italienne de la Gauche communiste
  150. BILAN 23b : Sur quelle base s’est effectuée l’unité syndicale - Les Mussolini et Hitler de la France démocratique
  151. BILAN 23c : Compte rendu du Congrès de la fraction - Résolutions adoptées
  152. BILAN 23d : Thèses de Rome - Préface de 1928 et première partie
  153. BILAN 23e : En dehors des partis communistes devenus des instruments du capitalisme mondial
  154. BILAN 24a : Vers une consolidation du front capitaliste en France
  155. BILAN 24b : Pendant que réformistes et centristes scellent l’union sacrée, des mineurs anglais font la grève au fond des puits
  156. BILAN 24c : La résolution du Congrès des Italiens de Bruxelles
  157. BILAN 24d : La motion présentée par la fraction au Congrès des Italiens
  158. Bilan 24e : La tension de la situation italienne et internationale
  159. BILAN 24f : Le déroulement de l’aventure africaine
  160. BILAN 24g : La fraction dans les partis socialistes de la seconde internationale
  161. BILAN 24h : Thèses de Rome - Deuxième partie
  162. BILAN 24i : Lettre du camarade Soep
  163. BILAN 25a : Un mois après l’application des sanctions
  164. BILAN 25b : À la confusion des problèmes monétaires les ouvriers français opposeront leur front de classe
  165. BILAN 25c : Les réfugiés italiens dans la Russie Soviétique
  166. BILAN 25d : Les Centristes escomptent la condamnation de Beiso
  167. BILAN 25e : L’unité syndicale et les fractions
  168. BILAN 25f : Le nouveau bond de l’impérialisme japonais dans la Chine du nord
  169. BILAN 25g : À nos lecteurs
  170. BILAN 25h : Parti - Internationale - État / VII - 4e partie : l’État soviétique
  171. BILAN 25i : Mouvement ouvrier international
  172. BILAN 25j : Staline et le Bolchevisme
  173. BILAN 25k : Thèses de Rome - Troisième partie
  174. BILAN 26a : La réconciliation des français et l’Unité Syndicale
  175. BILAN 26b : La situation en Allemagne : L’exécution de R. Claus
  176. BILAN 26c : Sur le chemin du capitalisme - Le Stakhanovisme en Russie
  177. BILAN 26d : La situation actuelle en Italie, pivot de la situation internationale
  178. BILAN 26e : La situation en Amérique du Sud
  179. BILAN 26f : Parti - Internationale - État / VII - 5e partie : l’État soviétique
  180. BILAN 26g : L’échec des premières discussions avec le groupe « Communist Class Struggle »
  181. BILAN 26h : En marge des Thèses de Rome
  182. BILAN 27a : Quels sont les héritiers de Lénine, Luxemburg, Liebknecht ?
  183. BILAN 27b : Comment, dans la Russie des Soviets, on assassine la camarade Mariottini
  184. BILAN 27c : L’évolution de la situation italienne
  185. BILAN 27d : Le problème du Pacifique et la faillite de la Conférence de Londres
  186. BILAN 27e : Quinze années après Livourne
  187. BILAN 27f : L’écrasement du prolétariat français et ses enseignements internationaux (1)
  188. BILAN 27g : Petrini
  189. BILAN 28a : M. Albert Sarraut, symbole de la cohérence capitaliste
  190. BILAN 28b : Wupperwald et Neukölln
  191. BILAN 28c : L’impudence et les faux de M. Germanetto
  192. BILAN 28d : Le Japon devant la guerre impérialiste
  193. BILAN 28e : Le « Front Populaire » triomphe en Espagne
  194. BILAN 28f : L’écrasement du prolétariat français et ses enseignements internationaux (2)
  195. BILAN 28g : Problèmes de la période de transition (partie 1)
  196. BILAN 28h : Dans la Fraction - Un peu de clarté s’il vous plait
  197. BILAN 28i : Dans la Fraction - À la recherche d’une clarification ?
  198. BILAN 29a : La course vers la guerre
  199. BILAN 29b : Pour le 65e Anniversaire de la Commune de Paris
  200. BILAN 29c : Au sujet du cas Mariottini
  201. BILAN 29d : Une réponse de Gatto Mammone
  202. BILAN 29e : Au sujet des problèmes du parti et de la tactique
  203. BILAN 29f : L’écrasement du prolétariat français et ses enseignements internationaux - Suite et fin
  204. BILAN 29g : Dans la Fraction. Un article de discussion de Gatto Mammone
  205. BILAN 30a : Premier Mai 1936 (Manifeste de la Fraction italienne de la gauche communiste)
  206. BILAN 30b : Le Front international de la répression capitaliste
  207. BILAN 30c : Le prolétariat italien est-il absent ?
  208. BILAN 30d : Premier Mai ( À propos de Calligaris )
  209. BILAN 30e : Les traîtres à l’œuvre
  210. BILAN 30f : Le mouvement ouvrier devant le problème de la guerre
  211. BILAN 30g : De l’Union Sacrée à Zimmerwald - La dernière semaine
  212. BILAN 30h : Quelques brèves nouvelles
  213. BILAN 31a : La victoire du Front Populaire en France
  214. BILAN 31b : Après les élections en Belgique
  215. BILAN 31c : La victoire de l’impérialisme italien ouvre-t-elle un nouveau cours de la révolution mondiale ?
  216. BILAN 31d : Le conflit Arabo-Juif en Palestine (première partie)
  217. BILAN 31e : « De l’Union Sacrée à Zimmerwald » par A. Rosmer
  218. BILAN 31f : Les traîtres à l’œuvre
  219. BILAN 31g : Problèmes de la période de transition (partie 2)
  220. BILAN 31h : Calligaris toujours déporté en Sibérie, sauvons-le !
  221. BILAN 31i : Victor Serge hors des griffes du centrisme
  222. BILAN 32a : La Société des Nations continue
  223. BILAN 32b : Beiso n’a pas été acquitté
  224. BILAN 32c : Ce que fut la Conférence du Droit d’Asile de Paris
  225. BILAN 32d : Le prolétariat français a répondu au Front Populaire
  226. BILAN 32e : La rafale gréviste en Belgique
  227. BILAN 32f : Le conflit Arabo-Juif en Palestine (suite et fin)
  228. BILAN 32g : Mouvement ouvrier international
  229. BILAN 33a : En Espagne — Bourgeoisie contre Prolétariat
  230. BILAN 33b : Francisco Ascaso
  231. BILAN 33c : Adieu Zanasi
  232. BILAN 33d : Nature et évolution de la Révolution russe
  233. BILAN 33e : De l’Union Sacrée à Zimmerwald - Conclusion (Alfred Rosmer)
  234. BILAN 33f : Errata sur « La rafale gréviste en Belgique »
  235. BILAN 34a : Communiqué de la Commission exécutive
  236. BILAN 34b : Au front impérialiste du massacre des ouvriers espagnols il faut opposer le front de classe du prolétariat international
  237. BILAN 34c : La boucherie de Moscou
  238. BILAN 34d : Démocratie formelle et démocratie socialiste
  239. BILAN 34e : De l’Union sacrée à Zimmerwald
  240. BILAN 34f : Problèmes de la période de transition (partie 3)
  241. BILAN 34g : Staline dépasse Mussolini
  242. BILAN 35a : L’abattoir des prolétaires en Espagne
  243. BILAN 35b : Le ventre du capitalisme français orné des plumes du paon socialiste
  244. BILAN 35c : La crise dans la Fraction — Communiqué de la CE
  245. BILAN 35d : La tragédie espagnole
  246. BILAN 35e : La révolution espagnole
  247. BILAN 35f : Les problèmes de la période de transition (partie 4)
  248. BILAN 35g : Nature et évolution de la Révolution russe : Réponse au camarade Hennaut
  249. BILAN 35h : La crise dans la Fraction — Communiqué du comité de coordination
  250. BILAN 36a : La consigne de l’heure : ne pas trahir
  251. BILAN 36b : Octobre 1917 - Octobre 1936
  252. BILAN 36c : Mario di Leone
  253. BILAN 36e : L’isolement de notre fraction devant les événements d’Espagne
  254. BILAN 36f : La crise de la Fraction - Communiqué de la Commission Exécutive
  255. BILAN 36g : Documents de la minorité
  256. BILAN 37a : La réalité d’un « gouvernement de façade »
  257. BILAN 37b : Mario de Leone est mort
  258. BILAN 37c : Salut du groupe de Marseille
  259. BILAN 37d : Salut du groupe de la minorité de Barcelone
  260. BILAN 37e : L’ « autre » aspect de la domination capitaliste. La « Démocratie » en fonction aux États Unis
  261. BILAN 37f : La bourgeoisie renverra-t-elle Blum ?
  262. BILAN 37g : Problèmes de la période de transition (partie 5)
  263. BILAN 37h : Nouveaux assassinats : Nouvelle Constitution en Russie
  264. BILAN 37i : La crise de la fraction - Ordre du jour de la Commission Exécutive
  265. BILAN 38a : Le capitalisme français n’a pas renvoyé Blum
  266. BILAN 38b : Trotski pourra-t-il rester au Mexique ?
  267. BILAN 38f : Problèmes de la période de transition (partie 6 - fin)
  268. BILAN 39a : Le procès de Moscou
  269. BILAN 39b : Le prolétariat français doit briser l’Union Sacrée
  270. BILAN 39c : Lénine - Luxemburg - Liebknecht
  271. BILAN 39d : À propos d’un anniversaire
  272. BILAN 39e : Sous le signe de la constitution « la plus démocratique du monde » on extermine en URSS la génération d’Octobre
  273. BILAN 39f : Nos divergences avec le camarade Hennaut
  274. BILAN 39g : Le Marxisme n’est pas de la littérature Camarade Victor Serge !
  275. BILAN 39h : Que faire ? Retourner au Parti Communiste, Messieurs !
  276. BILAN 40a : Premier Mai 1937
  277. BILAN 40b : La France « libre, forte et heureuse » assassine les prolétaires
  278. BILAN 41a : Plomb, Mitraille, Prison
  279. BILAN 41b : Quand les bourreaux parlent... Le discours de Staline
  280. BILAN 41f : Antonio Gramsci - Camillo Berneri
  281. BILAN 41g : Bilan en danger - La vie de Bilan
  282. BILAN 42a : La répression en Espagne et en Russie
  283. BILAN 42f : Antonio Gramsci
  284. BILAN 43a : Pour la solidarité de classe à toutes les victimes de la guerre d’Espagne
  285. BILAN 43b : Du travail et du pain
  286. BILAN 43c : Andrés Nin assassiné ?
  287. BILAN 43d : Les bourreaux soviétiques à l’oeuvre
  288. BILAN 43e : À propos de quelques élucubrations trotskistes
  289. BILAN 43f : Le Comité national de la C.G.T.
  290. BILAN 43g : L’évolution des évènements d’Espagne
  291. BILAN 43h : Le Front Populaire
  292. BILAN 43i : Pour le Bureau International des fractions communistes de gauche
  293. BILAN 43j : L’impérialisme japonais à la conquête de la Chine
  294. BILAN 43k : Documentation internationale
  295. BILAN 43l : La vie de Bilan
  296. BILAN 44a : Lettre ouverte au Centre pour la IVe Internationale et au Parti Socialiste Révolutionnaire de Belgique
  297. BILAN 44b : À bas le carnage impérialiste en Chine
  298. BILAN 44c : Le capitalisme passe à l’attaque « La France aux Français »
  299. BILAN 44d : La guerre impérialiste d’Espagne et le massacre des mineurs asturiens
  300. BILAN 44e : Le monde arabe en ébullition
  301. BILAN 44f : Marxisme et Dogmatisme
  302. BILAN 44g : Et Calligaris ?
  303. BILAN 45a : Pour le XXème anniversaire de la Révolution d’Octobre
  304. BILAN 45b : Le front populaire continue
  305. BILAN 45c : Le droit au soulèvement armé
  306. BILAN 46a : "Bilan" disparaît
  307. BILAN 46e : Un grand renégat à la queue de paon : Léon Trotsky
  308. BILAN 46g : Écho à l’étude de la période de transition
  309. BILAN 46h : "Octobre" bulletin mensuel du Bureau International des Fractions de Gauche