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Revue publiée par le Forum de la Gauche Communiste Internationaliste : C’est pour contribuer à déblayer la voie vers la clarification et le regroupement sur des bases théoriques, politiques et organisationnelles saines que Controverses a vu le jour. En d’autres termes, tout en tenant compte du changement de période qui n’est plus au reflux mais à la reprise historique des combats de classes, notre objectif essentiel est de reprendre ce qui était le souci de Bilan mais qu’il n’a pu mener complètement à bien compte-tenu des conditions d’alors : « ...une critique intense qui visait à rétablir les notions du marxisme dans tous les domaines de la connaissance, de l’économie, de la tactique, de l’organisation », et ce sans « aucun dogme », sans « aucun interdit non plus qu’aucun ostracisme », et « par le souci de déterminer une saine polémique politique ». Ceci est plus que jamais indispensable afin de réussir un nouvel « Octobre 17 » sous peine de se retrouver comme ces « vieux bolcheviks ... qui répètent stupidement une formule apprise par cœur, au lieu d’étudier ce qu’il y avait d’original dans la réalité nouvelle. (extrait de l’éditorial du n°1)
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BILAN 22f : Les internationalistes hollandais sur le programme de la révolution prolétarienne
Août - Septembre 1935 / pp. 744 - 750 + Septembre - Octobre 1935 / p. 788
12 juin 2007 par albin

Nous nous sommes efforcés de résumer l’étude que viennent de réimprimer des Groupes des Communistes Internationalistes de Hollande, consacrée aux problèmes économiques et politiques de la période de transition donc de la période de la dictature du prolétariat. Il faut répéter ce que nous avons déjà écrit : ce travail vient tout à fait à point dans l’état actuel des discussions entre communistes internationalistes. Dans les courants issus de la IIIe Internationale, l’examen systématique de ces questions, surtout à la lumière de l’expérience de la révolution russe, n’a jamais été entrepris. La consigne semblait avoir été donnée de laisser dans ce domaine le champ libre à des social-démocrates du genre de Kautsky. Les internationalistes hollandais forment une louable exception à cet abstentionnisme général. On ne saurait en effet s’imaginer qu’un pas, tant soit peu sérieux, puisse être fait pour faire revivre un mouvement révolutionnaire du prolétariat sans aborder de front ce sujet. A quoi serviraient les appels toujours réitérés à la formation d’un parti révolutionnaire (pour ne pas parler d’une Internationale) si on n’explique pas en quoi doit consister ce travail de formation, si on ne dégage pas le contour de ce parti, la nature de ses fonctions, le caractère de ses rapports avec les masses ouvrières, mais au-dessus et avant tout le contenu du programme, de la transformation sociale dont il doit être, sinon le principal, en tout cas un des plus importants artisans.

Comme indications théoriques valables sur les problèmes de la période de transition, nous ne possédons que l’étude de Marx sur la Commune de Paris, sa « Critique du Programme de Gotha », si opportunément rappelée et commentée par Lénine dans son « État et Révolution ». L’Internationale Communiste, même pas du temps où elle était dirigée par Lénine et Trotsky, n’a pu entreprendre de mettre à jour cette partie de ce qui doit constituer le bagage scientifique du prolétariat en marche vers le communisme. De ce côté, il n’y a plus maintenant que falsifications à attendre. On n’aurait donc, à tous les points de vue, qu’à se féliciter de ce que les internationalistes hollandais aient apporté à l’étude de ces questions une contribution, conçue dans le meilleur esprit du marxisme révolutionnaire, s’ils ne tentaient par la même occasion d’accréditer certaines notions sur l’organisation du prolétariat qui constituent une réelle régression. C’est pour cela qu’il y a lieu de démêler de leur travail le « bon » du « mauvais », de distinguer l’apport positif d’une critique qui sait se nourrir à l’observation du réel, d’une tournure d’esprit qui s’efforce de surmonter les obstacles en leur donnant... un autre nom.

Le but de la révolution prolétarienne est de mettre fin à l’affirmation capitaliste de la plus-value, de faire disparaître en abolissant le droit de propriété sur les moyens de production tout antagonisme dans la répartition des produits du travail. C’est seulement dans la mesure où elle y réussit qu’elle peut jeter les bases d’une société communiste, qu’elle peut lier les individus par les liens d’une communauté d’intérêt réelle et indestructible, faire disparaître avec les privilèges aussi les classes. Tant que des antagonismes subsistent, il serait chimérique d’attendre que le « un pour tous, tous pour un », principe de la société communiste, devienne une réalité.

Longtemps on a cru dans les milieux socialistes qu’il suffirait d’abolir la propriété privée des moyens de production pour créer en même temps les conditions de l’évolution vers la société communiste. Ce n’est qu’au contact du mouvement ouvrier avec la réalité que l’esprit critique commença à s’exercer et qu’on a pu pénétrer plus avant dans l’étude des formes d’organisation économique de la société, nécessaire à cette évolution. Et encore, ce ne furent pas tant les formes, mais les principes régissant l’organisme économique qui furent précisés. La pièce maîtresse de ce travail d’improvisation théorique est constituée par les clauses marginales que Marx écrivit au programme de la social-démocratie allemande, en 1875. Pour caractériser les idées générales qui avaient cours à ce moment quant à l’utilité générale de l’étude du régime de transition, il faut noter que Marx n’y est amené à traiter assez longuement le problème de la répartition que parce que Lassalle lui avait accordé - erronément de l’avis de Marx - une place importante dans le projet de programme du parti. Les problèmes politiques que soulève la période de transition ne méritaient pas davantage de discussion. De l’avis de Marx, pendant la période de transition l’État ne saurait être autre chose que la « dictature révolutionnaire du prolétariat ». Mais il ajoute : « Le programme n’a pas à s’occuper, pour l’instant, de cette dernière, non plus que de la nature de l’État futur dans la société communiste ». Il avait dit précédemment que ces questions ne pouvaient être résolues que « par la science ».

Il est vrai, en enrichissant les sciences de la société d’une contribution d’une rare valeur, Marx avait fait plus que quiconque pour aider à trouver une solution à ces problèmes. N’empêche que sa remarque illustre assez bien l’indifférence avec laquelle étaient traités, à cette époque, des problèmes qui se trouvent au centre de nos préoccupations actuelles. Il est vrai qu’il n’avait pas été donné à Marx de pouvoir méditer sur la déchéance d’une révolution qui s’est déroulée sous le signe de la lutte pour le socialisme.

La révolution prolétarienne doit donc abolir la propriété privée des moyens de production. Cette abolition met fin à l’infériorité économique des masses. La révolution transmet le droit de propriété à la classe ouvrière et la met - selon Engels - « en possession du produit tout entier de son travail ». La classe ouvrière possédant « le produit tout entier de son travail », quels seraient les rapports de chaque individu vis-à-vis du produit du travail social ? A cette question, Marx répondait dans le « Capital » :

« Représentons-nous enfin, pour changer, une réunion d’hommes libres travaillant avec des moyens de production communs et dépensant, en parfaite connaissance de cause, leurs nombreuses forces individuelles de travail comme une force de travail sociale. Tout ce qui a déterminé le travail de Robinson se répète ici, mais socialement et non plus individuellement. Tous les produits de Robinson étaient ses produits exclusivement personnels et par suite objets d’utilité immédiate pour lui. Le produit total de l’association est un produit social. Une partie de ce produit sert de nouveau comme moyen de production et reste sociale. Mais une autre partie est consommée par les membres de l’association et doit donc être répartie entre eux. Le mode de répartition variera suivant l’espèce particulière de l’organisme social de production et le degré correspondant de développement historique des producteurs. Si nous supposons que la part de chaque producteur est déterminée par son temps de travail, c’est uniquement pour établir un parallèle avec la production (capitaliste) des marchandises. Le temps de travail jouerait donc un double rôle. D’une part sa distribution méthodique dans la société règle la proportion exacte entre les diverses fonctions du travail et les divers besoins. D’autre part, il sert à mesurer la part individuelle que chaque producteur prend au travail commun et la part qu’il peut avoir du produit commun réservé à la consommation individuelle. Les rapports sociaux des hommes restent ici très simples, dans la production aussi bien que dans la distribution ».

Dans ses « Critiques », Marx a encore développé d’une façon plus précise les rapports du producteur « libre » vis-à-vis de la société : « Le producteur reçoit donc individuellement... l’équivalent exact de ce qu’il a donné à la société. Ce qu’il lui a donné, c’est son quantum individuel de travail. Par exemple, la journée sociale de travail représente la somme des heures de travail individuel ; le temps de travail individuel de chaque producteur est la portion qu’il a fournie de la journée sociale de travail, la part qu’il y a prise. Il reçoit de la société un bon constatant qu’il a fourni tant de travail (défalcation faite du travail effectué pour le fonds collectif) et, avec ce bon, il retire des stocks sociaux une quantité d’objets de consommation correspondant à la valeur de son travail. Ce même quantum de travail qu’il a fourni à la société sous une forme, il le reçoit d’elle sous une autre forme ».

Les communistes internationalistes hollandais ont eu le mérite de rétablir la notion marxiste des normes économiques qui règlent l’activité sociale de la période de transition. C’est déjà assez pour marquer la raison d’être de leur étude. On ne pourrait s’imaginer que d’autres rapports puissent s’établir entre le producteur individuel et le produit social du travail que celui qui découle de la part individuelle qu’il a prise à la production. Les communistes actuels se gardent bien d’invoquer Marx à ce propos pour justifier le régime de l’État soviétique où le travail continue à être payé à sa valeur, c’est-à-dire au taux qui correspond (ou à peu près) au coût de sa reproduction, ce qui permet aux classes dirigeantes constituées en État d’accumuler une plus-value qu’elles utilisent non selon les besoins de développement de la société, mais pour la conservation de leurs privilèges à elles. Mais la controverse avec les centristes n’est nullement épuisée par les quelques citations de Marx que nous venons de faire car, au premier désaccord sur le quantum individuel de travail comme valeur de la consommation individuelle, s’en greffe un deuxième sur la qualité du travail individuel fourni. A ce propos, les communistes officiels sont un peu plus loquaces ; ils invoquent Marx, mais à tort, comme nous allons le démontrer.

Le fait d’admettre la part que prend chaque individu au travail social général comme base de la consommation personnelle n’implique pas nécessairement l’égalité de cette consommation, même à quantum individuel de travail égal. En Russie, la grande inégalité des salaires est justifiée par la nécessité de payer le salaire à sa valeur. Le travail du manœuvre coûte moins cher que celui de l’ingénieur ou du dirigeant soviétique. Il paraîtrait que c’est parce que le manœuvre ne dispose que d’une force de travail brute, élémentaire, qui ne nécessite pas (ou très peu) de préparation technique de son détenteur d’où absence de dépense - ou investissement de capital - préalable à son emploi, tandis que la force de l’ingénieur ne peut être formée que grâce à des études coûteuses. Bref, la formation d’un ingénieur est plus coûteuse que celle d’un manœuvre et il est donc logique qu’une quantité de travail de l’un soit payée plus cher qu’une même quantité de travail de l’autre.

Staline, dans un entretien avec l’écrivain Emile Ludwig, s’est expliqué de cette inégalité et s’en est référé, pour la justifier, aux « Critiques » de Marx. Ainsi en parlant des « niveleurs » et « égalitaires » qui reprochent la trop grande inégalité des revenus des diverses couches de la population russe, il les présente comme des adeptes d’un « communisme paysan primitif », d’un communisme de consommation, partisans de la « mise en tas de tous les biens et de leur partage égal entre tous ». Il ne semble pas difficile alors à Staline de démontrer que Marx, Engels et Lénine ont toujours combattu un pareil nivellement et que Marx, particulièrement, a écrit que ce n’est que dans la phase supérieure du communisme que la société pourrait inscrire sur ses drapeaux la formule : « A chacun selon ses capacités, à chacun selon ses prestations ». Mais précisément, les marxistes révolutionnaires peuvent reprocher à Staline non pas de ne pas appliquer la devise qui devrait être en honneur dans la phase supérieure du communisme, ils lui reprochent de ne pas appliquer la théorie marxiste du socialisme, de ne pas donner à chacun selon son travail.

Parce que Marx distinguait chez les individus des « capacités productives » et des « privilèges naturels » inégaux, Staline lui fait reconnaître qu’il est nécessaire d’appliquer des rémunérations inégales. Or Marx voyait précisément dans le fait que la part au profit social restait égale - à prestation égale, bien entendu - pour chaque individu, alors que leurs besoins et l’effort déployé pour atteindre à une même prestation étaient différents. Marx voyait là dedans l’inégalité. Il est vrai que Marx a écrit par ailleurs : « La poursuite à grands cris de l’égalité des salaires repose... sur une erreur, sur un désir malsain qui ne sera jamais exaucé ». A ce moment, c’était pour démontrer que sous le « régime du salariat », la poursuite d’un « salaire équitable » ne pouvait couvrir que l’esclavage, mais nous savons que, selon Marx, la révolution prolétarienne a pour tâche d’abolir le salariat. Mais les communistes officiels n’y regardent pas de si près lorsqu’ils citent Marx. Pour enlever tout doute, citons encore les « Critiques » de Marx. Il dit : « A égalité de travail et, par conséquent, à égalité de participation au fonds social de consommation, l’on reçoit donc effectivement plus. Et pourquoi ? Parce que le droit, par sa nature, ne peut consister que dans l’emploi d’une même unité ; mais les individus inégaux ne sont mesurables d’après une unité commune qu’autant qu’on les considère d’un même point de vue, qu’on ne les saisit que sous un aspect déterminé, par exemple, dans le cas donné que comme des travailleurs, rien de plus et indépendamment de tout le reste ». Et Marx de conclure : « Pour éviter toutes ces difficultés, le droit devrait être, non pas égal, mais inégal ». La pensée de Marx apparaît ainsi clairement. L’inégalité que laisse subsister la première phase du socialisme résulte non pas de la rémunération inégale qui serait appliquée à diverses sortes de travail : le travail simple du manœuvre ou le travail composé de l’ingénieur avec, entre ces deux extrêmes, tous les échelons intermédiaires. Non, tous les genres de travail se valent, seules « sa durée » et « son intensité » devant être mesurées, mais l’inégalité provient de ce qu’on applique à des hommes ayant des capacités et des besoins différents des tâches et des ressources uniformes.

Marquons donc, avant de continuer plus avant notre documentation, ce point : lorsqu’on essaye de dégager des lois qui régissent la société actuelle les tendances de leur évolution naturelle (ce à quoi toute révolution doit s’adapter) et de déceler celles qui régiront la société de demain, on arrive à conclure qu’à la base de toute tentative de transformation sociale communiste doit se trouver la reconnaissance de l’égalité du travail social de tous les hommes. Seul, le prolétariat est capable de donner vie à ce principe, d’en faire une réalité vivante. Autre chose : l’application de ce principe ne doit pas se trouver à la fin de la période de transition, au début donc de la « phase supérieure » du communisme dont parlait Marx, mais il se place à son tout premier début, il en est l’assise fondamentale sans laquelle la période de transition sera tout ce qu’on voudra, hormis une transition vers le communisme.

Un enseignement que l’étude des internationalistes hollandais met opportunément en lumière, c’est que la remise de l’appareil de production aux mains de l’État, fut-il prolétarien, ne peut conduire au communisme, comme l’exemple de la révolution russe l’a prouvé. Marx et Engels n’ont pu, de leur temps, apporter aux problèmes de la gestion des solutions définitives. Ce qu’on trouve dans l’œuvre d’Engels à ce propos est contradictoire ; quelque fut leur génie, il leur manquait la matière d’expérimentation que l’histoire n’avait pas encore fournie à leur époque. Mais maintenant il n’est plus possible de douter. Certes, théoriquement, on peut parfaitement s’imaginer, après la révolution, l’État « prolétarien » gérant, au moyen d’un appareil de direction économique adéquat, l’ensemble des moyens de production au profit de la collectivité. Mais ce ne peut être que de l’imagination. En effet, que suppose l’existence d’un tel appareil de direction centralisé et son fonctionnement au profit des masses ? Qu’il y ait identité d’intérêt parfaite entre les masses des travailleurs et les centres de direction. Mais à supposer que cette identité d’intérêt existe, est-ce que, dans ce cas, de tels conseils économiques surgiraient ? Évidemment, non. Comme la direction de la production serait dépourvue, dans ces conditions, de tout caractère politique, comme il ne s’agirait, pour reprendre une définition devenue célèbre, que d’une « administration de choses », point ne serait nécessaire d’établir un appareil de coercition. La direction n’aurait aucune raison de restreindre les droits des « administrés ». Puisqu’il y a identité d’intérêt, la volonté des ouvriers groupés dans leurs entreprises ne peut que rejoindre les prévisions établies en haut, puisqu’en tant que matérialistes nous admettons que ce sont les intérêts économiques, présumés ou réels, des groupes sociaux qui déterminent leurs desiderata. L’État, dans de telles conditions, serait purement superfétatoire. Personne ne songerait à en créer un, à plus forte raison à lui attribuer des fonctions de plus en plus importantes. Il faudrait, dans ces conditions, simplement un organisme élaborant, avec un minimum de contraintes, les décisions reflétant la volonté collective des masses.

Mais l’expérience d’une séparation profonde entre les organismes de direction économique à la base - dont la fonction de direction cesse rapidement, dans ces conditions, pour se transformer en auxiliaires soumis des organismes supérieurs - et les centres économiques, atteste l’existence d’antagonismes profonds. Elle ne peut être que l’expression du fait que deux tendances sociales se trouvent en présence et lorsque la fonction des uns est systématiquement gênée dans son expression au profit des autres, il faut en déduire que l’antagonisme entre les deux est irréductible.

On objectera que la privation du droit des travailleurs à gérer leurs entreprises peut être justifiée par les tâches particulières de la période de transition. On sort, en effet, d’une économie construite en vue du profit capitaliste. Il s’agit de l’adapter à la production en vue de la satisfaction large des besoins de toute la collectivité ; en d’autres termes, des grandes masses. Il s’agit donc, non de consommer, de jouir des richesses et des biens sociaux (entre parenthèses, les biens consommables se réduiront probablement à bien peu de chose au moment de la révolution), mais, avant tout, de produire, de développer et d’économiser. Mais on se demande sur qui la classe ouvrière peut compter, en dehors d’elle-même, pour mener à bien ces tâches. Elle ne peut, pour les accomplir, déléguer ses pouvoirs à personne d’autre qu’à elle-même, si qualifiés et si compétents que les guides qui sollicitent ces pouvoirs puissent paraître. Car le marxisme nous enseigne une chose : qu’une classe ne peut s’émanciper que par ses propres forces. La transformation de l’appareil de production, de machines à produire du profit capitaliste en un organisme susceptible de satisfaire tous les besoins des masses ne peut être accomplie que par les travailleurs eux-mêmes, non pas par des techniciens, si qualifiés soient-ils, ni des guides, si désintéressés qu’ils puissent s’affirmer.

Si pénétrante et si convaincante, l’étude des Internationalistes hollandais est, lorsqu’elle s’emploie à démontrer comment, dans la révolution prolétarienne, les fonctions de direction économique doivent passer directement sans l’intermédiaire de l’État aux travailleurs organisés, aux divers échelons correspondant avec les rouages de l’appareil de production, si abstraite et arbitraire elle nous paraît lorsqu’ils entreprennent de justifier les méthodes politiques d’organisation des masses qui leur sont particulières. A vrai dire, l’aspect politique n’est pas traité explicitement dans leur ouvrage, mais on sent - et ceci n’est pas un reproche, car il ne pourrait en être autrement - la préoccupation politique courir comme un fil blanc d’un bout à l’autre de l’étude et la dominer.

La thèse des Internationalistes hollandais est connue : les partis politiques sont des organisations spécifiques de la bourgeoisie. Le prolétariat réalise donc son unité non pas au travers de partis politiques, mais au travers des conseils d’entreprises englobant l’ensemble des travailleurs sur la base qu’ils occupent dans la production. Ces conseils sont amenés, par la force des choses, à s’orienter de plus en plus vers le communisme. Lors de la prise du pouvoir par le prolétariat, les entreprises se trouvent donc nécessairement entre les mains des conseils. Ceux-ci commencent à organiser la production sur des bases communistes sans en confier l’organisation à l’État. Les syndicats n’ayant plus aucun rôle à remplir disparaissent. Les fonctions de l’État se réduisent à la protection du nouveau régime, donc à la répression des tentatives contre-révolutionnaires des classes dépossédées. Aucune fonction de direction économique ne lui est impartie. Voilà donc l’essentiel du point de vue des Internationalistes.

Il est un fait que nul ne peut contester, c’est que les luttes du prolétariat du 20ème siècle ont fait apparaître des formes d’organisation tout à fait originales s’adaptant plus particulièrement à la période de commotion sociale dont les grandes luttes révolutionnaires de 1905 et 1917 en Russie, 1918 et 1923 en Allemagne, 1919 en Italie furent les annonciatrices. Dans les deux premiers pays, ce furent les soviets des députés ouvriers et paysans et les conseils d’ouvriers qui servirent de canal au rassemblement des grandes masses. Il est probable que de telles organisations seront les formes spécifiques de l’insurrection prolétarienne de demain et qu’elles serviront d’instrument révolutionnaire aux mains du prolétariat pour établir sa dictature. Si on considère que la prise du pouvoir par le prolétariat ne peut être réalisée que si les grandes masses, celles qui, d’ordinaire, restent en marge de toute activité politique ou sociale, se mettent en mouvement, on ne pourrait presque pas supposer qu’il en soit autrement. Mais même si cela devait se dérouler d’après de tels pronostics, on ne conçoit pas que les conseils puissent venir supplanter toute autre forme d’organisation du prolétariat. La classe ouvrière ne se présentera pas, pas plus qu’aucune autre classe dans l’histoire, une et indivisible devant la révolution. Les idéologies héritées du passé, des intérêts particuliers de groupes au sein de la classe ouvrière même et l’antagonisme entre les deux grands groupes sociaux en présence représentant : l’un la révolution, l’avenir, l’autre le retour vers le capitalisme, se manifesteront par la création surabondante de groupements d’affinités qui deviennent, dans la lutte, autant de drapeaux différents autour desquels la classe ouvrière aura tendance à se grouper. Le rôle des partis politiques ne nous semble donc pas aboli ; au contraire, leur activité devient croissante à l’approche de la « lutte finale ». Et de même que l’élément rétrograde de la masse se manifestera en donnant son adhésion aux partis réactionnaires, il nous semble que la conscience révolutionnaire du prolétariat ne peut se manifester qu’en créant un parti exprimant, contre tous les autres, les intérêts durables de la révolution. La construction d’un parti révolutionnaire ne semble donc pas s’opposer aux formes d’organisation dont nous savons qu’elles furent les formes spécifiques de la lutte révolutionnaire et dont, par conséquent, il y a lieu de supposer qu’elles le seront encore dans l’avenir, mais elle apparaît comme une forme complémentaire, indispensable, sans laquelle elle ne pourrait être complète, de l’organisation du prolétariat.

Certes, le rapport entre les diverses formes d’organisation sera, dans chaque révolution, différent, parce qu’on a chaque fois affaire à des complexes sociaux de composition différente (non pas différents quant au contenu, mais quant aux rapports entre les divers éléments constitutifs) imprégnés de traditions historiques diverses. Mais ce n’est pas à cause de la transformation contre-révolutionnaire de tel ou tel parti dans une révolution, transformation conditionnée elle-même par des circonstances historiques et sociales bien concrètes, qu’il convient de décréter la non validité pour le prolétariat de partis politiques en général.

L’État occupe aussi, dans le système des Hollandais, une place pour le moins équivoque. Après lecture de leur démonstration, il pourrait apparaître à maints lecteurs qu’en réalité tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. La révolution est en marche, elle ne pourrait pas ne pas venir et il suffit de laisser aller les choses à elles-mêmes pour que le socialisme devienne réalité. Or, rien n’est plus étranger à la notion marxiste de l’évolution sociale que cette conception. Les révolutions sont, il est vrai, des enregistrements périodiques que l’histoire institue pour mesurer l’évolution des classes. En ce sens, les classes ne peuvent jamais atteindre un niveau supérieur à celui correspondant à l’ensemble de leurs capacités économiques et sociales, les résultats des révolutions apparaissent comme déterminés d’avance. Mais c’est seulement en ce sens-là, car révolution signifie, avant tout, intervention consciente volontaire des masses pour changer violemment - on pourrait même dire presqu’arbitrairement - le cours de l’évolution et l’orienter dans un sens nouveau. C’est pour cela qu’une révolution, si « mûre » fut-elle, ne peut jamais être un processus mécanique. Il est possible que telle ne soit pas non plus l’opinion de nos camarades hollandais et que la lacune que nous signalons ne résulte que de la nécessité qu’il y avait d’abstraire en quelque sorte et de montrer, pour la clarté de l’exposition, l’évolution économique comme étant complètement séparée de l’intervention politique, mais il importe quand même de faire plus de clarté sur ce point. Il est vrai qu’ils affirment quelque part que l’État reste nécessaire au prolétariat après la prise du pouvoir. Il s’agit d’un « État » d’une nature particulière, qui n’est déjà plus, en réalité, un État, comme Lénine, après Marx, le montrait d’ailleurs. Il s’agit d’un État qui « ne puisse pas ne pas dépérir », alors que le marxisme a mis en relief que l’État était toujours l’instrument d’oppression d’une classe sur une autre. Il est possible que, pour la clarté de l’exposition, il faudrait remplacer dans la terminologie l’expression d’ « État prolétarien » par une autre plus adéquate. Mais, avec ces explications, on comprendra nos critiques. L’exposé des Hollandais énonce la nécessité d’un « État prolétarien » qui ne pourrait pas s’évader de sa fonction d’instrument de répression de la contre-révolution.

Suite et fin de l’article publiée dans Bilan No 23, page 788, faute de place dans le No 22 :

D’autre part, l’étude de la transformation sociale, plus particulièrement l’analyse de la révolution russe, nous montre que les bouleversements sociaux ne peuvent être que consécutifs à l’effondrement complet des systèmes de production qu’il s’agit de remplacer. C’est dire que la transformation s’opère dans les conditions objectives les plus désastreuses. Le nouveau mode de production ne peut pas succéder à celui qui vient de disparaître sans une période d’adaptation et de consolidation. Cette période met à l’avant-plan la solution de problèmes économiques tout différents de ceux devant lesquels la société socialiste sera placée en période normale. Pour ne citer qu’une seule contradiction : le socialisme apportera la paix. Cependant, il est très probable que le premier geste d’une révolution victorieuse soit une déclaration de guerre, de guerre aux forces de réaction alarmées. Au lieu d’une production en vue des besoins d’une collectivité pacifiée, la révolution naissante serait dans l’obligation d’orienter sa production vers les blocus de guerre.

Dans de telles conditions, si on y ajoute le chaos consécutif à tout bouleversement social et à toute guerre civile, le calcul de l’heure moyenne de travail ne peut être qu’arbitraire. Il faudra lui donner volontairement, donc arbitrairement, une « valeur » quelconque, quitte à en vérifier l’exactitude par après. La marge d’improvisation des organes de direction centrale, que ces organes émanent de l’ « État » ou d’un « Congrès Général des Conseils d’Entreprises », reste donc très grande. La question essentielle ne nous paraît pas de savoir s’il faudra « attribuer » ou ne pas attribuer une telle marge, mais bien de savoir qui attribuera. Encore une fois, rien ne peut être décrété dans ce domaine ; en dernier ressort, c’est la force des catégories sociales en présence qui aura son dernier mot à dire. Les pouvoirs discrétionnaires accordés à telle ou telle instance ne seront mis au service de la collectivité, à l’exception de toute catégorie particulière, qu’à la seule condition que les groupes qui accordent ces pouvoirs se trouvent à même de les retirer à n’importe quel moment. Qu’une pareille faculté des « administrés », ou pour employer la vieille expression de Marx et que le deuxième Congrès de l’Internationale Communiste reprenait à son compte - qu’une pareille faculté des « travailleurs libres unis en une libre association » soit liée à un degré d’évolution déterminé de l’appareil de production est une chose qui va de soi. Mais que la révolution prolétarienne ne puisse inscrire d’autre mot d’ordre dans son drapeau ne nous paraît pas moins évident.

A. HENNAUT

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  10. BILAN 02d : Désertions, trahisons et difficultés réelles de la doctrine marxiste
  11. BILAN 02e : Le principe démocratique - première partie
  12. BILAN 02f : Vers la construction d’une véritable fraction de gauche en France
  13. BILAN 02g : Pas de « Bordiguisme »
  14. BILAN 03a : A propos de la commémoration de Lénine - Liebknecht - Luxemburg
  15. BILAN 03b : Van der Lubbe - Les fascistes exécutent - Socialistes et centristes applaudissent
  16. BILAN 03c : Pour les funérailles des victimes du « Diana »
  17. BILAN 03d : Résolution de Ligue des Comunistes Internationalistes sur la IVe Internationale
  18. BILAN 03e : Le principe démocratique - suite et fin
  19. BILAN 03f : Roosevelt au gouvernail
  20. BILAN 03g : Le cas Calligaris
  21. BILAN 03h : Appel aux lecteurs et souscription
  22. BILAN 04a : Le capitalisme marque un point décisif dans la préparation de la guerre
  23. BILAN 04b : Le plan De Man
  24. BILAN 04c : Mouvement Communiste International - Belgique
  25. BILAN 04d : La nature du Parti
  26. BILAN 04e : En marge d’un anniversaire
  27. BILAN 04f : Le cas Calligaris
  28. BILAN 05a : Quatre jeunes camarades du S.A.P. sont arrêtés...
  29. BILAN 05b : Les principes, armes de la Révolution
  30. BILAN 05c : Parti - Internationale - État : Prémisses
  31. BILAN 05d : Le plan De Man - suite et fin
  32. BILAN 05e : Organisation et discipline communiste - Prémisses du problème
  33. BILAN 05f : Les difficultés de l’Opposition russe : Rakovsky dépose les armes
  34. BILAN 05g : Le cas Calligaris
  35. BILAN 06a : 1er Mai 1934
  36. BILAN 06b : La bourgeoisie française expulse Léon Trotsky
  37. BILAN 06c : Les problèmes du Front Unique
  38. BILAN 06d : Où va l’impérialisme français
  39. BILAN 06e : Parti - Internationale - État / I : La classe et sa signification
  40. BILAN 06f : Une quatrième internationale ou une réplique de la Troisième
  41. BILAN 06g : Salut à la « Verita »
  42. BILAN 06h : Maximo rejoint le front de la contre-révolution centriste
  43. BILAN 06i : Une tragédie de l’émigration italienne
  44. BILAN 07a : Pour le retour de Trotsky en Russie
  45. BILAN 07b : L’Antifascisme, formule de confusion
  46. BILAN 07c : La grève de Verviers
  47. BILAN 07d : Parti - Internationale - État / II : Classe et État
  48. BILAN 07e : Le communisme et la question nationale
  49. BILAN 07f : Une quatrième internationale ou une réplique de la Troisième (2)
  50. BILAN 07g : A propos de Staline et du Stalinisme
  51. BILAN 07h : La catastrophe de Pâturages
  52. BILAN 08a : La Russie soviétique dans le concert des brigands impérialistes
  53. BILAN 08b : La mort de la concentration antifasciste italienne
  54. BILAN 08c : La situation de la classe ouvrière japonaise
  55. BILAN 08d : Une quatrième internationale ou une réplique de la Troisième (3)
  56. BILAN 08e : Parti - Internationale - État / III : Classe et Parti
  57. BILAN 08f : L’arabisation du C.C. du Parti Communiste Syrien
  58. BILAN 08g : A propos de la Sarre
  59. BILAN 09a : Chronique du mois
  60. BILAN 09b : La situation en France (résolution de la C.E.)
  61. BILAN 09c : La chine soviétique
  62. BILAN 09d : Parti - Internationale - État / IV : Parti et Internationale
  63. BILAN 09e : La Campagne pour Thaelmann
  64. BILAN 10a : En marge du front unique
  65. BILAN 10b : L’acte désespéré des mineurs de l’Escarpelle
  66. BILAN 10c : A Constantine : l’impérialisme tire profit du massacre de ses instruments
  67. BILAN 10d : Les événements du 30 juin en Allemagne
  68. BILAN 10e : De l’Internationale 2 et 3/4 à la Deuxième Internationale
  69. BILAN 10f : Crises et cycles dans l’économie du capitalisme agonisant (1ère partie)
  70. BILAN 10g : La Mongolie « Rouge », convoitise de l’impérialisme japonais
  71. BILAN 10h : Mouvement Communiste international - Une résolution de la Ligue des Communistes de Belgique
  72. BILAN 11a : L’Entrée de la Russie dans la S.D.N.
  73. BILAN 11b : Le Syndicat unique et le « procédé de fusion »
  74. BILAN 11c : Comment les réformistes belges torpillent les grèves
  75. BILAN 11d : Les bolcheviks-léninistes entrent dans la S.F.I.O.
  76. BILAN 11e : Les Problèmes de l’Extrême-Orient
  77. BILAN 11f : Les compétitions inter-impérialistes en Chine
  78. BILAN 11g : La Mandchourie
  79. BILAN 11h : Crises et cycles dans l’économie du capitalisme agonisant (2eme partie)
  80. BILAN 11i : Hermann Gorter (sa place dans le mouvement théorique du communisme international)
  81. BILAN 11j : Les Jeunesses léninistes belges récidivent
  82. BILAN 11k : Marcel Cachin a 65 ans
  83. BILAN 12a : À nos lecteurs
  84. BILAN 12b : L’écrasement du prolétariat espagnol
  85. BILAN 12c : Vers un « Parti Unique » en France
  86. BILAN 12d : La prison de la faim - Une grève de mineurs hongrois
  87. BILAN 12e : Le capitalisme français marque un nouveau point
  88. BILAN 12f : Le problème de la Sarre : Non ! Non ! Non !
  89. BILAN 12g : Le problème de la jeunesse
  90. BILAN 12h : Parti - Internationale - État / V : L’État démocratique
  91. BILAN 13a : À propos de la crise ministérielle en France
  92. BILAN 13b : Le problème de la Sarre et la guerre
  93. BILAN 13c : Fascisme - Démocratie : Communisme
  94. BILAN 13d : La comédie de Mussolini : L’État corporatif en Italie
  95. BILAN 13e : Le problème de la jeunesse (2)
  96. BILAN 13g : Des exclusions en Italie
  97. BILAN 13h : Communiqué sur la répression internationale
  98. BILAN 14a : L’assassinat de Kyrov
  99. BILAN 14b : La suppression de la carte de pain en U.R.S.S.
  100. BILAN 14c : La situation en France
  101. BILAN 14d : Le problème des minorités nationales
  102. BILAN 14e : Le problème de la jeunesse (3)
  103. BILAN 14g : À tous nos lecteurs
  104. BILAN 14g : Quand manque un parti de classe... À propos des événements d’Espagne
  105. BILAN 15a : Deux époques : en marge d’un anniversaire
  106. BILAN 15b : Mathias Rakosy
  107. BILAN 15c : L’attentat de Nicolaïev
  108. BILAN 15d : Ce qu’il faut retenir de l’expérience sarroise
  109. BILAN 15e : À nos lecteurs
  110. BILAN 15f : Le problème de la jeunesse (4)
  111. BILAN 15g : Parti - Internationale - État / VI : L’État fasciste
  112. BILAN 15h : Parti et Classe
  113. BILAN 15i : Au sujet de la répression en Russie
  114. BILAN 16a : Le « dernier problème africain » et l’Italie
  115. BILAN 16b : Doumergue, compétence médiocre et maladroite
  116. BILAN 16d : L’écrasement du prolétariat allemand et l’avènement du fascisme
  117. BILAN 16e : La grève générale, expression de la lutte des classes
  118. BILAN 17a : De la Commune de Paris à la Commune Russe
  119. BILAN 17b : La Grèce, champ de manoeuvre des antagonismes inter-impérialistes
  120. BILAN 17e : Le problème de la jeunesse (5)
  121. BILAN 17g : Au sujet de Victor Serge et de Calligaris
  122. BILAN 18a : Premier Mai 1935
  123. BILAN 18c : Parti - Internationale - État / VII : L’État prolétarien
  124. BILAN 18f : Le problème de la jeunesse (6 et fin)
  125. BILAN 19a : Calligaris en Sibérie
  126. BILAN 19b : Lettre au B.P. du Parti Communiste russe Moscou
  127. BILAN 19c : Teresa Reechia
  128. BILAN 19d : Défaite du prolétariat, victoire du capitalisme : De Hitler à Staline, de Staline à Blum
  129. BILAN 19e : Ce qu’a été l’occupation des mines en Belgique
  130. BILAN 19e : Parti - Internationale - État / VII - 2e partie : l’État soviétique
  131. BILAN 19g : Les fondements de la production et de la distribution communistes
  132. BILAN 20a : De la déclaration de Staline à la manifestation du 14 Juillet
  133. BILAN 20b : L’impérialisme italien à la conquête de l’Abyssinie
  134. BILAN 20c : Projet de rapport sur la situation en Italie
  135. BILAN 20d : Calligaris
  136. BILAN 20f : Les fondements de la production et de la distribution communistes (2)
  137. BILAN 21a : Et voici le cas Calligaris
  138. BILAN 21a : Sous le signe du 14 juillet
  139. BILAN 21c : Projet de rapport sur la situation en Italie (suite)
  140. BILAN 21d : La première et la deuxième internationale devant le problème de la guerre
  141. BILAN 21e : Les fondements de la production et de la distribution communistes (3)
  142. BILAN 21f : Parti - Internationale - État / VII - 3e partie : l’État soviétique
  143. BILAN 22a : L’attentat de Beiso
  144. BILAN 22b : L’Italie en Abyssinie
  145. BILAN 22c : Nous, Calligaris et le Centrisme
  146. BILAN 22e : Rapport sur la situation en Italie (suite et fin)
  147. BILAN 22f : Les internationalistes hollandais sur le programme de la révolution prolétarienne
  148. BILAN 22g : Projet de résolution sur le problème des liaisons internationales
  149. BILAN 23a : Manifeste de la Fraction italienne de la Gauche communiste
  150. BILAN 23b : Sur quelle base s’est effectuée l’unité syndicale - Les Mussolini et Hitler de la France démocratique
  151. BILAN 23c : Compte rendu du Congrès de la fraction - Résolutions adoptées
  152. BILAN 23d : Thèses de Rome - Préface de 1928 et première partie
  153. BILAN 23e : En dehors des partis communistes devenus des instruments du capitalisme mondial
  154. BILAN 24a : Vers une consolidation du front capitaliste en France
  155. BILAN 24b : Pendant que réformistes et centristes scellent l’union sacrée, des mineurs anglais font la grève au fond des puits
  156. BILAN 24c : La résolution du Congrès des Italiens de Bruxelles
  157. BILAN 24d : La motion présentée par la fraction au Congrès des Italiens
  158. Bilan 24e : La tension de la situation italienne et internationale
  159. BILAN 24f : Le déroulement de l’aventure africaine
  160. BILAN 24g : La fraction dans les partis socialistes de la seconde internationale
  161. BILAN 24h : Thèses de Rome - Deuxième partie
  162. BILAN 24i : Lettre du camarade Soep
  163. BILAN 25a : Un mois après l’application des sanctions
  164. BILAN 25b : À la confusion des problèmes monétaires les ouvriers français opposeront leur front de classe
  165. BILAN 25c : Les réfugiés italiens dans la Russie Soviétique
  166. BILAN 25d : Les Centristes escomptent la condamnation de Beiso
  167. BILAN 25e : L’unité syndicale et les fractions
  168. BILAN 25f : Le nouveau bond de l’impérialisme japonais dans la Chine du nord
  169. BILAN 25g : À nos lecteurs
  170. BILAN 25h : Parti - Internationale - État / VII - 4e partie : l’État soviétique
  171. BILAN 25i : Mouvement ouvrier international
  172. BILAN 25j : Staline et le Bolchevisme
  173. BILAN 25k : Thèses de Rome - Troisième partie
  174. BILAN 26a : La réconciliation des français et l’Unité Syndicale
  175. BILAN 26b : La situation en Allemagne : L’exécution de R. Claus
  176. BILAN 26c : Sur le chemin du capitalisme - Le Stakhanovisme en Russie
  177. BILAN 26d : La situation actuelle en Italie, pivot de la situation internationale
  178. BILAN 26e : La situation en Amérique du Sud
  179. BILAN 26f : Parti - Internationale - État / VII - 5e partie : l’État soviétique
  180. BILAN 26g : L’échec des premières discussions avec le groupe « Communist Class Struggle »
  181. BILAN 26h : En marge des Thèses de Rome
  182. BILAN 27a : Quels sont les héritiers de Lénine, Luxemburg, Liebknecht ?
  183. BILAN 27b : Comment, dans la Russie des Soviets, on assassine la camarade Mariottini
  184. BILAN 27c : L’évolution de la situation italienne
  185. BILAN 27d : Le problème du Pacifique et la faillite de la Conférence de Londres
  186. BILAN 27e : Quinze années après Livourne
  187. BILAN 27f : L’écrasement du prolétariat français et ses enseignements internationaux (1)
  188. BILAN 27g : Petrini
  189. BILAN 28a : M. Albert Sarraut, symbole de la cohérence capitaliste
  190. BILAN 28b : Wupperwald et Neukölln
  191. BILAN 28c : L’impudence et les faux de M. Germanetto
  192. BILAN 28d : Le Japon devant la guerre impérialiste
  193. BILAN 28e : Le « Front Populaire » triomphe en Espagne
  194. BILAN 28f : L’écrasement du prolétariat français et ses enseignements internationaux (2)
  195. BILAN 28g : Problèmes de la période de transition (partie 1)
  196. BILAN 28h : Dans la Fraction - Un peu de clarté s’il vous plait
  197. BILAN 28i : Dans la Fraction - À la recherche d’une clarification ?
  198. BILAN 29a : La course vers la guerre
  199. BILAN 29b : Pour le 65e Anniversaire de la Commune de Paris
  200. BILAN 29c : Au sujet du cas Mariottini
  201. BILAN 29d : Une réponse de Gatto Mammone
  202. BILAN 29e : Au sujet des problèmes du parti et de la tactique
  203. BILAN 29f : L’écrasement du prolétariat français et ses enseignements internationaux - Suite et fin
  204. BILAN 29g : Dans la Fraction. Un article de discussion de Gatto Mammone
  205. BILAN 30a : Premier Mai 1936 (Manifeste de la Fraction italienne de la gauche communiste)
  206. BILAN 30b : Le Front international de la répression capitaliste
  207. BILAN 30c : Le prolétariat italien est-il absent ?
  208. BILAN 30d : Premier Mai ( À propos de Calligaris )
  209. BILAN 30e : Les traîtres à l’œuvre
  210. BILAN 30f : Le mouvement ouvrier devant le problème de la guerre
  211. BILAN 30g : De l’Union Sacrée à Zimmerwald - La dernière semaine
  212. BILAN 30h : Quelques brèves nouvelles
  213. BILAN 31a : La victoire du Front Populaire en France
  214. BILAN 31b : Après les élections en Belgique
  215. BILAN 31c : La victoire de l’impérialisme italien ouvre-t-elle un nouveau cours de la révolution mondiale ?
  216. BILAN 31d : Le conflit Arabo-Juif en Palestine (première partie)
  217. BILAN 31e : « De l’Union Sacrée à Zimmerwald » par A. Rosmer
  218. BILAN 31f : Les traîtres à l’œuvre
  219. BILAN 31g : Problèmes de la période de transition (partie 2)
  220. BILAN 31h : Calligaris toujours déporté en Sibérie, sauvons-le !
  221. BILAN 31i : Victor Serge hors des griffes du centrisme
  222. BILAN 32a : La Société des Nations continue
  223. BILAN 32b : Beiso n’a pas été acquitté
  224. BILAN 32c : Ce que fut la Conférence du Droit d’Asile de Paris
  225. BILAN 32d : Le prolétariat français a répondu au Front Populaire
  226. BILAN 32e : La rafale gréviste en Belgique
  227. BILAN 32f : Le conflit Arabo-Juif en Palestine (suite et fin)
  228. BILAN 32g : Mouvement ouvrier international
  229. BILAN 33a : En Espagne — Bourgeoisie contre Prolétariat
  230. BILAN 33b : Francisco Ascaso
  231. BILAN 33c : Adieu Zanasi
  232. BILAN 33d : Nature et évolution de la Révolution russe
  233. BILAN 33e : De l’Union Sacrée à Zimmerwald - Conclusion (Alfred Rosmer)
  234. BILAN 33f : Errata sur « La rafale gréviste en Belgique »
  235. BILAN 34a : Communiqué de la Commission exécutive
  236. BILAN 34b : Au front impérialiste du massacre des ouvriers espagnols il faut opposer le front de classe du prolétariat international
  237. BILAN 34c : La boucherie de Moscou
  238. BILAN 34d : Démocratie formelle et démocratie socialiste
  239. BILAN 34e : De l’Union sacrée à Zimmerwald
  240. BILAN 34f : Problèmes de la période de transition (partie 3)
  241. BILAN 34g : Staline dépasse Mussolini
  242. BILAN 35a : L’abattoir des prolétaires en Espagne
  243. BILAN 35b : Le ventre du capitalisme français orné des plumes du paon socialiste
  244. BILAN 35c : La crise dans la Fraction — Communiqué de la CE
  245. BILAN 35d : La tragédie espagnole
  246. BILAN 35e : La révolution espagnole
  247. BILAN 35f : Les problèmes de la période de transition (partie 4)
  248. BILAN 35g : Nature et évolution de la Révolution russe : Réponse au camarade Hennaut
  249. BILAN 35h : La crise dans la Fraction — Communiqué du comité de coordination
  250. BILAN 36a : La consigne de l’heure : ne pas trahir
  251. BILAN 36b : Octobre 1917 - Octobre 1936
  252. BILAN 36c : Mario di Leone
  253. BILAN 36e : L’isolement de notre fraction devant les événements d’Espagne
  254. BILAN 36f : La crise de la Fraction - Communiqué de la Commission Exécutive
  255. BILAN 36g : Documents de la minorité
  256. BILAN 37a : La réalité d’un « gouvernement de façade »
  257. BILAN 37b : Mario de Leone est mort
  258. BILAN 37c : Salut du groupe de Marseille
  259. BILAN 37d : Salut du groupe de la minorité de Barcelone
  260. BILAN 37e : L’ « autre » aspect de la domination capitaliste. La « Démocratie » en fonction aux États Unis
  261. BILAN 37f : La bourgeoisie renverra-t-elle Blum ?
  262. BILAN 37g : Problèmes de la période de transition (partie 5)
  263. BILAN 37h : Nouveaux assassinats : Nouvelle Constitution en Russie
  264. BILAN 37i : La crise de la fraction - Ordre du jour de la Commission Exécutive
  265. BILAN 38a : Le capitalisme français n’a pas renvoyé Blum
  266. BILAN 38b : Trotski pourra-t-il rester au Mexique ?
  267. BILAN 38f : Problèmes de la période de transition (partie 6 - fin)
  268. BILAN 39a : Le procès de Moscou
  269. BILAN 39b : Le prolétariat français doit briser l’Union Sacrée
  270. BILAN 39c : Lénine - Luxemburg - Liebknecht
  271. BILAN 39d : À propos d’un anniversaire
  272. BILAN 39e : Sous le signe de la constitution « la plus démocratique du monde » on extermine en URSS la génération d’Octobre
  273. BILAN 39f : Nos divergences avec le camarade Hennaut
  274. BILAN 39g : Le Marxisme n’est pas de la littérature Camarade Victor Serge !
  275. BILAN 39h : Que faire ? Retourner au Parti Communiste, Messieurs !
  276. BILAN 40a : Premier Mai 1937
  277. BILAN 40b : La France « libre, forte et heureuse » assassine les prolétaires
  278. BILAN 41a : Plomb, Mitraille, Prison
  279. BILAN 41b : Quand les bourreaux parlent... Le discours de Staline
  280. BILAN 41f : Antonio Gramsci - Camillo Berneri
  281. BILAN 41g : Bilan en danger - La vie de Bilan
  282. BILAN 42a : La répression en Espagne et en Russie
  283. BILAN 42f : Antonio Gramsci
  284. BILAN 43a : Pour la solidarité de classe à toutes les victimes de la guerre d’Espagne
  285. BILAN 43b : Du travail et du pain
  286. BILAN 43c : Andrés Nin assassiné ?
  287. BILAN 43d : Les bourreaux soviétiques à l’oeuvre
  288. BILAN 43e : À propos de quelques élucubrations trotskistes
  289. BILAN 43f : Le Comité national de la C.G.T.
  290. BILAN 43g : L’évolution des évènements d’Espagne
  291. BILAN 43h : Le Front Populaire
  292. BILAN 43i : Pour le Bureau International des fractions communistes de gauche
  293. BILAN 43j : L’impérialisme japonais à la conquête de la Chine
  294. BILAN 43k : Documentation internationale
  295. BILAN 43l : La vie de Bilan
  296. BILAN 44a : Lettre ouverte au Centre pour la IVe Internationale et au Parti Socialiste Révolutionnaire de Belgique
  297. BILAN 44b : À bas le carnage impérialiste en Chine
  298. BILAN 44c : Le capitalisme passe à l’attaque « La France aux Français »
  299. BILAN 44d : La guerre impérialiste d’Espagne et le massacre des mineurs asturiens
  300. BILAN 44e : Le monde arabe en ébullition
  301. BILAN 44f : Marxisme et Dogmatisme
  302. BILAN 44g : Et Calligaris ?
  303. BILAN 45a : Pour le XXème anniversaire de la Révolution d’Octobre
  304. BILAN 45b : Le front populaire continue
  305. BILAN 45c : Le droit au soulèvement armé
  306. BILAN 46a : "Bilan" disparaît
  307. BILAN 46e : Un grand renégat à la queue de paon : Léon Trotsky
  308. BILAN 46g : Écho à l’étude de la période de transition
  309. BILAN 46h : "Octobre" bulletin mensuel du Bureau International des Fractions de Gauche