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mardi 6 juin 2017
   
Brèves
Mardi 21 mai - La Revue Z à Terra Nova
lundi 20 mai
Mardi 21 mai 2013 à 19h, rencontre à la Librairie Terra Nova de Toulouse avec l’équipe de la revue Z à l’occasion de la parution du dernier numéro Thessalonique & Grèce, aux éditions Agone. Après une enquête collective au nord de la Grèce, la revue Z viendra présenter son dernier numéro : Thessalonique dans la dépression européenne. Bricolages quotidiens et résistances insolvables.
Groupe de Liaison pour l’Action des Travailleurs
lundi 6 février
Le sommaire des articles de la revue Lutte de classe, publiée par le GLAT, a été largement augmenté, notamment sur la période 1971-1975. Pour tous les numéros listé, une version PDF est maintenant accessible en ligne. Bonnes lectures !
Mise à jour du catalogue du fonds documentaire
jeudi 1er septembre
Une nouvelle version mise à jour du Catalogue du Fonds Documentaire Smolny, très largement étendue (une vingtaine d’entrées supplémentaires) est en ligne ce jeudi 1er septembre 2011. Merci aux contributeurs. D’autres titres à suivre...
Ouverture des archives numériques du CERMTRI
lundi 15 août
Le CERMTRI a décidé de créer une bibliothèque numérique avec l’objectif de numériser le maximum de ses archives et de ses collections. Pour démarrer : La revue « Bulletin Communiste » (1920-1933) ; le journal « La Vérité » (1957-1958) ; la revue des « Cahiers du mouvement ouvrier » (2002-2011). Soit déjà 428 documents ce qui représente 6395 pages. Bravo pour cette excellente initiative !
Sur le Web
[infokiosques.net]
Nous nous auto-organisons et nous montons un infokiosque, une sorte de librairie alternative, indépendante. Nous discutons des publications, brochures, zines et autres textes épars qui nous semblent intéressants ou carrément nécessaires de diffuser autour de nous. Nous les rassemblons dans cet infokiosque, constituons ainsi nos ressources d’informations, et les ouvrons au maximum de gens. Nous ne sommes pas les troupes d’un parti politique, ni les citoyen-ne-s réformateurices de nos pseudo-démocraties, nous sommes des individus solidaires, qui construisons des réseaux autonomes, qui mettons nos forces et nos finesses en commun pour changer la vie et le monde.
Premiers pas sur une corde raide Montreuil (93) : concert de soutien au Rémouleur, samedi 11 octobre 2014 qcq Tout mais pas l'indifférence Crise, totalitarisme, luttes sociales et de classe en Grèce Bruxelles : programme de septembre 2014 au local Acrata
Bibliolib
Catalogue de textes d’origine libertaire ou anarchiste, sans habillage particulier (pas de commentaire, d’édition critique, de note). Les textes bruts donc avec une liste d’auteurs qui commence à être significative. Un bon point d’entrée donc pour ceux qui savent à l’avance ce qu’ils cherchent. Attention : ce site s’est fait subtilisé sa précédente adresse par un site pornographique. Notre propre lien a donc été incorrect quelque temps. Nous en sommes désolé.
Pelloutier.net
Sur l’histoire du syndicalisme révolutionnaire et de l’anarcho-syndicalisme, avec des études, documents et synthèses intéressantes sur Pelloutier, Monatte, La Vie Ouvrière (1909-1914) et sur les mouvements syndicalistes en France, Europe, USA...
Balance
Cahiers d’histoire du mouvement ouvrier international et de la Guerre d’Espagne. Nombreux articles en espagnol. Textes de Bordiga, entre autres.
Classiques des sciences sociales
Une bibliothèque numérique entièrement réalisée par des bénévoles, fondée et dirigée par Jean-Marie Tremblay, sociologue. Comprend de très nombreuses oeuvres du domaine public. La section des "auteurs classiques", en particulier, est une véritable mine, où l’on trouve Bebel, Bordiga, Boukharine, Engels, Fourier, Gramsci, Kautsky, Labriola, Lafargue, Lukacs, Luxemburg, Marx, Trotsky et bien d’autres.
BRENDEL Cajo (1999) : « Garde-toi de tout mythe ! »
Entretien avec le groupe « Revolution Times »
20 août 2007 par eric
Cet entretien du groupe allemand Revolution Times avec Cajo Brendel, réalisé en décembre 1999, a été publié en janvier 2001 dans la brochure : Red Devil, Die Kronstadt-Rebellion. Alle Macht den Sowjets, nicht den Parteien ! (La révolte de Cronstadt. Tout le pouvoir aux soviets, pas aux partis !), Bibliothek des Widerstandes (Bibliothèque de la résistance), janvier 2001, p. 21-27. Il a été ensuite traduit en français pour la revue Échanges et mouvement n° 111 (hiver 2004-2005). La version ci-dessous est reprise du site mondialisme.org.

Red Devil : A ton avis, qu’est-ce qui explique l’apparition des positions communistes de conseils, et comment pourrais-tu brièvement nous les présenter ?

Cajo Brendel : le communisme de conseils n’est pas tombé du ciel. Il a pris forme peu à peu et s’est développé au fil du temps. Après l’enthousiasme du départ pour la révolution russe, plusieurs marxistes d’Europe de l’Ouest ont commencé à émettre des critiques. Parmi eux, Otto Rühle fut sans doute l’un des tout premiers témoins de la pratique bolchevique à avoir fait part de ses expériences par écrit [1].

Le marxiste hollandais Gorter a aussi appartenu très tôt aux critiques du bolchevisme, mais son analyse (1920) [2] ne s’appliquait qu’à tel ou tel détail. Les attaques se firent plus nombreuses d’abord à la suite des vives discussions suscitées par le soulèvement de Cronstadt en 1921, puis lorsque, peu de temps après, l’action des bolcheviks se concrétisa dans la Nouvelle politique économique [3]. Plus tard, à la fin des années 1920, s’y est ajouté un rejet total du capitalisme d’État ; enfin, au début des années 1930, apparurent d’autres divergences, plus nombreuses encore.

Selon moi, la théorie du communisme de conseils a atteint un apogée provisoire en 1938 quand le marxiste hollandais Anton Pannekoek soumit le léninisme dans son entier à une investigation marxiste [4]. Toutefois, le développement du communisme de conseils ne s’est pas arrêté là. Très loin de toute orthodoxie ou de toute forme de dégénérescence il continue à se servir de la méthode de Marx pour mieux appréhender la réalité sociale.

R. D. : la théorie communiste de conseils qualifie le KPD (Parti communiste allemand) et le SPD (Parti social-démocrate allemand) de « vieux mouvement ouvrier ». Un « nouveau mouvement ouvrier » avec de « nouvelles organisations de classes » étant en formation. Où vois-tu les signes d’un tel « nouveau mouvement ouvrier » et comment vois-tu les différences entre le « vieux » et le « nouveau » mouvement ouvrier ? N’existe-t-il aucune tradition révolutionnaire pour vous dont vous vous réclameriez ou pourriez vous réclamer ?

C. B. : la différence entre le « vieux » et le « nouveau » mouvement ouvrier - toutes conceptions politiques et théoriques mises à part - réside en ce que le « vieux » mouvement ouvrier est un mouvement pour les ouvriers (dirigé par des politiciens ou des savants) tandis que le « nouveau » mouvement ouvrier (encore à peine sorti de ses langes) est un mouvement des ouvriers, c’est-à-dire des ouvriers eux-mêmes. Je ne pense pas que l’on puisse se réclamer des traditions. Je vois les signes (et j’insiste sur ce mot « signes ») d’un nouveau mouvement ouvrier là où les travailleurs se mettent en grève « sauvage » (comme on dit) absolument sans conscience préconçue de son sens et de sa signification, sans le soutien d’aucun parti ni syndicat quels qu’ils soient. Et on pourrait sans doute trouver des signes de même nature dans d’autres actions des ouvriers.

R. D. : « Le communisme n’est pas une question de parti [5], mais la formation d’un mouvement de masses autonome », tel était le titre d’un article du groupe français Le Prolétaire [6], qui participa à la rencontre de Bruxelles en 1947 [7]. Comment, à Daad en Gedachte, vous situez-vous par rapport à cette affirmation, et comment un tel « mouvement de masses autonome » peut-il, et même doit-il, naître ?

C. B. : un mouvement de masses est autonome s’il n’est convoqué par aucune individualité ni organisation. Il surgit spontanément des rapports sociaux ou politiques. Je suis absolument d’accord avec l’affirmation du groupe Le Prolétaire.

R. D. : les communistes de conseils ont par le passé critiqué également le fascisme et l’antifascisme et se sont refusé à prendre parti pour un camp ou pour un autre, la démocratie ici ou le fascisme là. Comment vous situez-vous par rapport au fascisme renaissant en Europe ? Et comment vous situez-vous par rapport au mouvement antifasciste ?

C. B. : le fascisme renaissant en Europe ne présente évidemment pas dans tous les pays tout à fait le même caractère ni n’obéit aux mêmes causes. Toutefois, quelle que soit la forme qu’il revêt ou quelles que soient ses causes on doit bien sûr le combattre ; mais je ne veux rien avoir à faire avec un combat au côté de la bourgeoisie.

R. D. : la plupart des groupes politiques cherchent à intervenir dans les manifestations, les grèves, etc. afin d’influencer ces mouvements dans telle ou telle direction, ou au moins de propager leurs idées. Il y a eu à l’intérieur du communisme de conseils des divergences entre les « activistes » et les « observateurs ». Quel est le point de vue des communistes de conseils ? N’est-il pas erroné de rester passif face aux mouvements sociaux existants ? Où vois-tu les tâches des communistes de conseils avant et pendant les mouvements de masses et les luttes de classes ?

C. B. : il est important de participer aux luttes. MAIS... les interventions des différents groupes d’avant-garde n’ont aucun sens. Au contraire. J’aborde ce sujet dans un article ci-joint [8]. Je suis d’avis, depuis ma jeunesse, que l’on n’a rien à enseigner à la classe ouvrière, mais tout à apprendre d’elle.

Comment ensuite se servir de ce que l’on a appris ? J’ai toujours agi dans ce cas conformément à une phrase de Marx extraite d’un de ses premiers textes, la Contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel, où il écrit : « On doit contraindre à danser ces rapports pétrifiés en leur chantant leur propre mélodie ! » [9]. Je n’ai jamais dit à des grévistes : « Vous devriez plutôt faire comme ci ou comme ça. » J’ai simplement cherché à chaque fois à discuter le sens de leurs actions. Ce n’est pas un comportement passif.

R. D. : à qui s’adresse votre journal Daad en Gedachte quand votre action politique diminue ? Quel rôle accordez-vous alors à votre journal ?

C. B.  : le groupe Daad en Gedachte s’est toujours adressé à tous ceux qui ont un point de vue critique envers le « vieux mouvement ouvrier » et qui, soit voient déjà le chemin du « nouveau mouvement ouvrier » soit le cherchent.

R. D. : il y eut en 1947 une rencontre internationale entre communistes de conseils et d’autres groupes internationalistes [10]. S’agissait-il alors d’une tentative de construire une sorte d’Internationale des communistes de conseils ou plus simplement de nouer des relations plus étroites entre groupes de plusieurs pays ayant des affinités ?

C. B. : je n’ai malheureusement pas pu à l’époque participer à cette rencontre internationale, et ne détiens qu’un article à ce propos paru dans un hebdomadaire communiste de conseils.

R. D. : la majorité du « vieux mouvement ouvrier » a condamné l’action des marins de Cronstadt. Trotsky a minimisé les événements de Cronstadt en les qualifiant de « tragédie ». Comment vous situez-vous par rapport à Cronstadt ?

C. B. : je n’ai pas du tout la même conception de la révolte de Cronstadt que les bolcheviks, Lénine, Trotsky, Staline ou qui que ce soit d’autre. Je l’ai toujours considérée comme le précurseur de la révolution prolétarienne en Russie [11].

R. D. : comment vous situez-vous par rapport aux troskystes et aux anarchistes ? Vois-tu des points communs et des points de divergence ?

C. B. : ni oui, ni non. On peut définir le trotskysme comme du léninisme, et le stalinisme comme une variété de léninisme. Tous deux se fondent sur une interprétation erronée de Marx résultant des rapports sociaux en Russie.

C’est bien sûr différent avec l’anarchisme, quoiqu’il se trompe aussi sur Marx à de nombreux égards. En outre, sa méthode de travail est très éloignée de la mienne. Je suis cependant d’accord avec l’anarchisme lorsqu’il se dresse contre tout pouvoir d’État, qu’il se dise bourgeois ou prolétarien.

R. D. : comment se situent les communistes de conseils par rapport aux partis et aux élections ?

C. B. : les partis sont le fruit des révolutions bourgeoises et sont indispensables au capitalisme. Je ne participe jamais à une élection dans la société capitaliste. Les seules élections auxquelles je pourrais participer, seraient celles pour les conseils ouvriers.

R. D. : les communistes de conseils considèrent la révolution d’octobre 1917 en Russie comme une « révolution bourgeoise ». Donne-nous, s’il-te-plaît, quelques explications.

C. B. : la Russie était dans les années 1920 un pays où le servage, c’est vrai, n’existait plus et qui possédait certaines industries, mais ce pays n’en conservait pas moins dans l’ensemble les stigmates de la féodalité. Le tsar, l’église et la noblesse étaient au pouvoir, l’agriculture était la branche principale de la production, et la plus grande partie de la population appartenait à la paysannerie.

Si tant est qu’il y eût une bourgeoisie, elle n’était en rien comparable à celle qu’il y avait en France au XVIIIe siècle, pénétrée de son importance et consciente d’elle-même. La tâche de la révolution, qui montait depuis le début du XXe siècle en Russie, était de mettre fin au tsarisme, de briser le pouvoir de l’église et de la noblesse. Il fallait pour cela inévitablement développer de nouveaux rapports de production. La révolution russe devait donc accomplir les mêmes tâches que la révolution française en son temps, mais dans des circonstances qui n’étaient pas tout à fait les mêmes.

Considérant ce qui était à faire en Russie, on peut donc parler d’une révolution bourgeoise, qui cependant, par suite de la faiblesse de la bourgeoisie russe, fut une révolution où les tâches historiques de la bourgeoisie ont dû être accomplies par une autre classe.

Personne ne l’avait mieux prédit que Lénine au début du XXe siècle. On peut lire dans un de ses premiers textes : « La révolution à venir sera une révolution bourgeoise, mais une révolution bourgeoise sans bourgeoisie [12]. »

La révolution bourgeoise russe offre plusieurs points de comparaison avec la révolution française du XVIIIe siècle. En France, le matérialisme de l’époque avait servi d’arme dans la lutte contre la religion, parce que celle-ci constituait la base de la puissance de l’église. Il en fut de même en Russie. Et ce matérialisme avec lequel on a combattu la religion en Russie, que Lénine tenait pour le matérialisme historique, était tout simplement le matérialisme français du XVIIIe siècle. Pannekoek l’a magistralement démontré en 1938 [13].

On ne peut pas en faire le reproche à Lénine. Ce sont les conditions russes qui l’ont conduit à interpréter à la manière russe le matérialisme développé par Marx et Engels dans des rapports capitalistes.

La révolution russe se distingue aussi par autre chose que l’on retrouve également chez les révolutionnaires français. Avec toutefois une légère différence. Les Jacobins français avaient emprunté leurs modèles et leurs théories révolutionnaires à l’histoire romaine ; les bolcheviks, eux, ne tournèrent pas leurs regards vers l’antiquité classique mais vers l’avenir prolétarien. En France en 1789 tout comme en Russie en 1917, l’image qui était dans les têtes ne correspondait absolument pas à la pratique. En France, où l’on rêvait de liberté et d’égalité, on ne se rendait pas compte qu’il s’agissait de liberté juridique et d’égalité devant la loi. Trotsky a écrit quelque part : « On croyait achever la révolution de Février, et on arrivait en fait à Octobre » [14]. En réalité, c’est le contraire qui est vrai : on croyait avancer sur le chemin du communisme, et on faisait une révolution bourgeoise sans bourgeoisie.

Ce qui devait arriver, le capitalisme d’État, arriva, parce que la bourgeoisie était trop faible pour se constituer en classe dirigeante. Pour revenir à Lénine encore une fois, il avait raison quand il se décrivait comme un Jacobin [15] !

R. D. : il y a eu des tentatives de publier des textes des communistes de conseils en esperanto afin de surmonter l’étroitesse des frontières de nations et de langues. Comment vous situez-vous par rapport à l’intelligence et aux intellectuels ?

C. B. : les communistes de conseils du Groupe des communistes internationalistes ont publié des textes en esperanto au début des années 1930. Nous ne l’avons plus jamais refait après la deuxième guerre mondiale ; nos textes et notre correspondance parvenant dans des pays dont nous dominions plus ou moins les langues.

Nous n’avons jamais douté de l’intelligence des travailleurs ; notre méfiance allait aux intellectuels qui appartenaient à la bourgeoisie ou à des groupes d’avant-garde.

R. D. : comment vous situez-vous par rapport aux symboles du « vieux mouvement ouvrier » (par exemple le drapeau rouge, la faucille et le marteau, L’Internationale, le poing levé, le terme « camarade », etc.) ?

C. B. : tout le groupe Daad en Gedachte, moi y inclus, n’avons jamais accordé beaucoup de valeur aux symboles. Notre intérêt s’est toujours porté sur ce qui était essentiel dans les groupes, les mouvements, etc., sur ce qu’ils signifiaient. Du reste, L’Internationale est depuis très longtemps chantée par les pires des réformistes ! Et bien d’autres symboles ont été galvaudés.

R. D. : quelles ont été les réactions dans les discussions en novembre 1998 en Allemagne lorsque tu y as fait des réunions et des conférences ?

C. B. : j’ai été très content des réactions de nombreux auditeurs. Ils étaient généralement très objectifs et montraient qu’ils m’avaient parfaitement compris. A la seule exception de deux membres du CCI [16], qui n’étaient absolument pas là pour discuter et tenaient seulement - heureusement très brièvement - un discours de propagande en faveur de leur propre organisation qui n’avait rien à voir avec le sujet de mon exposé. Ils ont par la suite publié un très long article dans leur journal à ce propos où les mensonges ne manquent pas.

R. D. : quelles sont, à ton avis, les positions communistes de conseils qui ont été confirmées, et celles qui ont été infirmées, par l’histoire et le passé ?

C. B. : je pense que la question de la confirmation ou non des positions communistes de conseils par l’histoire n’a aucun sens. Il ne s’agit pas de plus ou moins bonnes positions mais d’analyse, d’une analyse de la réalité où nous avons toujours à faire à un processus. Et l’analyse atteint de meilleurs résultats selon que le processus évolue.

R. D. : quelles sont d’après toi les raisons pour lesquelles le communisme de conseils est resté jusqu’à aujourd’hui sans véritable influence ? Qu’en est-il du mouvement communiste de conseils aujourd’hui ?

C. B. : si on partage les conceptions des groupes d’avant-garde telles qu’elles s’expriment par exemple dans la devise léniniste : « Sans théorie révolutionnaire, pas de pratique révolutionnaire » [17], on peut penser que les idées du communisme de conseils auraient pu avoir plus d’influence qu’elles n’en ont. La réalité est tout autre. En fait il n’y a aucune théorie pure de toute pratique ; la théorie s’appuie sur une pratique, c’est-à-dire des faits. Ce ne sont pas telle ou telle théorie ou tel ou tel point de vue qui influencent la réalité, mais le contraire. C’était aussi exactement la ligne de conduite de Marx et Engels. Je ne conçois pas le communisme de conseils comme un « mouvement » au sens strict ; d’après moi, c’est le mouvement des travailleurs qui est important, et celui-ci découle de leur position sociale, qu’ils aient connaissance des idées communistes de conseils ou non. Ils ne luttent pas à cause de ces idées, mais parce que le capitalisme les y oblige.

R. D. : comment jugez-vous la situation actuelle en tant que communistes de conseils ?

C. B. : la situation actuelle est bien évidemment un moment d’un processus. Tout ce que je peux dire c’est que j’ai vu les luttes de classes se modifier continuellement depuis cinquante ans. Pour prendre un exemple parmi tant d’autres, il y a cinquante ans les occupations d’usine étaient tout à fait différentes de celles d’aujourd’hui.

R. D. : comment vois-tu les perspectives de la gauche à la fin du XXe siècle ? Les communistes de conseils sont-ils intéressés à collaborer avec d’autres groupes ? Si oui, dans quels domaines et sous quelles conditions ?

C. B. : la réponse dépend naturellement de ce que l’on entend par « gauche » ? Si l’on entend par là tous ces groupes qui se considèrent comme l’avant-garde du prolétariat et se prennent pour ses éducateurs, la réponse est simple : il n’y a aucune perspective ! Pour la classe ouvrière, au contraire, il y a une perspective, que l’on en ait ou non une notion claire : c’est la révolution, que le capitalisme engendre inévitablement. En ce qui concerne les avant-gardistes, je ne vois pas l’utilité de collaborer avec eux.

R. D. : parlons de Marinus van der Lubbe. Il voulait tirer la classe ouvrière de son apathie en incendiant le Reichstag [18]. N’était-ce pas en quelque sorte se substituer à elle ? Le KAPD (Parti communiste ouvrier d’Allemagne) avec son putschisme, n’a-t-il pas lui aussi souvent agi à la place des travailleurs ?

C. B. : je n’ai jamais douté des sentiments sincèrement prolétariens de Van der Lubbe. Ce qu’il attendait, ou espérait, de son action était à mon avis illusoire. Quant au KAPD, je suis loin d’être certain qu’il se soit substitué à la classe ouvrière avec son soi-disant « putschisme ». J’aimerais bien que l’on me donne des exemples.

R. D. : qu’entends-tu par « action directe » ?

C. B. : à vrai dire je n’utilise jamais cette expression. Je parle plutôt d’actes spontanés ou de ce qu’on appelle actions « sauvages » ou grève « sauvage ».

R. D. : que recommanderais-tu à des lecteurs ou des lectrices convaincus par tes explications ?

C. B. : tout ce que je pourrais leur dire, c’est : « Laisse tomber toute illusion. Garde-toi de tout mythe. » C’est le fil rouge de ma pensée.

R. D. : un dernier mot...

C. B. : Je suis curieux de savoir ce que vous pensez de notre discussion. -

[1] Voir par exemple, la traduction en français de deux articles d’Otto Rühle « Moscou et nous » et « Compte rendu sur Moscou » (parus dans la revue Die Aktion en 1920), dans (Dis)continuité n° 11, juin 2001, repris dans Jean Barrot & Denis Authier, Ni parlement, ni syndicats : les Conseils ouvriers !, éd. Les Nuits rouges, 2003, p. 139 et p. 147. Ainsi que deux textes plus tardifs : Fascisme brun, fascisme rouge (rédigé en 1939, mais publié seulement en 1971 en allemand), éd. Spartacus, 1975 ; et « La Lutte contre le fascisme commence par la lutte contre le bolchevisme » (article paru en anglais dans la revue américaine Living Marxism, vol. 4, n° 8, septembre 1939), dans Korsch/Mattick/Pannekoek/Rühle/Wagner : La Contre-révolution bureaucratique, éd. 10/18, 1973.

[2] Voir en français : Herman Gorter, Réponse à Lénine sur « La Maladie infantile du communisme », Librairie ouvrière, 1930 ; traduction reprise par les éditions Spartacus sous le titre Réponse à Lénine. Lettre ouverte au camarade Lénine, 1979 ; et du même auteur, « Les Leçons des “Journées de Mars” » (1921) (Dernière lettre de Gorter à Lénine), in Denis Authier, Jean Barrot, La Gauche communiste en Allemagne 1918-1921, éd. Payot, 1976 (rééd. sous le titre Ni parlement, ni syndicats : les Conseils ouvriers !, éd. Les Nuits rouges, 2003). (NdT.)

[3] Après la révolte de Cronstadt, alors que la Russie manquait cruellement de tous les produits de base, Lénine impose au parti bolchevique la Nouvelle politique économique, en 1921, qui restaure, entre autres mesures, la liberté relative pour les paysans de vendre sur le marché une partie de leur production. (NdT.)

[4] En 1938, Anton Pannekoek publiait en allemand, sous le pseudonyme de John Harper, une critique des conceptions de Lénine après avoir lu son Matérialisme et empiriocriticisme - publié en 1908 en russe mais seulement traduit en allemand et en anglais en 1927 - sous le titre de Lenin als Philosoph. Il en existe une traduction française : Anton Pannekoek (John Harper), Lénine philosophe, éd. Spartacus, 1970. (NdT.)

[5] Cette expression rappelle un article d’Otto Rühle, « La Révolution n’est pas une affaire de parti », paru originellement le 17 avril 1920, sous le titre « Un nouveau parti communiste ? », dans la revue Die Aktion (1911-1932) animée par Franz Pfemfert (1879-1954). Voir Denis Authier, La Gauche allemande, éd. La Vieille taupe, 1973, p. 112-122 ; ou (Dis)continuité, n° 10, mai 2001, pp. 93-97.

[6] Le Prolétaire - Organe du communisme révolutionnaire était publié à la fin de la deuxième guerre mondiale par les Communistes révolutionnaires (CR), des ex-trotskystes liés aux Allemands et Autrichiens, eux aussi ex-trotskystes, du groupe Revolutionäre Kommunisten Deutschlands (RKD), exilés en France et d’autres pays avant la guerre, qui ont mené une propagande internationaliste pendant celle-ci. Pour plus d’informations, voir Pierre Lanneret, Les Internationalistes du « troisième camp » en France pendant la seconde guerre mondiale, éd. Acratie, 1995, pp. 68-71 ; et Courant communiste international (Philippe Bourrinet), La Gauche communiste d’Italie, 1991, pp. 197-198. (NdT.)

[7] Des petits groupes de plusieurs pays ayant maintenu des positions internationalistes pendant la deuxième guerre mondiale éprouvèrent le besoin de se réunir pour renouer des contacts face au raz-de-marée chauvin qui suivit la victoire des Alliés. Une conférence internationale eut lieu à cet effet à Bruxelles les 25 et 26 mai 1947, où des groupes et individualités de sensibilités politiques différentes des Pays-Bas, de Belgique, de Suisse, de France et d’Italie furent invités par le Communistenbond Spartacus. Voir Courant Communiste International (Philippe Bourrinet), La Gauche hollandaise, s.d., pp. 271-276. (NdT.)

[8] Je n’ai pas pu déterminer de quel article il s’agit. (NdT.)

[9] Contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel ; « Introduction », traduction dans Karl Marx, Textes (1842-1847), cahier Spartacus n° B33, avril-mai 1970, p. 52. (NdT.)

[10] Voir note 8.

[11] Voir l’article de Cajo, « Kronstadt : Proletarischer Ausläufer der russischen Revolution » (Cronstadt, précurseur prolétarien de la révolution russe), dans J. Agnoli, C. Brendel, I. Mett, Die Revolutionäre Aktionen der russischen Arbeiter und Bauern (Les Actions révolutionnaires des ouvriers et paysans russes), Karin Kramer Verlag, 1974. (NdT.)

[12] Je n’ai pas pu retrouver cette phrase exacte dans les écrits de Lénine. On lira toutefois Deux tactiques de la social-démocratie dans la révolution démocratique, un texte de 1905, où cette idée transparaît clairement. Les écrits de Lénine existent chez plusieurs éditeurs. (NdT.)

[13] Voir note 5. (NdT.)

[14] Je n’ai pas pu déterminer la provenance de cette citation. (NdT.)

[15] Voir plusieurs passages dans Que Faire ? (1902) et dans Un pas en avant, deux pas en arrière (1904). (NdT.)

[16] Courant communiste international ; groupe qui publie en France le mensuel Révolution internationale et une revue théorique trimestrielle, La Revue internationale. Le CCI décline ses écrits en plusieurs pays et plusieurs langues. (NdT.)

[17] « Sans théorie révolutionnaire, pas de mouvement révolutionnaire », in Lénine, Que faire ?, Ed. sociales / Ed. du progrès, 1979, p. 46. (NdT.)

[18] Voir en français Marinus Van der Lubbe, Carnets de route de l’incendiaire du Reichstag, éd. Verticales, 2003 ; et « Deux textes d’Anton Pannekoek », Pannekoek : « L’acte personnel » ; « La destruction comme moyen de lutte » in Échanges n° 90, printemps-été 1999, p. 61. (NdT.)

Documents joints à cet article :
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  18. CAMUS Albert (1953) : Moscou sous Lénine
  19. CHIRIK Marc (1976) : Présentation de textes de « Bilan »
  20. COLLECTIF (1973) : Garde-fous arrêtez de vous serrer les coudes — Documents
  21. CONTRE-ATTAQUE (1935) : Union de lutte des intellectuels révolutionnaires
  22. DARWIN Charles & WALLACE Alfred (1858) : On the Tendency of Species to form Varieties ; and on the Perpetuation of Varieties and Species by Natural Means of Selection
  23. EISNER Kurt (1918) : An die Bevölkerung Münchens !
  24. ENGELS Friedrich (1842) : Die innern Krisen
  25. ENGELS Friedrich (1842) : Englische Ansicht über die innern Krisen
  26. ENGELS Friedrich (1842) : Stellung der politischen Parteien
  27. FISR (1943) : À tous les travailleurs de la pensée et des bras
  28. GAPONE George & VASSIMOV Ivan (1905) : Pétition des ouvriers au Tsar
  29. GLAT (1969) : Luttes et organisations de classe
  30. GLAT (1969) : Pour un regroupement révolutionnaire
  31. GRANDJONC Jacques (1989) : Introduction à « Communisme / Kommunismus / Communism »
  32. GTM (1937) : Le massacre de Barcelone, une leçon pour les ouvriers du Mexique !
  33. GUILLAMON Augustin (2002) : Chronologie d’Amadeo Bordiga
  34. HAASE Hugo (1919) : Reichstagsreden gegen die deutsche Kriegspolitik
  35. HOBSBAWM Eric (1961) : « La situation de la classe laborieuse en Angleterre »
  36. HOWARD Roy (1936) : Interview with J. Stalin
  37. ISTRATI Panaït (1929) : Conclusion pour combattants
  38. JANOVER Louis (1977) : Les nouveaux convertis
  39. JANOVER Louis (1981) : Actualité de Panaït Istrati
  40. JANOVER Louis (1985) : Lire Spartacus
  41. JANOVER Louis (1989) : Daniel Guérin, le trouble-fête
  42. JANOVER Louis (1991) : Les vraies leçons de Marx
  43. JANOVER Louis (1996) : Maximilien Rubel, une œuvre à découvrir
  44. JANOVER Louis (2007) : Les habits neufs de la feinte-dissidence
  45. JANOVER Louis (2008) : À propos de la réédition des « Pages choisies » de Karl Marx
  46. JANOVER Louis (2009) : De la rétrocritique considérée comme le dernier des arts
  47. JANOVER Louis (2009) : Vous avez dit minuit dans le siècle ?
  48. JAURÈS Jean (1914) : Discours de Vaise
  49. JOUHAUX Léon (1914) : Discours sur la tombe de Jean Jaurès
  50. KAUTSKY Karl (1922) : Socialisation ou nationalisation des banques ?
  51. LAFARGUE Paul (1885) : Une visite à Louise Michel
  52. LÉNINE & SVERDLOV Iakov (1918) : Position du Comité Central du P.O.S.D.R.(b) dans la question de la paix séparée et annexionniste
  53. LÉNINE (1914) : Der Krieg und die russische Sozialdemokratie
  54. LÉNINE (1918) : Additif au décret du Conseil des Commissaires du Peuple « La Patrie socialiste est en danger ! »
  55. LÉNINE (1918) : Chose étrange et monstrueuse
  56. LÉNINE (1918) : De la gale
  57. LÉNINE (1918) : Discours à la réunion commune des fractions bolchevique et socialiste-révolutionnaire de gauche du Comité Exécutif Central de Russie du 23 février 1918
  58. LÉNINE (1918) : Interventions sur la question de la paix de Brest-Litovsk
  59. LÉNINE (1918) : Leçon sérieuse et sérieuse responsabilité
  60. LÉNINE (1918) : Note sur la nécessité de signer la paix
  61. LÉNINE (1918) : Paix ou guerre ?
  62. LÉNINE (1918) : Projet d’ordre du jour à tous les soviets de députés
  63. LÉNINE (1918) : Projet de résolution du Conseil des commissaires du peuple sur l’évacuation du gouvernement
  64. LÉNINE (1918) : Rapport sur la question de la paix
  65. LÉNINE (1918) : Sur le terrain pratique
  66. LÉNINE (1918) : Une leçon dure, mais nécessaire
  67. LÉNINE (1918) : Une paix malheureuse
  68. LÉNINE (1919) : Discours d’ouverture au Premier Congrès de l’Internationale Communiste
  69. LÉNINE (1919) : Discours prononcé le 19 janvier après l’assassinat de Rosa Luxemburg et de Karl Liebknecht
  70. LERMONTOV Michel (1840) : Un fataliste
  71. LEVI Paul (1924) : Einleitung zu Rosa Luxemburg: «Einführung in die Nationalökonomie»
  72. LIEBKNECHT Karl & MEYER Ernst (1918) : Die nächsten Ziele eures Kampfes
  73. LIEBKNECHT Karl (1914) : Déclaration au Reichstag
  74. LIEBKNECHT Karl (1915) : Lettre à la Conférence de Zimmerwald
  75. LIEBKNECHT Karl (1918) : Für die freie sozialistische Republik Deutschland
  76. LIEBKNECHT Karl (1918) : To the Workers and Soldiers of the Allied Countries
  77. LIEBKNECHT Karl (1918) : Trotz alledem !
  78. LIEBKNECHT Karl (1918) : Was will der Spartakusbund ?
  79. LIEBKNECHT Karl (1919) : Kamaraden ! Arbeiter !
  80. LIEBKNECHT Karl (1919) : Malgré tout !
  81. LIEBKNECHT Karl, USPD & SPD (1918) : Bedingungen zum Eintritt in die Regierung
  82. LUXEMBURG Rosa & SPARTAKUSBUND (1918) : Was will der Spartakusbund ?
  83. LUXEMBURG Rosa (1893) : L’année 1793 !
  84. LUXEMBURG Rosa (1898) : À quoi sert la politique coloniale ?
  85. LUXEMBURG Rosa (1902) : Martinique
  86. LUXEMBURG Rosa (1904) : Social-démocratie et parlementarisme
  87. LUXEMBURG Rosa (1906) : Blanquisme et social-démocratie
  88. LUXEMBURG Rosa (1908) : Tolstoï, comme penseur social
  89. LUXEMBURG Rosa (1912) : Dans l’asile de nuit
  90. LUXEMBURG Rosa (1912) : Im Asyl
  91. LUXEMBURG Rosa (1914) : Discours devant le Tribunal de Francfort
  92. LUXEMBURG Rosa (1914) : Le revers de la médaille
  93. LUXEMBURG Rosa (1918) : Assemblée nationale ou gouvernement des Conseils ?
  94. LUXEMBURG Rosa (1918) : Das alte Spiel
  95. LUXEMBURG Rosa (1918) : Der Anfang
  96. LUXEMBURG Rosa (1918) : Die kleinen Lafayette
  97. LUXEMBURG Rosa (1918) : Die Nationalversammlung
  98. LUXEMBURG Rosa (1918) : Eine Ehrenpflicht
  99. LUXEMBURG Rosa (1918) : L’Achéron s’est mis en mouvement
  100. LUXEMBURG Rosa (1918) : L’Assemblée nationale
  101. LUXEMBURG Rosa (1918) : Les petits Lafayette
  102. LUXEMBURG Rosa (1918) : Nationalversammlung oder Räteregierung ?
  103. LUXEMBURG Rosa (1918) : Parteitag der Unabhängigen SP
  104. LUXEMBURG Rosa (1918) : Protestresolution gegen das Vorgehen der deutschen Regierung im Osten
  105. LUXEMBURG Rosa (1918) : Schlussrede
  106. LUXEMBURG Rosa (1918) : Un devoir d’honneur
  107. LUXEMBURG Rosa (1918) : Unser Programm und die politische Situation
  108. LUXEMBURG Rosa (1918) : Korreferat zur Politik der USPD
  109. LUXEMBURG Rosa (1918) : Les masses « immatures »
  110. LUXEMBURG Rosa (1919) : Der erste Parteitag
  111. LUXEMBURG Rosa (1919) : Das Versagen der Führer
  112. LUXEMBURG Rosa (1919) : Die Ordnung herrscht in Berlin
  113. LUXEMBURG Rosa (1919) : Kartenhäuser
  114. LUXEMBURG Rosa (1919) : L’ordre règne à Berlin
  115. LUXEMBURG Rosa (1919) : Versäumte Pflichten
  116. LUXEMBURG Rosa (1919) : Was machen die Führer ?
  117. LÖWY Michael (1969) : Le marxisme révolutionnaire de Rosa Luxemburg
  118. MALATESTA Errico & COLLECTIF (1915) : L’Internationale anarchiste et la guerre
  119. MARAT Jean-Paul (1791) : Sur la loi Le Chapelier
  120. MARTOV Julius (1907) : La leçon des événements russes
  121. MARTOV Julius (1908) : Le Marxisme en Russie
  122. MARTOV Julius (1918) : À bas la peine de mort !
  123. MARTOV Julius : La Troisième Douma et les socialistes
  124. MARX Karl & ENGELS Friedrich (1848) : Le Manifeste du Parti Communiste
  125. MARX Karl (1852) : Pauperism and Free Trade. - The approaching commercial crisis
  126. MARX Karl (1856) : Appel au prolétariat anglais
  127. MARX Karl (1865) : Salaire, Prix et Plus-value
  128. MATTICK Paul (1960) : Anton Pannekoek, une biographie politique
  129. MATTICK Paul (1977) : Interview à Lotta Continua
  130. MEHRING Franz (1914) : Ein Protest
  131. MÜHSAM Erich (1918) : Revolutionäre, internationalistisch gesinnte kommunistische Arbeiter und Soldaten !
  132. O’CASEY Sean : The Story of the Irish Citizen Army
  133. PANNEKOEK Anton (1933) : L’acte personnel
  134. PANNEKOEK Anton (1933) : La destruction comme moyen de lutte
  135. PÉRET Benjamin (1945) : Le déshonneur des poètes
  136. PIATAKOV, BOSCH, BOUKHARINE (1915) : Thèses sur le droit des nations à l’autodétermination
  137. PIECK Wilhelm ( 1918) : Arbeiter, Soldaten, Genossen !
  138. POSPOLOV Pavel (1938) : Aperçu historique - La lutte de Boukharine contre Lénine et le Parti
  139. PROUVOST Léon (1921) : Le code bolchevik du mariage
  140. PYATAKOV, BOSCH, BUKHARIN (1915) : Theses on the right of nations to self-determination
  141. RADEK Karl (1919) : Nachruf auf Karl Liebknecht
  142. RUBEL Maximilien (1947) : Karl Marx et le socialisme populiste russe
  143. RUBEL Maximilien (1980) : Le socialisme réellement inexistant
  144. SCHEIDEMANN Philipp (1924) : Bericht über den 9. November 1918
  145. SCHMIDT Véra (1923) : Éducation psychanalytique en Russie soviétique
  146. SOREL Georges (1899) : L’éthique du socialisme
  147. SOREL Georges (1906) : Le caractère religieux du Socialisme
  148. SOVNARKOM (1918) : La patrie socialiste est en danger !
  149. SPD (1914) : Aufruf zum Massenprotest gegen die Kriegsgefahr
  150. SPD (1914) : Resolution der Berliner Arbeiterschaft gegen das Ultimatum Österreich-Ungarns an Serbien
  151. SPD Württembergs (1914) : Bericht über eine öffentliche Versammlung mit Karl Liebknecht
  152. TROELSTRA (1914) : Kautsky und der Zusammenbruch der II. Internationale
  153. TROTSKI Léon (1910) : Les intellectuels et le socialisme
  154. TROTSKI Léon (1916) : Salut à Franz Mehring et Rosa Luxemburg
  155. TROTSKI Léon (1919) : Karl Liebknecht, Rosa Luxemburg
  156. TROTSKI Léon (1929) : Paris et Zimmerwald
  157. TROTSKI Léon (1939) : Un nouveau grand écrivain, Jean Malaquais
  158. TROTSKI Léon et al. (1915) : Manifeste de Zimmerwald
  159. TROTZKI Leo et al. (1915) : Das Zimmerwalder Manifest
  160. VOLINE (1939) : La naissance des « Soviets » ( janvier - février 1905 )
  161. VOLINE (1939) : Souvenirs sur Gapone et Janvier 1905
  162. WEIL Simone (1933) : Déclaration à la conférence d’unification des groupes de la gauche communiste
  163. ZETKIN Clara (1914) : Resolution für den Kampf gegen den Krieg