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Cahiers du Communisme de Conseils - Série complète !
vendredi 26 octobre
Les trois numéros manquant (1, 2 & 5) sont maintenant disponibles dans les sommaires de la revue des Cahiers du Communisme de Conseils. Que les volontaires pour les transcriptions n’hésitent pas à se signaler... En attendant, bonne lecture !
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Neuf des douze numéros de la revue des Cahiers du Communisme de Conseil (1968-1972) sont maintenant accessible en version numérique au travers du sommaire général.
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dimanche 5 août
Les numéros 6, 8, 9 et 15 qui manquaient jusque là ont été ajoutés au sommaire général de la revue « Communisme » (1937-1939). Bonnes lectures !
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Controverses
Revue publiée par le Forum de la Gauche Communiste Internationaliste : C’est pour contribuer à déblayer la voie vers la clarification et le regroupement sur des bases théoriques, politiques et organisationnelles saines que Controverses a vu le jour. En d’autres termes, tout en tenant compte du changement de période qui n’est plus au reflux mais à la reprise historique des combats de classes, notre objectif essentiel est de reprendre ce qui était le souci de Bilan mais qu’il n’a pu mener complètement à bien compte-tenu des conditions d’alors : « ...une critique intense qui visait à rétablir les notions du marxisme dans tous les domaines de la connaissance, de l’économie, de la tactique, de l’organisation », et ce sans « aucun dogme », sans « aucun interdit non plus qu’aucun ostracisme », et « par le souci de déterminer une saine polémique politique ». Ceci est plus que jamais indispensable afin de réussir un nouvel « Octobre 17 » sous peine de se retrouver comme ces « vieux bolcheviks ... qui répètent stupidement une formule apprise par cœur, au lieu d’étudier ce qu’il y avait d’original dans la réalité nouvelle. (extrait de l’éditorial du n°1)
Gavroche - La revue
Le premier numéro de la revue trimestrielle Gavroche est sorti en décembre 1981. Il prenait la suite du Peuple français, belle aventure éditoriale des années soixante-dix. Depuis plus de 20 ans, la revue s’attache à la retranscription des fêtes, des travaux, des luttes et des joies du principal acteur de l’histoire : le peuple. Gavroche fait aussi resurgir des événements jusque-là ignorés ou passés volontairement sous silence.
L’Echo de la Fabrique
Le journal des chefs d’ateliers et ouvriers de la soie à Lyon, hebdomadaire phare de la presse ouvrière, paraît d’octobre 1831 à mai 1834. Ce site en donne à lire l’intégrale des articles, suite à un remarquable travail empreint d’une grande rigueur scientifique. Indispensable pour l’étude des insurrections des canuts de 1831 et 1834.
La Révolution prolétarienne
Revue fondée par Pierre Monatte en 1925. Le site publie un grand nombre d’articles de la période "historique". La publication se poursuit...
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Site de ressources documentaires sur le patrimoine socialiste. Suit l’actualité des parutions, publie certains articles en ligne et propose des documents concernant le mouvement ouvrier de la première moitié du XXe siècle principalement.
INTER 02d : Le soi-disant opportunisme tactique de Lénine
Février - Mars 1945
15 octobre 2007 par inter

Présentation de la rédaction d’Internationalisme :

Nous publions un extrait d’une conférence [1] faite par Bordiga en 1924, à une époque où il défendait encore les positions marxistes et révolutionnaires. ? Nous présentons cet extrait pour l’esquisse qu’il contient sur le problème de la tactique et de l’opportunisme, qui répond à certains débats en cours, sans pour cela prendre la responsabilité de toutes les concessions politiques qu’il apporte sur certains points de l’expérience russe [2].


Le point le plus délicat et le plus difficile quand on étudie la figure de Lénine concerne ses critères tactiques que nous allons maintenant aborder ; la tactique n’est pas une question indépendante de la doctrine, du programme et de la politique générale. C’est essentiellement pour cette raison que nous repoussons de toutes nos forces l’interprétation selon laquelle, dans la pratique, Lénine aurait fait des concessions fatales à une équivoque nécessité de souplesse, à une diplomatie cauteleuse et à ce que le boutiquier et le philistin appellent « réalisme ». La vérité est que nul n’a su mieux que Lénine fustiger l’opportunisme dont Engels, comme s’il prévoyait les déviations bernsteiniennes, a dit qu’il consiste à sacrifier la vision et la préparation des buts finaux du programme au succès dans les petites questions quotidiennes, ce qui en constitue historiquement la première définition.

Le bourgeois insiste sur cette note fausse pour faire parade d’on ne sait quelle revanche sur l’« utopisme » stupidement attribué à Lénine et à son école. L’opportuniste fait de même pour des raisons analogues et l’anarchiste pour pouvoir prétendre que lui seul est capable - quelle illusion ! - de garder en toutes circonstances l’attitude intégralement révolutionnaire ! Pour de multiples raisons, je ne peux exposer ici toute la question de la tactique communiste qui demanderait bien d’autres développements. Je me propose seulement de faire quelques observations sur la tactique et la manœuvre politiques de Lénine et revendiquer ce qui est le véritable caractère de son œuvre. Demain, un débat de cette nature peut devenir de première importance car il n’est pas exclu, et nous verrons pourquoi, que certains se mettent à invoquer un prétendu enseignement de Lénine qui, perdant de vue l’unité de son œuvre, n’en serait que le travestissement. Entre le Lénine rigide et implacable des années de discussion et de préparation et celui des multiples réalisations révolutionnaires, il n’existe en effet, selon nous, pas la moindre discordance.

Ici aussi, il faut examiner la tactique de Lénine d’abord comme chef de la révolution russe puis comme chef de l’Internationale. Il y aurait beaucoup à dire sur ce que fut la tactique du parti bolchevique avant la révolution. Nous avons déjà retracé son œuvre programmatique et critique ; il resterait à traiter son comportement à l’égard des partis voisins dans une série de situations contingentes qui précédent la grande action autonome de 1917. Les communistes russes ne prennent jamais position sur les problèmes de la tactique internationale sans invoquer ces exemples, et c’est là sans aucun doute un matériel très important dont il faut tenir exactement compte, ce qu’on ne manquera jamais de faire dans les débats de l’Internationale.

Limitons-nous à rappeler un épisode de première importance, qui provoqua à l’époque des dissensions parmi les camarades russes eux-mêmes, la paix de Brest-Litovsk de 1918, avec l’Allemagne impérialiste, voulue avant tout par la clairvoyance de Lénine. Constitue-t-elle un compromis avec le militarisme du Kaiser et des capitalistes ? Oui, si l’on juge d’un point de vue superficiel et formel, non, si l’on applique un critère dialectique et marxiste ; dans cette occasion Lénine dicta la véritable politique qui tenait compte des nécessités révolutionnaires suprêmes.

Il s’agissait de mettre en évidence l’état d’esprit qui avait provoqué le grand élan révolutionnaire des masses russes : sortir du front des guerres entre les nations pour renverser l’ennemi intérieur. Et il s’agissait de créer le reflet de cette situation défaitiste dans les rangs de l’armée allemande, comme ce fut fait dès le début avec la « fraternisation ». L’avenir a donné raison à Lénine et non à ceux qui jugeaient superficiellement qu’on devait continuer la lutte contre l’Allemagne militariste sans se soucier ni des considérations à longue échéance programmatique, ni des considérations pratiques immédiates (pour une fois elles coïncidaient, ce qui n’est pas toujours le cas et rend alors le choix tactique difficile) qui démontraient la certitude de la défaite pour des raisons de technique militaire. Dans ses mémoires, le général Ludendorff a déclaré que l’effondrement du front allemand, après une série de victoires retentissantes sur ses différents points et à un moment où la situation était techniquement bonne à tous égards, ne s’explique que par des raisons morales, c’est-à-dire politiques : les soldats n’ont plus voulu se battre. C ’est que, tout en parlant le langage diplomatique avec les envoyés du Kaiser, la politique génialement révolutionnaire de Lénine avait su réveiller sous l’uniforme du soldat-automate allemand, le prolétaire exploité et conduit au massacre dans l’intérêt de ses exploiteurs.

Brest-Litovsk n’a pas seulement sauvé la révolution russe de l’attaque du capitalisme allemand, bientôt remplacé par les capitalismes de l’Entente dont la haine de la révolution n’était pas moindre ; mais, après que les bolcheviks aient gagné les quelques mois nécessaires pour faire de l’armée rouge un rempart invincible, Brest-Litovsk a déterminé en outre la défaite de l’Allemagne à l’ouest, imputée bien à tort à l’habileté stratégique des Foch ou des Diaz, de ces chefs militaires de l’Entente dont la guerre a démontré cent fois l’infériorité professionnelle.

Venons-en maintenant à l’argument sur lequel on insiste le plus pour présenter Lénine comme l’homme des compromis et des transactions : la Nouvelle Politique Économique russe.

Nous avons rappelé plus haut le caractère graduel et international des transformations économiques après la révolution prolétarienne ainsi que la signification théorique et politique des rapports que les prolétaires industriels de Russie devaient logiquement établir avec les classes paysannes. Nos adversaires répliquent qu’au lieu d’une lente progression vers l’économie socialiste et communiste, il y a eu un véritable recul sur des positions dépassées, un rétablissement de formes purement bourgeoises et qu’on avait espéré abolir, enfin des concessions au capitalisme mondial à qui on avait déclaré une guerre sans merci. Cela démontrerait que Lénine et les communistes se seraient convertis à la pratique opportuniste qu’ils avaient bruyamment reprochée aux autres.

Nous soutenons, au contraire, qu’on ne peut parler pas d’opportunisme à propos de la N.E.P. En effet cette grandiose manœuvre tactique a été conduite sans jamais perdre de vue les intérêts supérieurs de la révolution, sans jamais renoncer à la victoire finale sur les formidables et multiples résistances du capitalisme. Cela est prouvé par l’argumentation théorique de Lénine lorsqu’il la présenta, par son application pratique qu’il dirigea heure par heure jusqu’à il y a deux ans environ et, pour être clair, par la magnifique formulation que Léon Trotsky a donné au problème dans son puissant discours au IVe Congrès mondial. Le seul mot « Lénine » est une garantie de tout cela.

Dans une première période, le problème fondamental de la révolution russe a été la lutte militaire qui continuait directement l’offensive révolutionnaire d’Octobre ; il fallait en effet repousser la contre-offensive ennemie non seulement sur le front politique intérieur mais sur tous ceux que les bandes blanches soutenues par les puissances bourgeoises petites et grandes avaient militairement organisées. Cette lutte épique que je n’ai pas à rappeler ici ne sera pratiquement terminée qu’à la fin de 1920. L’armée et la police rouges s’y comportèrent de façon si brillante et décidée que personne ne se hasardera à parler de compromis et de renoncement à la lutte. La politique du premier État ouvrier et paysan se fonde sur l’antagonisme mondial du prolétariat et du capitalisme et rien n’autorise jusqu’ici à supposer qu’elle perdra de sa décision quand cet antagonisme viendra à s’aiguiser de nouveau ou, pour mieux dire, à reprendre une forme militaire. Dans la période de la guerre civile, la construction du socialisme apparaissait comme un problème secondaire. Ce qui importait, c’était d’une part d’empêcher le renversement des conquêtes politico-militaires du prolétariat et d’autre part de provoquer l’extension de la victoire de la révolution à d’autres pays. Au début de 1921, il est clair que s’ouvre une phase nouvelle où la révolution européenne, au moins momentanément, est comme renvoyée à plus tard face au phénomène général de l’offensive capitaliste contre les organisations prolétariennes, tandis que d’un autre côté les puissances bourgeoises renoncent à renverser par la force le régime des Soviets ; il ne s’agit plus seulement de vivre au jour le jour et, contre le danger d’une restauration bourgeoise et tsariste, de mener une lutte dont la nécessité soudait ensemble les différentes classes révolutionnaires. Il s’agit d’organiser, par des formules qui ne peuvent être que transitoires et contingentes, l’économie d’un pays comme la Russie où la force politique du capitalisme et des autres formes réactionnaires (comme la féodalisme agraire) ont été battues mais où, après 7 ans de guerre, de révolution et de blocus, l’absence des conditions techniques, économiques et sociales, empêchent de songer à constituer un régime économique pleinement socialiste.

Sous le prétexte qu’on ne pouvait pas instaurer d’un coup l’économie communiste, fallait-il donc convoquer les représentants des hordes blanches vaincues et dispersées et leur rendre le pouvoir pour qu’ils administrent le pays à la façon bourgeoise ? Pouvait-on remédier aux difficultés de la situation en supprimant l’armée et le pouvoir révolutionnaires et en faisant appel aux mystérieuses initiatives « libres » et « spontanées » du « peuple », comme disent les anarchistes sans comprendre que cela serait revenu à rendre le pouvoir aux blancs ? Ce sont là des positions à laisser aux fous ou aux simples d’esprit.

L’analyse qui guide les bolcheviks et Lénine à leur tête vers la difficile solution est bien autrement claire et courageuse.

Dans la première période, les mesures économiques adoptées ne le furent pas pour elles-mêmes mais pour briser la résistance de certaines classes et couches sociales. C’est ce que Lénine a appelé le « communisme de guerre ». Sans s’arrêter à des demi-mesures, il fallut démolir de fond en comble le vieil appareil administratif de l’industrie russe qui, dans ce pays arriéré, était cependant très concentrée ; on expropria non seulement les grands propriétaires terriens mais même les propriétaires terriens moyens parce qu’ils représentaient une couche anti-révolutionnaire à mettre hors de combat ; enfin on monopolisa le commerce des grains parce qu’il n’y avait pas d’autre moyen d’assurer le ravitaillement des villes et de l’armée. Les nécessités politiques et militaires ne laissaient pas le temps de se demander si l’État prolétarien serait en mesure de remplacer les formes abolies par une organisation socialiste stable.

Cette période terminée, le problème économique venait au premier plan et il fallut par conséquent le résoudre par des solutions nouvelles et différentes. La chose apparaît très claire aujourd’hui pour qui fait une analyse exempte de préjugés pseudo révolutionnaires. Dans la société russe, dit Lénine, existent les formes économiques les plus variées : le régime agraire patriarcal, la petite production agricole mercantile, le capitalisme privé, le capitalisme d’État et le socialisme. La lutte n’est pas encore arrivée au niveau économique où se situe le passage du capitalisme d’État au socialisme ; il s’agit plutôt de la lutte entre ce « capitalisme d’État » d’une part, et la « pieuvre » de l’économie paysanne petite-bourgeoise et le capitalisme privé d’autre part. Ce qu’est le capitalisme d’État indiqué par Lénine, Trotsky l’a bien expliqué dans le discours dont nous avons déjà parlé (qu’il faudrait publier en italien dans une brochure à grande diffusion). Il s’agit non pas d’une socialisation effectuée par l’État bourgeois, comme dans l’acception traditionnelle, mais d’une socialisation de certains secteurs de l’économie effectuée par le pouvoir prolétarien mais avec des réserves et des limitations qui équivalent à maintenir intact le contrôle politique et financier suprême de l’État tout en adoptant les méthodes de la « comptabilité commerciale » capitaliste.

En Russie l’État remplit donc des fonctions d’entrepreneur et de producteur mais, étant donnée l’arriération économique du pays, il ne peut pas être « le seul » entrepreneur comme ce serait le cas en régime « socialiste », il doit donc renoncer à distribuer lui-même les produits et tolérer un marché de type bourgeois où on laisse agir le petit paysan, le petit entrepreneur industriel et, dans certains cas, le moyen capitaliste local et le grand capitaliste étranger, mais dans des organisations et des entreprises soumises au contrôle étroit de la république ouvrière et de ses organes correspondants.

Agir autrement, surtout dans le domaine agricole, n’aurait pu que paralyser toute possibilité de vie productive. L’agriculture russe était trop arriérée pour permettre une socialisation ou même une gestion étatique d’ampleur appréciable. Il n’y avait donc pas d’autre moyen d’inciter le paysan à produire que de rétablir la liberté du commerce des produits agricoles en supprimant les réquisitions de l’époque du « communisme de guerre » et en les remplaçant par le versement d’un impôt « en nature » à l’État.

Cette nouvelle orientation de la politique économique apparaît comme une sorte de retraite ; mais cette retraite, dans le sens véritable qui lui est donné aujourd’hui, n’est qu’un moment inévitable de l’évolution complexe du capitalisme et du pré-capitalisme vers le socialisme, moment prévisible aussi pour les autres révolutions prolétariennes, mais évidemment d’une importance d’autant moins grande que le grand capitalisme sera plus développé et plus étendu le « territoire » de la victoire prolétarienne.

Il faut relever un autre danger que la N.E.P. a conjuré à temps : le « déclassement » du prolétariat industriel. Les difficultés de ravitaillement dans les grands centres avaient provoqué une migration des travailleurs urbains vers les campagnes. Celle-ci eut des conséquences non seulement économiques mais aussi politiques et sociales très graves : en retirant à la révolution et à ses organes leur base principale, la classe ouvrière des villes, elle compromettait les conditions essentielles de toute l’évolution future. Les mesures adoptées permirent de conjurer ce péril en relevant le niveau de vie et aussi de combattre le fléau naturel de la disette qui était malheureusement venue s’ajouter à toutes les difficultés suscitées par l’adversaire.

Parmi les mesures qui caractérisent la N.E.P., on doit naturellement inclure l’établissement d’un modus vivendi économique et même diplomatique avec les États bourgeois. Aucune théorie sérieuse de la révolution ne peut prétendre qu’entre États bourgeois et prolétariens la guerre doive être permanente ; cette guerre est certes un fait possible mais l’intérêt révolutionnaire est de ne la susciter que lorsqu’elle peut favoriser l’éclosion d’une situation de guerre civile à l’intérieur des pays bourgeois, ce qui est la voie « naturelle » pour la victoire du prolétariat. Comme cela n’est pas possible du point de vue communiste et que les États bourgeois ont de leur côté constaté l’impossibilité de susciter en Russie une révolte anti-communiste, il n’est pas étonnant qu’il y ait une période de trêve militaire et l’établissement de rapports économiques dont le besoin concret est ressenti des deux côtés. Il serait parfaitement ridicule de réduire le problème à une question de répugnance pour certains contacts et certaines exigences d’étiquette.

Les causes mêmes de la rupture de la Conférence de Gênes démontrent que le gouvernement russe ne renonce nullement à ses principes et ne se prépare en aucune façon à revenir, même momentanément à l’économie privée, contrairement à ce qu’insinuent continuellement nos adversaires. En arrachant au capitalisme quelques uns de ses facteurs de la grande production, quitte à lui en payer le prix à l’aide des nombreuses ressources naturelles russes, on continue l’œuvre théorisée par Lénine qui consiste à supprimer progressivement la petite entreprise industrielle, agricole et commerciale qui est le principal ennemi du prolétariat là où, comme en Russie, l’organisation de la domination politique du grand capital a déjà été mise hors de combat. Et la solution donnée au problème des rapports avec les paysans n’est aucunement entachée d’opportunisme. Des concessions sont faites sans doute au petit exploitant mais personne n’oublie que si ce dernier représentait un élément révolutionnaire quand sa lutte contre le propriétaire foncier se soudait avec celle du prolétariat contre le capitalisme, dans la période ultérieure le programme ouvrier doit dénoncer et dépasser définitivement le programme paysan de l’alliance.

[1] Note SMOLNY : le texte de la Conférence prononcée par Amadeo Bordiga le 24 février 1924 à la Maison du peuple du Rome est disponible en son intégralité sur le site sinistra.net sous le titre Lénine sur le chemin de la révolution.

[2] Note du trasncripteur (FICCI) : Pour cette édition (juillet 2004), le choix a été fait d’abandonner la traduction du texte de Bordiga parue dans Internationalisme en 1945 et de lui préférer celle qui est parue dans Programme Communiste N° 12 de juillet-septembre 1960.