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Controverses
Revue publiée par le Forum de la Gauche Communiste Internationaliste : C’est pour contribuer à déblayer la voie vers la clarification et le regroupement sur des bases théoriques, politiques et organisationnelles saines que Controverses a vu le jour. En d’autres termes, tout en tenant compte du changement de période qui n’est plus au reflux mais à la reprise historique des combats de classes, notre objectif essentiel est de reprendre ce qui était le souci de Bilan mais qu’il n’a pu mener complètement à bien compte-tenu des conditions d’alors : « ...une critique intense qui visait à rétablir les notions du marxisme dans tous les domaines de la connaissance, de l’économie, de la tactique, de l’organisation », et ce sans « aucun dogme », sans « aucun interdit non plus qu’aucun ostracisme », et « par le souci de déterminer une saine polémique politique ». Ceci est plus que jamais indispensable afin de réussir un nouvel « Octobre 17 » sous peine de se retrouver comme ces « vieux bolcheviks ... qui répètent stupidement une formule apprise par cœur, au lieu d’étudier ce qu’il y avait d’original dans la réalité nouvelle. (extrait de l’éditorial du n°1)
Gavroche - La revue
Le premier numéro de la revue trimestrielle Gavroche est sorti en décembre 1981. Il prenait la suite du Peuple français, belle aventure éditoriale des années soixante-dix. Depuis plus de 20 ans, la revue s’attache à la retranscription des fêtes, des travaux, des luttes et des joies du principal acteur de l’histoire : le peuple. Gavroche fait aussi resurgir des événements jusque-là ignorés ou passés volontairement sous silence.
L’Echo de la Fabrique
Le journal des chefs d’ateliers et ouvriers de la soie à Lyon, hebdomadaire phare de la presse ouvrière, paraît d’octobre 1831 à mai 1834. Ce site en donne à lire l’intégrale des articles, suite à un remarquable travail empreint d’une grande rigueur scientifique. Indispensable pour l’étude des insurrections des canuts de 1831 et 1834.
La Révolution prolétarienne
Revue fondée par Pierre Monatte en 1925. Le site publie un grand nombre d’articles de la période "historique". La publication se poursuit...
La Bataille socialiste
Site de ressources documentaires sur le patrimoine socialiste. Suit l’actualité des parutions, publie certains articles en ligne et propose des documents concernant le mouvement ouvrier de la première moitié du XXe siècle principalement.
BILAN 06f : Une quatrième internationale ou une réplique de la Troisième
Avril 1934 / pp. 210 - 215
14 janvier 2008 par albin

Nous publions ici l’étude d’un camarade hollandais dont le Bulletin de la Ligue des Communistes Internationalistes de Belgique avait entrepris la publication, ce que, faute de place, elle n’a pu faire intégralement. Le Bulletin de la Ligue présente le camarade Soep comme un de ces vieux socialistes, « militant à la gauche social-démocrate avant la guerre, communiste de la première heure et fondateur du mouvement communiste en Belgique, ce qui lui valut l’honneur de l’expulsion, honneur dû à la chaleureuse fraternité d’un de ses anciens confrères du parti, Émile Vandervelde... alors ministre de la Justice ».

Nous comptons, après la publication de cette étude, donner notre appréciation sur quelques-uns des problèmes qui y sont soulevés.

La rédaction de « BILAN »


Si le tradition ne ment pas, il paraîtrait qu’après la décision du Congrès de La Haye, en 1872, ordonnant le transfert du Conseil Général de la Première Internationale de Londres à New York, décision marquant la désagrégation de cette première organisation mondiale des travailleurs, il paraîtrait donc que Marx, répondant à quelqu’un qui lui demandait s’il ne trouvait pas « regrettable » la disparition de cette première organisation gigantesque, aurait déclaré :

« Que ce soit un événement regrettable, c’est un fait dont personne ne doutera ; cependant, il se pourrait bien que cet événement se reproduise encore ».

Cette réponse s’avère une prophétie.

La magistrale formulation des buts de cette première Association - comme le nom et les statuts l’indiquaient - Internationale des Travailleurs débutait par ces mots :

« Considérant :
Que l’émancipation des travailleurs doit être l’œuvre des travailleurs eux-mêmes ;
Que la lutte pour l’émancipation de la classe ouvrière n’est pas une lutte pour des privilèges et des monopoles de classe, mais pour l’établissement de droits et de devoirs égaux et pour l’abolition de tout régime de classe ;
Que l’assujettissement économique du travailleur aux détenteurs des moyens de travail, c’est-à-dire des sources de la vie, est la cause première de la servitude dans toutes ses formes : misère sociale, avilissement intellectuel et dépendance politique ;
Que, par conséquent, l’émancipation économique de la classe ouvrière est le grand but auquel tout mouvement politique doit être subordonné comme moyen ;
Que tous les efforts tendant à ce but ont jusqu’ici échoué faute de solidarité entre les travailleurs des différentes professions dans le même pays et d’une union fraternelle entre les classes ouvrières des divers pays ;
Que l’émancipation du travail, n’étant pas un problème local ou national, mais un problème social, embrasse tous les pays dans lesquels existe la société moderne et nécessite, pour sa solution, le concours théorique et pratique des pays les plus avancés ;
Que le mouvement qui vient de renaître parmi les ouvriers des pays les plus industrieux de l’Europe, tout en réveillant de nouvelles espérances, donne un solennel avertissement de ne pas retomber dans les vieilles erreurs et de continuer le plus tôt possible les efforts encore isolés ;
Pour ces raisons,
L’Association Internationale des Travailleurs a été fondée ».

Cette formulation, magistrale, disons-nous, avait une portée historique mondiale et était d’une profondeur psychologique peu commune. Et pourtant elle devint une source de division idéologique.

Cette Association de Travailleurs européenne, assemblage ténu (ce qui ne doit pas être démontré plus amplement ici), n’était pas la création d’une poignée de chefs touchés de la grâce du Saint Esprit, quoique la réaction déclarait que ce n’était que l’instrument d’une « bande de dynamiteurs ». Les documents nous apprennent que la Première Internationale ne fut pas l’œuvre de personnes, pas plus qu’elle ne fut le résultat d’événements politiques incidentels, tels la question polonaise et l’opposition des nationalités, comme le prétendaient de nombreux idéologues socialistes et anarchistes. Elle fut le couronnement organique des luttes théoriques et pratiques engagées par le mouvement ouvrier en Angleterre, dès le premier quart du 19e siècle, des luttes des ouvriers anglais pour de plus hauts salaires, luttes qui devaient entraîner, par ricochet, les ouvriers du Continent dans la bataille économique [1].

L’idée d’une Internationale des Travailleurs flottait déjà dans l’air depuis plus d’un demi-siècle, tant en Angleterre que sur le continent. Après la disparition de la « Ligue des Communistes », la classe ouvrière de France, s’éveillant seulement à la lutte politique, connut un moment de démoralisation. Les ouvriers allemands n’étaient encore sortis qu’à moitié du « marais » du moyen-âge. Seuls, quelques braves rêveurs du genre de Weitling et de Schapper, s’agitaient. Tout le poids de la lutte idéologique reposait sur quelques individualités comme Marx et Engels, auxquels se joignirent bientôt le pré-réformiste Ferdinand Lassalle et plus tard Liebknecht. Seule la classe ouvrière d’Angleterre possédait son histoire d’insurrection prolétarienne avec ses bris de machines, ses grèves textiles, ses luttes pour le droit d’association et surtout l’épisode du chartisme. Ce ne fut pas moins un moment de lutte pour la clarification théorique et, lorsqu’on se penche sur son histoire, on y sent vivre les problèmes de notre propre époque : syndicalisme révolutionnaire ou syndicalisme à base multiple, grève générale, force physique (révolution) ou force morale (réformisme), etc.

C’est de ce milieu bariolé, formé par les idéologies d’Angleterre, de France et d’Allemagne, auxquelles il faut ajouter les petits États tels la Belgique, ce fameux « paradis du capitalisme », et l’Italie disséminée avec ses diverses variétés de héros politiques et autres - les prototypes nobiliaires ou non nobiliaires du « Duce » - bref, c’est de ce milieu que sortit la nouvelle tendance du capitalisme, porteuse d’une nouvelle expansion. Vers 1860, cette tendance manifestait son besoin d’ordre et de repos nécessaire à l’établissement de sa puissance. La construction capitaliste à l’échelle nationale ouvrait la période « démocratique », plaçant les travailleurs qualifiés devant les espoirs de réformes et de nivellement des droits.

La Première Internationale était l’expression de ceux qui voyaient plus loin, mais tous ne possédaient pas toutes les qualités d’esprit nécessaires. Leur loyale volonté d’aboutir était en proportion inverse de ce qu’ils pouvaient. Il n’est pas possible de donner ici en détail les péripéties des luttes idéologiques qui se déroulèrent dans l’Internationale de 1864 à 1872. La grande majorité de la direction portait la marque du milieu dont elle était issue. Et même Marx et Engels ne semblent pas avoir su se hisser au-dessus de leur propre mentalité. Leur entêtement à vouloir exécuter, malgré tout, la décision tendant à déplacer le Conseil Général de Londres à New York, qui n’était qu’une mesure dirigée contre les influences alliancistes (l’Alliance fondée par Bakounine) doit être considérée maintenant comme un geste inconsidéré. Bakounine fut, il est vrai, un idéologue par excellence. Il était cependant une volonté impulsive, mais loyale, porteur d’héroïsme, élément indispensable de la lutte pour l’émancipation du prolétariat. Il était une victime du négativisme russe et d’un hégélianisme étroit qui voyait dans la destruction l’élément créateur, et cela au point de croire qu’un « nouveau monde » ne pouvait être créé que sur les ruines d’une extermination absolue. Aucun être pensant, ayant une conscience sociale, aucun socialiste ou communiste, ne peut souscrire à un pareil nihilisme.

Marx et Engels, le premier surtout, étaient arrivés à un âge où commençait à peser la fatigue physique, l’élément combatif commençait à faiblir dans ce géant intellectuel. La mer de sang de la Commune, et la réaction mondiale, n’étaient d’ailleurs pas restées étrangères à ce drame.

Ainsi disparut la première tentative gigantesque d’ériger le prolétariat mondial en une force politique indépendante. Elle s’appuyait sur les principes du « Manifeste Communiste » et l’analyse économique du « Capital » (1ère partie) dont le souffle et l’esprit avaient inspiré l’ « Adresse Inaugurale ». Au Premier Congrès de la Deuxième Internationale, tenu à Paris en 1889, le vieux Liebknecht fit cette émouvante image : « Comme dans les batailles et les sièges de l’Antiquité, l’avant-garde jetait ses flèches par-dessus les murs, loin dans le camp ennemi, afin de pousser en avant le gros des armées assiégeantes, ainsi aussi, l’Association Internationale des Travailleurs a envoyé sa lance de la libération internationale jusqu’au milieu du bastion capitaliste, et le prolétariat l’a suivi pour la reprendre, pour diviser les armées ennemies et pour donner l’assaut à la forteresse. L’Association Internationale a indiqué à la classe ouvrière son but social, elle a montré la nécessité de sa lutte, elle a accompli sa mission. Elle n’est pas morte, elle revit dans les puissants mouvements ouvriers des divers pays, elle se perpétue dans cette Internationale. Elle vit en nous. Ce Congrès est l’œuvre de la classe ouvrière internationale [2] ».

On ne peut comprendre entièrement un phénomène que lorsqu’on envisage l’ensemble du procès ; c’est pour cela que nous avons essayé de donner une caractéristique de la Première Internationale. Un historien allemand de la Première Internationale, quoique dogmatique et quelque peu simpliste, Gustav Jaeckh, donne à la fin de son livre : « L’Internationale - Mémoire sur le quarantième anniversaire de la formation de l’Association Internationale des Travailleurs » une perspective de la Deuxième Internationale qui mérite d’être citée ici, surtout parce qu’elle nous vient des sphères révisionnistes allemandes qui avaient engagé la lutte contre le marxisme :

« Cette nouvelle Internationale est aussi l’œuvre de l’Association Internationale des Travailleurs.

Déjà, du temps de l’ancienne Internationale, la notion de l’internationalisme s’était modifiée. Jadis, sa nature et sa fonction consistaient en une centralisation poussée aussi loin que possible du prolétariat international, afin de jeter immédiatement, sur chaque point particulier où se déclenchait la lutte de classes économique, la totalité de la puissance de la classe ouvrière organisée. Après que les États bourgeois nationaux se furent constitués, la lutte de classe ouvrière est devenue partout, en premier lieu, une lutte nationale et elle prend nécessairement la forme d’une lutte électorale, d’une lutte parlementaire. Les mouvements ouvriers qui lui résistèrent, tels ceux de Belgique, d’Italie et d’Espagne, ont dû se plier à cette loi historique. De ce fait, la nouvelle Internationale est plutôt une lâche agglomération de partis nationaux consolidés. Tandis que le secret de la force de la vieille Internationale résidait dans sa puissante centralisation. Pour la nouvelle Internationale, le mobile dominant c’est l’action politique ; la vieille Internationale prouvait surtout sa force dans les luttes économiques.

Mais cette forme supérieure du parti politique n’est, à son tour, qu’une phase de l’histoire, somme toute une école de l’organisation. Le prolétariat sait que ses dernières batailles ne seront pas livrées sur le terrain parlementaire, tout comme les États nationaux de la bourgeoisie ne sont pas les formes les plus évoluées de la domination bourgeoise. L’organisation du prolétariat en classe peut, seule, donner la victoire décisive. Mais l’organisation du prolétariat en classe à l’échelle internationale ne peut être réalisée seulement dans le sens de la vieille Internationale, c’est-à-dire au sens des antagonismes économiques primitifs, comme elle ne peut l’être d’ailleurs selon le mode unilatéralement politique de la nouvelle Internationale avec son action politique prépondérante ; elle ne se réalisera qu’à l’échelon supérieur, le troisième, d’une combinaison de l’économique et du politique appliqué à l’action internationale, comme le réclamait la résolution de Vaillant, au Congrès de La Haye. La bourgeoisie se prépare aussi pour l’ultime marche. Il n’existe plus de problème de la politique bourgeoise qui n’ait de répercussion internationale. La lutte pour les droits protectionnistes ou pour la liberté du commerce a, depuis longtemps, perdu sa tendance à l’isolement national ; ce n’est plus une lutte entre l’agriculture et l’industrie, entre les villes et les campagnes, mais une lutte où les propriétaires fonciers s’entendent avec la grosse bourgeoisie, pour juguler les masses travailleuses à l’aide du pouvoir d’État organisé. C’est devenu un fragment de la lutte des classes générale. Dans tous les pays, elle a dissout les anciens partis de la bourgeoisie et est devenu le point de cristallisation et de formation de nouveaux partis bourgeois.

Dans tous les pays, elle s’est liée à l’impérialisme insatiable pour le « baver » [3] du riche butin de l’usure du pain et du monopole. La lutte pour les droits protectionnistes ou la liberté du commerce est devenue un mouvement international.

La nature même du parlementarisme devait se modifier sous le coup de ces changements. Les représentations populaires ont cessé, depuis longtemps, d’être des points stratégiques de la bourgeoisie contre la couronne et contre le pouvoir d’État. Les gouvernements se sont échappés du contrôle financier du parlement à l’aide du système automatique des ressources indirectes, et la bourgeoisie n’a plus aucun intérêt de respecter sa doctrine parlementaire de jadis. Ainsi, cette institution bourgeoise est devenue, à son tour, un appareil de l’État de classe et cet État de classe est international.

A quel point l’esprit de classe de la bourgeoisie fonctionne nous est démontré, d’une façon particulière, par la guerre russo-japonaise. Autrefois, la bourgeoisie raisonna en citoyenne du monde, ensuite nationalement, maintenant elle raisonne en chauvin. Aujourd’hui elle se sent une classe, rien qu’une classe, et ce sentiment domine tous les autres. La Russie, que la bourgeoisie montante laissait si profondément comme centre de la Sainte-Alliance, est à nouveau honorée comme le dernier rempart de la domination de classe. Les prolétaires russes, s’ils se rebellaient contre le tsarisme, deviendraient, aux yeux du bourgeois allemand, plus dangereux que les cosaques ou les culottes rouges (soldats français).

Ainsi, nous voguons à pleines voiles vers la troisième et dernière période. C’est la période des trusts et des cartels internationaux contre lesquels les syndicats s’organisent internationalement. C’est la période de l’impérialisme, de la politique mondiale de la bourgeoisie, où le prolétariat opposera sa politique mondiale de paix et de culture à la politique mondiale du poing armé. Cette dernière phase du règne de la bourgeoisie se terminera par la réalisation de cette promesse, que l’Adresse Inaugurale avait modestement formulé comme une tâche de l’avenir : « Se mettre au courant des mystères de la politique internationale, surveiller la conduite diplomatique de leurs gouvernements respectifs, la combattre au besoin par tous les moyens en leur pouvoir ». Cela sera le triomphe de la culture sur la barbarie, de la paix sur le militarisme et le marinisme, de la Commune du travail et de la liberté sur l’État de classe de l’exploitation et de l’oppression, des esclaves du salariat sur l’esclavage parasitaire. L’Internationale n’est pas seulement un souvenir du passé, une acquisition du présent, mais aussi une tâche de l’avenir ; en elle s’accomplit le but final du mouvement ouvrier : la levée des antagonismes entre nations par la liquidation des antagonismes de classes ».

Cela nous mènerait trop loin que de donner un aperçu général historique de la consolidation politique et économique du dernier quart du 19e siècle. La Deuxième Internationale grandit sur un terrain national, mais ses chefs, surtout les Liebknecht, Bebel et autres, étaient moralement acquis à l’esprit et à la psychologie politique de la Première Internationale. Ils étaient ses élèves.

Le cours historique du mouvement ouvrier par la disparition de l’ancienne Internationale, la destruction des courants socialistes français et l’embourgeoisement du mouvement ouvrier en Angleterre, mirent à l’avant-plan le mouvement allemand et lui accordèrent un rôle dirigeant dans la nouvelle Internationale. Ce fait est d’une importance capitale. Et il convient d’attacher tout l’intérêt qu’il mérite à l’influence des milieux dirigeants allemands. Marx nous a appris à ne pas juger un phénomène social ou politique seulement d’après ses résultats, mais bien plus d’après le développement historique des forces qui l’engendrent et l’accompagnent. Dans sa brillante critique philosophique de l’ « idéologie allemande », il rappelait aux philosophes allemands que, avant de pouvoir faire leur histoire, les hommes avaient dû vivre les conditions d’où l’histoire était surgie. Avant de vivre, il faut qu’existent les moyens matériels qui conditionnent cette vie. Il en était ainsi il y a cent mille ans et il en est encore de même de nos jours. Marx savait aussi bien que n’importe qui que, quoique prédominante, la substance matérielle n’était pas l’unique catégorie. Avec la satisfaction des besoins matériels primordiaux, ces besoins accrurent. Il y a tendance à accroître, améliorer et affiner la substance matérielle. L’expérience et la conscience réagissent à leur tour et deviennent des potentiels indépendants qui croisent l’existence matérielle. C’est pour cela que Marx a appelé sa méthode d’explication matérialiste, non pas économique, mais historique, ou - ce qui était pour lui équivalent - dialectique.

Celui qui veut expliquer l’histoire doit donc débuter en marquant comment et par quels moyens les hommes ont fait leur vie. C’est une règle qui s’applique aussi à l’histoire de la Deuxième Internationale.

II

Ce serait une manière bien peu déterministe que d’expliquer le devenir de la Deuxième Internationale et de ses chefs en n’employant que l’épithète trahison. Ceux qui le font - comme d’autres se contentent encore de le faire par rapport à la Troisième Internationale - manipulent, d’une manière par trop subjectiviste, le dynamisme de l’histoire de 1889 à 1914.

Personne ne pourrait soutenir qu’un Bebel et un Liebknecht, et à priori pas même un Bernstein, poursuivaient consciemment la mécanisation des doctrines socialistes et leur ravalement à une idéologie petite-bourgeoise. Et pourtant, l’analyse de l’histoire ne pourrait nier que la direction qu’imprimèrent Liebknecht et Bebel - pourtant des élèves de Marx et d’Engels - au mouvement socialiste, par leur subordination pratique et l’attachement psychologique à l’idéologie de « l’État populaire » de Lassalle, n’était d’essence spécifiquement allemande et même prussienne. Les hommes ne peuvent se défaire complètement de leurs anciennes traditions et de leurs vieilles idoles que dans un procès idéologique complètement neuf. Bebel et Liebknecht - pour ne nommer que ces deux purs honnêtes - n’ont pas extirpé le fiel chauvin qui subsistait dans le mouvement ouvrier allemand, malgré l’épisode des lois exceptionnelles contre les socialistes et l’affirmation bruyante de leur détachement de toute patrie. La classe ouvrière réclamait, dans le cadre national, un relèvement économique et politique de sa situation matérielle et morale.

Des « jeunes » apportèrent, vers 1890, des preuves morales de l’embourgeoisement du parti et de sa contamination par le chauvinisme. F. Domela Nieuwenhuis, appuyant les « jeunes », avait raison en sonnant l’alarme dans son livre : « Socialisme en danger ». Mais tout cela ne pouvait pas être admis par la masse qui voyait dans son parti allant de succès (parlementaire !) en succès, l’instrument prédestiné de son émancipation. Les ouvriers ayant une profession se sentent toujours attirés vers l’organisation par le désir de faire valoir directement leur mérite professionnel. Aussi, ils sont plus enclins à se laisser prendre aux illusions réformistes que les ouvriers membres des partis politiques à qui on fait quand même miroiter, quoique dans le lointain, le but général du mouvement.

Le réformisme n’est que le rapetissement petit-bourgeois des buts socialistes et leur adaptation à l’idéologie et à la pratique du capitalisme. Vu sous l’angle du dynamisme historique du mouvement ouvrier, il est le réflexe des désirs et besoins ouvriers immédiats, transformé en une disposition d’esprit bureaucratique par la direction.

Nous parlerons plus particulièrement de la direction du mouvement. Mais il importe de souligner que la pratique réformiste existe dès avant la campagne internationale du révisionnisme théorique. Ni Kautsky, ni Bernstein n’apportèrent du neuf. Ce qu’ils donnèrent n’était que sophismes dans lesquels on essayait d’introduire quelques schémas théoriques de Marx. Quant à prouver quoique ce soit à l’aide de ces « théories », il n’en était guère question. Seuls les Russes Plekhanov et Lénine, et surtout Rosa Luxemburg, surent garder le fil d’Ariane dans le labyrinthe spirituel de cette école scolastique. Sous l’auréole de la politique de la démocratie parlementaire s’épanouissait le raffermissement national du capitalisme. Derrière les coulisses de ce parlementarisme pacifique se rassemblait le potentiel inhérent aux groupements capitalistes nationaux, entraînés dans la concurrence mondiale. C’était la recherche vers l’expansionnisme de forces de production étouffant dans les cadres nationaux des débouchés et qui devait trouver sa destinée : l’impérialisme.

L’impérialisme politique est à l’impérialisme économique ce qu’est l’ombre à la lumière, quoiqu’il semble souvent que l’ombre naît avant la lumière. Le capital ressemble au héros de Goethe qui voulait le bien mais engendrait le mal, et parfois engendrait le bien tout en voulant le mal. Le démon qui possède le capitalisme a montré l’obsession de ce dernier à conquérir le monde.

La direction de la Deuxième Internationale a cru pouvoir arrêter ces forces sociales objectives grâce à sa force idéologique. Ne pensait-elle pas qu’avec tant de députés, tant de syndiqués et tant d’argent dans les puissantes caisses d’organisation, elle aurait pu conjurer le péril d’une conflagration. Et n’avait-elle pas surtout mis son espoir suprême dans la force de sa diplomatie politique. Dans son dernier discours, prononcé au Cirque Royal de Bruxelles quelques jours avant le déclenchement de la guerre, Jaurès exprima cette présomption dans cette phrase : « Attendez, camarades, demain vous verrez ce que peut la diplomatie socialiste ! ». Karl Liebnecht lui répondit en 1915 : « Des sages s’imaginent pouvoir empêcher l’œuvre satanique des diplomates et, pourtant, il suffit d’un tourne-main pour transformer les premiers en instruments des derniers ». Et c’était vrai ! Les chefs de la Deuxième Internationale avaient toujours prétendu détenir la force. Les résolutions de Stuttgart (1907) et de Bâle (1912) avaient été les points culminants de cette affirmation de puissance.

Il faut se demander ici : ces chefs trompaient-ils sciemment quand ils affirmaient leur puissance ? Leur foi n’était-elle qu’imposture, semblable à l’industrie des sorciers des temps primitifs ? Il y a lieu de tenir compte du réflexe psychologique que subissent les chefs qui se trouvent appelés à diriger les masses. Les besoins de ces masses se modifient continuellement, tandis qu’eux, les chefs, continuent à vivre des idées qui leur donnèrent leur pouvoir et qui se trouvent déjà être en contradiction avec les intérêts de ces masses, donc de la classe. Le professeur Robert Michels, dans son étude : « Soziologie des Parteiwezens », a entrepris de démontrer, à l’aide d’une masse de matériaux se rattachant à la structure et au fonctionnement interne des partis de la plupart des pays de l’Europe occidentale, le procès psychologique des chefs de la Deuxième Internationale.

Pareille collusion fut impossible en Russie. L’illégalité, vers laquelle le despotisme russe avait poussé le mouvement socialiste, enlevait toute base organique à une pareille transformation. La classe ouvrière et surtout son avant-garde - et même des gens du type de Martov et des syndicalistes - sentaient toute l’absurdité d’une acclimatation des doctrines bernsteiniennes en Russie. Au surplus, l’analyse impitoyable d’un Lénine et ses critiques contre Martov trouvèrent, dans l’avant-garde socialiste, un appui immédiat. Cette circonstance, ainsi que la situation sociale d’avant-guerre en Russie, permirent aux bolcheviks de développer leur lutte contre les mencheviks - et même contre les mencheviks de gauche - sans la limiter aux dimensions de querelles intestines de parti comme ce fut le cas en Europe occidentale. Du crétinisme parlementaire avec ses gestes de Caïn, de la bureaucratisation des syndicats selon l’exemple allemand et anglais, de coopératives adoptant comme maxime : les affaires sont les affaires, il n’en fut pas question ou très peu seulement, en Russie. Ce ne fut que pendant la guerre que l’abcès des théories réformistes perça et ceci grâce à l’excès du nationalisme.

(A suivre)

A. SOEP

[1] Lire à ce propos l’étude de Riazanov : « Marx et Engels ».

[2] Gustav Joeckh. Die Internationale, Leipzig 1904.

[3] Mot incompréhensible dans l’original, peut être « parer ».

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  48. BILAN 07e : Le communisme et la question nationale
  49. BILAN 07f : Une quatrième internationale ou une réplique de la Troisième (2)
  50. BILAN 07g : A propos de Staline et du Stalinisme
  51. BILAN 07h : La catastrophe de Pâturages
  52. BILAN 08a : La Russie soviétique dans le concert des brigands impérialistes
  53. BILAN 08b : La mort de la concentration antifasciste italienne
  54. BILAN 08c : La situation de la classe ouvrière japonaise
  55. BILAN 08d : Une quatrième internationale ou une réplique de la Troisième (3)
  56. BILAN 08e : Parti - Internationale - État / III : Classe et Parti
  57. BILAN 08f : L’arabisation du C.C. du Parti Communiste Syrien
  58. BILAN 08g : A propos de la Sarre
  59. BILAN 09a : Chronique du mois
  60. BILAN 09b : La situation en France (résolution de la C.E.)
  61. BILAN 09c : La chine soviétique
  62. BILAN 09d : Parti - Internationale - État / IV : Parti et Internationale
  63. BILAN 09e : La Campagne pour Thaelmann
  64. BILAN 10a : En marge du front unique
  65. BILAN 10b : L’acte désespéré des mineurs de l’Escarpelle
  66. BILAN 10c : A Constantine : l’impérialisme tire profit du massacre de ses instruments
  67. BILAN 10d : Les événements du 30 juin en Allemagne
  68. BILAN 10e : De l’Internationale 2 et 3/4 à la Deuxième Internationale
  69. BILAN 10f : Crises et cycles dans l’économie du capitalisme agonisant (1ère partie)
  70. BILAN 10g : La Mongolie « Rouge », convoitise de l’impérialisme japonais
  71. BILAN 10h : Mouvement Communiste international - Une résolution de la Ligue des Communistes de Belgique
  72. BILAN 11a : L’Entrée de la Russie dans la S.D.N.
  73. BILAN 11b : Le Syndicat unique et le « procédé de fusion »
  74. BILAN 11c : Comment les réformistes belges torpillent les grèves
  75. BILAN 11d : Les bolcheviks-léninistes entrent dans la S.F.I.O.
  76. BILAN 11e : Les Problèmes de l’Extrême-Orient
  77. BILAN 11f : Les compétitions inter-impérialistes en Chine
  78. BILAN 11g : La Mandchourie
  79. BILAN 11h : Crises et cycles dans l’économie du capitalisme agonisant (2eme partie)
  80. BILAN 11i : Hermann Gorter (sa place dans le mouvement théorique du communisme international)
  81. BILAN 11j : Les Jeunesses léninistes belges récidivent
  82. BILAN 11k : Marcel Cachin a 65 ans
  83. BILAN 12a : À nos lecteurs
  84. BILAN 12b : L’écrasement du prolétariat espagnol
  85. BILAN 12c : Vers un « Parti Unique » en France
  86. BILAN 12d : La prison de la faim - Une grève de mineurs hongrois
  87. BILAN 12e : Le capitalisme français marque un nouveau point
  88. BILAN 12f : Le problème de la Sarre : Non ! Non ! Non !
  89. BILAN 12g : Le problème de la jeunesse
  90. BILAN 12h : Parti - Internationale - État / V : L’État démocratique
  91. BILAN 13a : À propos de la crise ministérielle en France
  92. BILAN 13b : Le problème de la Sarre et la guerre
  93. BILAN 13c : Fascisme - Démocratie : Communisme
  94. BILAN 13d : La comédie de Mussolini : L’État corporatif en Italie
  95. BILAN 13e : Le problème de la jeunesse (2)
  96. BILAN 13g : Des exclusions en Italie
  97. BILAN 13h : Communiqué sur la répression internationale
  98. BILAN 14a : L’assassinat de Kyrov
  99. BILAN 14b : La suppression de la carte de pain en U.R.S.S.
  100. BILAN 14c : La situation en France
  101. BILAN 14d : Le problème des minorités nationales
  102. BILAN 14e : Le problème de la jeunesse (3)
  103. BILAN 14g : À tous nos lecteurs
  104. BILAN 14g : Quand manque un parti de classe... À propos des événements d’Espagne
  105. BILAN 15a : Deux époques : en marge d’un anniversaire
  106. BILAN 15b : Mathias Rakosy
  107. BILAN 15c : L’attentat de Nicolaïev
  108. BILAN 15d : Ce qu’il faut retenir de l’expérience sarroise
  109. BILAN 15e : À nos lecteurs
  110. BILAN 15f : Le problème de la jeunesse (4)
  111. BILAN 15g : Parti - Internationale - État / VI : L’État fasciste
  112. BILAN 15h : Parti et Classe
  113. BILAN 15i : Au sujet de la répression en Russie
  114. BILAN 16a : Le « dernier problème africain » et l’Italie
  115. BILAN 16b : Doumergue, compétence médiocre et maladroite
  116. BILAN 16d : L’écrasement du prolétariat allemand et l’avènement du fascisme
  117. BILAN 16e : La grève générale, expression de la lutte des classes
  118. BILAN 17a : De la Commune de Paris à la Commune Russe
  119. BILAN 17b : La Grèce, champ de manoeuvre des antagonismes inter-impérialistes
  120. BILAN 17e : Le problème de la jeunesse (5)
  121. BILAN 17g : Au sujet de Victor Serge et de Calligaris
  122. BILAN 18a : Premier Mai 1935
  123. BILAN 18c : Parti - Internationale - État / VII : L’État prolétarien
  124. BILAN 18f : Le problème de la jeunesse (6 et fin)
  125. BILAN 19a : Calligaris en Sibérie
  126. BILAN 19b : Lettre au B.P. du Parti Communiste russe Moscou
  127. BILAN 19c : Teresa Reechia
  128. BILAN 19d : Défaite du prolétariat, victoire du capitalisme : De Hitler à Staline, de Staline à Blum
  129. BILAN 19e : Ce qu’a été l’occupation des mines en Belgique
  130. BILAN 19e : Parti - Internationale - État / VII - 2e partie : l’État soviétique
  131. BILAN 19g : Les fondements de la production et de la distribution communistes
  132. BILAN 20a : De la déclaration de Staline à la manifestation du 14 Juillet
  133. BILAN 20b : L’impérialisme italien à la conquête de l’Abyssinie
  134. BILAN 20c : Projet de rapport sur la situation en Italie
  135. BILAN 20d : Calligaris
  136. BILAN 20f : Les fondements de la production et de la distribution communistes (2)
  137. BILAN 21a : Et voici le cas Calligaris
  138. BILAN 21a : Sous le signe du 14 juillet
  139. BILAN 21c : Projet de rapport sur la situation en Italie (suite)
  140. BILAN 21d : La première et la deuxième internationale devant le problème de la guerre
  141. BILAN 21e : Les fondements de la production et de la distribution communistes (3)
  142. BILAN 21f : Parti - Internationale - État / VII - 3e partie : l’État soviétique
  143. BILAN 22a : L’attentat de Beiso
  144. BILAN 22b : L’Italie en Abyssinie
  145. BILAN 22c : Nous, Calligaris et le Centrisme
  146. BILAN 22e : Rapport sur la situation en Italie (suite et fin)
  147. BILAN 22f : Les internationalistes hollandais sur le programme de la révolution prolétarienne
  148. BILAN 22g : Projet de résolution sur le problème des liaisons internationales
  149. BILAN 23a : Manifeste de la Fraction italienne de la Gauche communiste
  150. BILAN 23b : Sur quelle base s’est effectuée l’unité syndicale - Les Mussolini et Hitler de la France démocratique
  151. BILAN 23c : Compte rendu du Congrès de la fraction - Résolutions adoptées
  152. BILAN 23d : Thèses de Rome - Préface de 1928 et première partie
  153. BILAN 23e : En dehors des partis communistes devenus des instruments du capitalisme mondial
  154. BILAN 24a : Vers une consolidation du front capitaliste en France
  155. BILAN 24b : Pendant que réformistes et centristes scellent l’union sacrée, des mineurs anglais font la grève au fond des puits
  156. BILAN 24c : La résolution du Congrès des Italiens de Bruxelles
  157. BILAN 24d : La motion présentée par la fraction au Congrès des Italiens
  158. Bilan 24e : La tension de la situation italienne et internationale
  159. BILAN 24f : Le déroulement de l’aventure africaine
  160. BILAN 24g : La fraction dans les partis socialistes de la seconde internationale
  161. BILAN 24h : Thèses de Rome - Deuxième partie
  162. BILAN 24i : Lettre du camarade Soep
  163. BILAN 25a : Un mois après l’application des sanctions
  164. BILAN 25b : À la confusion des problèmes monétaires les ouvriers français opposeront leur front de classe
  165. BILAN 25c : Les réfugiés italiens dans la Russie Soviétique
  166. BILAN 25d : Les Centristes escomptent la condamnation de Beiso
  167. BILAN 25e : L’unité syndicale et les fractions
  168. BILAN 25f : Le nouveau bond de l’impérialisme japonais dans la Chine du nord
  169. BILAN 25g : À nos lecteurs
  170. BILAN 25h : Parti - Internationale - État / VII - 4e partie : l’État soviétique
  171. BILAN 25i : Mouvement ouvrier international
  172. BILAN 25j : Staline et le Bolchevisme
  173. BILAN 25k : Thèses de Rome - Troisième partie
  174. BILAN 26a : La réconciliation des français et l’Unité Syndicale
  175. BILAN 26b : La situation en Allemagne : L’exécution de R. Claus
  176. BILAN 26c : Sur le chemin du capitalisme - Le Stakhanovisme en Russie
  177. BILAN 26d : La situation actuelle en Italie, pivot de la situation internationale
  178. BILAN 26e : La situation en Amérique du Sud
  179. BILAN 26f : Parti - Internationale - État / VII - 5e partie : l’État soviétique
  180. BILAN 26g : L’échec des premières discussions avec le groupe « Communist Class Struggle »
  181. BILAN 26h : En marge des Thèses de Rome
  182. BILAN 27a : Quels sont les héritiers de Lénine, Luxemburg, Liebknecht ?
  183. BILAN 27b : Comment, dans la Russie des Soviets, on assassine la camarade Mariottini
  184. BILAN 27c : L’évolution de la situation italienne
  185. BILAN 27d : Le problème du Pacifique et la faillite de la Conférence de Londres
  186. BILAN 27e : Quinze années après Livourne
  187. BILAN 27f : L’écrasement du prolétariat français et ses enseignements internationaux (1)
  188. BILAN 27g : Petrini
  189. BILAN 28a : M. Albert Sarraut, symbole de la cohérence capitaliste
  190. BILAN 28b : Wupperwald et Neukölln
  191. BILAN 28c : L’impudence et les faux de M. Germanetto
  192. BILAN 28d : Le Japon devant la guerre impérialiste
  193. BILAN 28e : Le « Front Populaire » triomphe en Espagne
  194. BILAN 28f : L’écrasement du prolétariat français et ses enseignements internationaux (2)
  195. BILAN 28g : Problèmes de la période de transition (partie 1)
  196. BILAN 28h : Dans la Fraction - Un peu de clarté s’il vous plait
  197. BILAN 28i : Dans la Fraction - À la recherche d’une clarification ?
  198. BILAN 29a : La course vers la guerre
  199. BILAN 29b : Pour le 65e Anniversaire de la Commune de Paris
  200. BILAN 29c : Au sujet du cas Mariottini
  201. BILAN 29d : Une réponse de Gatto Mammone
  202. BILAN 29e : Au sujet des problèmes du parti et de la tactique
  203. BILAN 29f : L’écrasement du prolétariat français et ses enseignements internationaux - Suite et fin
  204. BILAN 29g : Dans la Fraction. Un article de discussion de Gatto Mammone
  205. BILAN 30a : Premier Mai 1936 (Manifeste de la Fraction italienne de la gauche communiste)
  206. BILAN 30b : Le Front international de la répression capitaliste
  207. BILAN 30c : Le prolétariat italien est-il absent ?
  208. BILAN 30d : Premier Mai ( À propos de Calligaris )
  209. BILAN 30e : Les traîtres à l’œuvre
  210. BILAN 30f : Le mouvement ouvrier devant le problème de la guerre
  211. BILAN 30g : De l’Union Sacrée à Zimmerwald - La dernière semaine
  212. BILAN 30h : Quelques brèves nouvelles
  213. BILAN 31a : La victoire du Front Populaire en France
  214. BILAN 31b : Après les élections en Belgique
  215. BILAN 31c : La victoire de l’impérialisme italien ouvre-t-elle un nouveau cours de la révolution mondiale ?
  216. BILAN 31d : Le conflit Arabo-Juif en Palestine (première partie)
  217. BILAN 31e : « De l’Union Sacrée à Zimmerwald » par A. Rosmer
  218. BILAN 31f : Les traîtres à l’œuvre
  219. BILAN 31g : Problèmes de la période de transition (partie 2)
  220. BILAN 31h : Calligaris toujours déporté en Sibérie, sauvons-le !
  221. BILAN 31i : Victor Serge hors des griffes du centrisme
  222. BILAN 32a : La Société des Nations continue
  223. BILAN 32b : Beiso n’a pas été acquitté
  224. BILAN 32c : Ce que fut la Conférence du Droit d’Asile de Paris
  225. BILAN 32d : Le prolétariat français a répondu au Front Populaire
  226. BILAN 32e : La rafale gréviste en Belgique
  227. BILAN 32f : Le conflit Arabo-Juif en Palestine (suite et fin)
  228. BILAN 32g : Mouvement ouvrier international
  229. BILAN 33a : En Espagne — Bourgeoisie contre Prolétariat
  230. BILAN 33b : Francisco Ascaso
  231. BILAN 33c : Adieu Zanasi
  232. BILAN 33d : Nature et évolution de la Révolution russe
  233. BILAN 33e : De l’Union Sacrée à Zimmerwald - Conclusion (Alfred Rosmer)
  234. BILAN 33f : Errata sur « La rafale gréviste en Belgique »
  235. BILAN 34a : Communiqué de la Commission exécutive
  236. BILAN 34b : Au front impérialiste du massacre des ouvriers espagnols il faut opposer le front de classe du prolétariat international
  237. BILAN 34c : La boucherie de Moscou
  238. BILAN 34d : Démocratie formelle et démocratie socialiste
  239. BILAN 34e : De l’Union sacrée à Zimmerwald
  240. BILAN 34f : Problèmes de la période de transition (partie 3)
  241. BILAN 34g : Staline dépasse Mussolini
  242. BILAN 35a : L’abattoir des prolétaires en Espagne
  243. BILAN 35b : Le ventre du capitalisme français orné des plumes du paon socialiste
  244. BILAN 35c : La crise dans la Fraction — Communiqué de la CE
  245. BILAN 35d : La tragédie espagnole
  246. BILAN 35e : La révolution espagnole
  247. BILAN 35f : Les problèmes de la période de transition (partie 4)
  248. BILAN 35g : Nature et évolution de la Révolution russe : Réponse au camarade Hennaut
  249. BILAN 35h : La crise dans la Fraction — Communiqué du comité de coordination
  250. BILAN 36a : La consigne de l’heure : ne pas trahir
  251. BILAN 36b : Octobre 1917 - Octobre 1936
  252. BILAN 36c : Mario di Leone
  253. BILAN 36e : L’isolement de notre fraction devant les événements d’Espagne
  254. BILAN 36f : La crise de la Fraction - Communiqué de la Commission Exécutive
  255. BILAN 36g : Documents de la minorité
  256. BILAN 37a : La réalité d’un « gouvernement de façade »
  257. BILAN 37b : Mario de Leone est mort
  258. BILAN 37c : Salut du groupe de Marseille
  259. BILAN 37d : Salut du groupe de la minorité de Barcelone
  260. BILAN 37e : L’ « autre » aspect de la domination capitaliste. La « Démocratie » en fonction aux États Unis
  261. BILAN 37f : La bourgeoisie renverra-t-elle Blum ?
  262. BILAN 37g : Problèmes de la période de transition (partie 5)
  263. BILAN 37h : Nouveaux assassinats : Nouvelle Constitution en Russie
  264. BILAN 37i : La crise de la fraction - Ordre du jour de la Commission Exécutive
  265. BILAN 38a : Le capitalisme français n’a pas renvoyé Blum
  266. BILAN 38b : Trotski pourra-t-il rester au Mexique ?
  267. BILAN 38f : Problèmes de la période de transition (partie 6 - fin)
  268. BILAN 39a : Le procès de Moscou
  269. BILAN 39b : Le prolétariat français doit briser l’Union Sacrée
  270. BILAN 39c : Lénine - Luxemburg - Liebknecht
  271. BILAN 39d : À propos d’un anniversaire
  272. BILAN 39e : Sous le signe de la constitution « la plus démocratique du monde » on extermine en URSS la génération d’Octobre
  273. BILAN 39f : Nos divergences avec le camarade Hennaut
  274. BILAN 39g : Le Marxisme n’est pas de la littérature Camarade Victor Serge !
  275. BILAN 39h : Que faire ? Retourner au Parti Communiste, Messieurs !
  276. BILAN 40a : Premier Mai 1937
  277. BILAN 40b : La France « libre, forte et heureuse » assassine les prolétaires
  278. BILAN 41a : Plomb, Mitraille, Prison
  279. BILAN 41b : Quand les bourreaux parlent... Le discours de Staline
  280. BILAN 41f : Antonio Gramsci - Camillo Berneri
  281. BILAN 41g : Bilan en danger - La vie de Bilan
  282. BILAN 42a : La répression en Espagne et en Russie
  283. BILAN 42f : Antonio Gramsci
  284. BILAN 43a : Pour la solidarité de classe à toutes les victimes de la guerre d’Espagne
  285. BILAN 43b : Du travail et du pain
  286. BILAN 43c : Andrés Nin assassiné ?
  287. BILAN 43d : Les bourreaux soviétiques à l’oeuvre
  288. BILAN 43e : À propos de quelques élucubrations trotskistes
  289. BILAN 43f : Le Comité national de la C.G.T.
  290. BILAN 43g : L’évolution des évènements d’Espagne
  291. BILAN 43h : Le Front Populaire
  292. BILAN 43i : Pour le Bureau International des fractions communistes de gauche
  293. BILAN 43j : L’impérialisme japonais à la conquête de la Chine
  294. BILAN 43k : Documentation internationale
  295. BILAN 43l : La vie de Bilan
  296. BILAN 44a : Lettre ouverte au Centre pour la IVe Internationale et au Parti Socialiste Révolutionnaire de Belgique
  297. BILAN 44b : À bas le carnage impérialiste en Chine
  298. BILAN 44c : Le capitalisme passe à l’attaque « La France aux Français »
  299. BILAN 44d : La guerre impérialiste d’Espagne et le massacre des mineurs asturiens
  300. BILAN 44e : Le monde arabe en ébullition
  301. BILAN 44f : Marxisme et Dogmatisme
  302. BILAN 44g : Et Calligaris ?
  303. BILAN 45a : Pour le XXème anniversaire de la Révolution d’Octobre
  304. BILAN 45b : Le front populaire continue
  305. BILAN 45c : Le droit au soulèvement armé
  306. BILAN 46a : "Bilan" disparaît
  307. BILAN 46e : Un grand renégat à la queue de paon : Léon Trotsky
  308. BILAN 46g : Écho à l’étude de la période de transition
  309. BILAN 46h : "Octobre" bulletin mensuel du Bureau International des Fractions de Gauche