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Controverses
Revue publiée par le Forum de la Gauche Communiste Internationaliste : C’est pour contribuer à déblayer la voie vers la clarification et le regroupement sur des bases théoriques, politiques et organisationnelles saines que Controverses a vu le jour. En d’autres termes, tout en tenant compte du changement de période qui n’est plus au reflux mais à la reprise historique des combats de classes, notre objectif essentiel est de reprendre ce qui était le souci de Bilan mais qu’il n’a pu mener complètement à bien compte-tenu des conditions d’alors : « ...une critique intense qui visait à rétablir les notions du marxisme dans tous les domaines de la connaissance, de l’économie, de la tactique, de l’organisation », et ce sans « aucun dogme », sans « aucun interdit non plus qu’aucun ostracisme », et « par le souci de déterminer une saine polémique politique ». Ceci est plus que jamais indispensable afin de réussir un nouvel « Octobre 17 » sous peine de se retrouver comme ces « vieux bolcheviks ... qui répètent stupidement une formule apprise par cœur, au lieu d’étudier ce qu’il y avait d’original dans la réalité nouvelle. (extrait de l’éditorial du n°1)
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BILAN 10d : Les événements du 30 juin en Allemagne
Août 1934 / pp. 332 - 338
24 juillet 2008 par vero

La désagrégation avancée du mouvement prolétarien actuel s’accompagne avec un genre d’analyse qui est constamment employé dans les milieux soi-disant communistes, centristes aussi bien que groupements se présentant sous l’étiquette de la régénérescence du mouvement et de la théorie révolutionnaires. Tout événement politique est d’abord solennellement présenté comme un produit direct d’une lutte de classes. Ensuite, on procède à un alignement des classes en lutte pour conclure à une perspective qui comporte, comme tactique suprême, l’exploitation, au nom du succès de la lutte ouvrière, des circonstances devenues favorables, c’est-à-dire des fissures qui se seraient produites dans le camp ennemi.

Il n’est évidemment pas difficile de mettre sur pied une savante « grammaire » marxiste contenant une série de postulats auxquels font suite toutes les règles d’une sage stratégie de laquelle la classe ouvrière n’aurait qu’à s’inspirer pour atteindre le sommet du salut et de la victoire. Ainsi, pour ce qui concerne les événements du 30 juin, arrivé comme un coup de foudre que personne n’aurait pu prévoir, au lieu de les étudier sur le fond de la situation allemande et internationale, on les détache de ce corps social et on opère une inversion conduisant à expliquer l’ensemble de la situation historique en fonction de la nuit de Munich au lieu d’expliquer cette dernière en relation avec toute l’époque que nous vivons actuellement. La conclusion qui découle inévitablement d’une pareille méthode est que, loin de miser sur le seul facteur pouvant modifier la situation historique, sur le prolétariat, on se basera sur les facteurs intervenus le 30 juin pour arriver à des conclusions politiques qui n’ont d’ailleurs aucune signification réelle et qui seront démenties le lendemain.

Détachés de leur contexte et pris en eux-mêmes, les événements dont nous nous occupons ont fourni large matière à des élucubrations « marxistes » dont l’inconsistance s’accompagne avec la présomption. Et la « grammaire » marxiste a fonctionné à merveille. Il fut d’abord dit que la classe ouvrière, fondamentalement opposée au capitalisme, dont le fascisme est l’instrument de la domination sanglante, avait pu être bernée provisoirement par la démagogie de Hitler, mais, qu’enfin, elle aurait demandé des comptes, comme le prouve le mouvement de la « gauche naziste » de Röhm et de... von Schleicher. On ajoutera que les classes moyennes, trompées par le fascisme, commencent à se détourner de lui, ainsi que le prouve, encore une fois, cette gauche naziste. On dira, enfin, que le grand capitalisme, inquiet du "socialisme" de Strasser et Röhm, avait besoin de rétablir la domination absolue de la Reichswehr, ce qui serait évidemment prouvé par le meurtre de l’ex-ministre de la Reichswehr, von Schleicher.

Et cette « combine » de règles marxistes ne peut conduire qu’à des conclusions qui, paraît-il, se sont pleinement confirmées par les événements qui montreraient évidemment un prolétariat déclenchant ses luttes, les classes moyennes repoussant la démagogie de Hitler et lui demandant des comptes, la Reichswehr éliminant le fascisme, la dissolution des milices nazistes ; enfin, l’ébranlement de tout le système de domination fasciste. Il est vrai que nous assistons, par contre, à une concentration de toute la société capitaliste allemande autour du fascisme et de Hitler recueillant l’héritage de l’homme de l’antifascisme de 1933 et de la Reichswehr de 1934, mais tout cela n’a aucune importance pour les soi-disant marxistes qui ne désarmeront nullement et qui, à toute occasion, sortiront à nouveau leur répertoire de règles et de combines qui sont au marxisme ce que sont les sortilèges du rebouteux aux oeuvres de la science médicale.

La conjoncture économique actuelle en Allemagne

Marx écrivait, dans la « Misère de la philosophie », au sujet de l’équilibre d’une société capitaliste, que « les premières illusions de la bourgeoisie sont aussi ses dernières ». Nous assistons actuellement, en Allemagne, à une série de mesures qui pourraient faire croire à l’établissement d’une économie dirigée, au sein de laquelle les différentes activités individuelles et de classes seraient disciplinées dans un tout organique répondant aux intérêts suprêmes de la « collectivité allemande ». Mais au sein de cette ambiance économique, qui est pourtant caractérisée par une intervention toujours croissante de l’État, qui centralise la plus grande partie des activités économiques qui étaient avant abandonnées aux individualités ou aux trusts capitalistes, toutes les règles d’antan ne gardent plus leur valeur et justement lorsqu’il semblerait possible d’établir une comptabilité économique presque parfaite, nous constaterons l’impossibilité de nous baser sur les indices qui, autrefois, nous permettaient de caractériser la situation économique. État du budget, couverture de la circulation fiduciaire, balance des exportations, balance des comptes, autant d’éléments qui pouvaient servir à déterminer l’évolution des situations économiques dans la période pré-impérialiste, ou à déterminer les moments de la vie d’une économie impérialiste, mais qui deviennent absolument incapables d’expliquer la conjoncture économique actuelle de l’Allemagne où le capitalisme ne peut garder la maîtrise de l’appareil économique qu’à la condition d’anticiper sur le lendemain et d’établir dès maintenant un appareil qui correspond à une situation générale de guerre.

Des économistes bourgeois, aussi bien que des théoriciens « marxistes », se trouvant dans le mouvement communiste, ont, à plusieurs reprises, escompté l’écroulement de l’économie allemande en se basant sur l’effritement de la réserve or de la Reichsbank, ou sur le déficit de la balance commerciale, ou enfin sur l’impossibilité d’établir une balance des comptes alors que le service des intérêts ne serait plus possible à cause de la baisse des exportations allemandes. Mais l’économie allemande reste debout et elle peut même bénéficier de la solidarité du capitalisme des différents pays qui ne disposent que d’un seul moyen pour empêcher le moratoire sur les dettes des réparations aussi bien que commerciales, et c’est le déclenchement immédiat de la guerre. Mais cette dernière n’étant pas encore possible immédiatement, l’économie allemande peut continuer à vivre malgré tous les déficits. Les prévisions catastrophiques des économistes arriveront ainsi invariablement à la conclusion suivante : ce qui ne s’est pas produit aujourd’hui arrivera certainement demain, car aucune solution n’a été donnée à la comptabilité économique de l’Allemagne. Et demain, il en sera exactement de même jusqu’au jour où la reddition des comptes se fera par le seul instrument possible, dans l’époque actuelle, c’est-à-dire par le déclenchement de la guerre.

Pour suivre les situations économiques actuelles, et particulièrement celle de l’Allemagne, où, ainsi que nous l’avons déjà dit, le capitalisme se trouve forcé d’établir, par anticipation, un régime économique adapté aux nécessités de la guerre, il faut tout d’abord renoncer à l’emploi d’instruments de vérification dépassés : le problème central actuel, au point de vue politique aussi bien qu’économique, étant celui de la réalisation des conditions techniques et politiques pour déclencher le conflit inter-impérialiste.

Voyons maintenant comment fonctionne l’économie allemande actuelle, ce qui nous permettra de vérifier la position que nous avons émise, c’est-à-dire que le but des positions économiques du capitalisme n’est pas d’ouvrir de nouveaux horizons permettant une atténuation de la crise, mais de maintenir le stade encore prématuré d’un équipement économique pour la guerre quand celle-ci n’a pas encore éclaté, tout en bénéficiant, pour le lendemain inévitable, des positions déjà conquises.

Dès son avènement au pouvoir, le fascisme lança un programme de travaux publics comportant comme prévision une dépense de près de 5 milliards et demi de Reichsmarks, afin de combattre le chômage. Le financement de cette entreprise se fit surtout sur les budgets futurs du Reich. D’autre part, les achats massifs de matière première pour le réarmement ont fait disparaître l’excédent des exportations qui servaient à l’Allemagne pour payer ses dettes et, aujourd’hui, menacent de rendre difficile son approvisionnement futur en matière première. La nécessité impérieuse de réarmer, de concentrer toutes les forces de l’économie allemande vers cette issue, a obligé le capitaliste allemand, disposant de peu de capitaux, privé de toute colonie, devant lutter contre le dumping monétaire de pays comme le Japon, l’Angleterre, les USA, à réorganiser son économie sur un pied de guerre tout en pratiquant, lui aussi, une très subtile inflation monétaire ; il s’agit, tout en réarmant à un rythme accéléré, de tenir tête aux états capitalistes adverses, afin de maintenir ses positions jusqu’à la prochaine guerre. Ainsi, la loi du 13 mars, dite « d’ordre économique organique », exprime bien cette tendance du capitalisme allemand. L’activité économique du Reich est subdivisée en douze secteurs dont sept comprennent l’industrie. Chaque secteur aura son « Führer », sorte de commissaire d’État. Il est à noter que le « Führer" » de l’économie allemande est Ph. Kessler, directeur des usines électriques Bergmann et, sous ses ordres, se trouve le « Führer » de l’industrie, Krupp von Bohlen und Halbach. En outre, l’affiliation obligatoire, pour toutes les entreprises, à la fédération professionnelle correspondante a été introduite. La monopolisation est donc poussée à ses points extrêmes et si l’on tient compte de la fixation des prix agricoles, du contrôle des céréales (mesure qui va permettre au gouvernement d’imposer ses prix aux petits paysans), du contrôle des importations et des exportations, on a vraiment une image type d’une économie de guerre. L’économie de guerre permet au capitalisme allemand de rationner l’ensemble des branches d’industrie au profit des industries nécessaires à la guerre. La production de l’acier et du fer s’est accrue en particulier. Varga rapporte, dans la « Correspondance Internationale » que toute une série de nouveaux hauts fourneaux ont été mis en oeuvre (Ruhrort-Meiderich, Aciérie Thyssen, à Hamborn, Aciérie Julius en Haute Silésie, consortium Mannesmann). Par contre, le recours aux « ersatz » dans certains domaines industriels (textile), en matière alimentaire (beurre, graisse), la fixation des prix des denrées alimentaires et leur répartition dans le pays, en atteignant, avant tout, les travailleurs et les petits paysans, permettent au capitalisme de réaliser un excédent pour réarmer.

Fort probablement, les stocks de matières premières qui, durant les cinq premiers mois de 1934, se constituèrent au détriment des exportations, ne proviennent pas seulement de la politique de réarmement massif de l’Allemagne, mais aussi d’une crainte d’inflation qui détermina des achats massifs de matières premières étrangères.

Cependant, s’il n’existe pas d’inflation déclarée en Allemagne, le système des « scrips » ou marks bloqués équivaut, en fait, aux avantages d’une inflation dirigée. Ne pouvant payer ses créanciers, bloquant leur avoir, le gouvernement allemand, sur la demande même de ses créanciers [1], rachète les avoirs bloqués en dessous du prix nominal et permet l’emploi de « sperrmark » ou mark déprécié aux seuls acheteurs de marchandises en Allemagne. Par là, le capitalisme allemand parvient partiellement à riposter au dumping monétaire des états capitalistes adverses.

L’Allemagne montre donc tout particulièrement que si les réserves or d’un pays capitaliste déterminé, mesurent le degré effectif de sa puissance économique et politique, sa presque complète disparition (2 % à 7 % pour le Reich) n’est pas le signe de sa faillite, mais uniquement l’indice de ses difficultés à surmonter les contrastes de la situation actuelle d’une façon pacifique. Possédant une industrie potentiellement très puissante, mais sans capitaux et marchés, l’Allemagne parvient à résister, grâce à une organisation de guerre de son économie, grâce à une inflation subtilement dirigée, dont ses créanciers font les frais, comme d’ailleurs partiellement pour son réarmement.

Mais une économie de guerre, quand les conditions internationales pour la guerre n’existent pas encore, appliquée à un pays comme l’Allemagne actuelle, détermine forcément des heurts économiques qui, parce que le prolétariat est anéanti, s’expriment au sein de la classe capitaliste, au lieu de trouver un débouché dans la lutte des classes. Il faut, notamment, reprendre le rythme antérieur des exportations permettant la réalisation d’un excédent, réaliser de nouvelles économies dans les prix de revient, accentuer le « dumping monétaire ».

Si l’on tient compte qu’à part le fait que le chômage n’a pas été entamé par la politique de grands travaux publics de 1933 (la « Gazette de Francfort » prétendait qu’en décembre 1933 près de 1 800 000 Allemands de plus qu’en 1932 avait été mis au travail, c’est-à-dire un travail « volontaire » d’autostrades, canaux, défrichement, pour des salaires équivalents aux allocations de chômage), il est certain que les salaires ont déjà subi de fortes atteintes. Ainsi, l’introduction « spontanée » de la semaine de 40 heures dans certaines entreprises a consisté à répartir, sur un plus grand nombre de bras, le même volume de salaires. D’après les statistiques fascistes, le revenu des ouvriers, employés et fonctionnaires a été, par trimestre, en millions de marks :

En 1933 : 6.490, 6.826, 6.768, respectivement pour les deuxième, troisième et quatrième trimestres.

En 1934, 6.800 pour le premier trimestre. Soit une augmentation de 5 %. Mais, par contre, le nombre d’ouvriers occupés, d’après ces mêmes statistiques, a été le suivant (en milliers) : En 1933 : 19 062, 13 691, 13 713, respectivement pour les deuxième, troisième et quatrième trimestres. En 1934 : 14 064 pour le premier trimestre. Soit une augmentation de 7 %. Les revenus enregistrés ont donc augmenté de 5 % et le nombre d’ouvriers de 7 %. Par conséquent, le revenu par tête a diminué. Si l’on tient compte que le coût de la vie a augmenté, de mars 1933 à mars 1934, de 4,1 %, on peut conclure en affirmant que le salaire réel des ouvriers occupés a diminué de 6,1 %. Et encore, ne tenons-nous pas compte de tous les dons « volontaires » et « spontanés » que les prolétaires doivent effectuer en Allemagne.

Nous nous voyons donc que la politique économique fasciste, si elle comprime à l’excès les initiatives économiques des capitalistes individuellement considérés, fait l’intérêt de l’ensemble de la bourgeoisie aux dépens de la masse des travailleurs.

Les massacres du 30 juin

Nous avons déjà dit que, pour comprendre un événement, il faut en déterminer la liaison avec l’ensemble de la situation historique. C’est donc un bavardage vain que de vouloir reconnaître, parmi les partenaires qui se sont affrontés le 30 juin, les représentants directs ou indirects de classes en lutte. S’il est parfaitement exact que la violence est le seul instrument pour résoudre des conflits de classes, il n’en résulte pas qu’une fois un conflit violent éclaté, s’ouvre automatiquement une situation de changement des rapports de force entre les classes au sein de la société capitaliste.

La victoire fasciste a décapité la société de la seule force pouvant se relier aux mouvements, soubresauts et convulsions se produisant dans le mécanisme économique et pouvant conduire à une transformation des bases de la société, c’est-à-dire la victoire insurrectionnelle du prolétariat. Mais l’écrasement de ce dernier, s’il supprime provisoirement le mouvement autonome de la classe pouvant conduire au déclenchement de la révolution, ne conduit pas à l’harmonisation de toute la société allemande finissant par se mouvoir sous le simple effet des coups de baguette de Hitler. La société capitaliste continue son chemin hérissé de contrastes. Mais, désormais, ces derniers vont éclater non sur la base des mouvements de classes qui opposent leurs intérêts spécifiques et historiques, mais un sein de la seule classe, du capitalisme, ayant réalisé son hégémonie totale. Le jeu des tendances au sein du parti naziste ne donne nullement lieu à une évolution reflétant, soit même indirectement, les aspirations des classes antagonistes, mais représente les chocs qui se produisent au sein d’une seule classe qui a réalisé l’incorporation, en son sein, de l’ensemble de la société (ouvriers y compris). Mais cette incorporation n’est possible que pour la réalisation de l’objectif qu’elle comporte, c’est-à-dire pour le déclenchement de la guerre. Il est absolument certain que les moeurs de Röhm n’auraient pas été découvertes ou la « révolte » des sections d’assaut ne se serait pas produit si déjà, en juin, les conditions avaient mûri pour le conflit mondial. L’opposition entre Reichswehr et sections d’assaut peut bien exprimer une divergence réelle, mais l’essentiel est de voir si ce contraste peut conduire à une collision conduisant au suicide du capitalisme, ou bien ouvrir une phase de relâchement de l’appareil de domination du capitalisme, ou bien encore si cette divergence n’est pas, au contraire, appelée à déterminer une plus grande discipline des différents instruments dont dispose la bourgeoisie. En juin, cette « disciplinisation » s’est faite sur le front de la mise au pas sanglante de l’aile capitaliste qui, emportée par les événements, voulait arriver à la réalisation immédiate du conflit pour la « rédemption de l’Allemagne ». Rien n’exclut que, demain, nous n’assisterons pas à une répression violente d’un courant capitaliste qui ne voudrait pas se conformer aux nouvelles nécessités du massacre impérialiste.

Qu’il s’agisse bien là d’un conflit se produisant au sein même de la classe bourgeoise et découlant simplement d’une discordance entre une organisation pour la guerre et l’inexistence des conditions immédiates pour cette dernière, cela est prouvé par le fait que le programme fasciste ne sera nullement entamé et que, parallèlement à la répression contre les formations nazistes les plus violentes, Hitler fit également assassiner des formations opposées préconisant une politique moins agressive à l’égard des autres états capitalistes. Von Schleicher et les conseillers de Von Papen auront le même sort que Röhm et Heines. De plus, les événements d’Autriche du 22 juillet, s’ils ne prouvent pas que le putch de la Ballplatz résulte uniquement des machinations de l’impérialisme allemand, prouvent aussi que le plan de ce dernier n’a pas subi des modifications profondes après le massacre du 30 juin.

Mais si nous n’assistons pas à un changement dans le plan général que l’impérialisme allemand a dû s’assigner, nous n’assistons pas non plus à une modification du régime fasciste allemand qui s’orienterait vers la domination de la Reichswehr dont Hitler serait devenu le prisonnier. Nous ne voyons pas où résiderait l’intérêt des ouvriers au cas où le nazisme serait remplacé par un gouvernement de militaires. Mais le fascisme, puisqu’il est un mouvement de réaction se produisant dans la période des guerres et des révolutions, ne se heurtera nullement à la Reichswehr, mais composera avec cette dernière, car le capitalisme a besoin d’un appareil de domination qui ne réprime pas seulement les mouvements de résistance ou de révolte des opprimés, mais d’un appareil qui parvienne à mobiliser les ouvriers pour les entraîner à la guerre. Aussi il est certain que les sections d’assaut ne seront nullement dissoutes, mais qu’elles seront incorporées, à côté de la Reichswehr, dans le système fasciste et que fort probablement ce sont elles qui seront présentées comme les piliers fondamentaux du régime.

L’analyse des événements du 30 juin est d’ailleurs confirmée par le fait que ni au cours de ces journées, ni après, nous n’avons assisté à des mouvements ouvriers pour leurs revendications de classes. D’autre part, notre position conduit à la conclusion politique que le sort du mouvement prolétarien ne peut nullement se relier à de tels événements, mais que c’est dans une toute autre direction qu’il faudra escompter la reprise de la lutte et orienter, dès maintenant, notre travail. Le régime fasciste, dans son ensemble, sort non affaibli, mais renforcé de ces journées sanglantes, car il est évident que si le nazisme a pu procéder à une normalisation de ce régime par des moyens aussi violents, sans que le prolétariat amorce le moindre mouvement, c’est que les conditions pour la lutte contre le capitalisme en Allemagne sont énormément difficiles et requièrent des efforts qu’aucun groupement n’effectue actuellement. Ce qui reste la règle, c’est scrupuleusement remplacer l’analyse de la réalité par le scandale contre le fascisme. Il est vrai que cette politique a déjà accompagné l’oeuvre des bourreaux qui ont décapité Van der Lubbe. Mais ces cris hystériques ne font pas reculer le fascisme ; ils caractérisent plutôt la gangrène de tous ces groupements qui, sur une pareille base, agissent au sein du prolétariat.

L’isolement du Reich

Les événements du 30 juin ont donné un regain d’actualité aux alertes de la social-démocratie sur le danger que fait courir au « peuple » allemand la politique fasciste, de même qu’à leur position « antifasciste », le boycottage économique du Reich. Au fond, l’isolement a deux significations. Tout d’abord, il peut indiquer un phénomène qui est absolument commun à tous les États capitalistes, dans la situation actuelle, le repliement des différents régimes capitalistes sur eux-mêmes quand la crise économique a détruit toute possibilité d’établir un équilibre dans le fonctionnement du mécanisme économique du capitalisme mondial. D’autre part, cet isolement peut vouloir indiquer une situation analogue à celle que traversa la Russie soviétique quand, dans l’immédiat après-guerre, Clémenceau préconisait (sans succès d’ailleurs) le cordon sanitaire autour de la peste soviétique. Le Reich, ni aujourd’hui, ni jamais dans l’après-guerre, ne s’est trouvé en butte à de pareilles difficultés.

Le traité de Versailles lui-même ne représente pas une oeuvre simple de partage du butin des impérialismes vainqueurs, jetant l’Allemagne dans les bras de la révolution, mais plutôt une oeuvre admirablement composée pour permettre au capitalisme mondial de reconstruire son secteur allemand à une époque où les dangers révolutionnaires y étaient les plus brûlants. La démagogie naziste fait grand état des « injustices » sanctionnées à Versailles. Mais, en réalité, ce traité, quand il limitait à 100 000 hommes l’armée allemande, savait fort bien que c’était le maximum que pouvait réaliser un capitalisme à un moment où les masses ouvrières étaient entraînées dans le vertige révolutionnaire. À ce moment, le capitalisme international ne pouvait que suivre un chemin : celui de s’appuyer sur les formations politiques de la social-démocratie, car le recours aux forces de l’extrême droite aurait alors déterminé les conditions les plus favorables pour le déclenchement de la révolution. Hindenburg est, à cette époque, aux ordres de Ebert et le gouvernement de Kapp-Ludwits cherchera en vain, en 1921, d’obtenir sa reconnaissance par les Alliés.

Les événements de la Ruhr, en 1923, ont prouvé que le régime capitaliste ne peut se sauver de l’assaut révolutionnaire qu’en penchant directement vers la guerre et prouvent aussi que lorsque la situation révolutionnaire s’ouvre, le capitalisme favorise l’établissement d’un front de défense nationale pouvant submerger les flots de l’insurrection. C’est ainsi qu’opéra, ou essaya d’opérer Kerenski en Russie ; c’est ainsi qu’agirent, en Allemagne, les différentes forces du capitalisme et aussi la direction du parti communiste de l’époque sous l’influence de Radek et qui exalta le nationaliste Slageter. En effet, Poincaré retire ses troupes de la Ruhr dans la mesure où s’affaiblit le danger révolutionnaire. Peu après commence l’époque du « briandisme » (à laquelle Tardieu donnera d’ailleurs son adhésion par l’abandon anticipé de Mayence) qui laissera s’épanouir le capitalisme allemand. Ce dernier évoluera sous l’effet des interventions des capitaux américains et anglais, alors que l’impérialisme français criera au « danger croissant allemand » afin d’associer à ses intérêts les ouvriers français, sans essayer de faire jouer les clauses du Traité de Versailles pour freiner le développement du capitalisme d’Outre-Rhin.

Après la victoire fasciste, la solidarité du capitalisme international autour de son secteur allemand ne sera nullement rejetée et la social-démocratie belge, par exemple, fera vainement appel à l’impérialisme français afin que ce dernier, se prévalant des Traités, comprime les velléités militaires du Reich. Tout dernièrement encore, au sujet du moratoire proclamé par Schacht, le capitalisme anglais et français établiront des accords qui conditionnent le service des intérêts à l’actif des exportations allemandes.

L’accord donné par Barthou au plébiscite pour janvier en Sarre, aussi bien que la prudence observée par tous les gouvernements après les événements d’Autriche, prouvent assez bien que, dans son offre d’écrasement du prolétariat (ce qui comporte aussi le renforcement des positions de l’impérialisme allemand), Hitler peut compter sur la solidarité agissante des bourreaux du prolétariat des autres pays.

Le régime capitaliste a ses lois et il n’appartient nullement en prolétariat de s’y incorporer. Blum a, depuis des années, lancé le mot d’ordre de « l’isolement moral de Mussolini » ; cela n’a pas empêché les gouvernements radicaux, influencés par le parti socialiste, de maintenir les rapports les plus cordiaux avec le capitalisme italien qui, malgré « l’isolement », a pu, à la satisfaction des gouvernements des autres pays, ancrer dans les chairs des ouvriers italiens son régime sanglant. De plus, en Allemagne, tout comme en Italie, la position du boycottage ne fait que renforcer les positions dont se sert le fascisme pour réaliser le bloc du prolétariat autour du capitalisme, car, à tout instant, on présentera la nécessité de se préparer à battre l’étranger, empêchant ou créant des difficultés aux réalisations fascistes. Mais si, aujourd’hui, le prétendu isolement du Reich n’est, en définitive, qu’un masque couvrant la parfaite solidarité du capitalisme mondial, demain cette position deviendra le drapeau pour conduire, au nom de la démocratie, le prolétariat dans le carnage impérialiste.

Le devoir des communistes consiste, dès aujourd’hui, à repousser de leurs rangs ceux qui les orientent - au travers du boycottage - vers l’incorporation du prolétariat au capitalisme.

La position communiste

Les considérations qui précèdent nous amènent à établir comme thèse centrale, pour le sort du mouvement ouvrier en Allemagne, celle de ne point miser sur les difficultés internes du capitalisme. Le 30 juin est là pour prouver que celui-ci peut avoir recours aux moyens les plus violents sans pour cela ébranler le système d’oppression fasciste. Le prolétariat ne peut attendre son salut que de lui-même et des efforts qu’il pourra accomplir. C’est seulement en fonction d’une analyse des possibilités qui s’offrent à la classe ouvrière, dans une situation donnée, qu’il faut tenir compte des réalités que les groupements à l’étranger (comme cela s’est d’ailleurs vérifié pour l’émigration italienne) voileront et brouilleront régulièrement, par la rédaction de romans-feuilletons sur l’action de masse en Allemagne, dont le seul intérêt résidera peut-être dans le soutien financier de certains bonzes qui veulent également conserver une place à l’étranger.

Il est absolument faux que le prolétariat n’ait qu’à faire appel à sa volonté de lutte pour renverser le capitalisme ou le régime fasciste que la bourgeoisie a été forcée de se donner. Des situations se produisent (et ce n’est nullement la première fois dans l’histoire du mouvement ouvrier) où le prolétariat devient incapable de réaliser ses buts et qu’il doit attendre qu’une nouvelle situation se produise. Concrètement, cela signifie que, par exemple, en Allemagne, il faut savoir attendre que viennent à maturité toutes les contradictions sur lesquelles est assis le régime fasciste. C’est pour la guerre que celui-ci a été porté au pouvoir par le capitalisme et c’est en vue de la guerre qu’il a modelé toute l’organisation de la société.

Asséner des coups au régime fasciste et en déterminer la dislocation c’est donc agir directement pour l’insurrection prolétarienne, car celle-ci est la seule alternative à opposer à la guerre, comme le prolétariat est la seule classe qui puisse réaliser la société communiste. Poser ainsi le problème c’est comprendre pourquoi depuis dix-sept années que fonctionnent les lois exceptionnelles en Italie nous n’avons pas connu des mouvements de masse, bien que la crise économique ait forcé le capitalisme italien à comprimer à l’extrême les conditions de vie des travailleurs. En outre, c’est aussi saisir la réalité de la situation en Allemagne.

Les communistes ne peuvent pas « inventer » des conditions concrètes pour de tels mouvements de masse. Fort probablement, ils devront attendre que tout le régime fasciste se précipite dans la guerre et démembre ainsi le système social qu’il avait pu construire avant de voir se déterminer des mouvements prolétariens d’envergure. D’autre part, le régime fasciste trouve sa raison d’être, au point de vue historique, non dans une conscience retardataire du prolétariat dans son ensemble, mais dans le haut degré de conscience que ce dernier avait atteint et qui rend désormais impossible l’emploi de méthodes de corruption propres aux régimes dits démocratiques. Le fascisme s’implante pour évincer, par la violence, l’effort effectué par le prolétariat pour retirer les enseignements de sa défaite révolutionnaire, permettant de construire le parti de la victoire insurrectionnelle.

Puisque le problème n’est pas d’élever les masses, comme ce fut le cas dans la période d’essor du capitalisme, à une conscience de leurs intérêts au sein du régime bourgeois, mais qu’il s’agit de leur redonner la sensation bien nette que la trahison et la faillite de leurs chefs d’hier ne représentent pas l’impossibilité d’arriver à une libération, mais qu’il est possible de réaliser une politique conduisant à l’écrasement du capitalisme, il est juste de dire que la tâche essentielle des communistes ne pourra résider que dans un travail d’édification idéologique, dont les succès représenteront autant de coups réels au régime fasciste, en même temps qu’ils permettront - lorsque la situation se modifiera - de conduire le prolétariat à la victoire pour l’instauration de la dictature prolétarienne.

Les événements du 30 juin jettent une nouvelle lumière sur la nécessité d’entamer sans retard l’oeuvre de construction de la fraction de gauche qui représente la prémisse indispensable pour le parti de l’insurrection prolétarienne, pour le triomphe de la révolution mondiale.

[1] Voir à ce sujet le communiqué publié par la Chambre de Commerce franco-belge.

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  286. BILAN 43c : Andrés Nin assassiné ?
  287. BILAN 43d : Les bourreaux soviétiques à l’oeuvre
  288. BILAN 43e : À propos de quelques élucubrations trotskistes
  289. BILAN 43f : Le Comité national de la C.G.T.
  290. BILAN 43g : L’évolution des évènements d’Espagne
  291. BILAN 43h : Le Front Populaire
  292. BILAN 43i : Pour le Bureau International des fractions communistes de gauche
  293. BILAN 43j : L’impérialisme japonais à la conquête de la Chine
  294. BILAN 43k : Documentation internationale
  295. BILAN 43l : La vie de Bilan
  296. BILAN 44a : Lettre ouverte au Centre pour la IVe Internationale et au Parti Socialiste Révolutionnaire de Belgique
  297. BILAN 44b : À bas le carnage impérialiste en Chine
  298. BILAN 44c : Le capitalisme passe à l’attaque « La France aux Français »
  299. BILAN 44d : La guerre impérialiste d’Espagne et le massacre des mineurs asturiens
  300. BILAN 44e : Le monde arabe en ébullition
  301. BILAN 44f : Marxisme et Dogmatisme
  302. BILAN 44g : Et Calligaris ?
  303. BILAN 45a : Pour le XXème anniversaire de la Révolution d’Octobre
  304. BILAN 45b : Le front populaire continue
  305. BILAN 45c : Le droit au soulèvement armé
  306. BILAN 46a : "Bilan" disparaît
  307. BILAN 46e : Un grand renégat à la queue de paon : Léon Trotsky
  308. BILAN 46g : Écho à l’étude de la période de transition
  309. BILAN 46h : "Octobre" bulletin mensuel du Bureau International des Fractions de Gauche