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Revue publiée par le Forum de la Gauche Communiste Internationaliste : C’est pour contribuer à déblayer la voie vers la clarification et le regroupement sur des bases théoriques, politiques et organisationnelles saines que Controverses a vu le jour. En d’autres termes, tout en tenant compte du changement de période qui n’est plus au reflux mais à la reprise historique des combats de classes, notre objectif essentiel est de reprendre ce qui était le souci de Bilan mais qu’il n’a pu mener complètement à bien compte-tenu des conditions d’alors : « ...une critique intense qui visait à rétablir les notions du marxisme dans tous les domaines de la connaissance, de l’économie, de la tactique, de l’organisation », et ce sans « aucun dogme », sans « aucun interdit non plus qu’aucun ostracisme », et « par le souci de déterminer une saine polémique politique ». Ceci est plus que jamais indispensable afin de réussir un nouvel « Octobre 17 » sous peine de se retrouver comme ces « vieux bolcheviks ... qui répètent stupidement une formule apprise par cœur, au lieu d’étudier ce qu’il y avait d’original dans la réalité nouvelle. (extrait de l’éditorial du n°1)
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BILAN 16d : L’écrasement du prolétariat allemand et l’avènement du fascisme
Février - Mars 1935 / pp. 549 - 554
12 janvier 2009 par eric

C’est par l’analyse critique des événements de l’après-guerre, des victoires et défaites révolutionnaires, qu’il nous sera possible d’acquérir une vision historique de la période actuelle, assez vaste pour embrasser les phénomènes fondamentaux qu’elle exprime. S’il est juste d’affirmer que la révolution russe se trouve au centre de notre critique, de la critique qu’elle-même représenta, il faut immédiatement ajouter que l’Allemagne est l’anneau le plus important de la chaîne qui aujourd’hui garrotte le prolétariat mondial.

En Russie, la faiblesse structurelle du capitalisme, la conscience du prolétariat russe, représentée par les bolcheviks, ne permit pas une concentration immédiate des forces mondiales de la bourgeoisie autour du secteur menacé, alors qu’en Allemagne tous les faits de l’après-guerre expriment cette intervention, facilitée par un capitalisme fort de ses traditions démocratiques, un prolétariat arrivant à la conscience de ses tâches précipitamment.

Les événements d’Allemagne (de l’écrasement des spartakistes à l’avènement du fascisme) contiennent déjà une critique d’Octobre 1917. C’est déjà une réponse du capitalisme à des positions souvent en deçà de celles qui permirent la victoire des bolcheviks. Voilà pourquoi une analyse sérieuse de l’Allemagne devrait débuter par un examen des thèses du IIIe et Ive Congrès de l’I.C. qui contiennent des éléments allant non au delà de la révolution russe, mais l’opposant à l’assaut féroce des forces bourgeoises contre la révolution mondiale. Ces Congrès ont élaboré des positions de défense du prolétariat groupé autour de l’État soviétique alors que l’ébranlement du monde capitaliste nécessitait une offensive sans cesse croissante des ouvriers de tous les pays en même temps qu’une progression idéologique de son organisme international. Les événements de 1923 en Allemagne furent précisément étouffés grâce à ces positions heurtant de front l’effort révolutionnaire des ouvriers, événements qui, par eux-mêmes, furent le démenti le plus frappant de ces Congrès.

L’Allemagne prouve clairement l’insuffisance du patrimoine idéologique légué par les bolcheviks ; non pas que leurs efforts furent insuffisants, mais ceux des communistes du monde entier et en particulier de l’Allemagne. Ainsi, quand et où fit-on la critique historique de la lutte idéologique et politique des spartakistes ? À notre avis, sauf de plates répétitions d’appréciations générales de Lénine, aucun effort n’a été fait. On part bien en guerre contre « le luxembourgisme », on verse évidemment quelques larmes sur l’écrasement des spartakistes, on stigmatise les crimes des Noske-Scheidemann, mais d’analyse sérieuse, point. Pourtant, si Octobre 1917 contient une négation catégorique de la démocratie bourgeoise, 1919 l’exprime sur un plan plus avancé. Si les bolcheviks prouvèrent que le parti du prolétariat est un guide victorieux seulement s’il rejette, au cours de sa formation, tout alliage avec des courants opportunistes, les événements de 1923 prouvèrent que la fusion des spartakistes et des indépendants à Halle, avait été un appoint dans la confusion du P.C. Devant la bataille décisive.

En somme, au lieu d’élever le niveau de la lutte prolétarienne plus loin qu’Octobre, de nier plus profondément les formes de domination du capitalisme, les compromissions avec des forces ennemies, en prévision d’un assaut révolutionnaire imminent, on ne pouvait que faciliter le regroupement des forces capitalistes dès que l’on ramenait les positions prolétariennes en dessous de celles qui permirent le triomphe des ouvriers russes. En ce sens la position du camarade Bordiga au IIe Congrès envers le parlementarisme était une tentative de pousser en avant les positions d’attaque du prolétariat mondial et la position de Lénine une tentative d’employer révolutionnairement cet élément historiquement dépassé devant une situation n’exprimant pas encore tous les éléments de cet assaut. Les événements ont donné raison à Bordiga, non sur ce fait mais sur une appréciation contenant la critique des faits de 1919 en Allemagne et consistant à élargir l’effort destructif du prolétariat avant des nouvelles batailles devant décider du sort de l’État prolétarien et de la révolution mondiale.

Nous essayerons dans cet article d’examiner l’évolution des positions de classe du prolétariat allemand, afin de mettre en évidence ces éléments de principe qui peuvent compléter l’apport des bolcheviks, critiquer leur décalque dans des situations nouvelles, contribuer à l’oeuvre de critique générale des événements de l’après-guerre.

* * *

Dans la Constitution de Weimar, article 165, se trouve le passage suivant : « Ouvriers et employés y collaboreront (dans les conseils ouvriers) sur un pied d’égalité, avec les employeurs, à la réglementation des questions de salaire et de travail, ainsi qu’au développement général économique des forces productives. » Ceci caractérise au mieux une période où la bourgeoisie allemande comprit qu’elle devait non seulement élargir son organisation politique jusqu’à la démocratie la plus extrême allant jusqu’à la reconnaissance des « Räte » (Conseils ouvriers), mais aussi donner aux ouvriers l’illusion de la puissance économique. De 1919 à 1923 le prolétariat eut l’impression d’être la force politique prédominante dans le Reich. Depuis la guerre les syndicats incorporés dans l’appareil étatique étaient devenus des piliers soutenant tout l’édifice capitaliste [1] et les seuls éléments pouvant faire converger les efforts prolétariens vers la reconstruction de l’économie allemande et d’un appareil de domination capitaliste stable. La démocratie bourgeoise revendiquée par la social-démocratie s’avéra être ici le seul moyen d’empêcher l’évolution révolutionnaire de la lutte ouvrière qui fut aiguillée vers un pouvoir politique dirigé en fait par la bourgeoisie bénéficiant de l’appui des syndicats pour remettre à flot l’industrie. C’est l’époque où fleurit « la première législation sociale du monde », les contrats collectifs du travail, les cellules d’entreprises qui parfois tendent à s’opposer aux syndicats réformistes ou arrivent à concentrer l’effort révolutionnaire des prolétaires comme par exemple dans la Rhur en 1921-1922.

La reconstruction de l’économie allemande s’effectuant parmi cette efflorescence de libertés et de droits ouvriers aboutit, comme on sait, à l’inflation de 1923 où s’exprima en même temps que les difficultés pour un capitalisme vaincu et terriblement appauvri de remettre en marche son appareil de production, la réaction d’un prolétariat voyant son salaire nominal, sa législation sociale « kolossale », son semblent de pouvoir politique, réduits à moins que rien. Si le prolétariat allemand fut battu en 1923, malgré les « gouvernements ouvriers » de « Saxe », de Thuringe, un P.C. Très influant et non gangrené par le centrisme, dirigé au surplus par d’anciens spartakistes, si malgré toutes les circonstances favorables découlant des difficultés de l’impérialisme allemand la victoire fit défaut, il faut en recherche les causes à Moscou, dans les thèses des IIIe et IVe Congrès acceptées par les spartakistes et qui loin de compléter le « Programme de Spartakus » de 1919 se situent de deçà de celui-ci. Malgré ses rares équivoques le discours de Rosa contient une négation farouche des forces démocratiques du capitalisme, une perspective de révolution économique en même temps que politique et non pas de vagues « gouvernements ouvriers » et des fronts uniques avec des partis contre-révolutionnaires.

À notre avis, la défaite de 1923 est la réponse des événements à la stagnation de la pensée critique du communisme décalquant au lieu d’innover, se refusant à retirer de la réalité des règles programmatiques nouvelles, alors que le capitalisme mondial occupant la Rhur en ce moment venait objectivement à l’aide de la bourgeoisie allemande en déterminant une vague de nationalisme susceptible de canaliser ou du moins de brouiller la conscience des ouvriers et même des dirigeants du P.C.

Une fois passé ce cap dangereux, le capitalisme allemand bénéficia enfin de l’aide financière de pays tels les U.S.A. Convaincus de la disparition momentanée de tout danger révolutionnaire. C’est alors l’époque d’un mouvement de concentration et de centralisation industrielles et financières sans précédent, sur la base d’une rationalisation effrénée, pendant que Stresemann succède à la série de gouvernements socialistes ou socialisant. La social-démocratie appuya cette consolidation structurelle d’un capitalisme cherchant dans son organisation disciplinaire la force de tenir tête à ses adversaires de Versailles, et agita devant les ouvriers le mythe de la démocratie économique, de la sauvegarde de l’industrie nationale, de l’avantage à traiter avec quelques patrons seulement, des prémices socialistes posées par ceux-ci.

En 1925-26, jusqu’aux premiers symptômes de la crise mondiale, le mouvement d’organisation de l’économie allemande va croissant sans cesse. On pourrait presque dire que le capitalisme allemand qui put tenir tête au monde entier grâce à ses forces industrielles et à la militarisation d’un appareil économique fabuleusement puissant, a poursuivi, après les remous sociaux de l’après-guerre, son organisation économique ultra-centraliste indispensable dans la phase des guerres inter-impérialistes, en reprenant sous le fouet des difficultés mondiales le chemin de l’organisation économique de guerre. Dès 1926 se constituent les grands Konzern du Sthalwerein, de l’I.G. Farben-industrie, le Konzern d’électricité Siemens, l’Allgemeine Electrizität Gesellschaft dont la constitution est d’ailleurs facilitée par l’inflation et la hausse des valeurs industrielles qui en résulta.

Déjà avant la guerre l’organisation économique en Allemagne, les Cartels, les Konzerns, la fusion du capital financier et industriel, avait atteint un degré supérieur. Mais dès 1926 ce mouvement s’accélère et des Konzerns tels ceux de Thyssens, la Rheinelbe-Union, Phoenix, Rheinische Stahlwerke, fusionnent et forment le Stahlwerein qui contrôlera l’industrie charbonnière et tous ses sous-produits ; la métallurgie et tous ce qui s’y rattache. On substituera aux fours Thomas nécessitant du minerai de fer (que l’Allemagne perd avec la Lorraine et la Haute-Silésie) des fours Siemens-Martin pouvant employer de la ferraille.

Ces Konzerns contrôlent bientôt rigoureusement et sévèrement toute l’économie allemande et s’érigent comme une digue contre laquelle le prolétariat va se casser les reins ; leur développement est accéléré par les investissements de capitaux américains et en partie par les commandes russes. Mais dès ce moment le prolétariat, qui avec 1923 a perdu ses illusions quant à sa puissance politique réelle, va être entraîné dans une lutte décisive. La social-démocratie soutient le capitalisme allemand, démontre que les Konzerns sont des embryons socialistes et prône les contrats collectifs liés à la conciliation, chemin menant vers une démocratie économique. Le P.C. subit sa « bolchevisation » qui, aboutissant au « social-fascisme » coïncidera avec la réalisation des plans quinquennaux en Russie, mais le conduira à jouer un rôle analogue - non identique - à celui de la social-démocratie.

Pourtant, c’est dès cette époque de rationalisation, de constitution de gigantesques Konzerns qu’apparaissent en Allemagne les bases économiques et les nécessités sociales de l’avènement du fascisme en 1933. La concentration accentuée des masses prolétariennes consécutives aux tendances capitalistes, une législation sociale jetée en pâture pour éviter des mouvements révolutionnaires dangereux, mais trop coûteuse, un chômage permanent troublant les rapports sociaux, de lourdes charges extérieures (Réparations) nécessitant des attaques continues contre les salaires déjà fort bas depuis l’inflation. Ce qui appelait surtout la domination du fascisme c’était la menace qu’avait représenté l’après-guerre - et que représentait - le prolétariat - menace dont le capitalisme put se sauver grâce au répit de la social-démocratie mais qui demandait une structure politique correspondante à la concentration disciplinaire effectuée sur le terrain économique. De même que l’unification du Reich fut précédé par une concentration et centralisation industrielles en 1865-67 [2], l’avènement du fascisme fut précédé par une réorganisation hautement impérialiste de l’économie allemande nécessaire pour sauver l’ensemble de la classe acculée par Versailles. Quand on parle aujourd’hui des interventions économiques du fascisme, de « son » économie dirigée, « son » autarcie, on défigure passablement la réalité. Il représente seulement la structure sociale qui au terme d’une évolution économique et sociale était nécessaire au capitalisme. Faire appel au fascisme après 1919, le capitalisme allemand se décomposant lamentablement ne le pouvait, d’autant plus que le prolétariat était là, menaçant. C’est pourquoi le putsch de Kapp est combattu par les fractions du capitalisme comme d’ailleurs par les Alliés qui comprennent l’aide inappréciable des social-traîtres. En Italie, par contre, l’assaut révolutionnaire ne s’effectue pas au milieu d’une décomposition du capitalisme mais d’une conscience de sa faiblesse qui le fait se retirer lors de l’occupation des usines pour remettre son sort entre les mains des socialistes, mais qui lui permet aussi de réagir immédiatement la rafale passée et d’appeler le fascisme.

En somme, toutes les innovations du fascisme, au point de vue économique, résident dans une accentuation de la « disciplinisation » économique, de la liaison de l’État et des grands Konzerns (nomination de commissaires aux diverses branches de l’économie), de la consécration d’une économie de guerre.

La démocratie comme drapeau de la domination capitaliste, ne peut correspondre à une économie acculée par la guerre, secouée par le prolétariat et dont la centralisation est une position de résistance dans l’attente d’un nouveau carnage, une manière de transposer sur le plan mondial ses contrastes internes, d’autant plus qu’elle suppose une certain mobilité dans les rapports économiques et politiques, une faculté de déplacement de groupes et d’individualités qui bien que gravitant autour du maintien des privilèges d’une classe, doit néanmoins donner à toutes les classes la perception d’une élévation possible. Dans la période de développement de l’économie allemande d’après-guerre, les Konzerns liés à l’appareil d’État, exigeant de celui-ci le remboursement des concessions que les batailles ouvrières les obligeaient à consentir, enlevaient toute possibilité de survivance de la démocratie, puisque la perspective n’était pas celle de l’exploitation de colonies aux bénéfices plantureux, mais bien d’une lutte dure et âpre contre Versailles et son système de réparation et pour un droit aux marchés mondiaux. Cette voie était celle de la lutte brutale et violente contre le prolétariat et ici, comme au point de vue économique, le capitalisme allemand montrait le chemin que les autres pays devaient emprunter par de tous autres moyens. Il est évident que sans l’aide du capitalisme mondial, la bourgeoisie allemande ne serait jamais parvenue à réaliser ses objectifs. Pour permettre l’écrasement des ouvriers on dût enlever toutes les étiquettes américaines entravant l’exploitation exclusive des ouvriers par la bourgeoisie allemande ; consentir des moratoires ; finalement enlever la charge des Réparations. Il a aussi fallu l’intervention de l’État Soviétique abandonnant les ouvriers allemands pour ses plans quinquennaux, brouillant leur lutte pour devenir enfin un élément de la victoire fasciste.

Un examen de la situation qui va de 1923 à mars 1933, permet de comprendre que de la Constitution de Weimar à Hitler se déroule un processus d’une continuité parfaite et organique. La défaite des ouvriers se situe après un moment de plein épanouissement de la démocratie bourgeoise et « socialisante » exprimée par Weimar et permet la reconstitution des forces capitalistes. Alors, progressivement l’étau se resserre. Bientôt c’est Hindenburg, en 1925, qui devient le défenseur de cette Constitution et pendant que le capitalisme reconstitue son armature toujours plus, la démocratie devient plus restreinte, s’élargit dans des moments de tension sociale, voit même encore des gouvernements socialistes de coalisation (H. Müller), mais dans la mesure où socialistes et centristes augmentent le désarroi des ouvriers, elle a tendance à disparaître (gouvernement Brüning et ses arrêtés-lois) pour faire place, enfin, au fascisme qui ne rencontrera aucune opposition ouvrière. Entre la démocratie, son plus beau fleuron : Weimar, et le fascisme, auncune opposition ne se manifestera : l’une permettra l’écrasement de la menace révolutionnaire, dispersera le prolétariat, brouillera sa conscience, l’autre au terme de cette évolution sera le talon de fer capitaliste consacrant ce travail, réalisant rigidement l’unité de la société capitaliste sur la base de l’étouffement de toute menace prolétarienne.

Nous ne ferons pas comme ces pédants et littérateurs de tout acabit, qui après coup essayent de « corriger » l’histoire et s’efforcent de trouver une explication des événements de l’Allemagne dans une mauvaise application de telle ou telle autre formulation. Il est évident que le prolétariat allemand ne pouvait vaincre qu’à la seule condition de libérer (par les fractions de gauche) l’I.C. de la néfaste influente dissolvante du centrisme et se regrouper autour de formulations niant toutes les formes de démocratie et du « nationalisme prolétarien » en se raccrochant à ses intérêts et à ses conquêtes. À ce point de vue le « social-fascisme » n’était pas une position allant au delà du marais démocratique puisqu’il n’expliquait pas le déroulement des événements, se contentant de les confondre, mais bien une explication de la scission syndicale faite au nom de l’O.S.R. Aucun front unique démocratique ne pouvait sauver le prolétariat allemand, mais bien une lutte le niant ; mais cette lutte devait être dispersée, dès lors qu’elle se rattachait à un État prolétarien travaillant à la consolidation du monde capitaliste dans son ensemble.

Aussi vrai que l’on pourrait aujourd’hui parler de « fascisation » des États capitalistes aux « démocraties des pleins pouvoirs », il aurait été juste d’en parler au cours de l’évolution capitaliste en Allemagne si par là on entendait caractériser la fonction de la démocratie « peau de chagrin » se rétrécissant graduellement pour aboutir à mars 1933. Dans ce cours historique la démocratie était un élément de poids indispensable et disparu sous les coups fascistes lorsqu’il s’avéra impossible d’étouffer la fermentation des masses sans un autre mouvement de masse. L’Allemagne plus que l’Italie nous montre déjà une transition légale de Von Papen à Schleicher et de ce dernier à Hitler, sous l’égide du défenseur de la Constitution de Weimar : Hindenburg. Mais comme en Italie, la fermentation des masses nécessitait des vagues de masses pour démolir les organisations ouvrières, décimer le mouvement ouvrier. Il est possible que le développement des situations dans nos pays marque encore une certaine progression par rapport à ces expériences et que les démocraties des pleins pouvoirs n’ayant pas en face d’elles des prolétaires ayant livré des assauts révolutionnaires d’envergure, jouissant au surplus de situations privilégiées par rapport à l’Italie et à l’Allemagne (colonies), puissent parallèlement aux interventions disciplinaires dans l’économie, parvenir à étouffer le prolétariat sans devoir balayer totalement les forces traditionnelles de la démocratie qui feront d’ailleurs un effort d’adaptation appréciable (plan de la C.G.T. en France, plan de Man en Belgique).

Le fascisme allemand ne s’explique ni comme classe distincte du capitalisme, ni comme émanation des classes moyennes exaspérées. Il réalise la forme de domination du capitalisme ne parvenant plus, au travers de la démocratie, à relier toutes les classes de la société autour du maintien de ses privilèges. Il n’apporte pas un type nouveau de l’organisation sociale mais une superstructure adéquate à une économie hautement développée et devant détruire politiquement le prolétariat pour anéantir tout effort de correspondance entre les contrastes toujours plus aigus qui déchirent le capitalisme et la conscience révolutionnaire des ouvriers. Le statisticien pourra toujours invoquer la masse importante des petits bourgeois en Allemagne (5 millions pour les intellectuels, fonctionnaires y compris) pour essayer de présenter le fascisme comme « son » mouvement. Il reste que le petit bourgeois, plongé dans une ambiance historique où les forces productives, en l’écrasant et en lui faisant comprendre son impuissance, déterminent une polarisation des antagonismes sociaux autour des principaux acteurs : la bourgeoisie et le prolétariat, n’a même plus la possibilité de balancer de l’un à l’autre, mais instinctivement se dirige vers ceux qui lui garantissent le maintien de sa position hiérarchique sur l’échelle sociale. Au lieu de se dresser contre le capitalisme, le petit bourgeois, salarié au col amidonné ou commerçant, gravite autour d’une carapace sociale qu’il voudrait voir assez solide pour faire régner « l’ordre, le calme » et le respect de sa dignité, en opposition à des luttes ouvrières sans issue, qui l’énervent et brouillent la situation. Mais si le prolétariat se dresse sur ses jambes et passe à l’assaut, le petit bourgeois ne peut que se terrer et accepter l’inévitable. Lorsqu’on présente le fascisme comme le mouvement de la petite bourgeoisie on viole donc la réalité historique en dissimulant le terrain véritable où s’élève celui-ci. Le fascisme canalise tous les contrastes qui mettent en danger le capitalisme et les dirige vers sa consolidation. Il contient le désir de calme du petit bourgeois, l’exaspération du chômeur affamé, la haine aveugle de l’ouvrier désorienté et surtout la volonté capitaliste d’éliminer tout élément de perturbation d’une économie militarisée, de réduire au minimum les frais d’entretien d’une armée de chômeurs permanents.

En Allemagne, le fascisme s’est donc édifié sur la double base des défaites prolétariennes et des nécessités impérieuses d’une économie acculée par une crise économique profonde. C’est sous Brüning, en particulier, qu’il prit son essor, alors que les ouvriers s’avéraient incapables de défendre leurs salaires furieusement attaqués, les chômeurs leurs allocations réduites à coups de décrets-lois. Dans les usines, les chantiers, les nazis créaient leurs cellules d’usine, ne reculèrent pas devant l’emploi de grèves revendicatives, convaincus que, grâces aux socialistes et centristes, celles-ci ne dépasseraient pas les cadres voulus ; et c’est au moment où le prolétariat s’avéra à moitié vaincu, en novembre 1932, avant les élections de Von Papen qui venait de congédier le gouvernement socialiste de Prusse, qu’éclata la grève des Transports en commun à Berlin, dirigée par fascistes et communistes. Cette grève désagrégea le prolétariat berlinois parce que les communistes s’avérèrent déjà incapables d’en chasser les fascistes, de l’élargir, d’en faire le signal d’une lutte révolutionnaire. La désagrégation du prolétariat allemand s’accompagne, d’une part, d’un développement du fascisme retournant les armes ouvrières contre celui-ci ; d’autre part, de mesures d’ordre économique, d’aide croissante au capitalisme. (Rappelons à ce sujet que c’est Von Papen qui adopta les mesures de subvention aux industries occupant des chômeurs avec le droit de diminuer les salaires).

En somme, la victoire de Hitler en mars 1933 n’eut besoin d’aucune violence : c’était le fruit mûri par socialistes et centristes, un résultat normal d’une forme démocratique périmée. La violence n’eut sa raison d’être qu’après l’avènement des fascistes, non en réponse à une attaque prolétarienne, mais pour la prévenir à jamais. De force désagrégée, dispersée, le prolétariat devait devenir élément actif de la consolidation d’une société toute orientée vers la guerre. C’est pourquoi les fascistes ne pouvaient se borner à tolérer des organismes de classes dirigés cependant par des traîtres, mais devaient au contraire extirper la moindre trace de la lutte des classes pour mieux pulvériser les ouvriers et en faire des instruments aveugles des visées impérialistes du capitalisme allemand.

L’année 1933 peut être considérée comme la phase de réalisation systématisée de l’oeuvre de bâillonnement fasciste. Les syndicats sont anéantis et remplacés par les conseils d’entreprises contrôlés par le gouvernement. En janvier 1934 apparaît enfin le sceau juridique de cette oeuvre : la Charte du Travail, qui règlement le problème des salaires, interdit les grèves, institue l’omnipotence des patrons et des commissaires fascistes, réalise la liaison totale de l’économie centralisée avec l’État.

En fait, si le capitalisme italien a mis plusieurs années avant d’accoucher de son « État corporatif », le capitalisme allemand, plus développé, y est arrivé rapidement. L’état retardataire de l’économie italienne, par rapport au Reich, rendit laborieuse l’édification d’une structure sociale comprimant automatiquement tous les sursauts éventuels des ouvriers ; par contre, l’Allemagne possédant une économie du type le plus élevé, passa immédiatement à la disciplinisation des rapports sociaux reliés intimement aux branches de la production contrôlées par des commissaires d’État.

Dans ces conditions, le prolétariat allemand - comme d’ailleurs italien - n’a plus d’existence propre. Pour retrouver une conscience de classe, il devra attendre que les nouvelles situations de demain déchirent la camisole de force que lui a passée le capitalisme. En attendant, l’heure n’est certes pas à clamer quant à d’utopiques possibilités de travail illégal de masses dans les pays fascistes, ce qui a d’ailleurs jeté bien des camarades héroïques entre les mains des bourreaux de Rome ou de Berlin. Il faut considérer les organisations anciennes se réclamant du prolétariat dissoutes par l’emprise des événements capitalistes et passer au travail théorique d’analyse historique, préliminaire pour la reconstruction d’organismes nouveaux pouvant mener le prolétariat vers la victoire, par la critique vivante du passé.

[1] Voir à ce propos le livre du très réactionnaire M. Pierre Musat : « De Marx à Hitler ».

[2] P. Banaerts dans son livre « Les origines de la grande industrie allemande », montre clairement cette phase de formation du capitalisme allemand.

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  35. BILAN 06a : 1er Mai 1934
  36. BILAN 06b : La bourgeoisie française expulse Léon Trotsky
  37. BILAN 06c : Les problèmes du Front Unique
  38. BILAN 06d : Où va l’impérialisme français
  39. BILAN 06e : Parti - Internationale - État / I : La classe et sa signification
  40. BILAN 06f : Une quatrième internationale ou une réplique de la Troisième
  41. BILAN 06g : Salut à la « Verita »
  42. BILAN 06h : Maximo rejoint le front de la contre-révolution centriste
  43. BILAN 06i : Une tragédie de l’émigration italienne
  44. BILAN 07a : Pour le retour de Trotsky en Russie
  45. BILAN 07b : L’Antifascisme, formule de confusion
  46. BILAN 07c : La grève de Verviers
  47. BILAN 07d : Parti - Internationale - État / II : Classe et État
  48. BILAN 07e : Le communisme et la question nationale
  49. BILAN 07f : Une quatrième internationale ou une réplique de la Troisième (2)
  50. BILAN 07g : A propos de Staline et du Stalinisme
  51. BILAN 07h : La catastrophe de Pâturages
  52. BILAN 08a : La Russie soviétique dans le concert des brigands impérialistes
  53. BILAN 08b : La mort de la concentration antifasciste italienne
  54. BILAN 08c : La situation de la classe ouvrière japonaise
  55. BILAN 08d : Une quatrième internationale ou une réplique de la Troisième (3)
  56. BILAN 08e : Parti - Internationale - État / III : Classe et Parti
  57. BILAN 08f : L’arabisation du C.C. du Parti Communiste Syrien
  58. BILAN 08g : A propos de la Sarre
  59. BILAN 09a : Chronique du mois
  60. BILAN 09b : La situation en France (résolution de la C.E.)
  61. BILAN 09c : La chine soviétique
  62. BILAN 09d : Parti - Internationale - État / IV : Parti et Internationale
  63. BILAN 09e : La Campagne pour Thaelmann
  64. BILAN 10a : En marge du front unique
  65. BILAN 10b : L’acte désespéré des mineurs de l’Escarpelle
  66. BILAN 10c : A Constantine : l’impérialisme tire profit du massacre de ses instruments
  67. BILAN 10d : Les événements du 30 juin en Allemagne
  68. BILAN 10e : De l’Internationale 2 et 3/4 à la Deuxième Internationale
  69. BILAN 10f : Crises et cycles dans l’économie du capitalisme agonisant (1ère partie)
  70. BILAN 10g : La Mongolie « Rouge », convoitise de l’impérialisme japonais
  71. BILAN 10h : Mouvement Communiste international - Une résolution de la Ligue des Communistes de Belgique
  72. BILAN 11a : L’Entrée de la Russie dans la S.D.N.
  73. BILAN 11b : Le Syndicat unique et le « procédé de fusion »
  74. BILAN 11c : Comment les réformistes belges torpillent les grèves
  75. BILAN 11d : Les bolcheviks-léninistes entrent dans la S.F.I.O.
  76. BILAN 11e : Les Problèmes de l’Extrême-Orient
  77. BILAN 11f : Les compétitions inter-impérialistes en Chine
  78. BILAN 11g : La Mandchourie
  79. BILAN 11h : Crises et cycles dans l’économie du capitalisme agonisant (2eme partie)
  80. BILAN 11i : Hermann Gorter (sa place dans le mouvement théorique du communisme international)
  81. BILAN 11j : Les Jeunesses léninistes belges récidivent
  82. BILAN 11k : Marcel Cachin a 65 ans
  83. BILAN 12a : À nos lecteurs
  84. BILAN 12b : L’écrasement du prolétariat espagnol
  85. BILAN 12c : Vers un « Parti Unique » en France
  86. BILAN 12d : La prison de la faim - Une grève de mineurs hongrois
  87. BILAN 12e : Le capitalisme français marque un nouveau point
  88. BILAN 12f : Le problème de la Sarre : Non ! Non ! Non !
  89. BILAN 12g : Le problème de la jeunesse
  90. BILAN 12h : Parti - Internationale - État / V : L’État démocratique
  91. BILAN 13a : À propos de la crise ministérielle en France
  92. BILAN 13b : Le problème de la Sarre et la guerre
  93. BILAN 13c : Fascisme - Démocratie : Communisme
  94. BILAN 13d : La comédie de Mussolini : L’État corporatif en Italie
  95. BILAN 13e : Le problème de la jeunesse (2)
  96. BILAN 13g : Des exclusions en Italie
  97. BILAN 13h : Communiqué sur la répression internationale
  98. BILAN 14a : L’assassinat de Kyrov
  99. BILAN 14b : La suppression de la carte de pain en U.R.S.S.
  100. BILAN 14c : La situation en France
  101. BILAN 14d : Le problème des minorités nationales
  102. BILAN 14e : Le problème de la jeunesse (3)
  103. BILAN 14g : À tous nos lecteurs
  104. BILAN 14g : Quand manque un parti de classe... À propos des événements d’Espagne
  105. BILAN 15a : Deux époques : en marge d’un anniversaire
  106. BILAN 15b : Mathias Rakosy
  107. BILAN 15c : L’attentat de Nicolaïev
  108. BILAN 15d : Ce qu’il faut retenir de l’expérience sarroise
  109. BILAN 15e : À nos lecteurs
  110. BILAN 15f : Le problème de la jeunesse (4)
  111. BILAN 15g : Parti - Internationale - État / VI : L’État fasciste
  112. BILAN 15h : Parti et Classe
  113. BILAN 15i : Au sujet de la répression en Russie
  114. BILAN 16a : Le « dernier problème africain » et l’Italie
  115. BILAN 16b : Doumergue, compétence médiocre et maladroite
  116. BILAN 16d : L’écrasement du prolétariat allemand et l’avènement du fascisme
  117. BILAN 16e : La grève générale, expression de la lutte des classes
  118. BILAN 17a : De la Commune de Paris à la Commune Russe
  119. BILAN 17b : La Grèce, champ de manoeuvre des antagonismes inter-impérialistes
  120. BILAN 17e : Le problème de la jeunesse (5)
  121. BILAN 17g : Au sujet de Victor Serge et de Calligaris
  122. BILAN 18a : Premier Mai 1935
  123. BILAN 18c : Parti - Internationale - État / VII : L’État prolétarien
  124. BILAN 18f : Le problème de la jeunesse (6 et fin)
  125. BILAN 19a : Calligaris en Sibérie
  126. BILAN 19b : Lettre au B.P. du Parti Communiste russe Moscou
  127. BILAN 19c : Teresa Reechia
  128. BILAN 19d : Défaite du prolétariat, victoire du capitalisme : De Hitler à Staline, de Staline à Blum
  129. BILAN 19e : Ce qu’a été l’occupation des mines en Belgique
  130. BILAN 19e : Parti - Internationale - État / VII - 2e partie : l’État soviétique
  131. BILAN 19g : Les fondements de la production et de la distribution communistes
  132. BILAN 20a : De la déclaration de Staline à la manifestation du 14 Juillet
  133. BILAN 20b : L’impérialisme italien à la conquête de l’Abyssinie
  134. BILAN 20c : Projet de rapport sur la situation en Italie
  135. BILAN 20d : Calligaris
  136. BILAN 20f : Les fondements de la production et de la distribution communistes (2)
  137. BILAN 21a : Et voici le cas Calligaris
  138. BILAN 21a : Sous le signe du 14 juillet
  139. BILAN 21c : Projet de rapport sur la situation en Italie (suite)
  140. BILAN 21d : La première et la deuxième internationale devant le problème de la guerre
  141. BILAN 21e : Les fondements de la production et de la distribution communistes (3)
  142. BILAN 21f : Parti - Internationale - État / VII - 3e partie : l’État soviétique
  143. BILAN 22a : L’attentat de Beiso
  144. BILAN 22b : L’Italie en Abyssinie
  145. BILAN 22c : Nous, Calligaris et le Centrisme
  146. BILAN 22e : Rapport sur la situation en Italie (suite et fin)
  147. BILAN 22f : Les internationalistes hollandais sur le programme de la révolution prolétarienne
  148. BILAN 22g : Projet de résolution sur le problème des liaisons internationales
  149. BILAN 23a : Manifeste de la Fraction italienne de la Gauche communiste
  150. BILAN 23b : Sur quelle base s’est effectuée l’unité syndicale - Les Mussolini et Hitler de la France démocratique
  151. BILAN 23c : Compte rendu du Congrès de la fraction - Résolutions adoptées
  152. BILAN 23d : Thèses de Rome - Préface de 1928 et première partie
  153. BILAN 23e : En dehors des partis communistes devenus des instruments du capitalisme mondial
  154. BILAN 24a : Vers une consolidation du front capitaliste en France
  155. BILAN 24b : Pendant que réformistes et centristes scellent l’union sacrée, des mineurs anglais font la grève au fond des puits
  156. BILAN 24c : La résolution du Congrès des Italiens de Bruxelles
  157. BILAN 24d : La motion présentée par la fraction au Congrès des Italiens
  158. Bilan 24e : La tension de la situation italienne et internationale
  159. BILAN 24f : Le déroulement de l’aventure africaine
  160. BILAN 24g : La fraction dans les partis socialistes de la seconde internationale
  161. BILAN 24h : Thèses de Rome - Deuxième partie
  162. BILAN 24i : Lettre du camarade Soep
  163. BILAN 25a : Un mois après l’application des sanctions
  164. BILAN 25b : À la confusion des problèmes monétaires les ouvriers français opposeront leur front de classe
  165. BILAN 25c : Les réfugiés italiens dans la Russie Soviétique
  166. BILAN 25d : Les Centristes escomptent la condamnation de Beiso
  167. BILAN 25e : L’unité syndicale et les fractions
  168. BILAN 25f : Le nouveau bond de l’impérialisme japonais dans la Chine du nord
  169. BILAN 25g : À nos lecteurs
  170. BILAN 25h : Parti - Internationale - État / VII - 4e partie : l’État soviétique
  171. BILAN 25i : Mouvement ouvrier international
  172. BILAN 25j : Staline et le Bolchevisme
  173. BILAN 25k : Thèses de Rome - Troisième partie
  174. BILAN 26a : La réconciliation des français et l’Unité Syndicale
  175. BILAN 26b : La situation en Allemagne : L’exécution de R. Claus
  176. BILAN 26c : Sur le chemin du capitalisme - Le Stakhanovisme en Russie
  177. BILAN 26d : La situation actuelle en Italie, pivot de la situation internationale
  178. BILAN 26e : La situation en Amérique du Sud
  179. BILAN 26f : Parti - Internationale - État / VII - 5e partie : l’État soviétique
  180. BILAN 26g : L’échec des premières discussions avec le groupe « Communist Class Struggle »
  181. BILAN 26h : En marge des Thèses de Rome
  182. BILAN 27a : Quels sont les héritiers de Lénine, Luxemburg, Liebknecht ?
  183. BILAN 27b : Comment, dans la Russie des Soviets, on assassine la camarade Mariottini
  184. BILAN 27c : L’évolution de la situation italienne
  185. BILAN 27d : Le problème du Pacifique et la faillite de la Conférence de Londres
  186. BILAN 27e : Quinze années après Livourne
  187. BILAN 27f : L’écrasement du prolétariat français et ses enseignements internationaux (1)
  188. BILAN 27g : Petrini
  189. BILAN 28a : M. Albert Sarraut, symbole de la cohérence capitaliste
  190. BILAN 28b : Wupperwald et Neukölln
  191. BILAN 28c : L’impudence et les faux de M. Germanetto
  192. BILAN 28d : Le Japon devant la guerre impérialiste
  193. BILAN 28e : Le « Front Populaire » triomphe en Espagne
  194. BILAN 28f : L’écrasement du prolétariat français et ses enseignements internationaux (2)
  195. BILAN 28g : Problèmes de la période de transition (partie 1)
  196. BILAN 28h : Dans la Fraction - Un peu de clarté s’il vous plait
  197. BILAN 28i : Dans la Fraction - À la recherche d’une clarification ?
  198. BILAN 29a : La course vers la guerre
  199. BILAN 29b : Pour le 65e Anniversaire de la Commune de Paris
  200. BILAN 29c : Au sujet du cas Mariottini
  201. BILAN 29d : Une réponse de Gatto Mammone
  202. BILAN 29e : Au sujet des problèmes du parti et de la tactique
  203. BILAN 29f : L’écrasement du prolétariat français et ses enseignements internationaux - Suite et fin
  204. BILAN 29g : Dans la Fraction. Un article de discussion de Gatto Mammone
  205. BILAN 30a : Premier Mai 1936 (Manifeste de la Fraction italienne de la gauche communiste)
  206. BILAN 30b : Le Front international de la répression capitaliste
  207. BILAN 30c : Le prolétariat italien est-il absent ?
  208. BILAN 30d : Premier Mai ( À propos de Calligaris )
  209. BILAN 30e : Les traîtres à l’œuvre
  210. BILAN 30f : Le mouvement ouvrier devant le problème de la guerre
  211. BILAN 30g : De l’Union Sacrée à Zimmerwald - La dernière semaine
  212. BILAN 30h : Quelques brèves nouvelles
  213. BILAN 31a : La victoire du Front Populaire en France
  214. BILAN 31b : Après les élections en Belgique
  215. BILAN 31c : La victoire de l’impérialisme italien ouvre-t-elle un nouveau cours de la révolution mondiale ?
  216. BILAN 31d : Le conflit Arabo-Juif en Palestine (première partie)
  217. BILAN 31e : « De l’Union Sacrée à Zimmerwald » par A. Rosmer
  218. BILAN 31f : Les traîtres à l’œuvre
  219. BILAN 31g : Problèmes de la période de transition (partie 2)
  220. BILAN 31h : Calligaris toujours déporté en Sibérie, sauvons-le !
  221. BILAN 31i : Victor Serge hors des griffes du centrisme
  222. BILAN 32a : La Société des Nations continue
  223. BILAN 32b : Beiso n’a pas été acquitté
  224. BILAN 32c : Ce que fut la Conférence du Droit d’Asile de Paris
  225. BILAN 32d : Le prolétariat français a répondu au Front Populaire
  226. BILAN 32e : La rafale gréviste en Belgique
  227. BILAN 32f : Le conflit Arabo-Juif en Palestine (suite et fin)
  228. BILAN 32g : Mouvement ouvrier international
  229. BILAN 33a : En Espagne — Bourgeoisie contre Prolétariat
  230. BILAN 33b : Francisco Ascaso
  231. BILAN 33c : Adieu Zanasi
  232. BILAN 33d : Nature et évolution de la Révolution russe
  233. BILAN 33e : De l’Union Sacrée à Zimmerwald - Conclusion (Alfred Rosmer)
  234. BILAN 33f : Errata sur « La rafale gréviste en Belgique »
  235. BILAN 34a : Communiqué de la Commission exécutive
  236. BILAN 34b : Au front impérialiste du massacre des ouvriers espagnols il faut opposer le front de classe du prolétariat international
  237. BILAN 34c : La boucherie de Moscou
  238. BILAN 34d : Démocratie formelle et démocratie socialiste
  239. BILAN 34e : De l’Union sacrée à Zimmerwald
  240. BILAN 34f : Problèmes de la période de transition (partie 3)
  241. BILAN 34g : Staline dépasse Mussolini
  242. BILAN 35a : L’abattoir des prolétaires en Espagne
  243. BILAN 35b : Le ventre du capitalisme français orné des plumes du paon socialiste
  244. BILAN 35c : La crise dans la Fraction — Communiqué de la CE
  245. BILAN 35d : La tragédie espagnole
  246. BILAN 35e : La révolution espagnole
  247. BILAN 35f : Les problèmes de la période de transition (partie 4)
  248. BILAN 35g : Nature et évolution de la Révolution russe : Réponse au camarade Hennaut
  249. BILAN 35h : La crise dans la Fraction — Communiqué du comité de coordination
  250. BILAN 36a : La consigne de l’heure : ne pas trahir
  251. BILAN 36b : Octobre 1917 - Octobre 1936
  252. BILAN 36c : Mario di Leone
  253. BILAN 36e : L’isolement de notre fraction devant les événements d’Espagne
  254. BILAN 36f : La crise de la Fraction - Communiqué de la Commission Exécutive
  255. BILAN 36g : Documents de la minorité
  256. BILAN 37a : La réalité d’un « gouvernement de façade »
  257. BILAN 37b : Mario de Leone est mort
  258. BILAN 37c : Salut du groupe de Marseille
  259. BILAN 37d : Salut du groupe de la minorité de Barcelone
  260. BILAN 37e : L’ « autre » aspect de la domination capitaliste. La « Démocratie » en fonction aux États Unis
  261. BILAN 37f : La bourgeoisie renverra-t-elle Blum ?
  262. BILAN 37g : Problèmes de la période de transition (partie 5)
  263. BILAN 37h : Nouveaux assassinats : Nouvelle Constitution en Russie
  264. BILAN 37i : La crise de la fraction - Ordre du jour de la Commission Exécutive
  265. BILAN 38a : Le capitalisme français n’a pas renvoyé Blum
  266. BILAN 38b : Trotski pourra-t-il rester au Mexique ?
  267. BILAN 38f : Problèmes de la période de transition (partie 6 - fin)
  268. BILAN 39a : Le procès de Moscou
  269. BILAN 39b : Le prolétariat français doit briser l’Union Sacrée
  270. BILAN 39c : Lénine - Luxemburg - Liebknecht
  271. BILAN 39d : À propos d’un anniversaire
  272. BILAN 39e : Sous le signe de la constitution « la plus démocratique du monde » on extermine en URSS la génération d’Octobre
  273. BILAN 39f : Nos divergences avec le camarade Hennaut
  274. BILAN 39g : Le Marxisme n’est pas de la littérature Camarade Victor Serge !
  275. BILAN 39h : Que faire ? Retourner au Parti Communiste, Messieurs !
  276. BILAN 40a : Premier Mai 1937
  277. BILAN 40b : La France « libre, forte et heureuse » assassine les prolétaires
  278. BILAN 41a : Plomb, Mitraille, Prison
  279. BILAN 41b : Quand les bourreaux parlent... Le discours de Staline
  280. BILAN 41f : Antonio Gramsci - Camillo Berneri
  281. BILAN 41g : Bilan en danger - La vie de Bilan
  282. BILAN 42a : La répression en Espagne et en Russie
  283. BILAN 42f : Antonio Gramsci
  284. BILAN 43a : Pour la solidarité de classe à toutes les victimes de la guerre d’Espagne
  285. BILAN 43b : Du travail et du pain
  286. BILAN 43c : Andrés Nin assassiné ?
  287. BILAN 43d : Les bourreaux soviétiques à l’oeuvre
  288. BILAN 43e : À propos de quelques élucubrations trotskistes
  289. BILAN 43f : Le Comité national de la C.G.T.
  290. BILAN 43g : L’évolution des évènements d’Espagne
  291. BILAN 43h : Le Front Populaire
  292. BILAN 43i : Pour le Bureau International des fractions communistes de gauche
  293. BILAN 43j : L’impérialisme japonais à la conquête de la Chine
  294. BILAN 43k : Documentation internationale
  295. BILAN 43l : La vie de Bilan
  296. BILAN 44a : Lettre ouverte au Centre pour la IVe Internationale et au Parti Socialiste Révolutionnaire de Belgique
  297. BILAN 44b : À bas le carnage impérialiste en Chine
  298. BILAN 44c : Le capitalisme passe à l’attaque « La France aux Français »
  299. BILAN 44d : La guerre impérialiste d’Espagne et le massacre des mineurs asturiens
  300. BILAN 44e : Le monde arabe en ébullition
  301. BILAN 44f : Marxisme et Dogmatisme
  302. BILAN 44g : Et Calligaris ?
  303. BILAN 45a : Pour le XXème anniversaire de la Révolution d’Octobre
  304. BILAN 45b : Le front populaire continue
  305. BILAN 45c : Le droit au soulèvement armé
  306. BILAN 46a : "Bilan" disparaît
  307. BILAN 46e : Un grand renégat à la queue de paon : Léon Trotsky
  308. BILAN 46g : Écho à l’étude de la période de transition
  309. BILAN 46h : "Octobre" bulletin mensuel du Bureau International des Fractions de Gauche