AccueilPublicationsBilan (1933-1938)
Dernière mise à jour :
dimanche 23 avril 2017
   
Brèves
« Lutte de Classe » (GLAT) - Série complète !
samedi 27 octobre
La couverture chronologique de la revue du GLAT, Lutte de Classe, a été considérablement étendue (premier numéro de mars 1964) et comprend maintenant un renvoi sur une version numérisée des 128 numéros !
Cahiers du Communisme de Conseils - Série complète !
vendredi 26 octobre
Les trois numéros manquant (1, 2 & 5) sont maintenant disponibles dans les sommaires de la revue des Cahiers du Communisme de Conseils. Que les volontaires pour les transcriptions n’hésitent pas à se signaler... En attendant, bonne lecture !
Premiers scans des Cahiers du Communisme de Conseil
dimanche 5 août
Neuf des douze numéros de la revue des Cahiers du Communisme de Conseil (1968-1972) sont maintenant accessible en version numérique au travers du sommaire général.
Derniers numéros de la revue Communisme
dimanche 5 août
Les numéros 6, 8, 9 et 15 qui manquaient jusque là ont été ajoutés au sommaire général de la revue « Communisme » (1937-1939). Bonnes lectures !
Mise à jour sommaires GLAT
samedi 11 février
Le sommaire général de la revue du GLAT, Lutte de Classe vient d’être encore étendu. Merci de signaler manques ou corrections.
Sur le Web
Controverses
Revue publiée par le Forum de la Gauche Communiste Internationaliste : C’est pour contribuer à déblayer la voie vers la clarification et le regroupement sur des bases théoriques, politiques et organisationnelles saines que Controverses a vu le jour. En d’autres termes, tout en tenant compte du changement de période qui n’est plus au reflux mais à la reprise historique des combats de classes, notre objectif essentiel est de reprendre ce qui était le souci de Bilan mais qu’il n’a pu mener complètement à bien compte-tenu des conditions d’alors : « ...une critique intense qui visait à rétablir les notions du marxisme dans tous les domaines de la connaissance, de l’économie, de la tactique, de l’organisation », et ce sans « aucun dogme », sans « aucun interdit non plus qu’aucun ostracisme », et « par le souci de déterminer une saine polémique politique ». Ceci est plus que jamais indispensable afin de réussir un nouvel « Octobre 17 » sous peine de se retrouver comme ces « vieux bolcheviks ... qui répètent stupidement une formule apprise par cœur, au lieu d’étudier ce qu’il y avait d’original dans la réalité nouvelle. (extrait de l’éditorial du n°1)
Gavroche - La revue
Le premier numéro de la revue trimestrielle Gavroche est sorti en décembre 1981. Il prenait la suite du Peuple français, belle aventure éditoriale des années soixante-dix. Depuis plus de 20 ans, la revue s’attache à la retranscription des fêtes, des travaux, des luttes et des joies du principal acteur de l’histoire : le peuple. Gavroche fait aussi resurgir des événements jusque-là ignorés ou passés volontairement sous silence.
L’Echo de la Fabrique
Le journal des chefs d’ateliers et ouvriers de la soie à Lyon, hebdomadaire phare de la presse ouvrière, paraît d’octobre 1831 à mai 1834. Ce site en donne à lire l’intégrale des articles, suite à un remarquable travail empreint d’une grande rigueur scientifique. Indispensable pour l’étude des insurrections des canuts de 1831 et 1834.
La Révolution prolétarienne
Revue fondée par Pierre Monatte en 1925. Le site publie un grand nombre d’articles de la période "historique". La publication se poursuit...
La Bataille socialiste
Site de ressources documentaires sur le patrimoine socialiste. Suit l’actualité des parutions, publie certains articles en ligne et propose des documents concernant le mouvement ouvrier de la première moitié du XXe siècle principalement.
BILAN 16e : La grève générale, expression de la lutte des classes
Février - Mars 1935 / pp. 555 - 560
29 janvier 2009 par eric

Actuellement, la formule de grève générale reçoit autant d’interprétations différentes qu’il y a de courants politiques se réclamant de la classe ouvrière. Pour les uns, elle représente un fusil chargé de la défense des libertés constitutionnelles, de la démocratie ; pour les autres, c’est le moyen infaillible de mettre au pouvoir des gouvernements socialistes ; et , enfin, pour les derniers, c’est l’arme qui va permettre l’instauration « des conseils ouvriers et paysans ». Comme on voit, la plus pure fantaisie se déchaîne autour d’un phénomène qui contiendrait d’avance ou créerait « spontanément » les conditions favorables pour la lutte prolétarienne.

Il est grand temps de substituer aux fadaises des charlatans, à la déformation de la réalité où s’épanouit la lutte des classes, une analyse qui au delà des mots, vise à atteindre le contenu des choses, qui à la place de formules démagogiques, marque la fonction des traîtres et des opportunistes, essaye d’aboutir à des positions condensant l’expérience du passé, les nécessités actuelles et de demain, des masses exploitées.

Avant toute chose, il convient de préciser la notion suivante : la lutte des classes suit un cours qui résulte, d’une part de la maturation des antagonismes économiques et sociaux, d’autre part de la conscience historique des classes opposées. Une fois admises les circonstances générales qui déterminent les positions des protagonistes de l’histoire, on ne peut se borner à être chaque fois « pour » ou « contre », puisqu’il faut forcément admettre que, très souvent, le prolétariat dévoyé de son chemin par les forces qui agissent au nom du capitalisme, glisse vers des actes désespérés, des sursauts ultimes que le marxiste expliquera en fonction du rétablissement des véritables fondements pour la victoire communiste. Puisque les phénomènes de la lutte de classes ne se dérouleront jamais en « ligne droite », mais suivant le rapport des forces en présence, la conscience de la classe révolutionnaire, la maturation des contrastes économiques apparaît inévitablement avec des hauts et des bas, des élans victorieux ou dévoyés des masses, des actes individuels, des grèves de confusion et de désespoir. Nous n’inventons pas les conditions et manifestations de la lutte des classes, mais essayons seulement de pousser à terme les contrastes qu’elles expriment, en recherchant les meilleures bases pour la lutte du prolétariat.

C’est ici qu’apparaît le problème de la grève générale. Il est évident qu’il ne s’agit pas, pour le marxiste, de rechercher une « recette » qui dispensera de l’analyse des événements parce que contenant d’avance leur solution. La grève générale, pas plus que d’autres manifestations, ne contient la base historique pour l’assaut révolutionnaire. Elle peut exprimer un moment de l’éveil de la conscience des masses, mais cette conscience est donnée par le parti d’avant-garde. Elle est une forme de la lutte, mais ne donne pas encore son contenu. Ce dernier résulte de la période générale qui limite le duel des classes, de la faculté d’intervention consciente des communistes. Chaque événement contient une multiplicité contradictoire d’éléments qui se déversent sous l’action des classes dans l’un ou l’autre sens. Une grève générale sans direction consciente, c’est une explosion de l’antagonisme des classes où l’action prolétarienne ressemble à un navire sans gouvernail.

Contre les anarchistes à la Bakounine inventant des « fabriques de révolutions en Espagne », les marxistes ont opposé la nécessité de forger une conscience prolétarienne qui puisse féconder les événements ; contre les opportunistes canalisant cette conscience vers les marais du parlementarisme, Rosa Luxemburg et les gauches de la IIe Internationale ont démontré que la phase impérialiste du capitalisme faisait surgir des antagonismes où cette conscience devait se déverser pour secouer la structure du capitalisme par des mouvements économiques, politiques : des mouvements de masses. À la conception anarchiste de la « grève générale » signal de la Révolution, Rosa Luxemburg substitua un cours de maturation des antagonismes sociaux qui, loin d’être étouffés par le parlementarisme, devaient inévitablement se heurter à lui, être accélérés et dirigés par le parti révolutionnaire. Et, à ce propos, il convient de remarquer que l’on a sensiblement exagéré les divergences entre Lénine et Rosa au sujet de la spontanéité des masses. Il est évident que, de même que les expériences de Pasteur ont permis d’éliminer la théorie de la génération spontanée de la biologie, la méthode marxiste a éliminé cet élément de l’histoire. Rien n’est spontané, pour autant que notre compréhension des événements est suffisante.

Chez Rosa, ce que l’on appela sa théorie de la « spontanéité », ce fut plutôt son espérance de voir les masses, étouffées par le réformisme, parvenir, au travers de l’explosion des événements, vers une conscience révolutionnaire. Une étude attentive de sa brochure sur « La grève de masse, parti et syndicats », qui représente, en même temps qu’un exposé systématique du problème de la grève générale, une analyse de la révolution russe de 1905 - permet d’ailleurs de se rendre compte que, par « spontanéité », Rosa entend le terme d’une série de facteurs sociaux, économiques et politiques. Aussi, dans cette brochure elle dira : « L’occasion prochaine du mouvement fut toute fortuite et même accessoire : son explosion fut spontanée. Mais dans la réalisation du mouvement se montrèrent les fruits de l’agitation menée pendant plusieurs années par la démocratie socialiste : au cours de la grève générale, les propagandistes social-démocrates restèrent à la tête du mouvement, le dirigèrent et l’utilisèrent pour une vive agitation révolutionnaire ».

Actuellement, après les expériences de l’après-guerre, il est clair que seulement un parti révolutionnaire soudé à sa classe par un système de principes, une vision réelle des situations, peut représenter l’élément déclenchant la bataille, mettant en branle vers une direction historique donnée tous les antagonismes hautement mûris par le choc des classes. Pris dans la tourmente des événements, dépourvu de parti ayant préalablement préparé sa base d’action, le prolétariat exprimera confusément ses aspirations, se dressera menaçant pour s’effondrer bien vite ou se fera massacrer par un capitalisme impitoyable.

La « spontanéité » des masses, dans son sens vulgaire, c’est l’explosion de contrastes de classe où est absent le parti. De pareilles situations se sont présentées et se présenteront encore. Cependant, il est certain qu’il ne s’agit pas d’idéaliser notre faiblesse ou notre incapacité, mais de tendre à transformer cet état de faits en conscience agissante, de jeter parmi les ouvriers les germes qui vont s’exprimer dans leurs luttes : de primitives, les élever jusqu’à la vision de la révolution.

* * *

Quand on parle de grève générale, les réformistes invoques une série d’éléments qui, apparemment, paraissent fondés. Tout d’abord, ils reprennent le vieil argument de W. Liebknecht contre Domela Nieuwenhuis : le problème de la caisse ; ensuite, ils relient grève générale à émeutes révolutionnaires, ce qui, pour eux, est synonyme de répression ; et, enfin, ils démontrent l’impossibilité d’entraîner les services publics - y compris les cheminots - ce qui rend la victoire impossible. La grève générale serait un moyen pour constituer un « Gouvernement ouvrier-paysan » en France, en Belgique ou pour porter au pouvoir la social-démocratie.

Au fond, ces deux conceptions se rejoignent, bien qu’elles partent d’un point de vue opposé. En effet, avant tout, chaque grève - aussi réduite soit-elle - est l’expression d’un rapport de force entre classes antagonistes. Mais quand nous disons « rapport de force », il n’intervient pas seulement un élément de violence, mais aussi de conscience. Ce qui donne sa cohésion au prolétariat une fois en branle, c’est précisément ce ciment inspirant à sa force une direction vers où porter ses coups. Avant la guerre, dans les pays démocratiques, le mécanisme économique du capitalisme ascendant tolérait des poussées du prolétariat pour le relèvement des salaires, car au point de vue économique elles correspondaient à son essor et, au point de vue politique, elles s’exprimaient par un renforcement de la corruption de la social-démocratie. Le rapport des forces - malgré les succès des grèves économiques - était donc défavorable pour une attaque générale contre le capitalisme. C’est d’ailleurs pourquoi les grèves générales de 1902, de 1913 en Belgique devaient échouer : le P.O.B. transposant ces luttes sur le terrain parlementaire, brouillant la signification d’une révolte arrivant au terme de remous sociaux, par sa stricte limitation aux revendications du suffrage universel. Les enseignements tirés par R. Luxemburg des grèves belges, de la Révolution de 1905, devaient donc porter sur la critique que l’embourbement parlementaire de la social-démocratie, enlevant toute perspective historique aux mouvements des masses.

Quand les réformistes invoquent, aujourd’hui, leurs arguments « positifs » et « matériels », ils sont évidemment dans leur rôle, puisqu’incorporés à un régime dont ils assument ainsi la défense. Pour les marxistes, ce qui importe, c’est l’appréciation des contrastes qui mûrissent dans les rapports sociaux, la lutte pour les aggraver car, par ce chemin, le prolétariat acquiert conscience de sa force, désarticule, par le bas et par le haut, la structure répressive du capitalisme, disloque les rapports de production, mais tout cela, s’il a à sa tête un guide, une conscience : un parti. Au point de vue des finances, des moyens matériels, le capitalisme ne peut être combattu par le prolétariat. C’est seulement en se dressant pour déterminer un effondrement économique et politique de la bourgeoisie qu’il y parvient. Mais, pour y arriver, il faut que les circonstances s’y prêtent, qu’il se heurte aux réformistes, qu’ils puisse acquérir une faculté de mouvement que le capitalisme ne peut plus lui permettre actuellement.

Dans la phase actuelle qui évolue encore à l’ombre de l’assaut révolutionnaire de l’après-guerre, la décadence de l’économie capitaliste, acculée par ses propres contrastes, ne peut plus tolérer de grèves économiques qui, en donnant aux ouvriers une faculté de mouvement, vont leur permettre de déverser une situation, qui est chaque jour plus misérable, dans un élan de masse qui pourrait poser les bases de développement d’un parti, puisqu’actuellement l’éclosion de conflits ne peut se faire que malgré socialistes et centristes. L’effort révolutionnaire doit ainsi porter vers une lutte dépassant la résistance féroce, inspirée par l’instinct de conservation du capitalisme, afin de donner conscience aux ouvriers des possibilités réelles de combat, de la nécessité de saisir ces possibilités. L’effort doit tendre à renforcer l’ouvrier à l’usine et non inversement à diriger ses regards vers des gouvernements socialistes (de nom) et réactionnaires dans le fond. Non par « économisme », mais parce que le seul programme gouvernemental des communistes est la dictature du prolétariat et que les conditions de sa préparation, de sa réalisation, résident dans une accentuation des luttes des classes portant l’ouvrier de la lutte à l’usine, aux manifestations de rue et vers la bataille armée.

Demander aux ouvriers de faire la grève générale pour des gouvernements de traîtres, c’est demander au prolétariat de confier la solution des conflits de classe à l’ennemi et non élever sa conscience à la hauteur des antagonismes qui déchirent la société actuelle. C’est pourquoi réformistes qui « réservent » (nous verrons plus loin comment) la grève générale pour la défense de la Constitution et « trotskistes » qui la désirent pour permettre, au nom d’une malencontreuse théorie de l’expérience, l’égarement de la volonté de lutte des ouvriers, se rencontrent bien malgré eux. Quant aux centristes, leurs culbutes les obligent, ici comme ailleurs, à disperser, énerver, les mouvements ouvriers, car leurs perspectives concernant les grèves partielles, le déclenchement de grèves générales au moment du recul des ouvriers (Allemagne) ont tout autant de résultats que la politique du réformisme à ce sujet.

Pour le centriste, il faut déclencher des conflits partiels qu’il s’agira de faire traîner jusqu’à l’usure des ouvriers. Ainsi en fut-il, l’année dernière, avec les conflits du Textile dans le Nord de la France. Pourtant, il est clair que si des conflits parties peuvent donner le signal d’une bataille plus générale, ils peuvent aussi bien ne pas le donner. La solidarité de l’ensemble du capitalisme (qui n’est que l’expression d’une coordination de son mécanisme économique en vue d’une plus grande résistance à la crise et pour la préparation de la guerre) s’exprime aujourd’hui autour de chaque secteur menacé ; non seulement par l’appui financier au patron en lutte, l’entrée en jeu de forces répressives, mais par la mobilisation du réformisme démoralisant les ouvriers, freinant l’élargissement de chaque bataille de classe. Dans ces conditions, chaque conflit partiel qui n’est pas dirigé vers l’alerte au prolétariat afin qu’il se mette en branle et balaye le réformisme, au travers de la lutte contre le capitalisme, démoralise les ouvriers. La grève partielle, non comme mouvement d’usure, mais d’alerte ; s’élargissant si possible, ou bien de courte durée pour resurgir autre part, jusqu’à ce que le prolétariat ressente la nécessité de se mettre en branle. Voilà la position communiste ! Mais cette position se distingue des cris peureux des socialistes, du galimatias trotskiste et des misérables aventures du centrisme, par des considérations qui sont à mille lieux de la proclamation de la formule abstraite de « grève générale ».

Toute la situation actuelle peut être condensée dans le dilemme suivant : ou le prolétariat parvient à atteindre une cohérence dirigée vers la bataille révolutionnaire, ou il disparaît au sein d’une société qui est entraînée vers la guerre impérialiste. Même si les termes de ce dilemme sont déjà préjugés par les événements - ce que nous croyons - cette direction subsiste pour les communistes, qui y forgeront les armes pour demain. La grève générale apparaît ici comme un élément de reconstruction de cette cohésion qui est seulement possible si elle exprime en même temps la conscience des ouvriers rejetant l’influence des forces sociales de l’ennemi. Pour cette raison, les communistes prennent pour terrain d’action les syndicats qui offrent les possibilités voulues du regroupement des ouvriers et de la lutte contre les forces contre-révolutionnaires qui minent ceux-ci. Dans les syndicats, autour d’eux, leurs effort tendent à faire converger les luttes partielles, les manifestations ouvrières, vers une conscience nette des difficultés et des possibilités des situations afin de transmettre dans l’ensemble du prolétariat les germes que l’éclosion des batailles développeront. Ils revendiquent la grève générale en connexion avec ce travail et en vue d’objectifs rattachés aux intérêts de classe du prolétariat, en sachant sérieusement que ses limites seront données par la maturité des antagonismes et la capacité du prolétariat à acquérir une conscience de ses tâches grâce à son parti. Ils ne « poussent » pas les socialistes à déclencher la grève, mais proclament que, puisque les conditions en font une question vitale pour le prolétariat, il y a lieu d’y recourir bien qu’ils sachent que les socialistes la mèneront à sa perte. La délimitation des responsabilités est ici essentielle : le mouvement gréviste n’étant rien en soi, mais valant par la conscience qu’il exprime, nous ne pourrons que proclamer la nécessité du combat inspiré par les communistes. Départager les responsabilités, tout en marchant discipliné à la lutte (même si les syndicats sont dirigés par les réformistes) permettra une lutte indépendante pour la direction du mouvement et la liquidation des réformistes qui doivent, de par leur nature, s’opposer à toute tentative de lutte acquérant un certain degré de conscience.

Il est possible que la destruction légale ou non des syndicats fasse surgir d’autres organes de concentration des masses. Mais, là aussi, le problème restera posé : pour que la lutte aboutisse, il faut une direction communiste et pour qu’elle corresponde à l’élévation de la compréhension ouvrière, il faut qu’aucune compromission ne puisse être établie avec les traîtres.

La lutte dans les syndicats réformistes (ou pour l’unité syndicale basée sur un programme de revendications) n’est donc qu’un élément de poids pour accélérer l’éclosion de mouvements que l’on étouffe chaque jour, une tentative de desserrer l’emprise des ennemis du prolétariat. Dans ce sens, les communistes essaient de faire de la grève générale non seulement un mouvement qui ripostera aux attaques capitalistes, redonnera sa cohésion au prolétariat, mais qui paralysera le réformisme en préparant ainsi les conditions pour une bataille plus grandiose.

Mais les expériences de ces dernières années montrent clairement que le travail des socialistes et centristes est parvenu à impuissanter toute explosion de grève révolutionnaire, à en faire des manifestations favorables au capitalisme duquel on empruntera le drapeau démocratique.

Les grèves générales de février en Autriche, en France, d’octobre en Espagne, méritent à ce titre d’être examinées.

Pour l’Autriche, O. Bauer a écrit une brochure sur « L’insurrection des travailleurs autrichiens » où il conte comment l’austro-marxisme a aidé Dolfuss à casser les reins au mouvement prolétarien. Déjà en mars 1933 quand, à la suite d’une grève d’une heure des cheminots, le gouvernement eut renvoyé une masse de ceux-ci, la social-démocratie, devant l’effervescence des ouvriers, transposa le conflit sur le terrain du parlement afin d’empêcher toute grève générale. D’ailleurs, un Congrès socialiste avait décidé de proclamer la grève générale seulement dans les circonstances suivantes :
1° Si le gouvernement octroyait illégalement et inconstitutionnellement une Constitution fasciste.
2° Si le gouvernement destituait illégalement et inconstitutionnellement l’administration de Vienne-la-Rouge.
3° Si le gouvernement dissolvait le Parti.
4° Si les syndicats étaient dissous ou synchronisés.

De mars 1933 à février 1934, l’austro-marxisme tint le prolétariat en haleine avec sa démagogie, faisant découler la riposte ouvrière de mesures gouvernementales « antidémocratiques ». En permettant la militarisation des cheminots abandonnés par eux ; en permettant des attaques particulièrement graves contre les salaires et les allocations (ce fait est signalé sans pudeur par O. Bauer), il permit, parallèlement à la débandade d’une partie du prolétariat, le renforcement de l’appareil étatique de répression. Dans ces conditions, provoqué par l’offensive du gouvernement, le sursaut de février 1934 ne paralysa pas le capitalisme ; la grève générale fut fugitive et sans grand succès et la lutte héroïque des ouvriers autrichiens fut écrasée sans qu’apparaisse une conscience nette de la trahison socialiste.

Encore une fois, il ne s’agit pas d’être « pour » ou « contre » une bataille exprimant le désespoir de l’inconscience où l’austro-marxisme plongea les ouvriers. La grève générale contint, ici, toute la faiblesse du prolétariat et, avant de pouvoir s’étendre et prendre le capitalisme à la gorge, du se modifier en lutte armée où seule marcha une partie héroïque des ouvriers. Il faut se borner à expliquer ces événements en démontrant qu’une grève générale doit reposer sur une base de classe pour pouvoir s’élever e qu’en Autriche, en la liant à la Constitution, on en faisait un simple mot démagogique à contenu capitaliste, donc sans perspective. Déclenchée malgré les socialistes, qui s’y collèrent par la suite, la grève générale exprima l’extrême faiblesse d’un prolétariat dévoyé de sa route historique par les traîtres en même temps que l’état avancé de sa dissolution au sein du régime capitaliste. Au lieu de parachever une série de mouvements, de conflits, mettant en branle toute la classe se dressant pour désarticuler l’étau capitaliste, acquérant la conscience de ses tâches et y puisant le courage de passer à la lutte armée, février en Autriche fut « spontané » en ce sens que la conscience communiste manqua alors que s’exprima une poussée primitive, brouillée d’ailleurs par les vociférations démocratiques des socialistes.

En France, les circonstances furent autres, mais là aussi la grève générale du 24 février se déversa, en fin de compte, vers un renforcement de la bourgeoisie « démocratique ». La riposte ouvrière contenait la maturation des attaques capitalistes se déclenchant sous les gouvernements radicaux-socialistes et atteignant ouvriers et fonctionnaires, mais reçut une conscience étouffant sa signification. Plus clairement que l’Autriche, l’on peut constater ici que « livrée à ses seules forces, la classe ouvrière ne peut arriver qu’à la conscience trade-unioniste, c’est-à-dire à la conviction qu’il faut s’unir en syndicats, mener la lutte contre les patrons, obtenir du gouvernement telle ou telle réforme ouvrière » (Lénine) et l’on peut ajouter, pour notre époque, que les ripostes primitives des ouvriers sont nécessairement falsifiées, détournées de leur véritable chemin, lorsque de l’extérieur surgit la conscience des socialistes ou des centristes canalisant celles-ci et non une conscience communiste leur donnant une signification véritable. La grève générale du 12 pouvait donner au prolétariat français une force nouvelle seulement à la condition d’épanouir un accroissement des maturations de classe avec une conscience révolutionnaire. De même, elle ne pouvait jeter les base pour la constitution d’un noyau communiste, le parti de demain, qu’à la condition d’en retirer des enseignements pour donner aux ouvriers une base idéologique sérieuse. Dans ce sens, plutôt que d’être une expression de la puissance prolétarienne, elle fut le signe de sa faiblesse, de son incapacité à déverser les contrastes du régime vers une lutte pour sa destruction, puisque son drapeau fut la défense de la République, de la démocratie.

Les batailles d’octobre, en Espagne, offrent le même tableau. La grève générale éclate (apparemment) au sujet de la défense de la Constitution et des libertés parlementaires. La révolte ouvrière est donc immédiatement revêtue d’un habit qui doit empêcher son croisement avec une conscience communiste qui, d’ailleurs, ne se manifestera pas. Elle éclate, encore une fois, au terme d’une série de défaites, devient lutte armée avant de pouvoir s’étendre et ébranler tout le pays ; n’a qu’une existence éphémère pendant que dans les Asturies le capitalisme passe au massacre des insurgés. Antérieurement, toutes les tentatives prolétariennes d’empêcher - par des grèves revendicatives - la consolidation du capitalisme sont, ou bien étouffées impitoyablement par les réformistes, ou dévoyées par les anarchistes déclenchant des grèves générales dans des périodes de reflux et suivant un baromètre souvent fantaisiste. Les journées d’octobre représentent ainsi l’explosion d’antagonismes de classe concentrés dans quelques centres névralgiques alors que tout a été mis en oeuvre pour empêcher que, dans tout le pays, ces antagonismes développent tous leurs éléments afin de dresser pour la bataille l’ensemble des ouvriers. D’autre part, leur signification reçoit également un cachet « démocratique », bien que la lutte armée des travailleurs des Asturies contre les troupes du radical-socialiste Leroux soit en opposition avec cet objectif.

Ces trois expériences historiques permettent de confirmer lumineusement notre appréciation en même temps qu’elles expliquent notre position pour la France et la Belgique.

Les manifestations de la lutte des classes ne peuvent trouver une issue victorieuse que si elles contiennent et les conditions mûries qui les provoquent et une conscience apportée par le Parti d’avant-garde. C’est pourquoi chaque conflit peut contenir, dans la période actuelle, une possibilité d’élargissement conséquent à la condition de voir son cours fécondé par la lutte des communistes. Les batailles de ces dernières années montrent la force des agents de l’ennemi empêchant cette conscience de se faire jour, pour entraîner dans leur giron jusqu’aux bolcheviks-leninistes et autres déchets du communisme. C’est pourquoi les communistes, lorsqu’ils préconisent le recours à la grève générale, ne se contentent pas de mettre en avant une forme de lutte, mais un programme qui s’inspire de cette conception : un mouvement en soi n’est rien, il vaut par sa substance. S’opposer à des grèves générales pour des « gouvernements socialistes » et revendiquer cette lutte comme position de défense des conditions des ouvriers, de leurs conquêtes, c’est préparer des conditions où la lutte des masses pourra renverser tous les obstacles qui obstruent son cours. Chaque lutte partielle sera pour eux un élément pour donner aux ouvriers conscience de leur situation et de la nécessité d’un mouvement général, alors qu’ils poseront ce mouvement comme condition pour liquider les conceptions socialistes parmi le prolétariat. Mais si les tentatives de lutte des ouvriers ne rencontrent pas ce guide ou s’ils se trouvent déjà dans l’impossibilité d’entendre la voix des petits noyaux communistes, les mouvements de résistance en France, en Belgique, se désagrégeront au travers de manifestations souvent imposantes mais vides de substance jusqu’au moment où le capitalisme acculera le prolétariat à des combats de désespoir voués au massacre.

Les communistes participent évidemment même à des batailles où l’espoir de vaincre est préalablement anéanti (il s’avère de plus en plus que c’est vers de telles luttes que se dirige, aujourd’hui, le mouvement ouvrier) en essayant de dissiper, au cours des événements, la confusion capitaliste des traîtres. Mais ils savent que la condition pour vaincre est la disparition de toute contradiction entre la vision des ouvriers et les positions du parti, que les événements fusionnent l’une et l’autre dans leur marche ascendante alors que craque le régime sous la poussée des ouvriers et que la conscience du parti permet de chasser les agents de l’ennemi. Les phases de déclin que nous vivons ne peuvent donc servir qu’à faire comprendre la nécessité de constituer un noyau communiste qui, seul, pourra relier des batailles qui se dirigent aujourd’hui, inconsciemment, vers une destruction du capitalisme alors que la conscience du capitalisme les dirige vers sa propre consolidation.

Autres articles de cette rubrique
  1. BILAN 00 : Sommaire des numéros de la revue "Bilan"
  2. BILAN 01a : Note liminaire
  3. BILAN 01b : Introduction
  4. BILAN 01c : Seizième anniversaire de la révolution russe
  5. BILAN 01d : Vers l’Internationale deux et trois quarts... ?
  6. BILAN 01e : Projet de constitution d’un bureau international d’information
  7. BILAN 02a : Massacre des travailleurs en Espagne
  8. BILAN 02b : Six communistes décapités dans les prisons de Cologne
  9. BILAN 02c : Une victoire de la contre-révolution mondiale - Les États-Unis reconnaissent l’Union Soviétique
  10. BILAN 02d : Désertions, trahisons et difficultés réelles de la doctrine marxiste
  11. BILAN 02e : Le principe démocratique - première partie
  12. BILAN 02f : Vers la construction d’une véritable fraction de gauche en France
  13. BILAN 02g : Pas de « Bordiguisme »
  14. BILAN 03a : A propos de la commémoration de Lénine - Liebknecht - Luxemburg
  15. BILAN 03b : Van der Lubbe - Les fascistes exécutent - Socialistes et centristes applaudissent
  16. BILAN 03c : Pour les funérailles des victimes du « Diana »
  17. BILAN 03d : Résolution de Ligue des Comunistes Internationalistes sur la IVe Internationale
  18. BILAN 03e : Le principe démocratique - suite et fin
  19. BILAN 03f : Roosevelt au gouvernail
  20. BILAN 03g : Le cas Calligaris
  21. BILAN 03h : Appel aux lecteurs et souscription
  22. BILAN 04a : Le capitalisme marque un point décisif dans la préparation de la guerre
  23. BILAN 04b : Le plan De Man
  24. BILAN 04c : Mouvement Communiste International - Belgique
  25. BILAN 04d : La nature du Parti
  26. BILAN 04e : En marge d’un anniversaire
  27. BILAN 04f : Le cas Calligaris
  28. BILAN 05a : Quatre jeunes camarades du S.A.P. sont arrêtés...
  29. BILAN 05b : Les principes, armes de la Révolution
  30. BILAN 05c : Parti - Internationale - État : Prémisses
  31. BILAN 05d : Le plan De Man - suite et fin
  32. BILAN 05e : Organisation et discipline communiste - Prémisses du problème
  33. BILAN 05f : Les difficultés de l’Opposition russe : Rakovsky dépose les armes
  34. BILAN 05g : Le cas Calligaris
  35. BILAN 06a : 1er Mai 1934
  36. BILAN 06b : La bourgeoisie française expulse Léon Trotsky
  37. BILAN 06c : Les problèmes du Front Unique
  38. BILAN 06d : Où va l’impérialisme français
  39. BILAN 06e : Parti - Internationale - État / I : La classe et sa signification
  40. BILAN 06f : Une quatrième internationale ou une réplique de la Troisième
  41. BILAN 06g : Salut à la « Verita »
  42. BILAN 06h : Maximo rejoint le front de la contre-révolution centriste
  43. BILAN 06i : Une tragédie de l’émigration italienne
  44. BILAN 07a : Pour le retour de Trotsky en Russie
  45. BILAN 07b : L’Antifascisme, formule de confusion
  46. BILAN 07c : La grève de Verviers
  47. BILAN 07d : Parti - Internationale - État / II : Classe et État
  48. BILAN 07e : Le communisme et la question nationale
  49. BILAN 07f : Une quatrième internationale ou une réplique de la Troisième (2)
  50. BILAN 07g : A propos de Staline et du Stalinisme
  51. BILAN 07h : La catastrophe de Pâturages
  52. BILAN 08a : La Russie soviétique dans le concert des brigands impérialistes
  53. BILAN 08b : La mort de la concentration antifasciste italienne
  54. BILAN 08c : La situation de la classe ouvrière japonaise
  55. BILAN 08d : Une quatrième internationale ou une réplique de la Troisième (3)
  56. BILAN 08e : Parti - Internationale - État / III : Classe et Parti
  57. BILAN 08f : L’arabisation du C.C. du Parti Communiste Syrien
  58. BILAN 08g : A propos de la Sarre
  59. BILAN 09a : Chronique du mois
  60. BILAN 09b : La situation en France (résolution de la C.E.)
  61. BILAN 09c : La chine soviétique
  62. BILAN 09d : Parti - Internationale - État / IV : Parti et Internationale
  63. BILAN 09e : La Campagne pour Thaelmann
  64. BILAN 10a : En marge du front unique
  65. BILAN 10b : L’acte désespéré des mineurs de l’Escarpelle
  66. BILAN 10c : A Constantine : l’impérialisme tire profit du massacre de ses instruments
  67. BILAN 10d : Les événements du 30 juin en Allemagne
  68. BILAN 10e : De l’Internationale 2 et 3/4 à la Deuxième Internationale
  69. BILAN 10f : Crises et cycles dans l’économie du capitalisme agonisant (1ère partie)
  70. BILAN 10g : La Mongolie « Rouge », convoitise de l’impérialisme japonais
  71. BILAN 10h : Mouvement Communiste international - Une résolution de la Ligue des Communistes de Belgique
  72. BILAN 11a : L’Entrée de la Russie dans la S.D.N.
  73. BILAN 11b : Le Syndicat unique et le « procédé de fusion »
  74. BILAN 11c : Comment les réformistes belges torpillent les grèves
  75. BILAN 11d : Les bolcheviks-léninistes entrent dans la S.F.I.O.
  76. BILAN 11e : Les Problèmes de l’Extrême-Orient
  77. BILAN 11f : Les compétitions inter-impérialistes en Chine
  78. BILAN 11g : La Mandchourie
  79. BILAN 11h : Crises et cycles dans l’économie du capitalisme agonisant (2eme partie)
  80. BILAN 11i : Hermann Gorter (sa place dans le mouvement théorique du communisme international)
  81. BILAN 11j : Les Jeunesses léninistes belges récidivent
  82. BILAN 11k : Marcel Cachin a 65 ans
  83. BILAN 12a : À nos lecteurs
  84. BILAN 12b : L’écrasement du prolétariat espagnol
  85. BILAN 12c : Vers un « Parti Unique » en France
  86. BILAN 12d : La prison de la faim - Une grève de mineurs hongrois
  87. BILAN 12e : Le capitalisme français marque un nouveau point
  88. BILAN 12f : Le problème de la Sarre : Non ! Non ! Non !
  89. BILAN 12g : Le problème de la jeunesse
  90. BILAN 12h : Parti - Internationale - État / V : L’État démocratique
  91. BILAN 13a : À propos de la crise ministérielle en France
  92. BILAN 13b : Le problème de la Sarre et la guerre
  93. BILAN 13c : Fascisme - Démocratie : Communisme
  94. BILAN 13d : La comédie de Mussolini : L’État corporatif en Italie
  95. BILAN 13e : Le problème de la jeunesse (2)
  96. BILAN 13g : Des exclusions en Italie
  97. BILAN 13h : Communiqué sur la répression internationale
  98. BILAN 14a : L’assassinat de Kyrov
  99. BILAN 14b : La suppression de la carte de pain en U.R.S.S.
  100. BILAN 14c : La situation en France
  101. BILAN 14d : Le problème des minorités nationales
  102. BILAN 14e : Le problème de la jeunesse (3)
  103. BILAN 14g : À tous nos lecteurs
  104. BILAN 14g : Quand manque un parti de classe... À propos des événements d’Espagne
  105. BILAN 15a : Deux époques : en marge d’un anniversaire
  106. BILAN 15b : Mathias Rakosy
  107. BILAN 15c : L’attentat de Nicolaïev
  108. BILAN 15d : Ce qu’il faut retenir de l’expérience sarroise
  109. BILAN 15e : À nos lecteurs
  110. BILAN 15f : Le problème de la jeunesse (4)
  111. BILAN 15g : Parti - Internationale - État / VI : L’État fasciste
  112. BILAN 15h : Parti et Classe
  113. BILAN 15i : Au sujet de la répression en Russie
  114. BILAN 16a : Le « dernier problème africain » et l’Italie
  115. BILAN 16b : Doumergue, compétence médiocre et maladroite
  116. BILAN 16d : L’écrasement du prolétariat allemand et l’avènement du fascisme
  117. BILAN 16e : La grève générale, expression de la lutte des classes
  118. BILAN 17a : De la Commune de Paris à la Commune Russe
  119. BILAN 17b : La Grèce, champ de manoeuvre des antagonismes inter-impérialistes
  120. BILAN 17e : Le problème de la jeunesse (5)
  121. BILAN 17g : Au sujet de Victor Serge et de Calligaris
  122. BILAN 18a : Premier Mai 1935
  123. BILAN 18c : Parti - Internationale - État / VII : L’État prolétarien
  124. BILAN 18f : Le problème de la jeunesse (6 et fin)
  125. BILAN 19a : Calligaris en Sibérie
  126. BILAN 19b : Lettre au B.P. du Parti Communiste russe Moscou
  127. BILAN 19c : Teresa Reechia
  128. BILAN 19d : Défaite du prolétariat, victoire du capitalisme : De Hitler à Staline, de Staline à Blum
  129. BILAN 19e : Ce qu’a été l’occupation des mines en Belgique
  130. BILAN 19e : Parti - Internationale - État / VII - 2e partie : l’État soviétique
  131. BILAN 19g : Les fondements de la production et de la distribution communistes
  132. BILAN 20a : De la déclaration de Staline à la manifestation du 14 Juillet
  133. BILAN 20b : L’impérialisme italien à la conquête de l’Abyssinie
  134. BILAN 20c : Projet de rapport sur la situation en Italie
  135. BILAN 20d : Calligaris
  136. BILAN 20f : Les fondements de la production et de la distribution communistes (2)
  137. BILAN 21a : Et voici le cas Calligaris
  138. BILAN 21a : Sous le signe du 14 juillet
  139. BILAN 21c : Projet de rapport sur la situation en Italie (suite)
  140. BILAN 21d : La première et la deuxième internationale devant le problème de la guerre
  141. BILAN 21e : Les fondements de la production et de la distribution communistes (3)
  142. BILAN 21f : Parti - Internationale - État / VII - 3e partie : l’État soviétique
  143. BILAN 22a : L’attentat de Beiso
  144. BILAN 22b : L’Italie en Abyssinie
  145. BILAN 22c : Nous, Calligaris et le Centrisme
  146. BILAN 22e : Rapport sur la situation en Italie (suite et fin)
  147. BILAN 22f : Les internationalistes hollandais sur le programme de la révolution prolétarienne
  148. BILAN 22g : Projet de résolution sur le problème des liaisons internationales
  149. BILAN 23a : Manifeste de la Fraction italienne de la Gauche communiste
  150. BILAN 23b : Sur quelle base s’est effectuée l’unité syndicale - Les Mussolini et Hitler de la France démocratique
  151. BILAN 23c : Compte rendu du Congrès de la fraction - Résolutions adoptées
  152. BILAN 23d : Thèses de Rome - Préface de 1928 et première partie
  153. BILAN 23e : En dehors des partis communistes devenus des instruments du capitalisme mondial
  154. BILAN 24a : Vers une consolidation du front capitaliste en France
  155. BILAN 24b : Pendant que réformistes et centristes scellent l’union sacrée, des mineurs anglais font la grève au fond des puits
  156. BILAN 24c : La résolution du Congrès des Italiens de Bruxelles
  157. BILAN 24d : La motion présentée par la fraction au Congrès des Italiens
  158. Bilan 24e : La tension de la situation italienne et internationale
  159. BILAN 24f : Le déroulement de l’aventure africaine
  160. BILAN 24g : La fraction dans les partis socialistes de la seconde internationale
  161. BILAN 24h : Thèses de Rome - Deuxième partie
  162. BILAN 24i : Lettre du camarade Soep
  163. BILAN 25a : Un mois après l’application des sanctions
  164. BILAN 25b : À la confusion des problèmes monétaires les ouvriers français opposeront leur front de classe
  165. BILAN 25c : Les réfugiés italiens dans la Russie Soviétique
  166. BILAN 25d : Les Centristes escomptent la condamnation de Beiso
  167. BILAN 25e : L’unité syndicale et les fractions
  168. BILAN 25f : Le nouveau bond de l’impérialisme japonais dans la Chine du nord
  169. BILAN 25g : À nos lecteurs
  170. BILAN 25h : Parti - Internationale - État / VII - 4e partie : l’État soviétique
  171. BILAN 25i : Mouvement ouvrier international
  172. BILAN 25j : Staline et le Bolchevisme
  173. BILAN 25k : Thèses de Rome - Troisième partie
  174. BILAN 26a : La réconciliation des français et l’Unité Syndicale
  175. BILAN 26b : La situation en Allemagne : L’exécution de R. Claus
  176. BILAN 26c : Sur le chemin du capitalisme - Le Stakhanovisme en Russie
  177. BILAN 26d : La situation actuelle en Italie, pivot de la situation internationale
  178. BILAN 26e : La situation en Amérique du Sud
  179. BILAN 26f : Parti - Internationale - État / VII - 5e partie : l’État soviétique
  180. BILAN 26g : L’échec des premières discussions avec le groupe « Communist Class Struggle »
  181. BILAN 26h : En marge des Thèses de Rome
  182. BILAN 27a : Quels sont les héritiers de Lénine, Luxemburg, Liebknecht ?
  183. BILAN 27b : Comment, dans la Russie des Soviets, on assassine la camarade Mariottini
  184. BILAN 27c : L’évolution de la situation italienne
  185. BILAN 27d : Le problème du Pacifique et la faillite de la Conférence de Londres
  186. BILAN 27e : Quinze années après Livourne
  187. BILAN 27f : L’écrasement du prolétariat français et ses enseignements internationaux (1)
  188. BILAN 27g : Petrini
  189. BILAN 28a : M. Albert Sarraut, symbole de la cohérence capitaliste
  190. BILAN 28b : Wupperwald et Neukölln
  191. BILAN 28c : L’impudence et les faux de M. Germanetto
  192. BILAN 28d : Le Japon devant la guerre impérialiste
  193. BILAN 28e : Le « Front Populaire » triomphe en Espagne
  194. BILAN 28f : L’écrasement du prolétariat français et ses enseignements internationaux (2)
  195. BILAN 28g : Problèmes de la période de transition (partie 1)
  196. BILAN 28h : Dans la Fraction - Un peu de clarté s’il vous plait
  197. BILAN 28i : Dans la Fraction - À la recherche d’une clarification ?
  198. BILAN 29a : La course vers la guerre
  199. BILAN 29b : Pour le 65e Anniversaire de la Commune de Paris
  200. BILAN 29c : Au sujet du cas Mariottini
  201. BILAN 29d : Une réponse de Gatto Mammone
  202. BILAN 29e : Au sujet des problèmes du parti et de la tactique
  203. BILAN 29f : L’écrasement du prolétariat français et ses enseignements internationaux - Suite et fin
  204. BILAN 29g : Dans la Fraction. Un article de discussion de Gatto Mammone
  205. BILAN 30a : Premier Mai 1936 (Manifeste de la Fraction italienne de la gauche communiste)
  206. BILAN 30b : Le Front international de la répression capitaliste
  207. BILAN 30c : Le prolétariat italien est-il absent ?
  208. BILAN 30d : Premier Mai ( À propos de Calligaris )
  209. BILAN 30e : Les traîtres à l’œuvre
  210. BILAN 30f : Le mouvement ouvrier devant le problème de la guerre
  211. BILAN 30g : De l’Union Sacrée à Zimmerwald - La dernière semaine
  212. BILAN 30h : Quelques brèves nouvelles
  213. BILAN 31a : La victoire du Front Populaire en France
  214. BILAN 31b : Après les élections en Belgique
  215. BILAN 31c : La victoire de l’impérialisme italien ouvre-t-elle un nouveau cours de la révolution mondiale ?
  216. BILAN 31d : Le conflit Arabo-Juif en Palestine (première partie)
  217. BILAN 31e : « De l’Union Sacrée à Zimmerwald » par A. Rosmer
  218. BILAN 31f : Les traîtres à l’œuvre
  219. BILAN 31g : Problèmes de la période de transition (partie 2)
  220. BILAN 31h : Calligaris toujours déporté en Sibérie, sauvons-le !
  221. BILAN 31i : Victor Serge hors des griffes du centrisme
  222. BILAN 32a : La Société des Nations continue
  223. BILAN 32b : Beiso n’a pas été acquitté
  224. BILAN 32c : Ce que fut la Conférence du Droit d’Asile de Paris
  225. BILAN 32d : Le prolétariat français a répondu au Front Populaire
  226. BILAN 32e : La rafale gréviste en Belgique
  227. BILAN 32f : Le conflit Arabo-Juif en Palestine (suite et fin)
  228. BILAN 32g : Mouvement ouvrier international
  229. BILAN 33a : En Espagne — Bourgeoisie contre Prolétariat
  230. BILAN 33b : Francisco Ascaso
  231. BILAN 33c : Adieu Zanasi
  232. BILAN 33d : Nature et évolution de la Révolution russe
  233. BILAN 33e : De l’Union Sacrée à Zimmerwald - Conclusion (Alfred Rosmer)
  234. BILAN 33f : Errata sur « La rafale gréviste en Belgique »
  235. BILAN 34a : Communiqué de la Commission exécutive
  236. BILAN 34b : Au front impérialiste du massacre des ouvriers espagnols il faut opposer le front de classe du prolétariat international
  237. BILAN 34c : La boucherie de Moscou
  238. BILAN 34d : Démocratie formelle et démocratie socialiste
  239. BILAN 34e : De l’Union sacrée à Zimmerwald
  240. BILAN 34f : Problèmes de la période de transition (partie 3)
  241. BILAN 34g : Staline dépasse Mussolini
  242. BILAN 35a : L’abattoir des prolétaires en Espagne
  243. BILAN 35b : Le ventre du capitalisme français orné des plumes du paon socialiste
  244. BILAN 35c : La crise dans la Fraction — Communiqué de la CE
  245. BILAN 35d : La tragédie espagnole
  246. BILAN 35e : La révolution espagnole
  247. BILAN 35f : Les problèmes de la période de transition (partie 4)
  248. BILAN 35g : Nature et évolution de la Révolution russe : Réponse au camarade Hennaut
  249. BILAN 35h : La crise dans la Fraction — Communiqué du comité de coordination
  250. BILAN 36a : La consigne de l’heure : ne pas trahir
  251. BILAN 36b : Octobre 1917 - Octobre 1936
  252. BILAN 36c : Mario di Leone
  253. BILAN 36e : L’isolement de notre fraction devant les événements d’Espagne
  254. BILAN 36f : La crise de la Fraction - Communiqué de la Commission Exécutive
  255. BILAN 36g : Documents de la minorité
  256. BILAN 37a : La réalité d’un « gouvernement de façade »
  257. BILAN 37b : Mario de Leone est mort
  258. BILAN 37c : Salut du groupe de Marseille
  259. BILAN 37d : Salut du groupe de la minorité de Barcelone
  260. BILAN 37e : L’ « autre » aspect de la domination capitaliste. La « Démocratie » en fonction aux États Unis
  261. BILAN 37f : La bourgeoisie renverra-t-elle Blum ?
  262. BILAN 37g : Problèmes de la période de transition (partie 5)
  263. BILAN 37h : Nouveaux assassinats : Nouvelle Constitution en Russie
  264. BILAN 37i : La crise de la fraction - Ordre du jour de la Commission Exécutive
  265. BILAN 38a : Le capitalisme français n’a pas renvoyé Blum
  266. BILAN 38b : Trotski pourra-t-il rester au Mexique ?
  267. BILAN 38f : Problèmes de la période de transition (partie 6 - fin)
  268. BILAN 39a : Le procès de Moscou
  269. BILAN 39b : Le prolétariat français doit briser l’Union Sacrée
  270. BILAN 39c : Lénine - Luxemburg - Liebknecht
  271. BILAN 39d : À propos d’un anniversaire
  272. BILAN 39e : Sous le signe de la constitution « la plus démocratique du monde » on extermine en URSS la génération d’Octobre
  273. BILAN 39f : Nos divergences avec le camarade Hennaut
  274. BILAN 39g : Le Marxisme n’est pas de la littérature Camarade Victor Serge !
  275. BILAN 39h : Que faire ? Retourner au Parti Communiste, Messieurs !
  276. BILAN 40a : Premier Mai 1937
  277. BILAN 40b : La France « libre, forte et heureuse » assassine les prolétaires
  278. BILAN 41a : Plomb, Mitraille, Prison
  279. BILAN 41b : Quand les bourreaux parlent... Le discours de Staline
  280. BILAN 41f : Antonio Gramsci - Camillo Berneri
  281. BILAN 41g : Bilan en danger - La vie de Bilan
  282. BILAN 42a : La répression en Espagne et en Russie
  283. BILAN 42f : Antonio Gramsci
  284. BILAN 43a : Pour la solidarité de classe à toutes les victimes de la guerre d’Espagne
  285. BILAN 43b : Du travail et du pain
  286. BILAN 43c : Andrés Nin assassiné ?
  287. BILAN 43d : Les bourreaux soviétiques à l’oeuvre
  288. BILAN 43e : À propos de quelques élucubrations trotskistes
  289. BILAN 43f : Le Comité national de la C.G.T.
  290. BILAN 43g : L’évolution des évènements d’Espagne
  291. BILAN 43h : Le Front Populaire
  292. BILAN 43i : Pour le Bureau International des fractions communistes de gauche
  293. BILAN 43j : L’impérialisme japonais à la conquête de la Chine
  294. BILAN 43k : Documentation internationale
  295. BILAN 43l : La vie de Bilan
  296. BILAN 44a : Lettre ouverte au Centre pour la IVe Internationale et au Parti Socialiste Révolutionnaire de Belgique
  297. BILAN 44b : À bas le carnage impérialiste en Chine
  298. BILAN 44c : Le capitalisme passe à l’attaque « La France aux Français »
  299. BILAN 44d : La guerre impérialiste d’Espagne et le massacre des mineurs asturiens
  300. BILAN 44e : Le monde arabe en ébullition
  301. BILAN 44f : Marxisme et Dogmatisme
  302. BILAN 44g : Et Calligaris ?
  303. BILAN 45a : Pour le XXème anniversaire de la Révolution d’Octobre
  304. BILAN 45b : Le front populaire continue
  305. BILAN 45c : Le droit au soulèvement armé
  306. BILAN 46a : "Bilan" disparaît
  307. BILAN 46e : Un grand renégat à la queue de paon : Léon Trotsky
  308. BILAN 46g : Écho à l’étude de la période de transition
  309. BILAN 46h : "Octobre" bulletin mensuel du Bureau International des Fractions de Gauche