SMOLNY... [ http://www.collectif-smolny.org ]
LENSKY Julian Leszcynski, dit G. Iouline ( 1889 - 1937 ? )
Révolutionnaire polonais membre de la Gauche bolchevique
[12 juillet 2009] : par jo , olivier

Polonais appartenant au SDKPiL, parti de Rosa Luxembourg comme Radek, Bronski, Fenigstein, Ounchlikhte ou Unchlikht. Ils partagent les positions de Rosa Luxembourg sur l’impérialisme ; ces dernières, qui sont proches de celles de Boukharine, furent le creuset de la « Gauche communiste ». On voit ici la filiation théorique et politique de ce qui a cristallisé la Gauche bolchevique.

Socialiste à seize ans, universitaire à Cracovie. Il rencontre Lénine en 1913 puis est emprisonné et transféré en exil avec Dzerjinski.

Libéré en 1916, il participe à la révolution d’Octobre. Membre de la gauche bolchevique en 1918. Secrétaire général du PC polonais depuis 1929.

Il est membre de l’Opposition de gauche et fait partie du dernier carré de ses membres puisque le 15 octobre 1929, il signe une « déclaration » avec Rakovski, Kossior, M. Okoudjava, Sosnovskiev...

Il est fusillé d’après Broué (p. 1035, HIC) en 1938 ou 1939 (toujours Broué, p. 718, HIC) !


Sources :

— BROUÉ Pierre, Histoire de l’Internationale communiste, Fayard, 1997 ; cf. pages 375-378 [sur la résistance des communistes polonais à la bolchevisation de l’IC], 472-475 [sur le coup d’Etat de Pilsudski et la « stalinisation » du PCP], 484, 543 [« Le XII° plénum de l’Exécutif s’est tenu après le coup d’Etat de von Papen, entre le 27 août et le 15 septembre 1932, avec 174 délégués. Il a été le dernier avant la catastrophe en Allemagne. (...) Le Polonais Lensky aborde la question de la situation mondiale du point de vue de la révolution mondiale. S’appuyant sur un texte de Staline, il dit que la situation allemande est le « nœud, la question décisive dans la montée inégale de la révolution prolétarienne », rappelle la concentration prolétarienne et les traditions révolutionnaires allemandes. Un correspondant de Trotsky (...) lui indique que Lensky a demandé une discussion spéciale sur l’Allemagne qui lui a été refusée et qu’il a, de sa propre initiative, inséré ces passages dans son corapport, ce qui lui a valu une convocation au secrétariat et un sérieux savon, d’autant plus qu’il a été lourdement applaudi ...], 592-593 [« Nous avons parlé de l’attitude de Lenski au XII° plénum (...) Nombreux étaient apparemment les cadres qui pensaient qu’un redressement de la politique allemande de la Comintern entraînerait un redressement général et surtout le démantèlement du bloc stalinien au pouvoir. »], 654, 664, 709-719 [sur la « résistance » à l’intérieur de l’IC et la purge des communistes étrangers, dont les polonais] et 1035 ;

— FAYET Jean-François, Karl Radek (1885-1939), Biographie politique, Peter Lang, 2004 ; cf. pages 503-506 [ L’implication de l’IC dans la lutte de pouvoir au sein du PC russe : « Comme par ailleurs Trotsky ne semblait pas vouloir porter leurs désaccords en dehors des instances dirigeantes du parti russe, la troïka avait toutes les raisons d’espérer pouvoir tenir les sections de l’IC à l’écart des débats. Seul Radek, qui avait toujours placé les activités de l’Internationale au-dessus de celles du parti russe, ne partageait pas cette conception. (...) Le 11 décembre, lors d’une des premières apparitions publiques de l’Opposition, Radek déclare que si « la majorité du Comité central russe soutenait la troïka contre Trotsky, une majorité des dirigeants des principaux partis de l’IC, les PC allemand, polonais et français, allaient soutenir Trotsky contre la troïka. (...) La réaction de la direction polonaise est encore plus nette : « Nous savons que les divergences à l’intérieur du parti russe portent sur les questions complexes de la construction économique de l’Union soviétique, des questions sur lesquelles nous ne sommes pas suffisamment informés, mais nous savons une chose : le nom de Trotsky est lié dans notre parti, dans toute l’Internationale, à la victoire de la Révolution d’Octobre, à l’Armée rouge. Et nous n’acceptons pas la possibilité qu’il puisse être écarté des rangs des dirigeants du parti russe et de l’Internationale. » (...) D’une tout autre signification est l’engagement des Polonais. A la différence des autres communistes européens, les Polonais ne souffraient d’aucun complexe d’infériorité vis-à-vis des Russes. »] , 557 [« Défaits lors du XIV° congrès du PCUS (b) en décembre 1925, les zinoviétistes furent aussi rapidement battus dans leur bastion de Leningrad sans que Trotsky intervienne. Un par un, ses partisans sont aussi écartés des postes clés de l’appareil et des sections de l’Internationale comme Maslov et Ruth Fisher en Allemagne, Girault et Treint en France, Lenski en Pologne. »] et 786 ;