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GUILLAMON Agustín : Barricades à Barcelone 1936-1937 - La CNT de la victoire de juillet 1936 à la défaite de mai 1937
Présentation de l’éditeur - Table des matières - Parution : Juin 2009
[5 août 2009] : par jo

Présentation de l’éditeur :

Quand, au petit matin du 19 juillet 1936, les militaires factieux sortirent de leurs casernes en pensant s’emparer facilement de Barcelone, ils trouvèrent en face d’eux les comités de défense de la Confédération nationale du travail (C.N.T.) appuyés par toute une population ouvrière dressée contre le fascisme. En fin d’après-midi, le général Goded, l’un des organisateurs du soulèvement avec Franco, arrivé des Baléares pour prendre le commandement de la ville, doit reconnaître sa défaite.

Cette victoire populaire contraignit le gouvernement de la République à organiser la résistance contre les nationalistes, au lieu de pactiser avec eux. En Catalogne, les ouvriers armés se retrouvèrent non seulement maîtres de la rue, mais aussi en charge de nombreuses entreprises abandonnées par leurs propriétaires. Leurs organisations, et d’abord la plus puissante d’entre elles, cette C.N.T. redevenue légale seulement quelques mois auparavant, participent à la direction de la guerre contre les fascistes, à celle de l’économie et de l’ensemble des activités sociales.

Mais en accordant une priorité absolue à cette lutte contre le fascisme, la direction de la C.N.T. va aider l’État à se réapproprier ce pouvoir acquis par les ouvriers les armes à la main. À Barcelone encore, en mai 1937, une nouvelle étape dans cette reconquête donnera lieu à une puissante riposte armée des ouvriers, qui sera suivie de leur défaite politique et d’une vague de répression contre les militants révolutionnaires. Les révolutions sociales, ces tentatives de réorganisation de la production et de la société sur de nouvelles bases, sont extrêmement rares. Au-delà des circonstances particulières dans lesquelles elles surgissent, elles apportent toujours une expérience irremplaçable sur ce qui peut en faire le succès ou l’échec. Agustín Guillamón, qui publie depuis 1993 Balance (Bilan), une revue en espagnol d’histoire du mouvement ouvrier international et de la guerre d’Espagne, décrit dans ce livre, sous une forme ramassée mais avec une grande précision, ce parcours de la C.N.T. de juillet 1936 à mai 1937. Ses commentaires et ses interprétations ne peuvent que nourrir la réflexion de tous ceux qui s’interrogent sur les chemins à prendre pour construire une société libérée de l’exploitation et de l’oppression, ce communisme libertaire auquel aspiraient les militants de la C.N.T.


Extraits de l’introduction (pages 7 et 8) :

"Ce livre évoque les baricades dressées par les ouvriers de Barcelone en juillet 1936 et, dix mois seulement après, en mai 1937. [...] Il essaie d’expliquer le caractère "offensif" de l’insurrection ouvrièrede juillet et "défensif" decelle de mai. Pourquoi les ouvriers, pratiquement désarmés, réussirent-ils à vaincre l’armée qui s’était soulevée et les fascistes en juillet ? Pourquoi, au contraire, en mai, le prolétariat armé jusqu’au dents fut-il vaincu politiquement, après avoir démontré dans la rue sa supériorité militaire ? [...] L’épilogue compare les comités, qui surgirent de la situation révolutionnaire espagnole de 1936, avec l’expérience internationale des soviets russes et des conseils allemands, et les reconnaît comme la forme d’organisation révolutionnaire de la classe ouvrière. [...] Enfin le livre essaie de répondre aux questions posées par le poète surréaliste français Benjamin Péret, qui se trouvait à Barcelone entre le mois d’août 1936 et le mois d’avril 1937 : "Nature de la révolution du 19 juillet 1936 ? Bourgeoise ? Antifasciste ? Prolétarienne ? Exitait-il une dualité de pouvoirs le 20 juillet 1936 ? Au profit de qui a t-elle évolué ? Quelles forces ont-elles présidé à sa liquidation ? Les travailleurs avaient-ils saisi l’appareil de production ? La nationalisation de la production a-telle consacré un état de fait ou créé les bases matérielles d’un capitalisme d’Etat ? Les organisations ouvrières (partis, syndicats, etc.) ont-elles tenté d’organiser un pouvoir ouvrier ? Où et dans quelles conditions ? Pourquoi n’a-t-il pas abouti à la liquidation du pouvoir bourgeois ? Pourquoi la révolution a-t-elle abouti à un désastre ?"


Table des matières :

-  Introduction

-  I. L’insurrection victorieuse de juillet 1936

-  II. La CNT-FAI dans le Comité central des milices antifascistes

-  III. Mort et funérailles de Durruti

-  IV. Les Amis de Durruti en mai 1937, et leur programme

-  V. Epilogue

-  VI. Document annexes

  • A - Proclamation : Confédération régionale du travail de Catalogne : « Aujourd’hui, dimanche 26, s’set tenue une réunion plénière régionale des syndicats locaux et cantonaux de Barcelone le 26 juillet 1936 »
  • B - Buenaventura Durruti : « Au Conseil de la Généralité de Catalogne », Front de Osera, 1er novembre 1936
  • C - Chroniques de la présidence (de la Généralité de Catalogne) du 1° au 8 mai 1937
  • D - Notes manuscrites de Companys à Tarradelas (mai 1937)
  • E - Notes et télex de Lluis Companys en mai 1937
  • F - Télex de José del Barrio (pour faire bombarder Barcelone)

-  Bibliographie

-  Hors textes :

  • Carte de situation de la Catalogne (p. 6)
  • Quartiers et banlieues de Barcelone (p. 10)
  • Centre de Barcelone, juillet 1936 (p. 12)
  • Barricades à Barcelone, mai 1937 (p. 110)
  • Adresse du Comité de guerre de la colonne Durruti au conseil de la Généralité de Catalogne, 1er novembre 1936

Éditions Spartacus, parution mai 2009

Édition originale : Barricadas en Barcelona. La CNT de la victoria de Julio de 1936 a la necesaria derrota de Mayo de 1937. Ediciones Espartaco Internacional, Barcelone, 2007.

ISBN : 2-902963-58-0

224 pages / 15 x 21 cm / 15 euros


Sur le site :

— voir la note de lecture : Barcelona, mayo 1937 - Testimonios desde las barricadas ;

— voir nos articles publiés sous le mot-clé : Espagne 1936-1937 ;


Sur la toile :

— le site BALANCE ;