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Révolution et contre-révolution en Russie à la lumière du combat des communistes de gauche
Samedi 2 juin - 9h30-12h30 - Université Toulouse II - Le Mirail
[1er juin 2012] : par collectif

Dans le cadre du Collège International de Philosophie, et son programme « Sciences et dialectiques » Second semestre 2011-2012, seconde session du séminaire d’Emmanuel Barot « La stratégie dialectique contre l’histoire II », organisé avec le soutien du département de philosophie de l’Université Toulouse II-Le Mirail, et en collaboration avec Mohamed Fayçal Touati.


Présentation et débat autour du livre : Boukharine, Ossinski, Radek, Smirnov, La Revue Kommunist, Moscou 1918. Les communistes de gauche contre le capitalisme d’Etat, Toulouse, Smolny, 2011, éd. établie par M. Roger, en collaboration avec B. de Fontaine & E. Sevault.

Introduction à la discussion :

Le printemps russe de 1918 : dialectique de la révolution et de la contre-révolution
à la lumière du combat des communistes de gauche

Éric Sevault (Collectif Smolny)

Argument

Le processus révolutionnaire a toujours été pensé comme un processus tout à la fois de transformation des conditions matérielles et d’approfondissement d’une conscience de soi du sujet révolutionnaire. Si cette unité a pu être théorisée, dès avant les évènements qui à partir de 1914 mettent le prolétariat mondial face à ses responsabilités historiques, elle n’a pas tenu longtemps face à la realpolitik qu’imposent notamment les bolcheviks à la tête de l’État russe. La prescience de l’« avant-garde » prime alors sur l’auto-émancipation. La très large occultation qui en résultera, au moins sur un plan politique, du processus d’involution de la poussée révolutionnaire qui se manifeste en 1917-1921 en authentique contre-révolution, n’a permis que des avancées marginales (ou plutôt marginalisées) de la compréhension de ce qui est au cœur même de la dialectique de la révolution : le dépassement de la logique propre aux rapports sociaux capitalistes par l’immense majorité de ceux qui subissent ces rapports et les conditions d’existence qu’ils impliquent.

Le propos de cette session est, plutôt que de repartir d’un schéma d’explication de la contre-révolution posé a priori, d’examiner comment au sein même du processus révolutionnaire, dans l’immensité des bouleversements de décomposition-recomposition de la société, se manifestent de façon simultanée et très précoce des tendances politiques, certes contradictoires et parfois éphémères, mais qui traduisent indubitablement cet antagonisme entre révolution et contre-révolution. C’est en particulier le cas, de la fin décembre 1917 au printemps 1918 de la fraction dites des « communistes de gauche », qui au sein même du parti bolchevik, se confronte lucidement au vaste champ de contradictions qui affectent la jeune Russie révolutionnaire : délabrement économique / satisfaction des besoins vitaux, consolidation territoriale / internationalisation, organisation du travail / domination politique, auto-praxis / État, etc. Le regard des communistes de gauche sur ces questions, et plus largement sur ce que qui fait la tension révolutionnaire, ne saurait être passé aujourd’hui sous silence, d’autant plus, naturellement, qu’on peut raisonnablement penser que ces contradictions resteront a l’avenir celles que devra résoudre tout nouvel assaut révolutionnaire.


Samedi 2 juin / 9h30-12h30

Bâtiment de l’Arche, salle AR 305
Université Toulouse II -Le Mirail
5 allées Antonio Machado

métro ligne A, dir. Basso-Cambo, station « Mirail-université »