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NETCHAIEV Sergueï ( 1847 - 1882 )
Terroriste russe
[29 juillet 2007] : par jo

Son Catéchisme révolutionnaire, reste un modèle de cynisme et de l’exaltation du rôle de l’individu d’exception dans le combat révolutionnaire. Conceptions qu’au même moment le mouvement ouvrier international récusait dans les faits par la formation de la première association internationale des travailleurs.

« Au moment où les populistes ne parlent que d’honnêteté, de franchise, de droiture, le Catéchisme révolutionnaire met au premier rang d’autres vertus révolutionnaires : la duplicité, le mensonge, la tromperie ... le révolutionnaire doit tout sacrifier à la révolution. Il ne peut s’attendre à aucune pitié de la part de ses ennemis et ne doit pas lui même montrer de compassion à leur égard. La moralité doit céder le pas à l’utilité. Tout ce qui est utile à la révolution devient moral ... Le catéchisme distingue six catégories d’individus. Au premier rang, ceux dont l’exécution s’impose : policiers mais surtout les “bienfaiteurs de l’humanité” qui rendent le régime actuel supportable. Dans la seconde catégorie entrent les personnes malfaisantes, en sursis, car leurs méfaits attisent l’hostilité générale ... Les personnalités haut placées forment la troisième catégorie. Il faut leur donner l’impression de leur obéir pour les compromettre et leur “couper leur retraite”. L’avant-dernier groupe se compose de pâles révolutionnaires qui se livrent au discours et non aux actes. Il faut provoquer leur perte. Un palabreur exilé, emprisonné deviendra un véritable révolutionnaire ... la révolte ne peut naître que de la souffrance. » (Les terroristes russes, pp. 76-78).

Muni d’un mandat de Bakounine - très largement abusé par la personalité et le dévouement sincère du jeune révolutionnaire - , il revient en Russie et fonde des groupes secrets, comme la Vindicte du Peuple ou la Société de la Hache. Mais, rapidemment, il fait assassiner par ses compagnons trop naïfs un de ses disciples qui ne montre pas assez de soumission.

Désavoué la Première Internationale et finalement par Bakounine, il est condamné à la détention perpétuelle dans la forteresse Pierre-et-Paul, où il meurt dans la solitude la plus totale, un plan d’évasion combiné avec la Volonté du Peuple n’ayant pu aboutir.


Bibliographie indicative :

— FENNER Jocelyne, Les Terroristes russes, Editions Ouest France - collection De Memoire D’homme, 1989 ;

— VENTURI Franco, Les intellectuels, le peuple et la révolution, Gallimard, 1972 ;