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BARTH Emil ( 1879 - 1941 )
Membre du cercle des Délégués révolutionnaires
[7 avril 2007] : par jo

Réformé en 1917, membre de l’USPD. Au lendemain des grèves de janvier 1918, les RO de Berlin ayant beaucoup souffert de la répression, Richard Müller a désigné son remplaçant Barth, doué de grandes qualités de tribun, « mais qui se révèlera vite hâbleur et vaniteux. » (Broué, Révolution en Allemagne, p. 134).

Le 9 novembre, « Dans la capitale de l’Empire, la révolution est en marche. Le pas ferme, rythmé des bataillons ouvriers fait retentir les rues ; ils arrivent de Spandau, des quartiers prolétaires du Nord et de l’Est, et s’avancent vers le centre, siège de la puissance impériale. Ce sont tout d’abord les troupes d’attaque de Barth, révolver et grenades au poing [...] Puis viennent les masses, par dizaines de mille ; radicaux, indépendants, socialistes de la majorité, pêle-mêle. » (Volkmann, p. 35-36)

Barth devient Commissaire du peuple dans le premier gouvernement Ebert (de novembre à décembre). Il préside l’Assemblée du Cirque Busch. L’écrivain Haffner déclare que cet « homme d’action énergique était un vaniteux, qui se prenait pour le Napoléon de la révolution et s’écoutait un peu trop parler. Ce qui ne sera pas sans conséquence, ce soir-là, pour lui et pour sa cause. » (Allemagne, révolution trahie, p. 97)

Pourtant, la « Novemberrevolution » marche à grands pas : le 1er décembre, le Haut commandement connaît une défaite politique au sein de l’armée. Il a en effet convoqué le congrès des Conseils de soldats du front, auquel il veut faire adopter son propre programme politique : convocation rapide de l’Assemblée constituante, suppression du pouvoir des Conseils et rétablissement de l’autorité des officiers ... Barth, inopinément présent au congrès, retourne en partie la situation : les délégués adoptent des résolutions subversives réclamant la suppression des marques extérieures de respect en dehors du service, et la réelection des Conseils de soldats (Broué, p. 228).

Il reçoit (le 6 décembre 1918) [voir Broué, Histoire de l’IC, p. 47] de l’ambassadeur russe à Berlin, Ioffe, plusieurs centaines de milliers de marks en sa qualité de président des Délégués révolutionnaires.

Le 21 décembre, les RO se réunissent. Ils réclament la tenue d’un congrès extraordinaire USPD avant fin décembre, la démission de Haase et de ses collègues du gouvernement, condamne la politique de Barth au sein du cabinet et lui dénient le droit de les représenter. Au cours de cette même réunion, ils élisent un comité d’action de cinq membres où, sous la présidence de Paul Scholze, cohabitent les indépendants de gauche Ledebour et Däumig et les spartakistes Liebknecht et Pieck.

Les évènements du 23-24 décembre au cours desquels la Volksmarinedivision, mitraillée puis bombardée dans le Marstall encerclé, est secourue par la foule, entraînent la démission de Haase, Dittmann et Barth.

Président des Conseils d’usine en 1921, Barth revient au SPD en 1922 puis retourne dans l’anonymat.


Oeuvres :

— BARTH Emil, Aus der Werkstatt der deutschen Revolution, Berlin, 1919 ;


Bibliographie indicative :

— BROUE Pierre, Révolution en Allemagne 1917-1923, Editions de Minuit, 1971 ;

— HAFFNER Sebastian, Allemagne 1918, une révolution trahie, Editions Complexe, 2001 ;

— PRUDHOMMEAUX André et Dori, Spartacus et la Commune de Berlin, Editions Spartacus 1977 (voir pp. 60-63 : Cinquième séance de fondation du KPD et négociations entre Spartakistes et « hommes de confiance » ;

— VOLKMANN E.O., La Révolution allemande, Plon 1933.